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Robert Laffont
EAN : 9782221218198
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 304
Format : 132 x 198 mm

Le Cheval impossible

Raymonde WEIL (Traducteur), Michel DOURY (Traducteur)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 24/05/2018
« Ce qui tient le lecteur rivé à cette écriture au vitriol, c’est l’audace des personnages de ces nouvelles. Saki nous fait en effet traverser des jungles mondaines et cocasses grâce à de merveilleux guides. » Gilles Barbedette, Le Monde

Reginald, le cruel dandy héros de ces nouvelles, pourfend par le sarcasme la société mondaine édouardienne, pétrifiée dans les conventions, à laquelle il appartient pourtant de toutes ses fibres.
Car il y a du cynisme et de la rage chez Saki, sans conteste l’un des écrivains anglais les plus originaux du...

Reginald, le cruel dandy héros de ces nouvelles, pourfend par le sarcasme la société mondaine édouardienne, pétrifiée dans les conventions, à laquelle il appartient pourtant de toutes ses fibres.
Car il y a du cynisme et de la rage chez Saki, sans conteste l’un des écrivains anglais les plus originaux du XXe siècle, l’un des plus drôles, des plus modernes et des plus noirs aussi. Il est au croisement d’une double lignée : celle des humoristes qui pratiquent la « high comedy », comme P. G. Wodehouse ou Evelyn Waugh, et celle du fantastique des Histoires comme ça de Rudyard Kipling et des vertus épigrammatiques d’Oscar Wilde.

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EAN : 9782221218198
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 304
Format : 132 x 198 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Guillaume17 Posté le 24 Avril 2020
    39 petites nouvelles courtes et très éclectiques Humour so british parfois noir sans concession Très bons portraits caustiques de la société britannique sous l époque victorienne Des textes féroces et résolument moderne au 21 ème siècle
  • MarianneL Posté le 26 Avril 2013
    Héritières des suffragettes, amoureux du genre humain, laissez tomber vos nobles pensées pendant le temps de cette lecture, afin de profiter pleinement de la misanthropie mordante et de toute la drôlerie de Saki. Auteur britannique né en 1870, qui perdit très tôt sa mère et fut élevé par deux tantes, Saki en conçut apparemment une image des femmes très influencée par l’éducation reçue de ces deux femmes acariâtres et prises dans des disputes constantes. « La main qui balance le berceau balance aussi le monde, mais comme le ferait un volcan. Une femme pourra endurer beaucoup d’inconfort, se sacrifier et se passer de tout jusqu'à l’héroïsme, mais le seul luxe qui lui soit indispensable, ce sont les disputes. Partout, si transitoire que soit l’événement, elle ne renoncera jamais à ses querelles féminines, pas plus qu’un Français ne renoncerait à mitonner sa soupe dans le désert des régions arctiques. » (Excepté Mrs. Pentherby) Tout ceci n’enlève rien à son humour corrosif, bien au contraire. Une quarantaine de récits courts, de trois à dix pages environ, forment ce cheval impossible, et Saki nous y plonge avec cynisme et sans pitié dans l’atmosphère de la haute société de l’Angleterre Edouardienne. Parmi les perles qui m’ont arraché un... Héritières des suffragettes, amoureux du genre humain, laissez tomber vos nobles pensées pendant le temps de cette lecture, afin de profiter pleinement de la misanthropie mordante et de toute la drôlerie de Saki. Auteur britannique né en 1870, qui perdit très tôt sa mère et fut élevé par deux tantes, Saki en conçut apparemment une image des femmes très influencée par l’éducation reçue de ces deux femmes acariâtres et prises dans des disputes constantes. « La main qui balance le berceau balance aussi le monde, mais comme le ferait un volcan. Une femme pourra endurer beaucoup d’inconfort, se sacrifier et se passer de tout jusqu'à l’héroïsme, mais le seul luxe qui lui soit indispensable, ce sont les disputes. Partout, si transitoire que soit