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Robert Laffont
EAN : 9782221195802
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 304
Format : 122 x 182 mm

La Maison de Matriona

Andrée ROBEL (Traducteur), Léon ROBEL (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 10/05/2016

La traduction de ce chef-d'oeuvre est venue révéler en 1966 aux lecteurs français un autre territoire du continent Soljénitsyne. On y découvre l'attachement viscéral de l'auteur aux racines les plus profondes de l'âme de son grand pays à travers la simple histoire de Matriona, femme « humble et juste »...

La traduction de ce chef-d'oeuvre est venue révéler en 1966 aux lecteurs français un autre territoire du continent Soljénitsyne. On y découvre l'attachement viscéral de l'auteur aux racines les plus profondes de l'âme de son grand pays à travers la simple histoire de Matriona, femme « humble et juste » dans l'isba de laquelle le narrateur - un instituteur à peine sorti d'un camp, avec qui l'auteur semble se confondre - trouve le refuge auquel il aspirait. Dans cette campagne, certes collectivisée, prolétarisée, survit encore l'esprit de la paysannerie. On a pu dire de ce livre qu'il avait été écrit pour l'éternité et il est vrai que dans ces quelques pages, la force évocatrice de Soljenitsyne atteint une incomparable intensité.

« Un éloge de la vieille paysanne russe, aussi simple que sainte, un beau récit dans une veine campagnarde russissime. » Libération

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EAN : 9782221195802
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 304
Format : 122 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Biblioroz Posté le 26 Juin 2021
    Trois nouvelles, résolument très différentes dans leur style, mais pour lesquelles les conclusions nous laissent un sentiment commun nous faisant nous exclamer – « quel dommage que l'être humain soit si aveugle, manque de tant de compréhension et préfère être mesquin, égoïste et injuste ! » La nouvelle la plus émouvante reste celle qui donne son nom à ce recueil. Écrit avec une tendresse bouleversante, c'est un magnifique hommage à une femme jugée insignifiante, raillée et méprisée par son entourage. Ignatitch ne peut que se souvenir de la raison pour laquelle, sur cette voie ferroviaire, le train ralentit au kilomètre cent-quatre-vingt-quatre. Après sa longue captivité et selon son désir, il avait trouvé, en ce village coincé dans les tourbières et privé jadis de sa forêt, un coin tranquille de la Russie profonde. C'était chez Matriona, une femme seule approchant la soixantaine, qu'il avait élu pension dans cette isba sombre et vétuste. Outre Matriona, l'isba était habitée par des souris qui échappaient au chat bancal en se faufilant entre les murs et leur papier peint ondulé qui se décollait. le soir venu, les cafards s'octroyaient la cuisine. Mais Ignatitch s'y plaisait, appréciant la grande simplicité de sa logeuse, son sourire illuminant son visage tout... Trois nouvelles, résolument très différentes dans leur style, mais pour lesquelles les conclusions nous laissent un sentiment commun nous faisant nous exclamer – « quel dommage que l'être humain soit si aveugle, manque de tant de compréhension et préfère être mesquin, égoïste et injuste ! » La nouvelle la plus émouvante reste celle qui donne son nom à ce recueil. Écrit avec une tendresse bouleversante, c'est un magnifique hommage à une femme jugée insignifiante, raillée et méprisée par son entourage. Ignatitch ne peut que se souvenir de la raison pour laquelle, sur cette voie ferroviaire, le train ralentit au kilomètre cent-quatre-vingt-quatre. Après sa longue captivité et selon son désir, il avait trouvé, en ce village coincé dans les tourbières et privé jadis de sa forêt, un coin tranquille de la Russie profonde. C'était chez Matriona, une femme seule approchant la soixantaine, qu'il avait élu pension dans cette isba sombre et vétuste. Outre Matriona, l'isba était habitée par des souris qui échappaient au chat bancal en se faufilant entre les murs et leur papier peint ondulé qui se décollait. le soir venu, les cafards s'octroyaient la cuisine. Mais Ignatitch s'y plaisait, appréciant la grande simplicité de sa logeuse, son sourire illuminant son visage tout rond, la bonne humeur qui irradiait de son allant à s'affairer dans ses tâches quotidiennes. Alexandre Soljenitsyne