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            La mémoire est une chienne indocile

            10/18
            EAN : 9782264063663
            Code sériel : 4896
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 792
            Format : 108 x 177 mm
            La mémoire est une chienne indocile

            Date de parution : 05/02/2015
            New York, aujourd’hui. Ex-taulard en probation dans un hôpital, Lamont, jeune Noir du Bronx, se lie d'amitié avec un patient, rescapé des camps. Uptown, Adam Zignelik, professeur d'histoire en pleine crise existentielle, exhume un document inédit : les premiers témoignages sonores de survivants de l'Holocauste. Dans le creux de cette... New York, aujourd’hui. Ex-taulard en probation dans un hôpital, Lamont, jeune Noir du Bronx, se lie d'amitié avec un patient, rescapé des camps. Uptown, Adam Zignelik, professeur d'histoire en pleine crise existentielle, exhume un document inédit : les premiers témoignages sonores de survivants de l'Holocauste. Dans le creux de cette mémoire ravivée, leurs destins vont s'entremêler. D'un ghetto à l'autre, dans une myriade de voix et une narration virtuose, ce roman poignant interroge l'Histoire du XXe.

            « Un roman très ambitieux, passionnant, où l'auteur d'Ambiguïtés questionne le devoir de mémoire et le pouvoir qu'il exerce sur le présent, afin de terrasser le spectre de la barbarie. » L’Express

            Traduit de l'anglais (Australie) par Johan-Frédérik Hel-Guedj
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            EAN : 9782264063663
            Code sériel : 4896
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 792
            Format : 108 x 177 mm
            10/18
            9.60 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Delacocci Posté le 6 Février 2019
              J'ai eu beaucoup de mal à m'atteler à ma critique car bien que ce roman soit nécessaire et très très bien écrit, j'ai peiné pour en venir à bout. Pour commencer j'ai mis un moment à entrer dans l'histoire. Il y a beaucoup de personnages dès le début, on sent que chaque phrase compte, est nécessaire à la compréhension du roman, alors j'ai relu des passages, suis revenue en arrière, et ai patiné comme ça un moment. Et puis l'histoire s'est mise petit à petit en place et là c'est toute l'horreur de la barbarie humaine que l'on prend en pleine figure. Certaines scènes sont à la limite du soutenable et pourtant elles sont essentielles, et nous devons nous souvenir de ces épisodes de notre histoire. Pourtant, il m'a fallu reposer mon livre à plusieurs reprises car la poursuite de sa lecture m'était trop difficile. J'ai enfin trouvé mon rythme sur la fin, lors du dénouement, mais il était déjà trop tard. "Exténuée" par cette lecture, j'avais hâte d'en finir pour passer à autre chose. En conclusion je dirais que ce roman est très bien écrit, foisonnant, extrêmement bien documenté, et nécessaire pour la mémoire collective. Mais il a nécessité de ma part... J'ai eu beaucoup de mal à m'atteler à ma critique car bien que ce roman soit nécessaire et très très bien écrit, j'ai peiné pour en venir à bout. Pour commencer j'ai mis un moment à entrer dans l'histoire. Il y a beaucoup de personnages dès le début, on sent que chaque phrase compte, est nécessaire à la compréhension du roman, alors j'ai relu des passages, suis revenue en arrière, et ai patiné comme ça un moment. Et puis l'histoire s'est mise petit à petit en place et là c'est toute l'horreur de la barbarie humaine que l'on prend en pleine figure. Certaines scènes sont à la limite du soutenable et pourtant elles sont essentielles, et nous devons nous souvenir de ces épisodes de notre histoire. Pourtant, il m'a fallu reposer mon livre à plusieurs reprises car la poursuite de sa lecture m'était trop difficile. J'ai enfin trouvé mon rythme sur la fin, lors du dénouement, mais il était déjà trop tard. "Exténuée" par cette lecture, j'avais hâte d'en finir pour passer à autre chose. En conclusion je dirais que ce roman est très bien écrit, foisonnant, extrêmement bien documenté, et nécessaire pour la mémoire collective. Mais il a nécessité de ma part un effort considérable en tant que lectrice (thème trop difficile ? longueur ? mauvais moment ?) me laissant un goût de "rendez-vous manqué"
