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            La Religieuse

            Pocket
            EAN : 9782266289924
            Code sériel : 15475
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 288
            Format : 108 x 177 mm
            La Religieuse

            Date de parution : 12/09/2018
            LES GRANDS TEXTES DU XVIIIe SIÈCLE

            Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme, avant de devenir la...
            LES GRANDS TEXTES DU XVIIIe SIÈCLE

            Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme, avant de devenir la proie d’une mère supérieure qui va faire de sa réclusion un enfer. Harcelée, martyrisée, elle subit les pires sévices. Femme cloîtrée soumise à toutes les perversions de la vie monastique, Suzanne peut-elle échapper à la folie ?
            De ce violent réquisitoire social, Diderot fait un chef-d’œuvre de roman anticlérical, gothique et libertin.

            @ Disponible chez 12-21
            L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

             
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            EAN : 9782266289924
            Code sériel : 15475
            Façonnage normé : POCHE
            Nombre de pages : 288
            Format : 108 x 177 mm
            Pocket
            3.90 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • IdeesLivresMandarine Posté le 22 Février 2019
              Après l’excellent ouvrage de Sophie Chaveau « Diderot, le génie débraillé » que je vous conseille, j’ai eu envie de tester un ouvrage de Diderot...... et devant toutes les possibilités j’avoue que mon choix s’est fait naturellement vers « la religieuse » qui se nomme Suzanne Simonin dans le livre. Diderot a eu deux bonnes raisons d’écrire ce livre, et il me semble que c’est important de le savoir : * la première raison est personnelle . En effet, la sœur de Diderot a été enfermée dans un couvent sur décision de ses parents et elle en est devenue folle à en mourir. Diderot ne s’en remettra jamais complètement ... * la deuxième raison est un fait divers : Une religieuse, Marguerite Delamarre, avait fait appel à la justice pour demander de sortir d’un cloître dans lequel ses parents l’avaient enfermée. En effet, il s’avère qu’elle est un enfant illégitime et que celui qu’elle croit être son père ne l’est pas. Sa mère, lui demande alors d’aller dans un couvent pour expier ses fautes à elle ! Tout d’abord, j’avoue que je ne savais pas si j’allais réussir à lire Diderot, j’avais peur de quoi... Après l’excellent ouvrage de Sophie Chaveau « Diderot, le génie débraillé » que je vous conseille, j’ai eu envie de tester un ouvrage de Diderot...... et devant toutes les possibilités j’avoue que mon choix s’est fait naturellement vers « la religieuse » qui se nomme Suzanne Simonin dans le livre. Diderot a eu deux bonnes raisons d’écrire ce livre, et il me semble que c’est important de le savoir : * la première raison est personnelle . En effet, la sœur de Diderot a été enfermée dans un couvent sur décision de ses parents et elle en est devenue folle à en mourir. Diderot ne s’en remettra jamais complètement ... * la deuxième raison est un fait divers : Une religieuse, Marguerite Delamarre, avait fait appel à la justice pour demander de sortir d’un cloître dans lequel ses parents l’avaient enfermée. En effet, il s’avère qu’elle est un enfant illégitime et que celui qu’elle croit être son père ne l’est pas. Sa mère, lui demande alors d’aller dans un couvent pour expier ses fautes à elle ! Tout d’abord, j’avoue que je ne savais pas si j’allais réussir à lire Diderot, j’avais peur de quoi ? que cela soit trop compliqué, que la langue de cette époque ne soit pas compréhensible, que les thèmes ne me concernent pas et j’en passe … et j’avoue avoir été agréablement surprise autant sur le texte très accessible que sur le style très agréable en enfin, j’ai été bluffé par les thèmes évoqués dans ce livre. Les thèmes sont nombreux et pour certains toujours d'actualité. Je n'en cite que quelques uns : la religion, l’argent, la vie dans les couvents, les sacrifices des femmes mais aussi des hommes enfermés ou séquestrés à vie, et enfin peut-être le plus important le droit de chacun à disposer de sa liberté. Ce texte est percutant et actuel. Diderot a pris des libertés que ce soit dans les expressions utilisées ou dans les thèmes dénoncés. J’ai trouvé ce petit livre drôlement contemporain car certains passages auraient pu être écrits aujourd’hui. A lire ? Oui, trois fois oui ! Une très belle découverte que je ne fais que maintenant … il n’est jamais trop tard !
