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EAN : 9782266269278
Code sériel : 7218
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 544
Format : 140 x 225 mm

Légationville

Nathalie MEGE (Traducteur)
Date de parution : 13/10/2016
Sur Ariéka, planète aux confins du monde connu, Légationville est un comptoir commercial où Ariékans et Humains cohabitent en paix.
Pourtant, la communication entre eux est délicate : les Ariékans, bien que parlant par deux bouches, ne connaissent qu’un niveau de langage ; le mensonge leur est inconcevable et toute forme...
Sur Ariéka, planète aux confins du monde connu, Légationville est un comptoir commercial où Ariékans et Humains cohabitent en paix.
Pourtant, la communication entre eux est délicate : les Ariékans, bien que parlant par deux bouches, ne connaissent qu’un niveau de langage ; le mensonge leur est inconcevable et toute forme de métaphore, inintelligible.
Seuls les Légats, paire de clones humains élevés et appareillés en symbiose, peuvent échanger avec eux. Et un Légat improbable vient d’arriver en ville, chargé d'imposer les nouveaux plans de la Nation Mère.
Par tous les moyens.

« Quand Légationville dévoile ses enjeux, la force de son fond associée à la beauté de sa forme vous colle au plafond stellaire ! » Midi Libre

 
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EAN : 9782266269278
Code sériel : 7218
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 544
Format : 140 x 225 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Soleney Posté le 25 Janvier 2021
    75 pages de souffrance avant d'arriver dans un récit acceptable… Moi je vous le dis : Légationville est une lecture qui se mérite ! Préparez vos notes et votre bouée de secours, vous allez être catapultés en eaux profondes sans qu'on fasse mine de vous apprendre à nager. Cinquante fois pendant le début du récit, je me suis exclamée : « M'enfin Monsieur Miéville ! Mais c'est pas une façon de traiter son lectorat, voyons ! » Trois ou quatre fois, j'étais à deux doigts d'abandonner ma lecture. Mais je ne voulais pas céder si facilement. Même si je ne comprenais rien, je sentais que le récit était très qualitatif (et puis, la chronique de Musardise m'avait encouragée à continuer. Merci à elle, sinon je serais passée à côté de cette oeuvre !). Ce roman est ce qu'on pourrait appeler de la hard HARD SF. Il se passe sur une planète très isolée sur laquelle vivent des extraterrestres (les Ariékans, aussi appelés Hôtes) ainsi qu'une colonie humaine, installée là pour faire du commerce. La coloc' se passe très bien (trop bien pour être réaliste, même) malgré quelques difficultés communicationnelles : si la Langue des Hôtes est facile à apprendre, eux ne peuvent concevoir... 75 pages de souffrance avant d'arriver dans un récit acceptable… Moi je vous le dis : Légationville est une lecture qui se mérite ! Préparez vos notes et votre bouée de secours, vous allez être catapultés en eaux profondes sans qu'on fasse mine de vous apprendre à nager. Cinquante fois pendant le début du récit, je me suis exclamée : « M'enfin Monsieur Miéville ! Mais c'est pas une façon de traiter son lectorat, voyons ! » Trois ou quatre fois, j'étais à deux doigts d'abandonner ma lecture. Mais je ne voulais pas céder si facilement. Même si je ne comprenais rien, je sentais que le récit était très qualitatif (et puis, la chronique de Musardise m'avait encouragée à continuer. Merci à elle, sinon je serais passée à côté de cette oeuvre !). Ce roman est ce qu'on pourrait appeler de la hard HARD SF. Il se passe sur une planète très isolée sur laquelle vivent des extraterrestres (les Ariékans, aussi appelés Hôtes) ainsi qu'une colonie humaine, installée là pour faire du commerce. La coloc' se passe très bien (trop bien pour être réaliste, même) malgré quelques difficultés communicationnelles : si la Langue