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            • lcath Posté le 11 Août 2018
              Je ne sais plus pourquoi ce livre était dans ma PAL, sans doute parce que j'en avais lu de bonnes critiques mais finalement rien n'allait: le thème, la seconde guerre mondiale, je n'ai pas envie de lire sur le sujet, la forme"roman foisonnant" ça ça veut dire, on mélange des époques, des narrateurs et je trouve que c'est rarement réussi et le tout sur plus de 750 pages ! De quoi renoncer !!!! Mais je m'étais engagée à le lire ... et bien m'en a pris. Ce n'est pas un roman facile ni par la forme ni par le fond mais c'est un roman qui mérite l'effort qu'il demande. Il parle certes de la seconde guerre et des camps mais il parle de bien plus que cela. L'auteur ne nous berce pas, de la violence de la ségrégation anti-noirs aux USA à l'extermination des juifs dans les ghettos puis les camps, il n'allège pas les situations. La première moitié du XXe siècle et ses massacres, occupe la totalité du roman et quand on se prend à penser que ça va mieux aujourd'hui il nous remet un coup sur la tête pour nous ramener à une réalité qui n'est... Je ne sais plus pourquoi ce livre était dans ma PAL, sans doute parce que j'en avais lu de bonnes critiques mais finalement rien n'allait: le thème, la seconde guerre mondiale, je n'ai pas envie de lire sur le sujet, la forme"roman foisonnant" ça ça veut dire, on mélange des époques, des narrateurs et je trouve que c'est rarement réussi et le tout sur plus de 750 pages ! De quoi renoncer !!!! Mais je m'étais engagée à le lire ... et bien m'en a pris. Ce n'est pas un roman facile ni par la forme ni par le fond mais c'est un roman qui mérite l'effort qu'il demande. Il parle certes de la seconde guerre et des camps mais il parle de bien plus que cela. L'auteur ne nous berce pas, de la violence de la ségrégation anti-noirs aux USA à l'extermination des juifs dans les ghettos puis les camps, il n'allège pas les situations. La première moitié du XXe siècle et ses massacres, occupe la totalité du roman et quand on se prend à penser que ça va mieux aujourd'hui il nous remet un coup sur la tête pour nous ramener à une réalité qui n'est toujours pas un modèle de respect de l'autre. Les personnages se croisent et se recroisent, l'Histoire mais aussi leur histoire , tissent un filet où l'un renvoie à l'autre, la petite et la grande histoire, se heurtent et construisent le destin d'hommes et de femmes qui n'en demandaient pas tant. Un roman qui amène à se demander qui sont aujourd'hui les exclus d'hier et qu'elle est la place que l'on occupe dans tout cela.... Un roman dérangeant qui secoue et bouscule le lecteur et où l'on ne peut que se questionner sur ce qui fait l'humain. Un roman qu'il faut lire.
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            • luocine Posté le 4 Août 2018
              Personne ne peut sortir indemne de ce roman. Les horreurs du racisme y sont décortiquées avec une telle minutie que, plus d’une fois, cela m’a demandé un énorme courage pour aller au bout de ma lecture. J’ai suivi les avis de Krol, Aifelle, Cuné et je vous conseille de lire ou relire leurs billets, elles disent tout le bien que je pense de ce roman hors du commun La construction participe au ralentissement de la lecture, nous suivons des destins très différents mais qui finalement vont se retrouver dans la scène finale : le médecin oncologue, une jeune femme noire Ayesha Washington, l’historien Adam Zignelik, l’homme de ménage de l’hôpital, Lamont Williams, ils sont ensemble sur un trottoir de New York et il aura fallu 800 pages à Elliot Perlman pour tisser tous les liens qui réunissent tous les personnages de son roman durant un siècle et, parfois, sur deux générations . Adam, l’historien australien vit une crise dans son couple et n’arrive pas à se motiver pour un nouveau sujet de recherche indispensable à sa carrière universitaire. Il est le fils de Jack Zignelik qui a fondé avec son ami William Mc Cray le mouvement pour les droits civiques aux... Personne ne peut sortir indemne de ce roman. Les horreurs du racisme y sont décortiquées avec une telle minutie que, plus d’une fois, cela m’a demandé un énorme courage pour aller au bout de ma lecture. J’ai suivi les avis de Krol, Aifelle, Cuné