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            • Nadou38 Posté le 21 Décembre 2018
              Nous sommes au 18ème siècle, Suzanne fait partie de ces nombreuses jeunes filles qui entrent au couvent, non par vocation, mais forcées par leur famille. Dans son cas, c'est sa mère qui lui impose de rentrer dans les ordres pour en quelque sorte l'aider à expier sa faute, la naissance de Suzanne étant extra-conjugale. Malgré ses efforts, la jeune fille se rend bien compte qu'elle n'est pas faite pour cet état et va chercher alors, par différents moyens, à rompre ses voeux. Ses déboires vont l'amener à résider dans trois couvents successifs où elle vivra à chaque fois des rapports compliqués avec ses supérieurs, apportant leurs lots de brimades, de tortures et autres persécutions... «La Religieuse» prend sa source dans des circonstances assez anecdotiques. Un fait divers sur une religieuse qui cherche à rompre ses voeux, une plaisanterie à un ami, qui fut touché par cette histoire, sous forme de fausse correspondance (jeu littéraire qui passionne l'ami Denis)... voilà la matière dont va s'approprier l'auteur pour aboutir à ce roman une vingtaine d'année plus tard. Roman enrichi par sa connaissance du milieu ecclésiastique (sa soeur était religieuse et est morte folle en couvent) et par diverses inspirations qui nourrissent ses nombreux sous-entendus... Nous sommes au 18ème siècle, Suzanne fait partie de ces nombreuses jeunes filles qui entrent au couvent, non par vocation, mais forcées par leur famille. Dans son cas, c'est sa mère qui lui impose de rentrer dans les ordres pour en quelque sorte l'aider à expier sa faute, la naissance de Suzanne étant extra-conjugale. Malgré ses efforts, la jeune fille se rend bien compte qu'elle n'est pas faite pour cet état et va chercher alors, par différents moyens, à rompre ses voeux. Ses déboires vont l'amener à résider dans trois couvents successifs où elle vivra à chaque fois des rapports compliqués avec ses supérieurs, apportant leurs lots de brimades, de tortures et autres persécutions... «La Religieuse» prend sa source dans des circonstances assez anecdotiques. Un fait divers sur une religieuse qui cherche à rompre ses voeux, une plaisanterie à un ami, qui fut touché par cette histoire, sous forme de fausse correspondance (jeu littéraire qui passionne l'ami Denis)... voilà la matière dont va s'approprier l'auteur pour aboutir à ce roman une vingtaine d'année plus tard. Roman enrichi par sa connaissance du milieu ecclésiastique (sa soeur était religieuse et est morte folle en couvent) et par diverses inspirations qui nourrissent ses nombreux sous-entendus (merci les annotations!), j'ai pour ma part retrouvé avec plaisir et à plusieurs reprises quelques clins d'oeil à l'oeuvre «Histoire de Clarisse Harlove» de Samuel Richardson dont il a fait la célèbre éloge. A travers cet ouvrage, Diderot nous fait clairement un réquisitoire contre l'église et ses pratiques. S'il ménage le bon chrétien, mettant en relief la foi d'une jeune fille pure, naïve et innocente, l'ami Denis ne se gêne aucunement par contre pour dénoncer le fanatisme et les diverses violences physiques et morales pratiquées discrètement entre les quatre murs des couvents. «Faire voeu de pauvreté, c'est s'engager par serment à être paresseux et voleur. Faire voeu de chasteté, c'est promettre à Dieu l'infraction constante de la plus sage et de la plus importante de ses lois. Faire voeu d'obéissance, c'est renoncer à la prérogative inaliénable de l'homme, la liberté. Si l'on observe ces voeux, on est criminel ; si on ne les observe pas on est parjure. La vie claustrale est d'un fanatique ou d'un hypocrite.» D.Diderot
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            • mumuboc Posté le 27 Novembre 2018