livre ici un portrait extrêmement touchant de cette paysanne vivant de rien, toujours prête à rendre service mais jamais reconnue pour sa bonté et sa simplicité. L'absence de coeur, le mépris et l'instinct égoïste de propriété seront les uniques retours qu'elle aura en compensation de son aide. La seconde nouvelle nous mène en temps de guerre, au beau milieu de la gare de passage de Krétchétovka où transitent des convois de soldats, de marchandises, de chevaux, de farine prise d'assaut par les hommes affamés. Le jeune soldat Zotov, adjoint au commissaire de gare est honteux du poste qui lui a été assigné ici, loin du front. Très tatillon, il se démène avec la paperasse et les multiples constats à rédiger en plusieurs exemplaires. Lorsqu'un train de soldats privés de nourriture depuis des jours arrive, c'est l'occasion de constater l'aberration de la rigidité administrative des centres d'approvisionnement. Plutôt qu'enfreindre les horaires fixés par un règlement qui fait fi des aléas liés aux déplacements des soldats, on les laisse mourir de faim sans perturber sa propre petite vie. L'auteur montre que la guerre, même sur un quai de gare, déploie son lot d'hommes qui, scrupuleusement et cachés derrière les règlements, mettent de côté toute humanité. Enfin, dans un collège technique, Soljenitsyne fait un petit tour au coeur de l'injustice, lorsque la notoriété d'une ville passe bien avant toute considération pour le travail. de jeunes élèves, motivés et impliqués dans des travaux d'agrandissement de leurs lieux de vies, se heurteront de plein fouet à l'affrontement inégal de la justice et de l'injustice. Dans une réalité qu'il réussit remarquablement à implanter avec des dialogues et des descriptifs très vivants, l'auteur n'hésite pas à combiner critique de l'humain et dénonciation de certaines rigidités gouvernementales.
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  • mylena Posté le 22 Janvier 2021
    Avec ces trois nouvelles nous plongeons au coeur de la Russie profonde. En particulier dans la première, la plus rurale. Les sujets de ces nouvelles sont très différents mais elles ont en commun de montrer les espoirs apportés par le communisme et la réalité sur le terrain,ainsi que de dénoncer l'absurdité des réglements dans un système basé sur l’obéissance (surtout dans « L'inconnu de Krétchétovka » ), la corruption (surtout dans « Pour le bien de la cause » ) et la convoitise humaine dans une société où le "juste" finit broyé par plus rusé que lui (surtout dans « La maison de Matriona »). « La maison de Matriona » est un vrai petit bijou. Ignatitch, libéré après dix ans de Goulag, a trouvé un poste d’enseignant et cherche à se loger. Une vieille femme accepte de lui louer une chambre. Ignatitch nous narre son histoire. Matriona a le coeur sur la main, elle aide tout le monde sans rien demander en retour. Elle n’a aucun bien, et quand elle meurt accidentellement Ignatitch se rend compte que les autres villageois la considéraient comme sotte, abusaient de sa bonté et à sa mort en profitent pour se partager ses maigres biens. La fin est lugubre. Une de mes œuvres... Avec ces trois nouvelles nous plongeons au coeur de la Russie profonde. En particulier dans la première, la plus rurale. Les sujets de ces nouvelles sont très différents mais elles ont en commun de montrer les espoirs apportés par le communisme et la réalité sur le terrain,ainsi que de dénoncer l'absurdité des réglements dans un système basé sur l’obéissance (surtout dans « L'inconnu de Krétchétovka » ), la corruption (surtout dans « Pour le bien de la cause » ) et la convoitise humaine dans une société où le "juste" finit broyé par plus rusé que lui (surtout dans « La maison de Matriona »). « La maison de Matriona » est un vrai petit bijou. Ignatitch, libéré après dix ans de Goulag, a trouvé un poste d’enseignant et cherche à se loger. Une vieille femme accepte de lui louer une chambre. Ignatitch nous narre son histoire. Matriona a le coeur sur la main, elle aide tout le monde sans rien demander en retour. Elle n’a aucun bien, et quand elle meurt accidentellement Ignatitch se rend compte que les autres villageois la considéraient comme sotte, abusaient de sa bonté et à sa mort en profitent pour se partager ses maigres biens. La fin est lugubre. Une de mes œuvres préférées de Soljenitsyne avec « Une journée d’Ivan Denissovitch ».
