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10/18
EAN : 9782264064943
Code sériel : 4920
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 216
Format : 108 x 177 mm

Le Fidèle Rouslan

Owen Matthews (préface de), François Cornillot (traduit par)
Date de parution : 03/12/2015
La redécouverte d'un très grand livre publié en France en 1978, dénonciation édifiante de la déshumanisation et de l'absurdité du système soviétique, par un des grands dissidents russes injustement méconnu.
 
En Sibérie, au début des années 1960. Chien de garde d’une redoutable efficacité, Rouslan voit son monde s’écrouler un matin : le camp de prisonniers vient de fermer, son maître lui donne congé. Que faire quand on n’a connu que le travail ? Quand toute sa vie, on a répondu... En Sibérie, au début des années 1960. Chien de garde d’une redoutable efficacité, Rouslan voit son monde s’écrouler un matin : le camp de prisonniers vient de fermer, son maître lui donne congé. Que faire quand on n’a connu que le travail ? Quand toute sa vie, on a répondu aux ordres ? Quand on ne sait rien faire d’autre que garder des prisonniers ? Si les autres chiens vont quémander de la nourriture et un abri chez les villageois, Rouslan, lui, ne se compromet pas. Hier encore, il sautait à la gorge du prisonnier fuyard, son flair lui faisait retrouver celui qui avait volé un quignon de pain, son endurance le faisait courir des heures derrière les colonnes de détenus.
Certes, Rouslan a parfois été choqué, comme ce jour où un des chiens, le plus sauvage, le meilleur, capable de tuer un prisonnier d’un seul coup, a été emmené par les maîtres dans la forêt et n’en est jamais revenu ; ou cette autre journée où les détenus ont refusé de sortir par -40° et où les gardiens les ont arrosés d’eau. Mais Rouslan le sait, c’est dans la force et dans l’ordre qu’on trouve la liberté…
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EAN : 9782264064943
Code sériel : 4920
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 216
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • mylena Posté le 14 Avril 2021
    Ce livre raconte la soudaine déstalinisation des goulags en URSS. L’auteur réussit à écrire un récit glaçant, qui prend aux tripes, sans pour autant jamais donner son point de vue ou faire preuve de la moindre empathie envers les prisonniers. Comment réussit-il se tour de force ? En centrant la narration sur Rouslan, chien de garde dans un camp, sans aucun anthropomorphisme, Rouslan a simplement toutes les qualités d’un bon chien : fidèle, obéissant, ayant le sens du devoir et … dressé à surveiller les prisonniers, poursuivre les évadés en mordant s’il le faut. A la fermeture des camps il se retrouve complètement inadapté, en perte de tous ses repères. Nous avons deux narrateurs, Rouslan qui partage ses souvenirs, et un narrateur qui nous raconte la nouvelle vie de Rouslan. Malgré tout Rouslan, reflet du bon citoyen soviétique, formaté et loyal, est un personnage sympathique, qui ne déteste pas les prisonniers contrairement à ses maîtres, et qui ne voit absolument pas qu’il vit dans un monde cruel. Bien sûr, ce livre n’a circulé en URSS que sous forme de samizdat, avant de paraître à l’Ouest en 1975. Ce livre est d’autant plus remarquable que son auteur n’a jamais été interné dans un camp, c’est... Ce livre raconte la soudaine déstalinisation des goulags en URSS. L’auteur réussit à écrire un récit glaçant, qui prend aux tripes, sans pour autant jamais donner son point de vue ou faire preuve de la moindre empathie envers les prisonniers. Comment réussit-il se tour de force ? En centrant la narration sur Rouslan, chien de garde dans un camp, sans aucun anthropomorphisme, Rouslan a simplement toutes les qualités d’un bon chien : fidèle, obéissant, ayant le sens du devoir et … dressé à surveiller les prisonniers, poursuivre les évadés en mordant s’il le faut. A la fermeture des camps il se retrouve complètement inadapté, en perte de tous ses repères. Nous avons deux narrateurs, Rouslan qui partage ses souvenirs, et un narrateur qui nous raconte la nouvelle vie de Rouslan. Malgré tout Rouslan, reflet du bon citoyen soviétique, formaté et loyal, est un personnage sympathique, qui ne déteste pas les prisonniers contrairement à ses maîtres, et qui ne voit absolument pas qu’il vit dans un monde cruel. Bien sûr, ce livre n’a circulé en URSS que sous forme de samizdat, avant de paraître à l’Ouest en 1975. Ce livre est d’autant plus remarquable que son auteur n’a jamais été interné dans un camp, c’est donc bien un roman et non un témoignage. Evidemment l’auteur a été considéré comme un dissident et a fini par émigrer.