              Je continue ma découverte (ou parfois relecture) de classiques de la littérature : livres que j'ai lus il y a très longtemps, livres que je n'ai jamais lus, livres qui me paraissaient inaccessibles ou qui ne se sont jamais trouvés à passer sous mes yeux ou entre mes mains..... La Religieuse de Denis Diderot : celui-ci n'a jamais croisé ma route en tant que livre ou en tant qu'auteur. Le titre ne m'était pas inconnu, bien sûr, le sujet non plus, mais un livre d'un écrivain philosophe, encyclopédiste, il y a des cartes de visite qui peuvent effrayer. Je pensais découvrir une écriture hermétique, un texte ardu sur un sujet austère et finalement j'ai pris un plaisir fou à lire ce roman publié après la mort de l'auteur. A regarder sa biographie, j'ai découvert qu'il avait fait des études de théologie, qu'il a séjourné dans un monastère où il avait été cloîtré par son père suite à un mariage secret qu'il avait contracté. D'autre part, dans les notes en fin d'ouvrage, on apprend que sa propre sœur Angélique Diderot est morte folle dans un couvent d'ursulines.....  Il sait de quoi il parle, il a fort à dire et je pense qu'il avait... Je continue ma découverte (ou parfois relecture) de classiques de la littérature : livres que j'ai lus il y a très longtemps, livres que je n'ai jamais lus, livres qui me paraissaient inaccessibles ou qui ne se sont jamais trouvés à passer sous mes yeux ou entre mes mains..... La Religieuse de Denis Diderot : celui-ci n'a jamais croisé ma route en tant que livre ou en tant qu'auteur. Le titre ne m'était pas inconnu, bien sûr, le sujet non plus, mais un livre d'un écrivain philosophe, encyclopédiste, il y a des cartes de visite qui peuvent effrayer. Je pensais découvrir une écriture hermétique, un texte ardu sur un sujet austère et finalement j'ai pris un plaisir fou à lire ce roman publié après la mort de l'auteur. A regarder sa biographie, j'ai découvert qu'il avait fait des études de théologie, qu'il a séjourné dans un monastère où il avait été cloîtré par son père suite à un mariage secret qu'il avait contracté. D'autre part, dans les notes en fin d'ouvrage, on apprend que sa propre sœur Angélique Diderot est morte folle dans un couvent d'ursulines.....  Il sait de quoi il parle, il a fort à dire et je pense qu'il avait un regard très critique vis-à-vis de la religion et des communautés religieuses. Dans ce roman, à travers le parcours (je devrais dire chemin de croix) de cette jeune fille, on évoque la condition de la femme bien sûr, le poids de la famille,  son destin quand le mariage est impossible, la vie dans les couvents qui peut être bien différente : austérité, dureté mais aussi douceur, amitié jusqu'à la folie parfois L'acharnement à tourmenter et à perdre se lasse dans le monde ; il ne se lasse point dans les cloîtres. (p56) mais aussi la solitude, la privation de liberté, de pensée, de destin mais il y a aussi de l'espoir par les êtres (peu) attentionnés qui croiseront sa route : Ursule, l'avocat Mr Manouri. Diderot donne à son personnage central une force de caractère : elle résiste, elle tient, elle refuse dans un premier temps d'aller contre sa volonté, même si son éducation prend le dessus et  se résigne au destin qu'on lui assigne. On peut la trouver parfois naïve, mais jamais soumise. N'oublions pas que nous sommes au milieu du XVIIIème siècle, que ce récit est emprunt de la culture de l'époque, qu'une jeune fille de bonne famille n'avait pas le choix de sa vie, qu'elle pouvait être presque qu'une marchandise et qu'il se veut un pamphlet, une critique violente de la religion avec ses excès, son pouvoir, ses doctrines. On s'aperçoit que même dans les couvents la vie de celui-ci est à l'image de la supérieure qui le dirige. Suzanne sera manipulée par sa famille mais n'aura d'autres solutions que d'obéir, sa mère ayant eu une relation extra-conjugale dont elle est le fruit, l'obligeant à subir les conséquences de ce passé. Pour les femmes et les humains que nous sommes certaines situations décrites, certaines tortures physiques et morales, certaines injonctions nous paraissent immondes, révoltantes.  