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Perrin
EAN : 9782262021047
Code sériel : 58
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

La place des bonnes

La domesticité féminine à Paris en 1900

Date de parution : 12/02/2004

A la fois exploitées, confidentes, observatrices privilégiées de la vie bourgeoise, les bonnes sont indispensables à la compréhension du XIXe siècle.

Elles balaient, font la cuisine, montent les seaux de charbon, vident les cuvettes et frottent l'argenterie, du matin jusqu'au soir. Elles n'ont point de vie à elles. Car ce sont les bonnes. Mais d'elles, on exige plus encore que l'accomplissement des tâches ménagères. Il faut qu'elles soient le dévouement incarné....

Elles balaient, font la cuisine, montent les seaux de charbon, vident les cuvettes et frottent l'argenterie, du matin jusqu'au soir. Elles n'ont point de vie à elles. Car ce sont les bonnes. Mais d'elles, on exige plus encore que l'accomplissement des tâches ménagères. Il faut qu'elles soient le dévouement incarné. Car elles sont les servantes. Et si ce livre s'emploie, en détaillant leurs conditions de travail et d'existence, en décrivant les mentalités dans lesquelles elles étouffent, à dire quelle place est assignée aux bonnes par la moralité bourgeoise à la Belle Epoque, c'est dans le but d'exorciser le fantôme de la servante, qui hante encore la plupart des femmes d'aujourd'hui, lorsqu'elles rentrent à la maison.

Parisienne, docteur ès lettres, Anne Martin-Fugier a fait de la vie sociale et culturelle française au XIXe et début du XXe siècle son territoire d'historienne. Parmi la douzaine d'ouvrages publiés par elle sur ce thème : La Bourgeoise (1983), La Vie élégante ou la formation du Tout-Paris (1993), qui fut un grand succès, Comédienne, de Mlle Mars à Sarah Bernhardt (2001). Chez Perrin, elle est également l'auteur, avec Jean-Paul Martin-Fugier, d'un roman historique : Les Exils de la princesse (2002) et d'un essai à paraître : Les Salons de la République.

 