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  • Bobby_The_Rasta_Lama Posté le 26 Décembre 2020
    "À l’été 1956, je revenais d’un désert brûlant et poussiéreux, rentrant tout simplement en Russie, au petit bonheur. Personne ne m’y attendait nulle part, personne ne m’y appelait, parce que j’avais lambiné une petite dizaine d’années avant de revenir." Voilà comment Soljenitsyne commence son histoire. "La maison de Matriona" fut publié en 1963 dans le magazine Novy Mir en tant que deuxième courte prose de l'écrivain, et selon les experts il s'agirait de sa nouvelle la plus lue. "Le plus lu" ne signifie pas toujours "le meilleur", mais le destin de Matriona Vassilievna m'a solidement remuée. Soljenitsyne n'est jamais tendre avec ses héros, et cette nouvelle ne déroge pas à la règle. C'est une histoire simple de la campagne russe, et de son âpre réalité. Si la véritable "âme russe" se cache quelque part dans ces larges étendues herbeuses aux villages clairsemés reliés par le chemin de fer, qui d'autre pourrait la décrire mieux qu'un Russe ? Et tout comme dans "Une journée d’Ivan Denissovitch", Soljenitsyne est d'une redoutable efficacité. Le professeur de mathématiques et ancien prisonnier de goulag Ignatitch voudrait retrouver une vie normale. N'importe où; mais loin du monde, dans quelque endroit perdu "au coeur de la Russie", comme il... "À l’été 1956, je revenais d’un désert brûlant et poussiéreux, rentrant tout simplement en Russie, au petit bonheur. Personne ne m’y attendait nulle part, personne ne m’y appelait, parce que j’avais lambiné une petite dizaine d’années avant de revenir." Voilà comment Soljenitsyne commence son histoire. "La maison de Matriona" fut publié en 1963 dans le magazine Novy Mir en tant que deuxième courte prose de l'écrivain, et selon les experts il s'agirait de sa nouvelle la plus lue. "Le plus lu" ne signifie pas toujours "le meilleur", mais le destin de Matriona Vassilievna m'a solidement remuée. Soljenitsyne n'est jamais tendre avec ses héros, et cette nouvelle ne déroge pas à la règle. C'est une histoire simple de la campagne russe, et de son âpre réalité. Si la véritable "âme russe" se cache quelque part dans ces larges étendues herbeuses aux villages clairsemés reliés par le chemin de fer, qui d'autre pourrait la décrire mieux qu'un Russe ? Et tout comme dans "Une journée d’Ivan Denissovitch", Soljenitsyne est d'une redoutable efficacité. Le professeur de mathématiques et ancien prisonnier de goulag Ignatitch voudrait retrouver une vie normale. N'importe où; mais loin du monde, dans quelque endroit perdu "au coeur de la Russie", comme il le dit lui-même. Il descend du train dans l'un de ces trous paumés sur le trajet Moscou - Mourom, à l'endroit au nom sauvagement poignant de Torfoprodoukt. Il est difficile de trouver un logement. Faute de mieux, Ignatitch finira par trouver gîte et couvert chez la vieille Matriona Vassilievna, entre quatre murs branlants, en compagnie de cafards et d'un chat boiteux. Pendant les soirées passées dans la même pièce, à partager le gruau et les patates bouillies, Ignatitch écoute l'histoire de la vie de Matriona. Il va apprendre que son mari Iéfime était un homme bon, qui ne l'a jamais battue. Qu'elle a donné naissance à six enfants, et qu'elle les a enterrés tous, l'un après l'autre. Qu'elle devait épouser Faddei, le frère de Iéfime, mais il n'est pas revenu de guerre... Faddei va bien finir par rentrer, et seulement parce qu'il trouve Matriona mariée à son propre frère l'empêche de les tuer tous les deux à la hache. Il va épouser une autre Matriona... rien qu'à cause de ce satané prénom ! Après la mort tragique de Matriona, Ignatitch réfléchit sur cette femme qui aidait