Ce que j'ai particulièrement aimé c'est le contraste entre les ambiances  des communautés où va se trouver Suzanne : la douceur puis la violence et ensuite la folie, ne faisant ainsi pas une généralité. Diderot à plusieurs reprises prend position assez ouvertement contre la religion, son pouvoir et son emprise : Il me semble pourtant que dans un Etat bien gouverné ce devrait être le contraire ; entrer difficilement en religion et en sortir facilement (...) Les couvents sont-ils donc si essentiels à la constitution d'une Etat ? Jesus-Christ a-t-il institué des moines et des religieuses ? L'Eglise ne peut-elle absolument s'en passer ? Quel besoin a l'époux de tant de vierges folles, et l'espèce humaine de tant de victimes ? Ne sentira-t-on jamais la nécessité de rétrécir l'ouverture de ces goufres où les races futures vont se perdre ? (p106) positions qui font parfois écho encore dans notre présent. L'homme est né pour la société. Séparez-le. Isolez-le. Ses idées se désuniront. Son caractère se tournera. Mille affections ridicules germeront dans son cœur. Des pensées extravagantes germeront dans son esprit comme les ronces dans une terre sauvage. Placez un homme dans une forêt. Il y deviendra féroce. Dans un cloître, où l'idée de nécessité se joint à celle de servitude, c'est pis encore. On sort d'une forêt. On ne sort plus d'un cloître. On est libre dans la forêt. On est esclave dans le cloître. Il faut peut-être plus de force d'âme encore pour résister à la solitude qu'à la misère. La misère avilit. La retraite déprave. Vaut-il mieux vivre dans l'abjection que dans la folie ? 'est ce que je n'oserais décider. Mais il faut éviter l'une et l'autre. (p146) Je suis passée par plusieurs phases de lecture : surprise d'une écriture certes par moment un peu  " vieillotte" dans l'utilisation des subjonctifs dont nous n'avons plus tellement l'usage, mais facile, rythmée par les révoltes et colères de son auteur. Je me suis agacée parfois par la naïveté de Suzanne, je l'ai poussée à s'enfuir mais je le fais avec mes pensées de femme du XXIème siècle, de femme libre de ses actes, je me suis révoltée contre ses parents qui l'abandonnent, contre les abus de la religion mais surtout de ceux qui disent la servir. La fin du récit est un peu "bâclée" à mon avis dans le sens où le final est digne d'une aventure..... J'aurai aimé savoir le devenir de cette jeune femme à jamais marquée je pense par ce qu'elle a vécu. Comment peut-on en sortir indemne comme elle l'indique d'ailleurs dans les dernières lignes. J'ai eu la possibilité de voir hier soir l'adaptation cinématographique de cette œuvre.  Certaines modifications ont été faites par rapport au texte et comme souvent j'ai de loin préféré ma lecture au film. Même si l'ambiance y est, il y manque malgré tout les mots de Diderot, ceux qu'il met dans les voix des différents personnages mais aussi les siens, les mots de colère, de révolte, d'indignation.... C'est une lecture qui laisse des traces, qui reste en tête et qui me pousse à lire d'autres récits de Monsieur Denis Diderot. Lire, relire les classiques..... Classiques oui mais tellement riches, construits, des références même dans nos vies actuelles....
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            • LadyNephtys Posté le 11 Novembre 2018
              C'est le deuxième fois que je lis un roman de Diderot, et ce livre parvient à effacer un mauvais souvenir de lecture (bonjour Jacques le fataliste). Une bonne dénonciation de la vie religieuse à son époque, portée par une Suzanne à laquelle je me suis attachée (même si elle est très naïve par moment). Je trouve juste que les autres personnages sont trop caricaturaux, et cela peut décrédibiliser le véritable message de l'auteur.
