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            La Religieuse

            Pocket
            EAN : 9782266289924
            Code sériel : 15475
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 288
            Format : 108 x 177 mm
            La Religieuse

            Date de parution : 12/09/2018
            LES GRANDS TEXTES DU XVIIIe SIÈCLE

            Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme, avant de devenir la...
            LES GRANDS TEXTES DU XVIIIe SIÈCLE

            Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme, avant de devenir la proie d’une mère supérieure qui va faire de sa réclusion un enfer. Harcelée, martyrisée, elle subit les pires sévices. Femme cloîtrée soumise à toutes les perversions de la vie monastique, Suzanne peut-elle échapper à la folie ?
            De ce violent réquisitoire social, Diderot fait un chef-d’œuvre de roman anticlérical, gothique et libertin.

            @ Disponible chez 12-21
            L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

             
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            EAN : 9782266289924
            Code sériel : 15475
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 288
            Format : 108 x 177 mm
            Pocket
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • JacquesBonhomme Posté le 29 Mai 2019
              Fin d'année au lycée. Fin de semaine, fin de journée. Classe de seconde. Cours d'éducation civique. Il semble que je suis professeur. Nous travaillons sur la laïcité. Le sujet me tient à coeur - ou plutôt aux tripes - mais j'essaye surtout d'aider mes ouailles (trop mégaLOL) à quitter les automatismes et prendre du recul avec le concept, quitte à savoir aussi penser contre. C'est difficile, mais quand on respecte ses élèves on ne les assigne pas à résidence dans l'idiotie. Éduquer, conduire en dehors, en dehors de l'ornière. Bref je m'efforce d'exercer mon ministère selon les principes canoniques: j'éclaire contre les préjugés, j'installe cette forme de neutralité qui se situe dans l'héritage des Lumières (on ne va pas faire semblant de donner dans le relativisme intégral, les Lumières, au pluriel, sont la base de notre projet scolaire comme elles sont la base de notre constitution). - Viens en aux faits, Jacques, parle nous de tes amours. - J'y viens mon Maître. J'écoute le gracieux babil des élèves sur le sujet des documents proposés. Pour beaucoup il n'y a rien à écouter. Le sujet leur semble... Fin d'année au lycée. Fin de semaine, fin de journée. Classe de seconde. Cours d'éducation civique. Il semble que je suis professeur. Nous travaillons sur la laïcité. Le sujet me tient à coeur - ou plutôt aux tripes - mais j'essaye surtout d'aider mes ouailles (trop mégaLOL) à quitter les automatismes et prendre du recul avec le concept, quitte à savoir aussi penser contre. C'est difficile, mais quand on respecte ses élèves on ne les assigne pas à résidence dans l'idiotie. Éduquer, conduire en dehors, en dehors de l'ornière. Bref je m'efforce d'exercer mon ministère selon les principes canoniques: j'éclaire contre les préjugés, j'installe cette forme de neutralité qui se situe dans l'héritage des Lumières (on ne va pas faire semblant de donner dans le relativisme intégral, les Lumières, au pluriel, sont la base de notre projet scolaire comme elles sont la base de notre constitution). - Viens en aux faits, Jacques, parle nous de tes amours. - J'y viens mon Maître. J'écoute le gracieux babil des élèves sur le sujet des documents proposés. Pour beaucoup il n'y a rien à écouter. Le sujet leur semble totalement étranger. D'autres paraissent également avoir une culture religieuse très nettement inférieure à celle d'un spectateur distrait de Don Camillo, mais ils se lancent dans un plaidoyer pour la tolérance, le respect, le droit à la différence (je devrais signer des deux mains, mais l'automaticité du relativisme par grand vent, sans recul, sans questionnement, je tique. D'autres ont un discours plus offensif, un peu mécanique. La loi de 1905 a instauré un régime liberticide. Depuis en France on étouffe. Quelques uns