l’événement, elle ne renoncera jamais à ses querelles féminines, pas plus qu’un Français ne renoncerait à mitonner sa soupe dans le désert des régions arctiques. » (Excepté Mrs. Pentherby) Tout ceci n’enlève rien à son humour corrosif, bien au contraire. Une quarantaine de récits courts, de trois à dix pages environ, forment ce cheval impossible, et Saki nous y plonge avec cynisme et sans pitié dans l’atmosphère de la haute société de l’Angleterre Edouardienne. Parmi les perles qui m’ont arraché un éclat de rire sonore (ceux qui me connaissent apprécieront), je retiens surtout … le cheval impossible [un cheval impossible finalement vendu au meilleur prétendant de la fille de la famille au risque de tuer celui-ci et d’anéantir ainsi les perspectives cette alliance prometteuse], … la louve [un homme qui prétend maitriser des forces occultes, la Magie Sibérienne, tourné en ridicule lors d’un diner mondain] … et bien sûr Louis [un adorable loulou de Pomeranie qui sert d’alibi à Mme Strudwarden, pour ne pas céder d’un pouce sur toutes les propositions de son époux qui ne lui conviennent pas, donnant à celui-ci des envies de meurtre canin]. « -Ecoute-moi, dit Strudwarden, cette éternelle question de Louis devient un problème ridicule. On ne peut rien faire, rien prévoir sans encourir un quelconque veto imposé par le confort ou les caprices de cet animal. Si tu étais un prêtre au service de quelque fétiche africain, tu n’arriverais pas à établir un code d’interdiction plus compliqué. Je crois que tu demanderais au gouvernement de repousser les élections législatives si tu pensais que le confort de Louis devait en souffrir si peu que ce soit. »
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  • ileana Posté le 23 Février 2013
    Ces nouvelles distillent une cruauté suave, une cruauté feutrée, une cruauté polie. Au centre de chaque nouvelle une méchanceté, une vengeance ou une vilaine farce, perpétrée par un enfant, par le hasard ou par un personnage sot. Ou alors c’est un grain de sable dans le mécanisme. S’ensuit l’effet dévastateur et hilare sur la victime. Il n’y a pas de morale et pas de remède. Un délicieux humour noir. Parfois intervient un élément fantastique, un chat capable de parler ou un loup garou. Cependant l’auteur ne s’attarde pas sur sa créature fabuleuse, mais sur la confusion et le désarroi des humains pris au piège. Graham Greene disait de nouvelles de Saki qu’elles égratignent les riches. Ce n’est pas vrai. Cela n’a rien d’une critique sociale. Je les rapproche plutôt de …. Cioran. Oui, Cioran, le pessimiste (parfois) souriant.
  • colimasson Posté le 20 Décembre 2012
    Le Cheval impossible nous raconte non seulement l’histoire d’un cheval mais aussi celle d’un chat qui a acquis le don de la parole et qui en profite pour révéler leurs vérités aux invités d’une réunion censée être festive –mais qui s’achèvera de manière catastrophique (Tobermory)- ; celle d’un furet auquel un enfant décide de rendre un culte en opposition aux forces maléfiques qui émanent de sa tante revêche (Sredni Vashtar) ; celle d’une louve qui s’introduit dans un intérieur bourgeois et qui y provoque la pagaille (La louve), histoire semblable, d’ailleurs, à celle du Bœuf en visite ; celle d’un chat dont la philosophie de tout repos fera croire à une jeune épouse comblée que sa voie est celle de la philanthropie –avant qu’elle ne s’aperçoive avoir fait fausse route- -(Le chat et la philanthrope) ; celle d’un taureau qui permettra de matérialiser l’opposition de deux frères autour des activités pragmatique (l’élevage) et artistique (la peinture) (Le taureau). Qu’on ne s’y trompe pas ! si les titres des nouvelles de ce recueil de Saki laissent la part belle aux animaux, ces derniers permettent surtout aux maux typiquement humains de se révéler. Et au cours de la période qui a connu leur... Le Cheval impossible nous raconte non seulement l’histoire d’un cheval mais aussi celle d’un chat qui a acquis le don de la parole et qui en profite pour révéler leurs