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EAN : 9782266289924
Code sériel : 15475
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 108 x 177 mm

La Religieuse

Date de parution : 12/09/2018
LES GRANDS TEXTES DU XVIIIe SIÈCLE

Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme, avant de devenir la...
LES GRANDS TEXTES DU XVIIIe SIÈCLE

Parce qu’elle est une enfant illégitime, Suzanne Simonin est enfermée par ses parents chez les religieuses de Longchamp où on la force à prononcer ses vœux. Pieuse et innocente, elle tombe sous la coupe d’une nonne illuminée déjà perdue de mysticisme, avant de devenir la proie d’une mère supérieure qui va faire de sa réclusion un enfer. Harcelée, martyrisée, elle subit les pires sévices. Femme cloîtrée soumise à toutes les perversions de la vie monastique, Suzanne peut-elle échapper à la folie ?
De ce violent réquisitoire social, Diderot fait un chef-d’œuvre de roman anticlérical, gothique et libertin.

@ Disponible chez 12-21
L'ÉDITEUR NUMÉRIQUE

 
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EAN : 9782266289924
Code sériel : 15475
Façonnage normé : POCHE
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Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • berni_29 Posté le 11 Décembre 2021
    Je me suis jeté avec dévotion et gourmandise vers La Religieuse que voici, en tout bien tout honneur bien entendu. Étant agnostique, c'est avec une distance vis-à-vis du fait religieux que je suis venu vers ce roman dont j'entendais parler depuis des lustres, avec néanmoins une curiosité sans entrave. Traînant dans les brocantes et les vide-greniers, j'ai découvert il y a quelques mois une très belle édition, un très bel objet au sens physique. L'édition du roman que je viens de lire n'est pas si ancienne que cela, - elle date de 1974, comportant notamment de magnifiques et éloquentes gravures, un exemplaire édité chez Jean de Bonnot. Je vous assure ne pas m'y être trop attarder, plus que de raison... Et quel ne fut pas tout d'abord mon étonnement de découvrir la langue, l'écriture de Denis Diderot, que je connaissais vaguement. Sur les bancs de l'école, en culotte courte, j'avais déjà étudié Jacques le Fataliste. La langue française est tout d'abord ici de toute beauté, j'y ai senti une écriture enlevée, moderne, fluide, légère, pas étouffe-chrétien pour deux missels... Mais il y a aussi la justesse du propos et des sentiments. Ici le personnage principal s'appelle Suzanne, - petite pensée émue au... Je me suis jeté avec dévotion et gourmandise vers La Religieuse que voici, en tout bien tout honneur bien entendu. Étant agnostique, c'est avec une distance vis-à-vis du fait religieux que je suis venu vers ce roman dont j'entendais parler depuis des lustres, avec néanmoins une curiosité sans entrave. Traînant dans les brocantes et les vide-greniers, j'ai découvert il y a quelques mois une très belle édition, un très bel objet au sens physique. L'édition du roman que je viens de lire n'est pas si ancienne que cela, - elle date de 1974, comportant notamment de magnifiques et éloquentes gravures, un exemplaire édité chez Jean de Bonnot. Je vous assure ne pas m'y être trop attarder, plus que de raison... Et quel ne fut pas tout d'abord mon étonnement de découvrir la langue, l'écriture de Denis Diderot, que je connaissais vaguement. Sur les bancs de l'école, en culotte courte, j'avais déjà étudié Jacques le Fataliste. La langue française est tout d'abord ici de toute beauté, j'y ai senti une écriture enlevée, moderne, fluide, légère, pas étouffe-chrétien pour deux missels... Mais il y a aussi la justesse du propos et des sentiments. Ici le personnage principal s'appelle Suzanne, - petite pensée émue au passage pour ma regrettée et dévote maman qui s'appelait Suzanne avec laquelle ce sujet était source de petites joutes verbales mais toujours respectueuses l'un pour l'autre, et j'ai une seconde raison d'aimer ce prénom car un de mes chanteurs préférés s'appelle Léonard Cohen... Mais voilà déjà que je digresse... Or donc, nous sommes au XVIIIème siècle, une jeune fille du nom de Suzanne Simonin est contrainte par ses parents de prononcer ses voeux au terme de son noviciat. En effet, pour des raisons de dots qui pénaliseraient ses deux soeurs, ceux-ci ont préféré enfermer leur fille au couvent. En réalité, Suzanne est une enfant illégitime et sa mère espère, en l'écartant, expier sa faute de jeunesse... C'est