plutôt rares, se positionnent nettement en faveur d'une laïcité sans adjectif. Je garde le demi-sourire. Je reste dans la nuance et le dialogue construit. Gravitas professorale. Mais je suis un peu fatigué aujourd'hui. Cuirassé dans mon costume en velours côtelé fabriqué en Bourgogne, retranché derrière mes lunettes sales, les images défilent dans ma tête, mon surmoi laïcard commence à faire des bulles. Surgissent devant mes yeux pêle-mêle le chevalier de La Barre, Francois Rabelais, Pierre Bayle, Giordano Bruno, Luther, Alfred Dreyfus, Anatole France, monseigneur Dupanloup, Franco, Pétain, Ben Laden, Démocrite, Lucrèce, Georges Clemenceau, Denis Diderot. Et puis, au fond de mon sac, je garde l'excellent opuscule historique de Bertrand Binoche: Écrasez l'infâme! Je garde le demi-sourire. Je reste dans la nuance et le dialogue construit. Gravitas professorale. Mais. J'ai beau avoir donné pour Notre-Dame, milité pour une connaissance fine et nuancée (mais non exempte d'une certaine fierté joyeusement filiale cf. Renan) de notre histoire et de notre mémoire et donc des questions religieuses, participé modestement à une édition des poèmes d'Ibn Arabi, malgré cela en moi le laïcard bouillonne. Il crève d'envie de jeter tout à trac à ses élèves : - C'est quoi ces raisonnements spécieux à la mords moi le zouzou? La question a déjà été tranchée il y a plus de deux siècles! Demandez à Suzanne Simonin. Non mais! Lisez Diderot, ça réveille. Et ça ne concerne pas que la place de la religion dans la société. Ça réveille en général. Des questions?
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            • Tempuslegendae Posté le 28 Mai 2019
              « L'homme est né pour la société ; séparez-le, isolez-le, ses idées se désuniront, son caractère se tournera, mille affections ridicules s'élèveront dans son coeur ; des pensées extravagantes germeront dans son esprit, comme des ronces dans une terre sauvage. » « Trop de promiscuité peut être isolante ». Même si cette affirmation donne une impression de paradoxe, ces mots prennent tout leur poids dans l'âge des foules où nous vivons. Louis Scutenaire avait donc raison de dire que solitude et promiscuité sont les deux contraires les plus identiques au monde. Pourquoi ne pas dire que la «promiscuité» crée l'isolement, lequel se traduit par une indifférence à l'égard du prochain qui tourne souvent vite à l'irritation ? C'est là une sorte de « loi psychologique » que chacun aimerait vérifier chaque jour, même dans sa plus parfaite inconscience. Prenons l'exemple de ces deux promeneurs qui se croisent sur un sentier peu fréquenté, se regardent, s'observent sûrement, se cèdent volontiers un peu de place si la voie est trop étroite, mais ils se saluent, et pourquoi pas échangent quelques mots. Pourquoi n'en va-t-il pas de même dans une foule, un hall de gare, ou dans une rue très passante ?... « L'homme est né pour la société ; séparez-le, isolez-le, ses idées se désuniront, son caractère se tournera, mille affections ridicules s'élèveront dans son coeur ; des pensées extravagantes germeront dans son esprit, comme des ronces dans une terre sauvage. » « Trop de promiscuité peut être isolante ». Même si cette affirmation donne une impression de paradoxe, ces mots prennent tout leur poids dans l'âge des foules où nous vivons. Louis Scutenaire avait donc raison de dire que solitude et promiscuité sont les deux contraires les plus identiques au monde. Pourquoi ne pas dire que la «promiscuité» crée l'isolement, lequel se traduit par une indifférence à l'égard du prochain qui tourne souvent vite à l'irritation ? C'est là une sorte de « loi psychologique » que chacun aimerait vérifier chaque jour, même dans sa plus parfaite inconscience. Prenons l'exemple de ces deux promeneurs qui se croisent sur un sentier peu fréquenté, se regardent, s'observent sûrement, se cèdent volontiers un peu de place si la voie est trop étroite, mais ils se saluent, et pourquoi pas échangent quelques mots. Pourquoi n'en va-t-il pas de même dans une foule, un hall de gare, ou dans une rue très passante ? On se croise, on se suit, on se dépasse, mais on ne se rencontre pas. Tout