des Hôtes est facile à apprendre, eux ne peuvent concevoir le mensonge, et les seules personnes capables de communiquer avec eux sont des êtres fabriqués appelés Légats. Mais l'équilibre fragile de ces communautés est bouleversé le jour où un Légat hors normes arrive sur Ariéka. Vous l'avez déjà compris : le défaut principal de ce roman est son illisibilité. Avice, la narratrice, évoque son histoire comme si on vivait dans la même société qu'elle et ne s'embarrasse pas de nous en donner les codes. Mais même en m'obligeant à accepter de ne pas tout comprendre, certaines descriptions étaient tellement difficiles à concevoir que je ne savais pas du tout à quoi pouvait bien ressembler les scènes que je lisais. Car l'histoire se passe dans un futur si lointain que la Terre (Terra, comme ils disent) est pour eux ce qu'est pour nous la mythologie babylonienne : une vague légende lointaine. L'humanité a colonisé nombre de planètes, fondant l'empire Bremen – empire auquel la fameuse colonie d'Ariéka est affiliée. China Miéville décrit des choses que j'étais incapable de concevoir sans explication précise – ce qu'il ne nous donne pas en temps et en heure, ce serait trop facile. Généralement, j'apprécie de ne pas être infantilisée par les auteurs. Je n'ai pas peur de me heurter à une histoire complexe qu'on découvre au fur et à mesure. Mais là, je dois avouer que le niveau était particulièrement difficile ! Par-dessus le marché, il y a moult mots inconnus et non-expliqués dans le récit. Certains ont un sens qui se laisse deviner : on vous parlera de vaisseaux sublux (avec une petite pointe de dédain pour ces carcasses qui se trainent), de mariage nonex, de plat et de trid, de giciel, de parents-de-garde, de vespcam, d'exots (extraterrestres)… Mais il y en a eu d'autres ou j'ai dû attendre d'avoir franchi le cap des fameuses 75 pages avant de pouvoir me faire ne serait-ce qu'une idée ! (D'ailleurs, révoltée que je suis, je propose un petit lexique en fin de chronique, ainsi qu'une explication des scènes qui m'étaient parfaitement obscures en début de roman.) Mais c'est pas encore fini ! Une autre notion vous posera problème : celle du temps. Il n'est plus mesuré en années ; mais en heures, kiloheures et mégaheures – logique, dans un futur où l'humanité habite quantité de planètes avec des révolutions différentes. Il n'est donc pas rare de croiser des réflexions du genre : « ces enfants ne sont qu'à quelques milliers d'heures de la puberté », « voilà plusieurs kh (kiloheures) que la situation n'a pas évolué », « le voyage avait duré presque un mh ». Au début, je refaisais systématiquement les calculs, dont j'oubliais les résultats en quelques minutes. Et puis au bout de la cinquième fois, j'ai craqué. Dans un élan d'énergie, j'ai gribouillé un tableau de correspondance directement sur la page de garde du roman. (Chose que je n'envisagerais JAMAIS de faire habituellement^^' Je pense que j'avais une petite envie de vengeance.)[masquer]Vous serez donc heureux d'apprendre qu'une année terrestre contient 8760 heures, que 1000 heures correspondent à 41,66 jours, et qu'une vie humaine comprend en moyenne 745 110 heures (avec une base de 85 ans).[/masquer] Mais après ça, c'est bon : vous êtes tranquilles. Et donc, que se passe-t-il une fois qu'on a surmonté toutes ces épreuves ? Outre ces défauts, c'était une lecture riche de notions et de thématiques. On y parle de premier contact, de langage, de société, d'addiction, du bien commun, etc. Il faut savoir que China Miéville est docteur en ethnologie, et cela se sent un peu à la lecture : il explore les moindres facettes de ses hypothèses, et le fait intelligemment, sans alourdir le récit. Il n'aborde celles-ci que de manière occasionnelle, au travers d'un personnage passionné (Scile pour tout ce qui touche au langage), renseigné (Ehrsul pour tout ce qui a trait à la