            • Fauvine Posté le 21 Septembre 2018
              Ce roman, inspiré d'un fait divers réel d'une religieuse ayant été enfermée contre son gré au couvent et ayant désiré rompre ses voeux sans y être parvenue (elle perd son procès) est un réquisitoire amer sur les prisons que pouvaient être les couvents au XVIIIème siècle, quand des personnes n'avaient pas le choix d'y entrer et subissaient les pires brimades et humiliations. le roman est une longue lettre de soeur Suzanne qui raconte à un protecteur tout ce qu'elle a vécu pour qu'il consente à l'aider. Le début narre comment sa famille n'en portait que le nom, combien elle a été détestée de ses parents et l'on apprendra pourquoi au fur et à mesure, raison qui montre aussi la réalité d'une époque, dont la morale très austère conduit à des malheurs sans fin pour des personnes innocentes qui n'ont pas demandé à naître. Ensuite, on découvre peu à peu l'entrée au couvent et la vie dans ce genre de lieu. Et par-dessus tout, l'hypocrisie qui y règne ainsi que la manipulation : au départ, la mère supérieure est toute gentille avec les novices et leur masque quantité de difficultés de cette vie-là, réduit leurs obligations, pour qu'elles acceptent sans avoir pleinement... Ce roman, inspiré d'un fait divers réel d'une religieuse ayant été enfermée contre son gré au couvent et ayant désiré rompre ses voeux sans y être parvenue (elle perd son procès) est un réquisitoire amer sur les prisons que pouvaient être les couvents au XVIIIème siècle, quand des personnes n'avaient pas le choix d'y entrer et subissaient les pires brimades et humiliations. le roman est une longue lettre de soeur Suzanne qui raconte à un protecteur tout ce qu'elle a vécu pour qu'il consente à l'aider. Le début narre comment sa famille n'en portait que le nom, combien elle a été détestée de ses parents et l'on apprendra pourquoi au fur et à mesure, raison qui montre aussi la réalité d'une époque, dont la morale très austère conduit à des malheurs sans fin pour des personnes innocentes qui n'ont pas demandé à naître. Ensuite, on découvre peu à peu l'entrée au couvent et la vie dans ce genre de lieu. Et par-dessus tout, l'hypocrisie qui y règne ainsi que la manipulation : au départ, la mère supérieure est toute gentille avec les novices et leur masque quantité de difficultés de cette vie-là, réduit leurs obligations, pour qu'elles acceptent sans avoir pleinement conscience de ce à quoi elles s'engagent de formuler leurs voeux. Suivent des humiliations (quand on apprend que Suzanne veut partir du couvent) totalement abjectes, et on voit à quel point les « anges » peuvent se montrer démoniaques et retors. Quant à Suzanne, elle qui n'aspire qu'à la liberté, elle n'en est pas moins pieuse et ne veut pas le moindre mal à celles qui lui en font, au final c'est elle, qui rechigne à suivre une vie de règles monotones, qui est la plus sainte de toutes (d'ailleurs, c'est un élément du récit qui m'agace un peu, parce qu'on a l'impression que Diderot a voulu prévenir les critiques qu'on aurait pu faire à une telle religieuse qui veut fuir son couvent, en la rendant totalement angélique, alors qu'elle aurait bien le droit d'exécrer ses persécutrices et de vouloir s'en venger !) La vie dans le second couvent, avec une mère supérieure très bonne en apparence, n'en est pas moins bancale.[masquer] On découvre peu à peu le comportement malsain de cette dernière avec ses ouailles. Non pas parce qu'elle est attirée par elles ou parce que l'amour et le plaisir partagé entre femmes serait malsain mais parce que dans ce cas-ci, on a l'impression d'être en présence d'une adulte qui cherche à obtenir du plaisir d'une enfant. En effet, Suzanne a beau être tout juste majeure, la mère supérieure est bien plus âgée et surtout, Suzanne a tellement été laissée dans l'ignorance de tout ce qui touche à la sexualité qu'elle est comme une enfant sur ce plan là, qui ne comprend absolument pas ce qu'on lui veut et la mère supérieure, au lieu de le lui faire comprendre, lui laisse croire, au contraire, que ce sont de simples caresses comme entre deux soeurs ou une mère et sa fille, se sert de sa naïveté. Elle est de plus comme une seconde mère pour elle et comme une enseignante qui se sert de son ascendant pour obtenir ce qu'elle désire, c'est en cela qu'elle est manipulatrice (« Vous ne savez pas ce qui peut en arriver… »). [/masquer] En bref, ce roman émeut avec brio tout en cherchant à démontrer comment un couvent est un lieu qui peut transformer les recluses en les faisant basculer dans les coups tordus, la folie ou la dépression. le petit mot de la fin sera légèrement plus gai.
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