laisserait à croire que seuls les moments d'accalmie favorisent le regard sur l'autre, quelques vestiges d'attention envers notre prochain. Veillez m'excuser pour cette comparaison, peut-être maladroite, je ne sais pas, mais j'ai envie de dire que suivant les situations de pointe dans les lesquelles nous vivons, l'individu change de consistance, devient mutable, comparable à la goutte qui sert avec des milliers d'autres à se projeter sur un rocher. de là à dire que nous aurions plus de chance d'être sauvé d'un danger en pleine montagne par un seul individu que par plusieurs au milieu d'une foule, je n'ose même pas l'écrire ici, car je sais que vous avez votre idée là-dessus. Mais ne soyons pas négatifs, car l'immersion dans une foule peut rapprocher ; regardons donc les phénomènes de masse… Mais cette unanimité concerne-t-elle vraiment les âmes, c'est-à-dire la conscience et la liberté des individus ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une espèce de courant qui agite la multitude (c'est-à-dire toutes les «gouttes d'eau» que nous sommes) à la façon des ondes physiques et réduit tous ses éléments à leur commun dénominateur le plus bas, soit quelques slogans qui se prolongent en réflexes sans passer par la réflexion ? Enfin, ce n'est pas parce qu'un esprit éclairé a, un jour, osé donner son point de vue sur le sujet que nous sommes tenus d'acquiescer ; les temps ont changé, le regard des hommes et tout ce qui le relie aux autres aussi ; la technologie n'y est pas étrangère ; mais est-elle la seule responsable ? Ce qui est intéressant dans ce livre de DIDEROT, « La Religieuse », c'est justement la projection qu'il fait sur ce thème de l'isolement, ô combien sensible dans le coeur des hommes. Je sais, peut-être allez-vous vous dire que ma chronique n'est pas vraiment une chronique en ce sens qu'elle ne se concentre pas ou très peu sur les propos de " l'homme éclairé " ; j'ai préféré vous donner une impression personnelle découlant de cette lecture. Une fois n'est pas coutume, veuillez me pardonner. Quant à l'oeuvre de DIDEROT, il est certain que j'en recommande la lecture …
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            • Mathclovic Posté le 29 Mars 2019
              À travers ces mémoires écrits à la première personne, Diderot nous offre une ode à la liberté. Comment ne pas s'attacher à cette très jeune fille, tellement innocente, emprisonnée dans des couvents. On lit ce roman comme un bon thriller et on attend avec impatience la chute de cette histoire si dramatique. Que va devenir cette si fragile soeur Suzanne ? Je recommande ce livre courageux qui critique sans filet la religion catholique dans un style très réaliste.
            • Ptitgateau Posté le 28 Mars 2019
              Bien-sûr, ce récit est une fiction, puisque le témoignage de Sœur Ste Suzanne, alias, Suzanne Simonin, est destiné à être lu par un certain marquis de Croismare dans le but de l’attendrir et le faire revenir de Normandie afin d’égayer la bonne société parisienne. Toutefois, comme le signale l’auteur de la préface, Robert Mauzi, « que de patrimoines furent sauvés par une vocation opportune ; et que d’enfants naturels refoulés dans le néant des cloîtres ! » Cette pauvre Suzanne Simonin rassemble à elle seule, les deux conditions, enfant naturel devant expier les fautes de sa mère, et bien gênante pour la succession. En lisant les horreurs perpétrées par les sœurs de Longchamps, j’ai été tentée de me dire qu’il ne s’agit que d’une fiction, et que Diderot ajoute du sensationnel au témoignage de Suzanne, mais en fouillant un peu, on apprend que ce récit est inspiré de l’histoire de Marguerite Delamarre, religieuse qui alimenta les conversations vers 1750, et que Diderot a pu s’inspirer de sa propre sœur, entrée au couvent et devenue folle. Si je m’en tiens au roman sans trop me poser de question, je peux affirmer que cette lecture m’a fait passer... Bien-sûr, ce récit est une fiction, puisque le témoignage de Sœur Ste Suzanne, alias, Suzanne Simonin, est destiné à être lu par un certain marquis de Croismare dans le but de l’attendrir et le faire revenir de Normandie afin