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EAN : 9782262021047
Code sériel : 58
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • melodbellaisa Posté le 29 Février 2020
    A la fois exploitées, confidentes, observatrices privilégiées de la vie bourgeoise, les bonnes sont indispensables à la compréhension du XIXe siècle.
  • meknes56 Posté le 7 Mai 2019
    L'auteur nous fait pénétrer dans un monde particulièrement inconnu malgré les stéréotypes. La vie de ces bonnes n'est pas facile. Notre conception actuelle nous heurte de front devant le cynisme de certain(e)s bourgeois. La bonne est considéré comme un meuble...Pas le droit d’être malade, pas le droit d'être enceinte sinon elle est renvoyée...... Avec ce livre, notre univers est bouleversé par le vécu de ces femmes.
  • Vermeer Posté le 8 Avril 2019
    Sujet peu traité et pourtant passionnant. Les bonnes ont laissé peu de traces, leur existence valait si peu, leur vie sacrifiée de quasi esclave intéresse moins que celle des aristocrates, grands bourgeois, artistes. L'auteur prend appui dans la littérature : Zola, Les Goncourt, Maupassant, Flaubert donnent une idée de la place des domestiques dans la société. Elle étudie aussi des manuels de savoir vivre bourgeois. Que de mépris social totalement assumé par la société de la Belle Epoque ! Jusqu'en 1914, avoir sa bonne vous place dans la société, c'est pourquoi, tout petit bourgeois consent à des sacrifices financiers pour la "posséder". Les bonnes, écrasées par le travail triment de 5 ou 6 h du matin à 22 h, sans repos (la loi de 1906 sur le repos dominical ne les concerne pas), sont mal nourries, vivent dans les fameuses mansardes sordides du 6eme étage aujourd'hui rachetées une fortune, des locaux sans aération, glacés ou fours en été, nids à tuberculose. Les domestiques des grandes maisons sont toutefois un peu mieux lotis. Pour autant malgré des conditions de travail très dures sans aucune protection face à la maladie, la grossesse (fréquente car les cas de séduction de la bonne par les maîtres ou autres... Sujet peu traité et pourtant passionnant. Les bonnes ont laissé peu de traces, leur existence valait si peu, leur vie sacrifiée de quasi esclave intéresse moins que celle des aristocrates, grands bourgeois, artistes. L'auteur prend appui dans la littérature : Zola, Les Goncourt, Maupassant, Flaubert donnent une idée de la place des domestiques dans la société. Elle étudie aussi des manuels de savoir vivre bourgeois. Que de mépris social totalement assumé par la société de la Belle Epoque ! Jusqu'en 1914, avoir sa bonne vous place dans la société, c'est pourquoi, tout petit bourgeois consent à des sacrifices financiers pour la "posséder". Les bonnes, écrasées par le travail triment de 5 ou 6 h du matin à 22 h, sans repos (la loi de 1906 sur le repos dominical ne les concerne pas), sont mal nourries, vivent dans les fameuses mansardes sordides du 6eme étage aujourd'hui rachetées une fortune, des locaux sans aération, glacés ou fours en été, nids à tuberculose. Les domestiques des grandes maisons sont toutefois un peu mieux lotis. Pour autant malgré des conditions de travail très dures sans aucune protection face à la maladie, la grossesse (fréquente car les cas de séduction de la bonne par les maîtres ou autres domestiques sont légion), l'accident ou la vieillesse, les domestiques sont réactionnaires et adoptent l'ordre bourgeois. Isolés, ils sont très peu syndiqués. La bonnes bien souvent méprisées, perçues comme bestiales, personnalités débridées des menaces de la famille bourgeoise sont parfois à l'inverse représentées comme idéal d'oblation, sacrifice, dévouement (image qui rappelle celle de la femme en général). Etude des cas de grossesse, infanticide, prostitution.
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  • KRISS45 Posté le 5 Octobre 2014
    Cet essai sur la domesticité féminine autour de 1900 est une étude sociologique détaillée où abondent à la fois : - tous les aspects pratiques de ce statut : les tâches, le salaire, le logement, la vie privée, avec statistiques à l'appui (un peu trop de chiffes mais seulement dans la première partie). - la place éminente des bonnes dans la littérature. Là, l'auteure nous donne envie de reprendre tous nos grands classiques. Elle excelle à nous rappeler combien leur présence est primordiale dans la société de l'époque et également chez les écrivains qui l'ont dépeinte avec talent. Comme le fait remarquer Anne dans sa critique, nous avons presque tous dans notre histoire familiale un rapport à la servante : une parente domestique ou maîtresse et souvent les deux, dans cet ordre, à quelques générations d'intervalle.
  • Arakasi Posté le 24 Septembre 2014
    La servante parfaite est jeune mais pas sotte, jolie mais pas trop, propre mais pas coquette. Elle travaille sagement dans sa cuisine de l’aube à la tombée du jour, ne se plaint jamais, ne fainéante jamais. Elle est toute dévouée à ses maîtres et maîtresses, n’a ni amants, ni enfant qui pourraient la distraire de son devoir. Elle sait sacrifier ses biens et ses désirs à ses supérieurs sociaux et tire fierté et contentement de son désintéressement. Elle est modeste, soigneuse, prude, pieuse, patriote, économe… Question : cette servante parfaite, cette Bécassine idéale, existe-t-elle ou a-t-elle jamais existé ? Entre autres nombreuses questions, l’ouvrage « La place des bonnes » de Anne Martin-Fugier répond à celle-ci et sa réponse est « Fichtre non ! » L’harmonie parfaite entre maîtres et domestiques, l’âge d’or des gens de la maison ? Foutaises que tout cela, fantasmes nés de l’imaginaire des bourgeois du début du siècle, trop heureux de justifier à leurs propres yeux la vie souvent misérable de leurs serviteurs. Mais alors qui est-elle cette petite bonne, cette ombre à la fois omniprésente et invisible qui s’active au sein de chaque foyer un tant soit peu aisé de la Belle-Epoque ?... La servante parfaite est jeune mais pas sotte, jolie mais pas trop, propre mais pas coquette. Elle travaille sagement dans sa cuisine de l’aube à la tombée du jour, ne se plaint jamais, ne fainéante jamais. Elle est toute dévouée à ses maîtres et maîtresses, n’a ni amants, ni enfant qui pourraient la distraire de son devoir. Elle sait sacrifier ses biens et ses désirs à ses supérieurs sociaux et tire fierté et contentement de son désintéressement. Elle est modeste, soigneuse, prude, pieuse, patriote, économe… Question : cette servante parfaite, cette Bécassine idéale, existe-t-elle ou a-t-elle jamais existé ? Entre autres nombreuses questions, l’ouvrage « La place des bonnes » de Anne Martin-Fugier répond à celle-ci et sa réponse est « Fichtre non ! » L’harmonie parfaite entre maîtres et domestiques, l’âge d’or des gens de la maison ? Foutaises que tout cela, fantasmes nés de l’imaginaire des bourgeois du début du siècle, trop heureux de justifier à leurs propres yeux la vie souvent misérable de leurs serviteurs. Mais alors qui est-elle cette petite bonne, cette ombre à la fois omniprésente et invisible qui s’active au sein de chaque foyer un tant soit peu aisé de la Belle-Epoque ? Quelle genre d’existence mène-t-elle ? Comment travaille-t-elle, pense-t-elle, se distrait-elle, rêve-t-elle ? A travers une analyse détaillée et subtile de la condition des domestiques féminines au début du XXe siècle, Anne Martin-Fugier fait revivre pour nous tout un monde fantomatique de cuisinières, femmes de chambre, filles à tout faire, nourrices… Fort bien construit, très complet et agréablement écrit, son essai se lit avec autant d’intérêt que d’aisance. J’avoue avoir particulièrement apprécié les nombreux exemples romanesques qui parsèment l’ouvrage, rappelant l’importance culturelle du personnage de la bonne et la façon dont la littérature a largement contribué à façonner son image – que celle-ci soit idyllique ou dramatique. A souligner que « Le place des bonnes » reste socialement très pertinent, même dans notre lumineuse société du XXIe siècle où la mère de famille multifonctionnelle a remplacé la domestique dévouée et pas forcément pour son plus grand bénéfice. Car comme le dit la chanson : « Rien n'est plus beau que les mains d'une femme dans la farine ! » Merci, Nougaro, si, si, j’insiste, merci…
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