et je vous conseille de lire ou relire leurs billets, elles disent tout le bien que je pense de ce roman hors du commun La construction participe au ralentissement de la lecture, nous suivons des destins très différents mais qui finalement vont se retrouver dans la scène finale : le médecin oncologue, une jeune femme noire Ayesha Washington, l’historien Adam Zignelik, l’homme de ménage de l’hôpital, Lamont Williams, ils sont ensemble sur un trottoir de New York et il aura fallu 800 pages à Elliot Perlman pour tisser tous les liens qui réunissent tous les personnages de son roman durant un siècle et, parfois, sur deux générations . Adam, l’historien australien vit une crise dans son couple et n’arrive pas à se motiver pour un nouveau sujet de recherche indispensable à sa carrière universitaire. Il est le fils de Jack Zignelik qui a fondé avec son ami William Mc Cray le mouvement pour les droits civiques aux États Unis. Il travaille à la prestigieuse université de Columbia sous l’autorité de Charles Mc Cray fils de William. Asheha Washington est la petite fille d’un vétéran de la deuxième guerre mondiale qui a participé à l’ouverture des camps de concentration. Or, le rôle des soldats noirs pendant la guerre 39#8202;–#8202;45 a largement été ignoré par l’histoire officielle américaine. Voilà donc un beau sujet de recherche pour Adam Zignelik en panne d’inspiration et au bord de la dépression, en tout cas c’est ce que pense William Mc Cray qui reproche à son fils Charles de ne pas assez soutenir Adam pour qu’il garde son poste à l’université de Columbia. Charles est marié à Michelle une assistante sociale noire, qui adore sa grand-mère. Et nous revoilà avec Lamont Williams car Michelle est sa cousine qui, en ce moment vit chez ladite grand-mère. Lamont a réussi à décrocher un emploi comme homme d’entretien à l’hôpital où travaille Asheya Washington et s’il réussit sa période d’essai, il pourra enfin tirer un trait sur la prison où il est resté six ans pour un cambriolage qui a mal tourné. Or, il n’a fait que conduire la voiture sans connaître les projets de ses amis ni surtout savoir que le plus jeune était armé. Au bout de six ans sa femme n’est plus là, elle a disparu avec leur petite fille. Il lui faut donc absolument satisfaire sa période d’essai à l’hôpital pour pouvoir avoir une chance de gagner sa vie et prouver aux services sociaux qu’il est stable. Sa grand-mère l’accueille car elle sait que Lamont est un brave garçon. Toutes les difficultés de ce jeune noir, permettent à l’auteur de montrer à quel point il suffit de pas grand chose pour qu’un noir fasse de la prison aux Etats-Unis, avec un bon avocat Lamont aurait pu s’en tirer. Celui-ci rencontre à l’hôpital un rescapé d’Auschwitz, Monsieur Mandelbrot, il appartenait aux Sonderkommandos et connaît donc ce qui s’est passé dans les camps . Nous voilà donc au sommet de l’horreur au 20° siècle. Les conversations de ces deux hommes tissent entre eux des liens personnels si bien qu’avant de mourir cet homme lui donne ce qu’il a de plus précieux son hanoukkia, chandelier juif en argent. Lamont est accusé de vol, mais pour sa défense il raconte ce que cet homme lui a confié sur Auschwitz et l’historien Adam Zignelick assure que Lamont n’a pas pu découvrir cela tout seul, car une partie de ce récit était sur des enregistrements qu’il vient juste de découvrir. Ces enregistrement faits en 1946, par de rares rescapés des camps avaient été complètement oubliés. Adam qui a vécu en Australie avec sa mère, est le fils d’un homme qui a lutté toute sa vie pour les droits des noirs aux Etats-Unis et cela permet à Elliot Perlman de rappeler certaines souffrances des noirs dans les années 50 et 60, aujourd’hui encore les noirs Américains souffrent de graves discriminations. Et finalement ? Est ce que des troupes noires ont participé à la libération des camps de concentration ? et bien oui, et c’est le grand père de Asheya Washington, l’oncologue qui soignait Monsieur Mandelbrot qui pourra en témoigner. Ne croyez pas que j’ai tout raconté, il y a encore bien des histoires qui s’emboîtent dans ce récit, et elles ont toutes une fonction dans le récit. On est souvent très ému et comme je le disais en commençant c’est avec appréhension que l’on continue la lecture de ce roman inoubliable.