d’égayer la bonne société parisienne. Toutefois, comme le signale l’auteur de la préface, Robert Mauzi, « que de patrimoines furent sauvés par une vocation opportune ; et que d’enfants naturels refoulés dans le néant des cloîtres ! » Cette pauvre Suzanne Simonin rassemble à elle seule, les deux conditions, enfant naturel devant expier les fautes de sa mère, et bien gênante pour la succession. En lisant les horreurs perpétrées par les sœurs de Longchamps, j’ai été tentée de me dire qu’il ne s’agit que d’une fiction, et que Diderot ajoute du sensationnel au témoignage de Suzanne, mais en fouillant un peu, on apprend que ce récit est inspiré de l’histoire de Marguerite Delamarre, religieuse qui alimenta les conversations vers 1750, et que Diderot a pu s’inspirer de sa propre sœur, entrée au couvent et devenue folle. Si je m’en tiens au roman sans trop me poser de question, je peux affirmer que cette lecture m’a fait passer par des sentiments de pitié, de révolte, de colère, de tristesse. La mère supérieure de Longchamp est un monstre. certes, au XVIIIème siècle, on ne parle pas de psychologie, toutefois on était capable d’empathie et de compassion. Rien n'excuse donc le comportement de tels tortionnaires. Le tort de Suzanne, ce fut de ne pas se sentir appelée au affaires religieuses pour son plus grand malheur, car quel être humain est capable de résister aux souffrances physiques et morales qu’elle se voit infliger ? De ce point de vue, ce roman est marquant et ne peut laisser indemne. Faut-il y voir des prémices de rébellion contre la religion ? La révolution française approche, les philosophes remettent en question le fait religieux et s’élèvent contre l’oppression générée par l’Eglise. Oppression plus qu’évidente dans le roman de Diderot, le couvent y devient un microcosme de l’Eglise, avec sa hiérarchie, les croyances quelle insinue, le contrôle des pensées des individus, l’austérité, l’abus de pouvoir lié à cette hiérarchie. Le personnage de Suzanne est très intéressant, Jeune femme cultivée, intelligente, certaine de son « non engagement », résolue à défendre ses idées contre vents et marée, argumentant finement pour le plus grand plaisir du lecteur, résistante et parfois ingénue, elle constitue à elle seule toute la trame du roman. Ce récit, s’il peut parfois heurter la sensibilité d'un lecteur, n’en demeure pas moins un roman incontournable bien qu’il ne soit pas toujours de lecture facile, certaines tournures de phrases pouvant sembler ambiguës au gens du XXIème siècle que nous sommes, et le vocabulaire propre au cloître et à la pratique religieuse difficile à assimiler. Je ne regrette pas ce moment de lecture édifiant renfermant d'intéressantes notions de philosophie ainsi que des dialogues très riches et intéressants. Challenge multi-défis
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            • carole_blublu Posté le 27 Mars 2019
              Lu pour la première fois il y a vingt ans (lecture de lycée), je viens de le relire après avoir vu le film de Rivette (version restaurée inédite), sorti en 1966 et censuré alors que le Premier ministre était Malraux, plus de 2 siècles après le scandale lié au livre ! Le film est d'ailleurs rigoureusement identique (mot pour mot, pour ce qui est des dialogues), sauf la toute fin """ Echouée dans un bordel après avoir fui son deuxième couvent, elle bascule par la fenêtre et meurt. Dans le livre, le récit se termine alors qu'elle est blanchisseuse et rêve d'une vie meilleure. "" Le livre se présente sous forme d'une récit-mémoires que la religieuse Marie-Suzanne Simonin adresse à un dénommé "marquis de Croismare". On sait aujourd'hui que Diderot s'inspira d'un authentique fait divers, l'histoire de Marguerite Delamarre, bien que celle-ci fut renvoyée dans son 1er couvent, condamnée à y mourir, contrairement à l'héroïne du livre qui passera entre les mains perverses d'une 2e supérieure avant d'avoir l'opportunité de s'échapper. Une très jeune fille, très croyante mais n'ayant aucun goût pour la vie religieuse, se voit obliger par sa famille de prendre le voile pour éviter le scandale car elle a plu à un... Lu pour la première fois