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Robert Laffont
EAN : 9782221200698
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 320
Format : 122 x 182 mm

Le Roman théâtral

Claude Ligny (traduit par)
Collection : Pavillons Poche
Date de parution : 15/06/2017

Moscou, vers 1925… Obscur journaliste, Maksoudov a écrit un roman mais il est persuadé que personne ne l’a lu. On lui demande pourtant de l’adapter pour le théâtre ; la pièce serait montée par le célèbre Ivan Vassiliévitch, en qui l’on reconnaîtra Stanislavski. Aussitôt, Maksoudov se met à l’ouvrage, achève...

Moscou, vers 1925… Obscur journaliste, Maksoudov a écrit un roman mais il est persuadé que personne ne l’a lu. On lui demande pourtant de l’adapter pour le théâtre ; la pièce serait montée par le célèbre Ivan Vassiliévitch, en qui l’on reconnaîtra Stanislavski. Aussitôt, Maksoudov se met à l’ouvrage, achève sa pièce et vient la lire à Vassiliévitch qui propose (c’est-à-dire impose) des changements tellement ridicules et inacceptables qu’il envoie tout promener. Cependant, il apprend bientôt que sa pièce est retenue ; il est même invité à assister aux répétitions. Avec effarement, il voit son travail, sous la direction autoritaire et capricieuse de Vassiliévitch, se défigurer sous ses yeux. Lui-même rejeté et oublié, il se passionne néanmoins pour cette farce…
Interrompu par la mort de Boulgakov, ce Roman théâtral, autobiographie déguisée en satire tragique et désopilante, est son oeuvre la plus émouvante.

« Dans ce roman écrit en 1937 et paru en 1965, Boulgakov conte avec une drôlerie désespérée ses déboires d’écrivain persécuté par le régime de Staline. » Libération