dans une première communauté qu'elle va rencontrer et se lier d'amitié avec une supérieure mystique, qui décèdera peu de temps après. La période de bonheur et de plénitude s'achève pour l'héroïne avec l'arrivée d'une nouvelle supérieure. Au courant que Suzanne désire rompre ses voeux et que pour ce faire, elle a intenté un procès contre la communauté religieuse qui l'accueille, la supérieure opère un harcèlement moral et physique sur Suzanne. L'infortunée subit de l'ensemble de la communauté, à l'instigation de la supérieure, une multitude d'humiliations physiques et morales. En perdant son procès, Suzanne est condamnée à rester au couvent. Cependant son avocat, Maître Manouri, touché par sa détresse, obtient son transfert au couvent Saint-Eutrope... Cette troisième étape est l'épisode le plus long et le plus fameux du récit. On y découvre l'entreprise de séduction de la supérieure à son égard... Voilà pour la trame et le début du roman, ce roman est une longue lettre, une forme de confidence où le personnage de Suzanne raconte ses malheurs, auprès d'un marquis, le marquis de Croismare, censé plaider sa cause, évoquant notamment la persécution des jeunes filles dans les couvents. Depuis toujours, il a traîné autour des institutions religieuses féminines une réputation libertine et sulfureuse que certains blagues potaches ont longtemps moqué avec ironie. Le saint cierge était ainsi considéré comme un objet aux multiples fonctions, même Georges Brassens en a fait état dans sa célèbre chanson, Mélanie... Et le caractère communautaire de ces institutions pouvaient transformer le plaisir solitaire en rite de partage. Ici la gaudriole n'est pas le style choisi par Denis Diderot. Les caresses ne sont pas toujours des gestes affectueux, loin s'en faut, même si le bienveillant philosophe effleure quelques vertiges sensuels ; mais l'enfermement, l'aliénation, la domination, la prédation, le malheur qui en ruisselle, sont plutôt ici le propos de l'auteur... Je vais vous faire une confession : j'ai adoré La Religieuse. Conte grivois pour les uns, satire de la pratique religieuse en communauté pour les autres, j'y ai vu une histoire douloureuse, un beau récit bien charpenté, au-delà du libertinage et du conte satirique, on peut y voir aussi une réflexion presque intemporelle, qui nous invite à faire un pas de côté sur le temps d'aujourd'hui et le regarder avec la pensée, les yeux et les mots de Denis Diderot. La Religieuse est aussi et surtout une chaleureuse apologie de la liberté individuelle. Et ce thème, bien sûr, est totalement intemporel. Denis Diderot était anticlérical et cette oeuvre l'est aussi par excellence, mais le respect qu'il porte au personnage de Suzanne dans ses croyances est magistral. Denis Diderot, chantre des Lumières, ne pouvait pas avoir d'autres positions que celle-ci : anticlérical dénonçant les méfaits de la communauté religieuse au sens du lieu physique qu'est un couvent et des institutions qui régissent le pouvoir politique qui leur était confiée notamment au XVIIIème siècle, mais se faisant aussi apôtre de la liberté individuelle, car La Religieuse est une ode à cette liberté de choisir son destin, celle aussi de croire ou de ne pas croire en Dieu. L'aliénation religieuse créée par l'univers conventuel y est dénoncée de manière polémique. Diderot prête sa voix et ses idées à Suzanne, qui, contrairement à l'auteur, est une croyante convaincue. Certes Suzanne est croyante, mais elle se bat et se débat dans un milieu qui devrait être en harmonie avec sa croyance et qui se relève en définitive hostile. Il égratigne la pratique, il ne touche pas celle qui croit. Grand respect ! Ce que j'aime dans ce texte, c'est la révolte justement, la révolte d'une jeune fille. Suzanne, c'est celle qui dit non, qui désire rompre ses voeux, qui se lève au sein de cette communauté, quel merveilleux personnage féminin plein de courage en une période où le pouvoir était religieux et tenait les gens par la calotte ! Suzanne a intenté un procès à la communauté, dénonçant par son acte le bien-fondé des cloîtres et de l'univers conventuel, ce n'est pas rien, c'est délicieusement subversif... Il y a ici aussi cet avocat touché par la détresse de la jeune femme et qui va l'aider, malgré les difficultés, les forces contraires, les rebuffades, l'échec de ce procès, l'effroyable retournement collectif qu'une supérieure est capable de manipuler à l'encontre d'une