il y a vingt ans (lecture de lycée), je viens de le relire après avoir vu le film de Rivette (version restaurée inédite), sorti en 1966 et censuré alors que le Premier ministre était Malraux, plus de 2 siècles après le scandale lié au livre ! Le film est d'ailleurs rigoureusement identique (mot pour mot, pour ce qui est des dialogues), sauf la toute fin """ Echouée dans un bordel après avoir fui son deuxième couvent, elle bascule par la fenêtre et meurt. Dans le livre, le récit se termine alors qu'elle est blanchisseuse et rêve d'une vie meilleure. "" Le livre se présente sous forme d'une récit-mémoires que la religieuse Marie-Suzanne Simonin adresse à un dénommé "marquis de Croismare". On sait aujourd'hui que Diderot s'inspira d'un authentique fait divers, l'histoire de Marguerite Delamarre, bien que celle-ci fut renvoyée dans son 1er couvent, condamnée à y mourir, contrairement à l'héroïne du livre qui passera entre les mains perverses d'une 2e supérieure avant d'avoir l'opportunité de s'échapper. Une très jeune fille, très croyante mais n'ayant aucun goût pour la vie religieuse, se voit obliger par sa famille de prendre le voile pour éviter le scandale car elle a plu à un prétendant de sa soeur. Elle fait son noviciat pendant 2 ans. A son retour, elle prononce ses voeux car elle apprend qu'elle n'est pas la fille de son père et sa mère refuse qu'elle déshérite ses soeurs. C'est étrange mais ma 1re lecture m'avait beaucoup plus choquée que la 2e (et que le film, carrément édulcoré bien que fidèle mot pour mot). J'avais été choquée par les bris de verre qui ensanglantent ses pieds nus... (absent du film). Soeur Suzanne n'a de conscience de son corps que via la douleur... La vie de cette jeune fille est un martyre total, elle subira mille horreurs (mise au cachot, jeunes forcés, mortifications, piqûres d'aiguille, bris de verre qui visent à lui blesser les pieds, pas de meuble dans sa chambre, pas de livre ni de courrier ni de visite autorisés) suite à sa rebellion contre l'instauration de nouvelles règles austères de la nouvelle supérieure qui succède à sa bien-aimée première supérieure. Donc là clairement, Diderot dénonce la maltraitance dans les couvents, le sort des jeunes filles sans dot et sans défense, la stupidité et la cruauté des soeurs qui évoluent en vase clos et en dehors de la société. Les figures masculines apparaissent bonnes dans l'ensemble. Grâce à un avocat dévoué à qui elle a fait parvenir des lettres, elle sera transférée ailleurs. Dans son 2e couvent, elle sera l'objet des avances de la mère supérieure, homosexuelle et figure instable. Cette dernière aura plusieurs orgasmes en sa présence, mais Suzanne n'y entendant rien et n'y voyant qu'innocence, elle sera poussée à fuir aussi ce couvent aux allures de bordel saphique par son directeur de conscience. Enlevée par un jeune bénédictin qui veut la violer, elle le fuira et se retrouvera blanchisseuse, rêvant d'une vie meilleure, terrorisée d'être reprise par le couvent. Ce que j'en retiens, c'est qu'aucun crachat n'atteint la blanche colombe, même attaquée elle ne songe qu'à se défendre, non à accuser ; subissant des attouchements, elle songe à l'amitié entre femmes unies dans leur amour de Dieu... Rien ne corrompra son âme et son corps purs. Tout cela est difficilement concevable aujourd'hui, que ce soit son innocence à elle ou la cruauté gratuite des soeurs et mère(s) ; pourtant Diderot nous livre cet écrit comme un témoignage glaçant sur les dérives d'une religion menée par les femmes pour les femmes. PS : j'écris cette critique pendant le visionnage du film de Nicloux : plus court que le premier, certains dialogues sont identiques au livre et au film de Rivette. La prestation de la douce Pauline Etienne est impeccable (qu'on retrouve dans Le Bureau des légendes, aux côtés de Gilles Cohen également, son père dans le film, son supérieur dans la série !). La fin est très étrange et inédite : après sa fuite nocturne, elle se réveille dans une riche demeure habitée par un riche marquis qui ne songe nullement à la violer... J'ai trouvé ce remake dénué d'intérêt.
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