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            • tolbiac Posté le 31 Mars 2018
              Le superlatif est mort. Et tout dans ce roman fini par hanter. Les camps. Rosa. Lamond. Auschwitz. Les fours. Les Sonderkommandos, l'odeur des crémations, l'odeur de la mort. La lutte, les luttes. On lit, relit, pour être certain de saisir, d'attraper un mot brulant, qui brûle le cœur, qui fait cesser la lecture, qui fait penser aux hommes, femmes et enfants, tués, ailleurs, partout, là plus qu'ici. Envie de vomir. Envie de sauver Rosa et elles, lui et lui, et encore lui et eux, et les autres aussi... Vingt mille lieux, vingt mille pages, au bas mots. Monticules de sang d'encre, d'odeurs, de regards, de voix. Des livres comme autant de vies parti en fumée. Pour retrouver un instant encore, le goût sur les lèvres du premier amour. Celui qui montre lucide le monde. Celui qui dit aussi d'autres rêves. Sous acide. Entre les barbelés d’un camp. Exterminer les mots. Et ne jamais y arriver. Dites leurs ce qui s’est passé ici... Dites leur.... Crie Rosa. Encore et encore... Un lecteur est un toxicomane de voix muettes, qui hurlent dans le silence des phrases; Les existences. Et parfois une vie reste en travers. Là dans la cervelle. Trop de mots calcinés.... Le superlatif est mort. Et tout dans ce roman fini par hanter. Les camps. Rosa. Lamond. Auschwitz. Les fours. Les Sonderkommandos, l'odeur des crémations, l'odeur de la mort. La lutte, les luttes. On lit, relit, pour être certain de saisir, d'attraper un mot brulant, qui brûle le cœur, qui fait cesser la lecture, qui fait penser aux hommes, femmes et enfants, tués, ailleurs, partout, là plus qu'ici. Envie de vomir. Envie de sauver Rosa et elles, lui et lui, et encore lui et eux, et les autres aussi... Vingt mille lieux, vingt mille pages, au bas mots. Monticules de sang d'encre, d'odeurs, de regards, de voix. Des livres comme autant de vies parti en fumée. Pour retrouver un instant encore, le goût sur les lèvres du premier amour. Celui qui montre lucide le monde. Celui qui dit aussi d'autres rêves. Sous acide. Entre les barbelés d’un camp. Exterminer les mots. Et ne jamais y arriver. Dites leurs ce qui s’est passé ici... Dites leur.... Crie Rosa. Encore et encore... Un lecteur est un toxicomane de voix muettes, qui hurlent dans le silence des phrases; Les existences. Et parfois une vie reste en travers. Là dans la cervelle. Trop de mots calcinés. Trop violent. On lit pour être au monde. Un jour vous qui êtes là, tout comme moi, vous avez soupiré, vous vous êtes exalté, avait senti le cœur tressaillir devant un paragraphe qui vous accouchait. Là devant la ligne qui s'arrête à un point. Vous relevez la tête. Le sang pulse, vous êtes vivant, vous vous sentez appartenir à une histoire commune. Vous avez la colère, la tristesse à fleur de peau. Et voilà que vous replongez, à la ligne. Encore une. Qui dit le silence, le bruit, la fureur et le rire parfois… L'histoire de ce roman en particulier ? Mmmm. Je me gratte le front. Oui. Connu. C'est tout un siècle barbare, comme ils le sont tous, probablement peut-être celui-là plus qu'un autre, qui est pris à bras le corps. Le sujet ? Ambitieux. La vie, la mort, l'amour. Un résumé ? Presque impossible. Ou alors en oubliant le plus important ; le style. Ce style qui rend vivant chaque paragraphe. Flot. Qui raconte le génocide des différences. Juifs, noirs. Comme un mariage des plus opprimés. Le style rend vivant le passé. Il fait revivre le tragique. Il appui ou ça fait mal. Tic tac, tic tac... La bombe d’une narration maitrisée va bientôt exploser. Tout est là sous le manteau d'une construction qui prend à la gorge. Qui fait son trou d'obus. Et il y a ces répétitions qui semblent être des battements de cœur, boum boum qui font vibrer la membrane des mots. Cette ponctuation, ces phrases hachées par la virgule, le virage d'une pensée dans une pensée. Poupée gigogne de la réflexion. Chicane. Une image qui détaille un fait. Arrêt sur image. Ligne droite. Accélération. Coup de frein. Demi-tour. Une phrase est répétée. Elle est le souffle qui va et vient. Ressac. Et soudain le drame brule la cornée. La larme coule, le cœur se serre. Ça fait mal. Vraiment mal. On se souvient de ces vies qu'on n'a jamais