société légationvilloise et à ses potins), intelligent (Avice analyse les choses en prenant du recul, en tachant de rester objective). le récit n'est donc pas saturé de réflexions ; celles-ci sont distillées et aiguisent même notre appétit. Le contexte était un gros plus, pour moi : Légationville est une colonie aux moeurs très exotiques. Les enfants ne sont pas élevés par leurs géniteurs, mais par des parents-de-garde – des adultes dévoués à cette tâche. L'idée qu'on puisse avoir un lien génétique avec ceux qui nous élèvent choque même profondément Avice. Les Hôtes et les Légats sont très respectés, se moquer de l'un d'eux est tabou, sacrilège. Il est dit qu'à l'arrivée des humains, il y a eu quelques temps de grabuge, quelques affrontements, mais les choses se sont très vite tassées entre les deux races. La colonie d'Ariéka a développé une culture propre qui la distingue de l'empire auquel elle est supposée appartenir et cela créé certaines tensions dans les hautes sphères de la société. Jeux de pouvoir, luttes d'influence, mensonges, tromperies, trahisons : rien ne nous sera épargné ! J'ai apprécié Avice, et c'est rare pour un protagoniste féminin écrit par un homme. Mais Avice est quelqu'un de très universel : elle aime l'action, les sensations fortes, a fui son patelin paumé dès qu'elle a pu, tombe amoureuse, mais jamais de manière trop mièvre, collectionne les conquêtes, analyse, prend du recul, sait prendre les bonnes décisions… Elle n'est pas définie par sa féminité, mais par son humanité, et j'ai trouvé cela très appréciable. Elle n'est pas la seule. Tous les personnages étaient intéressants : que ce soit Scile et sa surprenante évolution, CalVin, que les épisodes sur le passé d'Avice permettent de mieux connaître, Ehrsul, l'intelligence artificielle au programme mystérieux, et même les Hôtes : que comprennent-ils ? Se rendent-ils compte que les humains sont des êtres pensants ou croient-ils que ce sont des demi-êtres au service des Légats ? Comment perçoivent-ils le monde, eux dont la Langue est si proche du réel qu'elle ne leur autorise pas le moindre écart ? Comment ont-ils évolué pour être si différents ? La construction du récit m'a plu. Les chapitres sont courts (heureusement !), et alternent entre un "auparavant" et un "après". Mais les deux timelines finissent par se rejoindre autour d'un événement très particulier dont je ne dirai rien tant que je n'aurai pas de cookies. Avec tout ça, je n'ai même pas vraiment évoqué les événements qui justifient l'écriture de ce livre ! mais je n'en parlerai pas, de peur de vous gâcher la surprise… En somme, Légationville est un roman riche et passionnant une fois qu'on a franchi les écueils du début. Des personnages complexes, des thématiques intelligemment menées, et un univers foisonnant. Il y a seulement quelques longueurs regrettables. Et pour finir, ma définition très personnelle des notions qui m'ont compliqué la tâche : hors, immer, miab, gazer. (Très personnelle parce qu'il n'y a PAS de définition de ces mots, mais je peux exprimer ce que j'en ai compris.) :[masquer] - L'hors désigne tout simplement l'espace ; - L'immer est une sorte de dimension parallèle que les vaisseaux empruntent pour aller plus vite et dans laquelle les distances ne correspondent pas à celle de l'univers « classique ». Comme en mer, il y a des zones très navigables et d'autres beaucoup plus dangereuses ; - Les miabs sont des sortes de navettes biomécaniques qui font la liaison entre les vaisseaux de passage et la planète Ariéka ; - Gazer est un terme spécifique aux immerseurs (ceux qui font partie de l'équipage d'un vaisseau allant dans l'immer) et il signifie peu ou prou « traîner, flâner, perdre du temps ». De même, deux moments de l'enfance d'Avice m'étaient obscurs, impossibles à représenter. La première est le moment où elle s'amuse, avec d'autres