seule personne. Quelle modernité dans le propos de ce récit, mes amis, et qui nous renvoie à des choses qui font écho aujourd'hui à d'autres faits sociétaux ! Le texte de Diderot se révèle ici grave et actuel. La soeur Angélique de Diderot est morte folle à l'âge de vingt-huit ans au couvent des Ursulines à Langres. Et si Diderot n'était pas plutôt cet avocat, Maître Manouri, défendeur d'une cause presque perdue à l'époque...? Presque... Suzanne takes you down to her place near the river You can hear the boats go by, you can spend the night beside her And you know that she's half-crazy but that's why you want to be there And she feeds you tea and oranges that come all the way from China And just when you mean to tell her that you have no love to give her Then she gets you on her wavelength And she lets the river answer that you've always been her lover
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  • LaBiblidOnee Posté le 7 Décembre 2021
    Voici un livre où l'expression cloîtrer quelqu'un prend tout son sens ! Un livre qui prouve également que la liberté individuelle est souvent conditionnée par l'indépendance financière - et donc en l'occurrence par la condition des femmes dans la société. Soeur Suzanne est d'une époque où naître adultérine vous expédiait au couvent pour éloigner les ragots mondains, ne pas utiliser l'argent des enfants dits légitimes, et même expier la faute de la mère. Reniée par sa famille qui lui refuse dot et asile, elle est contrainte de prononcer ses voeux : Contrainte moralement, par les mots très durs de sa mère et les us de l'époque ; mais aussi contrainte physiquement. Etrange, pour un état qui dit en appeler aux vocations. Or Suzanne n'a tellement pas la vocation qu'elle hurle « NON » lorsqu'on lui demande de jurer fidélité à Dieu. Il faut dire qu'elle n'a pas grand chose à faire dans un couvent, elle qui aspire à un mari plus réel. « Jésus-Christ a-t-il institué des moines et des religieuses ? L'Eglise ne peut-elle absolument s'en passer ? Quel besoin a l'époux de tant de vierges folles ? Et l'espèce humaine de tant de victimes ? (…) Dieu qui a créé l'homme... Voici un livre où l'expression cloîtrer quelqu'un prend tout son sens ! Un livre qui prouve également que la liberté individuelle est souvent conditionnée par l'indépendance financière - et donc en l'occurrence par la condition des femmes dans la société. Soeur Suzanne est d'une époque où naître adultérine vous expédiait au couvent pour éloigner les ragots mondains, ne pas utiliser l'argent des enfants dits légitimes, et même expier la faute de la mère. Reniée par sa famille qui lui refuse dot et asile, elle est contrainte de prononcer ses voeux : Contrainte moralement, par les mots très durs de sa mère et les us de l'époque ; mais aussi contrainte physiquement. Etrange, pour un état qui dit en appeler aux vocations. Or Suzanne n'a tellement pas la vocation qu'elle hurle « NON » lorsqu'on lui demande de jurer fidélité à Dieu. Il faut dire qu'elle n'a pas grand chose à faire dans un couvent, elle qui aspire à un mari plus réel. « Jésus-Christ a-t-il institué des moines et des religieuses ? L'Eglise ne peut-elle absolument s'en passer ? Quel besoin a l'époux de tant de vierges folles ? Et l'espèce humaine de tant de victimes ? (…) Dieu qui a créé l'homme sociable approuve-t-il qu'il se renferme ? (…) Toutes ces cérémonies lugubres qu'on observe à la prise d'habit et à la profession, quand on consacre un homme ou une femme à la vie monastique et au malheur, suspendent-elles les fonctions animales ? Au contraire ne se réveille-t-elles pas dans le silence et l'oisiveté avec une violence inconnue aux gens du monde, qu'une foule de distraction emporte ? (…) Où est-ce qu'on voit cet ennui profond, cette pâleur, cette maigreur, tous ces symptômes de la nature qui se languit et se consume ? » Supportant ses malheurs sous l'empire d'une mère supérieure digne de ce nom, dont elle était la favorite, elle succombe rapidement au désespoir à l'arrivée de celle qui la succède, une jésuite qui fait de Suzanne son souffre-douleur. Et le mot est faible, tant les faits racontés s'apparentent à de la maltraitante et de la torture. Très franchement, en tant que lectrice, j'ai même trouvé le trait un peu forcé pour être crédible : Si de telles choses existent vraiment, comment croire que Dieu n'est qu'amour - ou plus exactement, comment ceux qui se prêtent à de tels actes peuvent