toujours les autres dans leurs travaux difficiles, sans jamais rien demander en retour. Elle ne savait pas dépenser, ni en vêtements, ni pour améliorer sa vie. Incomprise par ses soeurs, son mari et les villageois, elle n'était pour tout le monde qu'une souillon sotte et désordonnée. Mais elle est toujours restée amicale et bonne. Vous avez presque envie de pleurer, quand Ignatitch arrive à sa conclusion : "Nous vivions tous à côté d’elle, sans comprendre qu’elle était ce Juste du proverbe, ce Juste sans lequel ne subsiste aucun village. Ni aucune ville. Ni notre Terre entière." Dans "L'Idiot", Dostoïevski fait dire à son prince Mychkine que "c'est la beauté qui sauvera le monde". Il se pourrait tout aussi bien que ce soit la bonté... ou que les deux écrivains parlent de la même chose. 5/5. Une nouvelle très courte, forte comme le tabac russe avec lequel on bourrait les papirosi Belomorkanal, fumées par les seuls ouvriers pauvres qui travaillent sur ces longs chemins de fer qui relient un nulle part à l'autre. La vraie Russie sans artifices.
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  • isanne Posté le 6 Décembre 2020
    Un recueil de nouvelles pour découvrir l'écriture d'Alexandre Soljenitsyne, pour entrer dans son style ... A lire en débutant la préface des traducteurs qui expliquent, qu'il est parfois difficile de rendre, à la traduction, les subtilités de la langue russe, et par là, on comprendra l'originalité de certaines tournures qui laissent parfois bien dubitatif devant certains passages. Trois nouvelles, plutôt différentes dans leurs thèmes, constituent ce livre. Différentes dans leur sujet mais pour autant, assez semblables dans leur dénonciation : celle de l'absurdité d'un système où sévit la corruption et où le "pur" est littéralement broyé par plus roué que lui, celle de la convoitise humaine , omniprésente , dans une société, il est vrai, où chacun manque de l'indispensable. La première "raconte" un pays russe rural où la pauvreté est la réalité quotidienne, auprès d’une femme qui vit de peu. Des caractères trempés, des profiteurs, un regard sur les paysages, les animaux, et les liens sociaux. Un récit bien mélancolique et bien coloré à l'image de l'âme russe ! La seconde où règne l'absurdité des règlements et de l'obéissance au détriment d'une certaine humanité qui, grâce à la présence de certaines âmes non corrompues, essaye tant bien que mal de se frayer un passage,... Un recueil de nouvelles pour découvrir l'écriture d'Alexandre Soljenitsyne, pour entrer dans son style ... A lire en débutant la préface des traducteurs qui expliquent, qu'il est parfois difficile de rendre, à la traduction, les subtilités de la langue russe, et par là, on comprendra l'originalité de certaines tournures qui laissent parfois bien dubitatif devant certains passages. Trois nouvelles, plutôt différentes dans leurs thèmes, constituent ce livre. Différentes dans leur sujet mais pour autant, assez semblables dans leur dénonciation : celle de l'absurdité d'un système où sévit la corruption et où le "pur" est littéralement broyé par plus roué que lui, celle de la convoitise humaine , omniprésente , dans une société, il est vrai, où chacun manque de l'indispensable. La première "raconte" un pays russe rural où la pauvreté est la réalité quotidienne, auprès d’une femme qui vit de peu. Des caractères trempés, des profiteurs, un regard sur les paysages, les animaux, et les liens sociaux. Un récit bien mélancolique et bien coloré à l'image de l'âme russe ! La seconde où règne l'absurdité des règlements et de l'obéissance au détriment d'une certaine humanité qui, grâce à la présence de certaines âmes non corrompues, essaye tant bien que mal de se