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  • gaelimberdis Posté le 3 Janvier 2021
    Rouslan est le Chien parmi les chiens.Rouslan est un chien de garde qui fait son métier de la meilleur des façon possible par fidélité à son maitre. En revanche, les autres chiens bien que dociles et obéissants au tyran et au système qui les ont éduqués sont faibles et agressifs, mais comment leur en vouloir il ne sont que des hommes.
  • Mangeur_de_livre Posté le 29 Février 2020
    Je n’ai aucun souvenir des circonstances qui m’ont amené à lire ce livre. Par contre, le jour où j’ai retrouvé dans mes affaires ce fanion et ces pins soviétiques, offerts par mon grand-père il y a bien longtemps ‘car oui je suis assez vieux pour avoir connu l’URSS), j’ai immédiatement pensé à ce brave Rouslan pour qui il constituerait un allié photographique de choix. Sibérie, début des années 1960. Rouslan est chien de garde dans un goulag. Il a été formé pour surveiller les prisonniers et aider à retrouver ceux qui tenteraient de s’évader. Il n’a toujours connu que ce travail, qu’il exerce d’ailleurs avec une redoutable efficacité. Mais tout va changer à la mort de Staline. Le camp ferme et les prisonniers s’en vont. Son maître même lui donne congé. Comment Rouslan va-t-il faire face à cet évènement auquel rien de l’a préparé ? Rouslan a été écrit par un dissident du régime soviétique. Il nous montre, à hauteur de chien, toute l’absurdité du système politique ayant conduit au goulag. Dressé pour obéir, pour haïr les prisonniers, Rouslan va perdre tout ses repères hors du cadre strict du camp. D’ailleurs, si d’autres chiens tentent de « se reconvertir » auprès des... Je n’ai aucun souvenir des circonstances qui m’ont amené à lire ce livre. Par contre, le jour où j’ai retrouvé dans mes affaires ce fanion et ces pins soviétiques, offerts par mon grand-père il y a bien longtemps ‘car oui je suis assez vieux pour avoir connu l’URSS), j’ai immédiatement pensé à ce brave Rouslan pour qui il constituerait un allié photographique de choix. Sibérie, début des années 1960. Rouslan est chien de garde dans un goulag. Il a été formé pour surveiller les prisonniers et aider à retrouver ceux qui tenteraient de s’évader. Il n’a toujours connu que ce travail, qu’il exerce d’ailleurs avec une redoutable efficacité. Mais tout va changer à la mort de Staline. Le camp ferme et les prisonniers s’en vont. Son maître même lui donne congé. Comment Rouslan va-t-il faire face à cet évènement auquel rien de l’a préparé ? Rouslan a été écrit par un dissident du régime soviétique. Il nous montre, à hauteur de chien, toute l’absurdité du système politique ayant conduit au goulag. Dressé pour obéir, pour haïr les prisonniers, Rouslan va perdre tout ses repères hors du cadre strict du camp. D’ailleurs, si d’autres chiens tentent de « se reconvertir » auprès des civils pour obtenir un peu de nourriture, lui ne désespère pas de parvenir un jour à reprendre du service. En bref, un livre au point de vue très original qui fait réfléchir et qui dénonce les limites du système totalitaire soviétique avec beaucoup d’ironie, non sans être parfois aussi émouvant. A ne pas rater !