prétendre représenter ou servir un Dieu d'amour ? Je sais pourtant, d'un autre côté, de quoi l'humain est capable et surtout en groupe enfermé. le récit, qui s'éloigne rapidement de Sister Act pour basculer dans la folie, ira d'ailleurs jusqu'au procès… Qui faute de lui rendre sa liberté, la fera changer de couvent. Mais pouvez-vous imaginer ce qu'elle trouvera dans le suivant ? Si vous êtes naïfs comme moi, vous ne pouvez pas ! le récit prend donc un tournant que je n'attendais pas, et Soeur Suzanne ne pourra compter que sur un hypothétique bienfaiteur pour la sortir de là. Ce roman, anticlérical et libertin s'il en est, est le réquisitoire qu'elle lui écrit pour le convaincre de l'aider. C'est le récit de la dernière chance pour faire entendre sa voix cloîtrée trop longtemps et, pour Diderot peut-être, faire entendre toutes les autres voix qui s'élèvent silencieusement, en prières et sans porte-parole, vers des cieux souvent sourds. « Il n'est pire aveugle », vous vous rappelez ? Mais au-delà de la peinture des moeurs et déviances que l'on retrouve dans tout groupement humain, et même si les femmes aujourd'hui ont l'indépendance financière nécessaire pour choisir leur voie, c'est un récit qui continue d'interroger, comme tout classique digne de ce nom : Même en ayant la vocation, et après les scandales que l'on connaît, est-il humainement possible et souhaitable de vivre reclus ? Ce récit, au même titre que le roman de John Boyne "Il n'y a pas pire aveugle", ou que la série TV "Ainsi soient-il", sur la prêtrise actuellement en France et dans l'Eglise catholique, contribue à poser la question de la nécessité de l'instauration de telles restrictions institutionnelles, qui n'ont pas été instaurées par Dieu mais par les hommes… Mon édition est intéressante qui raconte comment cette fable est née d'une blague de l'auteur à un ami. Dès lors, j'aimerais croire que tout cela n'est qu'imagination… On sait cependant que beaucoup de vocations ont été « forcées » par les événements ; et l'auteur ayant connu lui-même une éducation religieuse chez les Jésuites, on peut craindre qu'il n'y ait plus de réel dans cette histoire que l'on ne voudrait croire. Ce qui explique également sa volonté de publication posthume. « On ne sait pas l'histoire de ces asiles, disait l'avocat dans son plaidoyer, on ne la sait pas ». Vous qui la voulez savoir, elle vous est ici contée : accrochez-vous ! Une lecture moderne, autant dans ses idées que dans son ton et dans son rythme, même si répétitive du fait du récit de sévices en huis clos.
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  • Gruizzli Posté le 18 Octobre 2021
    C'est une curieuse histoire, bien évidemment bien plus qu'une simple histoire. C'est le pamphlet d'un philosophe envers une institution établie de la religion. Et pas n'importe laquelle. Celle des couvents. Alors, avant toute chose, je comprends parfaitement qu'on puisse se désintéresser de ce genre de roman si l'on n'y voit pas l'intérêt et qu'on y vient pas avec un minimum de connaissance de base. En effet, l'époque de Diderot est celle où les jeunes filles de bonne famille sont envoyés au couvent, soit avant le mariage, soit définitivement faute de dot suffisante pour la marier. Et deux trois autres détails du genre. Alors, je conçois que si vous ne vous intéressez que très peu à cette époque et à son comportement religieux, c'est assez difficile d'approche et peu intéressant. Cela dit, j'ai beaucoup aimé la façon dont Diderot traite le livre. C'est la lettre de l'héroïne à un protecteur anonyme, dans laquelle elle raconte son histoire d'un bout à l'autre, tout en conservant sa naïveté et sa candeur d'origine. C'est une fille de bonne famille qui connue la malchance d'être née seconde dans la famille. Et qui va se retrouver au couvent très vite, alors qu'elle refuse. Mais la vie est mal faite,... C'est une curieuse histoire, bien évidemment bien plus qu'une simple histoire. C'est le pamphlet d'un philosophe envers une institution établie de la religion. Et pas n'importe laquelle. Celle des couvents. Alors, avant toute chose, je comprends parfaitement qu'on puisse se désintéresser de ce genre de roman si l'on n'y voit pas l'intérêt et qu'on y vient pas avec un minimum de connaissance de base. En effet, l'époque de Diderot est celle où les jeunes filles de bonne famille sont envoyés au couvent, soit avant le mariage, soit définitivement faute de dot