vérités aux invités d’une réunion censée être festive –mais qui s’achèvera de manière catastrophique (Tobermory)- ; celle d’un furet auquel un enfant décide de rendre un culte en opposition aux forces maléfiques qui émanent de sa tante revêche (Sredni Vashtar) ; celle d’une louve qui s’introduit dans un intérieur bourgeois et qui y provoque la pagaille (La louve), histoire semblable, d’ailleurs, à celle du Bœuf en visite ; celle d’un chat dont la philosophie de tout repos fera croire à une jeune épouse comblée que sa voie est celle de la philanthropie –avant qu’elle ne s’aperçoive avoir fait fausse route- -(Le chat et la philanthrope) ; celle d’un taureau qui permettra de matérialiser l’opposition de deux frères autour des activités pragmatique (l’élevage) et artistique (la peinture) (Le taureau). Qu’on ne s’y trompe pas ! si les titres des nouvelles de ce recueil de Saki laissent la part belle aux animaux, ces derniers permettent surtout aux maux typiquement humains de se révéler. Et au cours de la période qui a connu leur écriture, ceux-ci semblaient être suffisamment abondants pour que Saki n’en perde ni de sa verve, ni de son humour grinçant. Il s’avance tranquillement à faire ressortir les pires défauts et les plus grandes contradictions d’une certaine bourgeoisie britannique du 19e siècle en la mettant en scène dans son environnement naturel, accompagnée de tous les attributs nécessaires à sa condition –plateau de thé en fin d’après-midi, parcs remplis de massifs fleuris, voyages en train, réceptions et grandes soirées, domestiques et jeux de bridge… On a l’impression de s’avancer à l’intérieur d’un tableau minutieusement arrangé. Et puis, par une petite phrase anodine, Saki nous fait comprendre qu’il y a quelque chose qui cloche. Au détour d’un paragraphe tout ce qu’il y a de plus classique, de plus cohérent, surgit soudainement une petite phrase qui tire le lecteur d’une éventuelle léthargie tranquille dans lequel il se serait enfoncé par erreur. « Je vais être veuve avant d’être mariée. Pourtant, j’ai tellement envie de voir à quoi ressemble la Corse. Elle a l’air tellement idiot sur la carte ! » Cette spontanéité provoque un choc amusant, d’autant plus que Saki n’a pas son pareil pour révéler en quelques phrases tout l’hypocrisie d’une scène précédemment déroulée, à la fois avec cruauté et virulence, mais aussi avec une force comique réjouissante qui donne souvent envie de s’exclamer. Saki n’hésite pas non plus à jouer avec l’absurde. Ses nouvelles prennent souvent le tour du fantastique et introduisent des évènements saugrenus, inexplicables… Mais là où l’on attend que les personnages cherchent à comprendre l’origine de cet évènement, ils décident de se comporter de manière irrationnelle à leur tour, et de résoudre des interrogations qui nous semblent être à mille lieues de celles que devraient logiquement amener la situation. Et ces personnages cartésiens, bourgeois et manucurés jusqu’au bout des ongles, de se démener et de trébucher avec frénésie dans des situations inextricables… On se rend compte que derrière l’écriture de Saki, de première apparence correcte et conventionnelle, se cache un criminel de la fiction qui éprouve d’autant plus de plaisir à torturer ses personnages que ceux-ci correspondent en tout point à un certain idéal de la bourgeoisie britannique –jeune gentleman, éducatrice moralisatrice, demoiselle aux bonnes manières… Peu à peu, des leitmotive se dégagent de ces nouvelles. Saki semble éprouver une tendresse particulière pour ses personnages d’enfants, représentatifs d’une conscience encore intègre car non immaculée par les principes absurdes et aliénants des vieilles tantes revêches et moralisatrices. Ce sont eux, souvent, qui font dérailler le quotidien monotone des personnes adultes et qui observent, en toute innocence, leurs tentatives éperdues pour se raccrocher aux bonnes manières dont ils sont empreints et qu’ils s’évertuent coûte que coûte à infliger à leurs rejetons. Saki permet à ces enfants de prendre