frayer un passage, sur ces quais, dans cette gare, au milieu de tous ces convoyés, alors que la guerre emporte impitoyablement les vies à quelques kilomètres. la troisième est le récit de La corruption, de celle qui fait oublier qu'une société est constituée d'hommes et de femmes, avant d'être un théâtre d'avancement social, et que l'entraide, le respect et la promesse tenue devraient valoir beaucoup plus que l'opportunité pour un seul de se mettre en avant... Toujours des personnages marquants, pour moi, bien sûr, Matriona, mais aussi le vieux cheminot Kordoubaïlo et Lidia Guéorguievna, un style assez vif, une façon de dire les choses qui parfois surprend mais surtout une écriture qu'on ne lâche pas avant d'avoir tourné la dernière page et d'avoir à quitter tous les personnages dont on a fait connaissance. Ils sont nombreux et cela peut dérouter mais c'est comme s’ils revenaient ensuite au fil des lignes pour nous raconter, chacun, leur propre histoire, en filigrane. Une belle découverte qui donne envie de sauter le pas et de tenter une lecture plus longue.
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  • mh17 Posté le 10 Novembre 2020
    La maison de Matriona est une nouvelle bouleversante. A l'été 1956, Ignatitch, le narrateur, vient de passer dix ans dans un camp de relégation ( goulag ). Il aspire à " pénétrer et se perdre dans les entrailles de la Russie". Il demande et obtient un poste de professeur de maths dans un bled perdu, sans charme, où l'on produit de la tourbe. Non loin de là, il trouve à se loger chez la vieille Matriona. Elle vit seule dans une isba misérable infestée de souris et de cafards. Elle ne perçoit pas de pension de retraite et ne réclame rien. Elle semble vivre en dehors du monde et n'avoir rien à dire. Pourtant, Ignatitch se sent bien auprès d'elle et de son beau sourire. Il lui raconte ce qu'il a vécu. Matriona se révèle alors à lui, à nous... La nouvelle est en partie autobiographique. Elle a été écrite en 1959 et publiée en 1963 suite au triomphe d'Une journée d'Ivan Denissovitch .C'est un témoignage vivant et précis sur la Russie rurale très pauvre des années cinquante mais ce n'est pas un livre politique ni un roman à thèse. Ce qui touche c'est la profonde humanité du texte. La bonté... La maison de Matriona est une nouvelle bouleversante. A l'été 1956, Ignatitch, le narrateur, vient de passer dix ans dans un camp de relégation ( goulag ). Il aspire à " pénétrer et se perdre dans les entrailles de la Russie". Il demande et obtient un poste de professeur de maths dans un bled perdu, sans charme, où l'on produit de la tourbe. Non loin de là, il trouve à se loger chez la vieille Matriona. Elle vit seule dans une isba misérable infestée de souris et de cafards. Elle ne perçoit pas de pension de retraite et ne réclame rien. Elle semble vivre en dehors du monde et n'avoir rien à dire. Pourtant, Ignatitch se sent bien auprès d'elle et de son beau sourire. Il lui raconte ce qu'il a vécu. Matriona se révèle alors à lui, à nous... La nouvelle est en partie autobiographique. Elle a été écrite en 1959 et publiée en 1963 suite au triomphe d'Une journée d'Ivan Denissovitch .C'est un témoignage vivant et précis sur la Russie rurale très pauvre des années cinquante mais ce n'est pas un livre politique ni un roman à thèse. Ce qui touche c'est la profonde humanité du texte. La bonté naïve de Matriona, sa générosité lumineuse et les autres tout autour qui abusent d'elle parce que c'est comme ça, que le bois est rare etc. On ne sort pas indemne de la nouvelle, on n'oublie pas Matriona. Intitulée Chez Matriona sur le blog de Michel Tessier, traduite par ses soins en 2019.
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