suffisante pour la marier. Et deux trois autres détails du genre. Alors, je conçois que si vous ne vous intéressez que très peu à cette époque et à son comportement religieux, c'est assez difficile d'approche et peu intéressant. Cela dit, j'ai beaucoup aimé la façon dont Diderot traite le livre. C'est la lettre de l'héroïne à un protecteur anonyme, dans laquelle elle raconte son histoire d'un bout à l'autre, tout en conservant sa naïveté et sa candeur d'origine. C'est une fille de bonne famille qui connue la malchance d'être née seconde dans la famille. Et qui va se retrouver au couvent très vite, alors qu'elle refuse. Mais la vie est mal faite, et notre héroïne va se retrouver à fréquenter divers couvent, chacun avec ses méthodes et sa façon d'agir, qui bien évidemment, ne conviendront jamais. Ce livre est amusant, de part son énorme pamphlet anti-clérical, et toute la volonté qu'il met à décrire des couvents comme des institutions sordides hérités d'une époque qui ne correspondait plus à la réalité et qui ne faisant que mettre à mal une partie de la gent féminine, qui n'avait pas demandé à s'y trouver pour la majorité. Le pamphlet a perdu de sa force, il faut l'avouer, puisqu'il vise, plus que la religion, une institution de celle-ci. Institution qui n'a pas disparu, mais n'existe tout du moins plus dans la forme qui nous est présenté ici (et tant mieux !). Mais cela fait réfléchir, je trouve, que de lire ce qu'il s'y passait (en traits grossis) et les limites de toutes religions. Personnellement, je me suis amusé à la lecture, qui ne fut pas la plus inoubliable mais très sympathique tout de même, avec quelques rires, pas forcément voulu par l'auteur je pense, mais cela m'a amusé de me retrouver dans un dix-septième siècle rempli de nonnes. Même si je ne pense pas relire ce livre, ce fut une lecture distrayante. Un livre philosophique mais qui a perdu de sa force et de son potentiel, même s'il reste très sympathique à lire (notamment son langage très classe), avec des bonnes choses à en tirer. Je ne suis pas sûr qu'il me faille vous le conseiller, sauf si vous êtes fan d'histoire et de religion, et que vous avec quelques connaissances préalables sur le sujet. Le livre ne manquera pas, alors de vous plaire, même si là encore ce n'est pas le meilleur livre qu'on ait conservé de cette période. Mais pour ma part, j'en ressors satisfait.
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  • Cath_perrin Posté le 7 Octobre 2021
    Suzanne Simonin entre au couvent, ses parents entendant privilégier l’avenir de ses sœurs, pourtant bien moins charmantes qu’elle. Suzanne s’interroge dès son premier appel au secours au marquis de Croismare sur cette différence de traitement. Elle en déduit qu’elle est une enfant illégitime dont ses parents sont bien aises de se débarrasser. Elle bénéficie d’abord de la bienveillance de la mère supérieure, au courant de son désir de sortir du couvent, malheureusement cette dernière meurt et la situation de Suzanne se dégrade avec l’arrivée d’une nouvelle mère supérieure qui ne peut tolérer une telle rébellion. C’est le début d’une descente aux enfers. Un livre accessible aux lecteurs d’aujourd’hui et qui ne laisse pas indifférent.
  • Buzzato Posté le 24 Septembre 2021
    Très agréable lecture J'avais lu que c'était un livre sur l'enfermement et il est vrai que l'histoire de cette jeune fille née du péché est une relation de son emprisonnement au couvent. De mère supérieure en mère supérieure, Suzanne cherche à fuir une condition imposée. En fin de lecture, il me semble néanmoins que le roman est moins celui d'une liberté entravée que celui des amours non réciproques. Une fille non souhaitée qu'une mère ne peut aimer, une fille qui ne trouve pas l'amour parmi ses proches et qui le quête chez une mère supérieure, une religion d'amour où un couvent entier torture une jeune fille désirant s'en extraire, une mère supérieure qui ne parvient pas à atteindre l'amour et le plaisir physique auprès d'une jeune arrivante..... Au fil du roman, Suzanne surmonte les murs entourant sa liberté, seul le refus de l'amour partagé reste indépassable. Mais n'est-ce pas la seule impuissance de l'omnipotent Dieu: celle de se faire aimé? L'amour que le croyant porte à son dieu est-il réciproque? l'amour inconditionnel est-il une réalité? Etonnamment donc, La Religieuse fut pour moi un roman d'amour
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