une revanche sur ce monde des adultes : victoire de la spontanéité, du plaisir et du jeu sur l’hypocrisie, le devoir et la morale. « Vers onze heures et demie, les membres les plus rassis de la famille Steffink commencèrent à insinuer qu’il serait temps de penser à dormir. - Allons, Teddie, tu sais que tu devrais déjà être dans ton petit lit, dit Luke Steffink à son fils qui avait treize ans. - Nous devrions tous y être, ajouta Mrs. Steffink. - Il n’y aurait pas la place, dit Bertie. Cette réflexion fut considérée comme parfaitement indécente et tout le monde se mit aussitôt à manger des raisins et des amandes avec le zèle fiévreux d’un mouton qui broute pendant que l’orage menace. » Saki semble vouer un acharnement plus féroce encore à l’encontre des femmes qu’il afflige de toutes les pires pudibonderies, de tous les voiles les plus grossiers et de toute la cruauté la plus féroce. L’auteur se serait-il inspiré de cette partie de son enfance qu’il passa dans le Devon, élevé par deux vieilles tantes, pour tracer ces portraits peu valorisants de la gente féminine ? Souvent, ces femmes manipulatrices s’opposent à un personnage masculin adulte, terrorisé par les cataclysmes que provoquent en lui les contradictions qu’il perçoit chez elles. On soupçonne, sous ce personnage, de reconnaître partiellement Saki… Et c’est la débâcle à vilipender les dons de comédiennes des bourgeoises… « Thirza décida aussitôt qu’elle aurait une migraine qui durerait quatre jours ; c’était sa recette invariable en cas de contrariété ou d’ennui. On l’avait vue l’ajourner à plus tard pendant certaines périodes de tension, comme pendant la semaine de Noël ou quelque nettoyage de printemps, mais elle n’y renoncerait jamais complètement. » …mais aussi leur besoin dévorant de contrôler et de diriger l’existence dans le moindre de ses détails, détruisant au berceau l’originalité et la fantaisie sitôt qu’elles essaient de se frayer une place dans leur univers… « Thirza Yealmton était ce qu’on appelle une femme très organisée. C’est souvent un compliment très flatteur, mais Thirza appartenait à cette déplorable espèce qui ne peut jamais admettre que la nature, et particulièrement la nature humaine, est quelquefois conçue et construite de telle manière qu’elle puisse résister à toute organisation ; et cela, tant pour son propre bonheur que dans son intérêt propre. » …pour ne pas citer, enfin, la véritable nature querelleuse et futile de femmes riches, mais qui s’ennuient… « Une femme pourra endurer beaucoup d’inconfort, se sacrifier et se passer de tout jusqu’à l’héroïsme, mais le seul luxe qui lui soit indispensable, ce sont les disputes. Partout, si transitoire que soit l’évènement, elle ne renoncera jamais à ses querelles féminines, pas plus qu’un français ne renoncerait à mitonner sa soupe dans le désert des régions arctiques. Dès le début d’une traversée en mer, avant que le voyageur mâle ait eu le temps d’apercevoir une demi-douzaine de passagers, il se trouvera une femme qui aura déjà déclenché au moins deux causes d’hostilité et elle en aura mis de côté une ou deux supplémentaire…pourvu, évidemment, qu’(il y ait suffisamment de femmes à bord pour lui offrir plusieurs adversaires. » Lire le Cheval impossible de Saki s’apparente à une expérience d’immersion dans cette bourgeoisie britannique du 19e siècle qui fait le centre de ses nouvelles. Sa manière de procéder dans son écriture est paradoxalement semblable aux comportements hypocrites et faussement doucereux qu’il condamne. Saki, avec ses airs de gendre respectable, s’avance tout souriant en présentant des manières travaillées –bonne apparence mais fond virulent ? Toutefois, Saki n’est pas comparable à cette faune de bourgeois qu’il met en scène : là où ceux-ci finissent par se laisser dévorer par les règles de la morale qu’on leur a inculquées, Saki laisse librement aller ses paroles et ses pensées pour saccager avec joie le petit théâtre ridicule des bonnes manières.
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