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  • Nastie92 Posté le 27 Octobre 2019
    Rouslan, fidèle et homme parfait ? Vous n'y êtes pas du tout : Rouslan est un chien ! Mais attention, Rouslan n'est pas un animal de compagnie. Il a été dressé, mais pas pour devenir un gentil toutou aimant. Parce que Rouslan a travaillé dans un camp. Il a été dressé pour surveiller, dressé pour veiller à l'application des règles, dressé pour poursuivre les fuyards, dressé pour mordre, dressé pour faire peur, dressé pour tuer s'il le faut. Rouslan est chien de garde d'un camp en Sibérie. L'un des meilleurs. Il fait partie de l'élite canine. Il est né dans le camp, a grandi dans le camp, a travaillé toute sa vie dans le camp. Alors quand celui-ci ferme et qu'il se retrouve abandonné par son maître qu'il vénère, propulsé dans le monde extérieur, dans un univers qu'il ne connaît pas et dont il ne soupçonnait même pas l'existence, vous imaginez son désarroi ? Notre pauvre chien ne comprend pas ce qui lui arrive dans ce qui est la vraie vie pour nous, mais un monde étranger pour lui. Gueorgui Vladimov dépeint l'univers concentrationnaire soviétique... vu par un chien ! Étonnant, non ? En effet, l'auteur raconte la vie dans le camp, mais pas directement.... Rouslan, fidèle et homme parfait ? Vous n'y êtes pas du tout : Rouslan est un chien ! Mais attention, Rouslan n'est pas un animal de compagnie. Il a été dressé, mais pas pour devenir un gentil toutou aimant. Parce que Rouslan a travaillé dans un camp. Il a été dressé pour surveiller, dressé pour veiller à l'application des règles, dressé pour poursuivre les fuyards, dressé pour mordre, dressé pour faire peur, dressé pour tuer s'il le faut. Rouslan est chien de garde d'un camp en Sibérie. L'un des meilleurs. Il fait partie de l'élite canine. Il est né dans le camp, a grandi dans le camp, a travaillé toute sa vie dans le camp. Alors quand celui-ci ferme et qu'il se retrouve abandonné par son maître qu'il vénère, propulsé dans le monde extérieur, dans un univers qu'il ne connaît pas et dont il ne soupçonnait même pas l'existence, vous imaginez son désarroi ? Notre pauvre chien ne comprend pas ce qui lui arrive dans ce qui est la vraie vie pour nous, mais un monde étranger pour lui. Gueorgui Vladimov dépeint l'univers concentrationnaire soviétique... vu par un chien ! Étonnant, non ? En effet, l'auteur raconte la vie dans le camp, mais pas directement. Il le fait par l'intermédiaire de son personnage à quatre pattes. C'est très habile, car plutôt que de nous livrer le récit détaillé de ce qui se passait dans le camp, il laisse parler Rouslan qui nous partage ses souvenirs, tandis qu'un narrateur extérieur, en racontant la nouvelle vie du chien nous fait comprendre ce qu'il a vécu avant la fermeture. Tout est ainsi narré de façon indirecte, à hauteur de vue de l'animal, à travers la compréhension qu'il a des événements. Cette façon de faire est très efficace, et les horreurs que l'on découvre nous apparaissent bien plus nettement que si elles avaient été décrites directement. Ce que dénonce Gueorgui Vladimov est abominable et on comprend qu'il se soit attiré des ennuis ! La lecture terminée, on a envie de crier la citation de Maxime Gorki extraite de son ouvrage Les barbares et mise en exergue dans Le fidèle Rouslan : « Qu'avez-vous fait là, messieurs ! » Écrit au début des années soixante, Le fidèle Rouslan fut impossible à publier en URSS. Il circula sous le manteau dans des éditions clandestines et beaucoup en attribuèrent la paternité à Soljenitsyne. Ce n'est qu'en 1975 qu'il fut publié en Allemagne, anonymement pour protéger son auteur. En 1979, il fut traduit en anglais et d'autres langues, mais il ne sera pas publié en URSS avant la pérestroïka. Dans son excellente préface, Owen Matthews dit de l'auteur : "Il croyait fermement qu'une société apprend de son Histoire et qu'il n'y a pas d'avenir tant qu'on ne s'est pas confronté à son passé." Avec son fidèle Rouslan, Gueorgui Vladimov, comme Soljenitsyne et d'autres écrivains dissidents, a largement apporté sa contribution à l'avenir de la société russe. Un livre original au contenu très fort.
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  • Chasto Posté le 13 Avril 2019
    Reflet fidèle d'un temps où l'on s'amalgamait à un système unique, celui d'un seul. L'autre, l'extérieur, qui, de son regard, de ses paroles oppose son courant, sa pensée à cette structure, ce montage, cette architecture sociale devient l'ennemi, l'ivraie. Gardons nous de ces autres, ces gens qui, de leurs simples raisonnements font vaciller ces montagnes d'un autre temps. Les murs disparaissent et les empreintes demeurent, l'être se démène et les ombres d'un autre passé deviennent compagnes du présent. Pages à tourner et à réfléchir sur ces traces que certains s'attachent à laisser de leur passage dans notre histoire.
Lisez inspiré avec 10/18 !
Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…