connues... Puis il y a la traduction fabuleuse de Johan-Frederik Hel Guedj. Un travail d'orfèvre. Rien qu'à la prise de position par rapport au titre, on comprend. Au lieu de Street Sweeper, il préfère un bout écorché d'une des premières phrases ; La mémoire est une chienne indocile. Est-ce un choix du traducteur ou de l'éditeur? On s'en fout. Quant à Elliot Perlman ? Qui m'a raconté une sortie de cauchemar de cette manière, un avant réveil où le passé et le présent s'épouse, où le meurtre atroce du jeune Emmet Hill côtoie la mort de quatre jeunes filles dans une église en 1963 à Birmingham, Alabama? Combat des droits civiques. Le cœur en écharpe. le cœur qui bat. Qui fait mal. Encore. Qui cogne dans la cage thoracique. Encore. Qui m'a raconté l'angoisse de perdre un soldat Shogun ? figurine. Détail infime d'incompréhension. Basculement d'amitié. Qui pour parler ainsi d'une rencontre amoureuse défectueuse ? La famille fragmenté dans le drame. Qui pour parler ainsi de la paternité en miette ? L'enfance et les pensées diffuses ? Qui pour s'arrêter ainsi sur le détail, personnel, universel, ce morceau infime d'intimités retrouvés en maintes vies ? Auschwitz, les survivants. Et ceux qui ne survivent pas. Qui sont là vivant dans les fours où leurs corps se consument. Impossible d'en parler. Faut lire pour y être. Ce n’est pas possible de dire. Faut le lire pour l'entendre. L'intérieur. Les hommes, femmes, les enfants, frères et sœurs, nus rentrant dans les chambres à gaz. Faut le lire pour savoir. - Dite leur ce qui s’est passé ici crie Rosa... On a le cœur accroché à du barbelé. Le cancer en bout de course. Ligne de mire. La mémoire. Survivre et dire…Qui pour me parler de mon siècle mort sous mes pieds ? Surtout parler le moins possible de ces vies. Vous laissez découvrir. Là le détail, martelé, sculpté. Qui pour ne parler qu'à moi ? Juste à moi. Ca vous est déjà arrivé de tomber sur un livre qui parle de vous, alors que ni le sujet, ni les décors, ni le milieu où vivent les protagonistes sont de près ou de loin proche de votre quotidien ? Oui, probablement…Qui pour écrire comme ça ? Peut-être quelqu'un d'autre, il y a longtemps. Je ne sais plus, ou alors j'ai oublié… Oui la première grande histoire d'amour avec le livre, vous marque au fer rouge. La dernière aussi. La sensation reste, là quelque part entre le myocarde et le cervelet. On repart. A l'assaut. D'autres romans, des lignes, des lignes. Jusqu'à la lie. Cocaïnomane d'encres séchés. On snife l'âme du monde… Et souvent. Mmmm. Rien d'autres que l'ennui. Overdose. Parfois. Oui. Oh oui. On retombe amoureux. Shoot. On aime. On déteste. On s'énerve. On se sépare. On se retrouve. On se fait infidèle. On oublie. On aime à nouveau. Lire pour vivre. Vivre pour dire. Et rarement le plaisir de la première fois. Parce que mille lieux, mille voix, mille confidences sont passés. Pourtant, la passion est. Vivace. Comme une ombre qui reste en soi. Puis on oublie le goût, lentement, des premiers émois, on l'a dans un coin de la tête, bien sûr, quelque part. Cet espoir. Qu'il revienne. Ce goût. Immaculé. On le guette sans se l'avouer. Lire pour la première fois, à nouveau. Avoir dix ans, entendre l'appel de la forêt, avoir quinze ans et contempler Moby Dick avec les yeux du capitaine Achab. Puis oui, lentement, le délitement. On oublie que la phrase puisse battre ainsi, comme une veine en plein effort. Pulsation. Boum. Boum. Boum. Et un jour… J'ai quinze ans à nouveau. Je me dis que je n'ai jamais rien lu de tel, ou alors il y a longtemps, je ne sais plus, ou alors j'ai oublié. Et le souvenir revient. Oui. Ce goût sur la bouche. Le cœur qui fait mal. On écoute. On entend. Cette émotion diffuse un peu partout dans le corps. Ce mal au ventre. Cette sensation d'entendre pour la première fois. D'être vivant. Là juste dans le présent de la phrase. Juste sentir le battement du mot. Juste la ligne qui pulse contre la jugulaire. Lame aiguisé d'acier grammaticale, de syntaxes trempé à même le sang. Les tripes crispées sur la phrase. La phrase animale, viscérale, qui grouille, grimpe, court sous la peau. Qui laisse sa trace. Hier encore j'avais quinze ans. Me souviendrais-je sans le moindre effort du goût sur les lèvres du premier amour ? Retrouverais-je la