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EAN : 9782221200698
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 320
Format : 122 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Cosaque Posté le 30 Novembre 2020
    Étonnamment étonnant ce récit qui nous plonge dans le labyrinthe hallucinatoire de la vie théâtrale moscovite des années 20 (du vingtième siècle). Dès l’abord nous sommes prévenus, ce texte est l’ultime témoignage d’un auteur qui se serait suicidé par dépit. Le dépit du dramaturge débutant qui échoue à faire jouer sa pièce. Une fois passé ce préliminaire nous suivons notre auteur qui relate ses aventures à la première personne. Toutes se déroulent dans une Moscou grouillante d’une foule de personnages fantasques, déconcertants et souvent ridicules. Ses errances pour trouver celui qui sera susceptible de programmer sa pièce le font passer par des rues pluvieuses, froides, parfois brumeuses : « une atmosphère obscure enveloppe la ville », c’est une Moscou qui a des allures londoniennes. Et subitement par une porte basse nous pénétrons dans des salles immenses, éclatantes de lumières et de couleurs, comme si la vie et la chaleur n’existaient plus que protégées par des murs. Le monde extérieur disparaît derrière des remparts de soies, de carton pâte et de toiles peintes : c’est le « théâtre », enfin ! Le lieu de tous les possibles. Et effectivement, à l’invraisemblable se joint l’impossible ; dès lors nous sommes emportés dans un tourbillon de personnages de toutes contrées, époques,... Étonnamment étonnant ce récit qui nous plonge dans le labyrinthe hallucinatoire de la vie théâtrale moscovite des années 20 (du vingtième siècle). Dès l’abord nous sommes prévenus, ce texte est l’ultime témoignage d’un auteur qui se serait suicidé par dépit. Le dépit du dramaturge débutant qui échoue à faire jouer sa pièce. Une fois passé ce préliminaire nous suivons notre auteur qui relate ses aventures à la première personne. Toutes se déroulent dans une Moscou grouillante d’une foule de personnages fantasques, déconcertants et souvent ridicules. Ses errances pour trouver celui qui sera susceptible de programmer sa pièce le font passer par des rues pluvieuses, froides, parfois brumeuses : « une atmosphère obscure enveloppe la ville », c’est une Moscou qui a des allures londoniennes. Et subitement par une porte basse nous pénétrons dans des salles immenses, éclatantes de lumières et de couleurs, comme si la vie et la chaleur n’existaient plus que protégées par des murs. Le monde extérieur disparaît derrière des remparts de soies, de carton pâte et de toiles peintes : c’est le « théâtre », enfin ! Le lieu de tous les possibles. Et effectivement, à l’invraisemblable se joint l’impossible ; dès lors nous sommes emportés dans un tourbillon de personnages de toutes contrées, époques, professions. Lorsque brutalement le récit s’arrête, comme si notre pauvre dramaturge avait décidé de mettre son projet de suicide à exécution plus tôt que prévu. Car ce roman est une œuvre inachevée. Boulgakov n’a pas fini ce récit parce que le projet littéraire « du Maître et Marguerite » a mobilisé toutes ses forces. Avec ce « Roman théâtral : mémoires d’un défunt » il cherchait à se venger par l’écrit de la déconvenue que le Théâtre des Arts lui avait faite subir en ne programmant pas une année de plus une de ses pièces qui avaient un franc succès . Nombre de personnages connus du monde culturel moscovite de ces années, comme Stanislavsky, sont joyeusement ridiculisés. Bien sûr ils apparaissent sous un autre nom, mais pour les contemporains c’était transparent. Ainsi nous assistons à une répétition hilarante menée par un pseudo-Stanislavsky qui impose des contraintes délirantes à ses acteurs. Personne n’ose s’élever contre ce quasi-dieu vivant qui exige que des déclarations d’amour soient proférées par un acteur juché sur une vieille bicyclette, alors qu’au centre de ses évolutions cyclopédiques, une actrice, figée par la peur de se faire percuter par le bolide, est censé s’épanouir de plaisir ; et bien entendu, la percussion finit par se produire après quelques égarements dans les rideaux et chutes dans les coulisses. Quoi qu’il en soit, ce texte est une sorte d’hommage, un hommage certes très ironique mais c’est tout de même une déclaration d’amour au théâtre.
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  • Arimbo Posté le 13 Janvier 2020
    Roman inachevé du grand Boulgakov, un écrivain russe majeur du 20 ème siècle, ayant souffert dans les années 1920 et 1930 de la dureté du régime stalinien, de la tyrannie des médiocres, au service du pouvoir, à l'égard des créateurs. Ce roman décrit à la manière d'une fable comico-tragique ces conditions de vie des romanciers et auteurs de théâtre. Le héros est un jeune, pauvre et obscur journaliste au "Courrier de la navigation" qui se met à écrire un roman puis une pièce de théâtre. Le voilà d'abord confronté à la critique et à la jalousie des écrivaillons, puis au monde du théâtre où il rencontre la tyrannie et l'incapacité du metteur en scène (un portrait sans concession du célèbre Stanislasvski) ainsi que la vanité, la mesquinerie, et la médiocrité des acteurs. C'est truculent, souvent loufoque, plein d'ironie, d'humour féroce mais aussi d'une merveilleuse poésie (ah, quand les personnages et les décors de son roman se mettent à vivre sous ses yeux!). Même inachevé, c'est au niveau de ses grands romans, dont "Le Maitre et Marguerite", et de ses nouvelles, dont l'incroyable "Coeur de chien".
  • QuelsCaracteres Posté le 6 Mai 2015
    En 3 mots…Ombre, lumière, scène Extrait de mes impressions de lecture… Plusieurs semaines après ma lecture du Roman Théâtral, il me reste un souvenir un peu confus, nébuleux et recouvert d’une fine couche de neige comme les paysages et les rues de Russie que ses écrivains capturent sur le papier avec brio. Leurs livres m’envoient au visage des bouffées d’air glacé. Ce froid omniprésent dans les romans slaves, qui fait du « manteau » un mythème récurrent et ô combien important. Ce froid mortel qui accentue les contrastes. Contrastes de températures, de couleurs, de lumières, entre la beauté menaçante de l’extérieur et les replis inquiétants des intérieurs : les petites chambres minables, les bureaux austères, les salons qui accueillent alcool, banquets et mondanités ou, comme c’est le cas dans ce roman de Mikhaïl Boulgakov, les théâtres. L’auteur fait ici une déclaration d’amour poignante au Théâtre. Lieu mystérieux où la lumière et l’ombre cohabitent. Espace merveilleux où prennent vie et s’épanouissent les fantasmagories. Territoire de création et de magie, où comédiens et spectateurs sont invités à vivre une expérience puissante et tout à fait singulière. Dans ce livre, inachevé, et hautement autobiographique, Mikhaïl Boulgakov nous conte l’histoire d’un petit journaliste du nom... En 3 mots…Ombre, lumière, scène Extrait de mes impressions de lecture… Plusieurs semaines après ma lecture du Roman Théâtral, il me reste un souvenir un peu confus, nébuleux et recouvert d’une fine couche de neige comme les paysages et les rues de Russie que ses écrivains capturent sur le papier avec brio. Leurs livres m’envoient au visage des bouffées d’air glacé. Ce froid omniprésent dans les romans slaves, qui fait du « manteau » un mythème récurrent et ô combien important. Ce froid mortel qui accentue les contrastes. Contrastes de températures, de couleurs, de lumières, entre la beauté menaçante de l’extérieur et les replis inquiétants des intérieurs : les petites chambres minables, les bureaux austères, les salons qui accueillent alcool, banquets et mondanités ou, comme c’est le cas dans ce roman de Mikhaïl Boulgakov, les théâtres. L’auteur fait ici une déclaration d’amour poignante au Théâtre. Lieu mystérieux où la lumière et l’ombre cohabitent. Espace merveilleux où prennent vie et s’épanouissent les fantasmagories. Territoire de création et de magie, où comédiens et spectateurs sont invités à vivre une expérience puissante et tout à fait singulière. Dans ce livre, inachevé, et hautement autobiographique, Mikhaïl Boulgakov nous conte l’histoire d’un petit journaliste du nom de Maksoudov qui a écrit un roman qu’on lui propose d’adapter au théâtre. Il met en scène le sort de l’écrivain qui tente de survivre et d’évoluer sur les voies escarpées du monde éditorial et de l’univers théâtral et qui se heurte à la censure (économique ou politique, Mikhaïl Boulgakov a vécu à une époque où le Parti Communiste régentait la vie théâtrale). L’écrivain qui se voit dépossédé de son œuvre, par des intermédiaires peu scrupuleux, par d’autres artistes ou des administrateurs qui lui imposent coupes et modifications afin de servir leur propre vision. Le lecteur reconnaitra entre ces pages la silhouette d’un Stanislavski despotique (dans le personnage d’Ivan Vassiliévitch) et arpentera les couloirs labyrinthiques du théâtre sur les pas du héros, visitant ainsi chaque recoin de ce lieu fascinant. Pour lire la suite rdv sur http://quelscaracteres.eklablog.com/le-roman-theatral-de-mikhail-boulgakov-a117554358
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