saveur de la première mangue verte ? du sel de mer sur la langue ? Des premières larmes devant les mots qu'un inconnu, qu'une inconnue aura récoltés pour les déposer sous mes yeux ? Retrouverais-je l'inconfort devant tant d'aveux, la joie devant tant de confiances, cette sensation d’entendre le murmure de nos mondes me parler du bout des lèvres ? Oui. Je me souviens. Oui, le mot cogne, ricoche d'un muscle à l'autre. Et le monde à nouveau est nouveau. Aujourd'hui, j'ai quinze ans à peine, je n'ai rien lu, je ne connais rien, je n'ai attaqué aucun Olympe, fait l'amour à aucun dieu. Je suis puceau de mots. Je ne connais nulle étreinte. Rien. Tout s'offre à moi. Et chaque chapitre est un round. Echange d'émotions. Au plus juste. Sous la taille. Dans le ventre. Au menton. Uppercut. Gauche. Droit. Le cœur vacille. Souffle coupé. Ça fait mal. Le superlatif est mort… Et je suis à nouveau tombé amoureux pour la première fois… La mémoire est une chienne indocile qui vous attrape au collet et vous mord jusqu'au sang… Pour que jamais vous ne puissiez oublier son passage… Cicatrice. Là. Au creux du poignet. Là au creux du cœur. Je suis vivant. La mémoire m'est revenue.... J'ai quinze ans… Dite à tout le monde ce qui s’est passé ici !
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            • Bruidelo Posté le 1 Février 2018
              J'ai lu il y a longtemps Ambiguïtés d'Elliot Perlman, et j'en ai le souvenir d'une lecture extraordinaire, avec les personnages les plus vivants que j'aie rencontrés dans un livre. Alors, évidemment, j'ai été un chouilla déçue par La Mémoire est une chienne indocile. C'est un livre qui ne manque pas de qualités, qui met en scène des personnages très intéressants et s'attaque à des sujets forts. Mon préféré, Adam Zignelik, professeur d'histoire à la dérive dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée, trouve une bouée de sauvetage quand un vieil ami, ardent militant des droits civiques, lui demande d'explorer le rôle des vétérans noirs américains de la Seconde Guerre mondiale : « Adam, quelqu'un doit le leur dire. Quelqu'un doit dire aux gens ce que nous avons accompli. » J'aurais aimé que le roman reste plus centré sur ce personnage particulièrement attachant. Pourtant, Lamont est bien sympathique aussi; après six ans de prison, injustement condamné pour vol à main armée, il travaille au service d'entretien d'un hôpital où va se tisser une belle relation entre ce jeune Noir du Bronx et un patient rescapé des camps qui va lui raconter l'enfer vécu à Birkenau, et lui demander de raconter à son tour... J'ai lu il y a longtemps Ambiguïtés d'Elliot Perlman, et j'en ai le souvenir d'une lecture extraordinaire, avec les personnages les plus vivants que j'aie rencontrés dans un livre. Alors, évidemment, j'ai été un chouilla déçue par La Mémoire est une chienne indocile. C'est un livre qui ne manque pas de qualités, qui met en scène des personnages très intéressants et s'attaque à des sujets forts. Mon préféré, Adam Zignelik, professeur d'histoire à la dérive dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée, trouve une bouée de sauvetage quand un vieil ami, ardent militant des droits civiques, lui demande d'explorer le rôle des vétérans noirs américains de la Seconde Guerre mondiale : « Adam, quelqu'un doit le leur dire. Quelqu'un doit dire aux gens ce que nous avons accompli. » J'aurais aimé que le roman reste plus centré sur ce personnage particulièrement attachant. Pourtant, Lamont est bien sympathique aussi; après six ans de prison, injustement condamné pour vol à main armée, il travaille au service d'entretien d'un hôpital où va se tisser une belle relation entre ce jeune Noir du Bronx et un patient rescapé des camps qui va lui raconter l'enfer vécu à Birkenau, et lui demander de raconter à son tour « ce qu'on a pu faire à votre ami et à son peuple ». Beaucoup d'autres beaux personnages - presque trop peut-être. Beaucoup de choses fortes aussi, sur le devoir de mémoire, les camps de la mort, le racisme, l'injustice sociale... Un bon roman, mais je m'attendais à ce qu'il soit encore meilleur.
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            Lisez inspiré avec 10/18 !
            Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…