enfants, à aller le plus loin possible en terrain Hôte. Il faut savoir que l'air d'Ariéka n'est pas compatible avec les humains, et que ceux-ci ont recours au souffle éoli pour générer un air respirable. Pas de dôme, pas de frontière nette entre les deux atmosphères – ce qui permet aux enfants de retenir leur respiration et de jouer à aller le plus loin possible, n'ayant à franchir qu'une zone de vents violents. L'air humain étant respirable par les Hôtes, cela permet à ceux-ci d'aller et venir à leur convenance. Je me rappelle aussi de ce miab étrange qui arrive en ville, épuisé, tremblant… Ce qu'on comprend être une machine est décrit avec des tendons et de la chair, et lorsqu'elle s'ouvre en deux d'épuisement, elle aspire la matière autour d'elle… Mais, ouf, heureusement que cela s'est passé en ville ! Si cela c'était produit à un endroit où il n'y avait personne, cela aurait été bien plus dangereux ! Ma réaction : « Comment, pardon ? Mais mais c'est exactement l'inverse que j'aurais dit ! » C'est un des quatre moments où j'ai failli abandonner. Ce qu'il faut comprendre, c'est que les Hôtes maîtrisent parfaitement la biotechnologie. La façon dont ils procèdent n'est jamais expliquée, mais leurs machines, leurs batteries, et même leurs maisons et leurs armes sont bel et bien vivantes. Quant à l'explosion… Hormis l'auteur, qui sait ?[/masquer] J'espère que cette chronique a pu aider les lecteurs en début de roman ou tenter ceux qui hésitaient à se lancer. Clairement, je pense que je ferai l'unanimité en déclarant que ça manque cruellement d'un lexique !
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  • JCLDLGR Posté le 24 Juin 2020
    J'avais mis ce livre en pense-bête, après avoir lu "Comment parler à un Alien" qui citait l'approche de la communication avec une espèce non humaine (les ariekans). L'auteur a un prénom féminin  un nom français,  il est anglais et écrit en "américain", à la première personne dans la peau d'une jeune femme ! le ton est donné, rien ne sera là où on l'attend. Pour se laisser prendre par ce livre il faut oublier l'action, les batailles intersidérales, les combats avec des armes futuristes, on est dans l'observation, l'écoute, l'analyse, la diplomatie et la tentative de compréhension. Ce sont les humains qui sont immigrés,  l'approche de La Langue, de la voix et des émotions des autochtones est extrêmement bien pensée, quoiqu'elle donne lieu à de (trop) longues réflexions et discussions : il ne se passe que très peu de chose pendant 150 pages ; le début est déroutant, à hauteur d'enfant dans un environnement complètement inconnu, raconté comme si cet univers nous était familier, la plupart des concepts nous échappant totalement. Mais on comprend peu à peu l'intrigue (et les tensions qui l'accompagne), comme si on s'acoutumait à notre nouvelle vie. La suite devient particulièrement envoûtante quand on perçoit de mieux en mieux... J'avais mis ce livre en pense-bête, après avoir lu "Comment parler à un Alien" qui citait l'approche de la communication avec une espèce non humaine (les ariekans). L'auteur a un prénom féminin  un nom français,  il est anglais et écrit en "américain", à la première personne dans la peau d'une jeune femme ! le ton est donné, rien ne sera là où on l'attend. Pour se laisser prendre par ce livre il faut oublier l'action, les batailles intersidérales, les combats avec des armes futuristes, on est dans l'observation, l'écoute, l'analyse, la diplomatie et la tentative de compréhension. Ce sont les humains qui sont immigrés,  l'approche de La Langue, de la voix et des émotions des autochtones est extrêmement bien pensée, quoiqu'elle donne lieu à de (trop) longues réflexions et discussions : il ne se passe que très peu de chose pendant 150 pages ; le début est déroutant, à hauteur d'enfant dans un environnement complètement inconnu, raconté comme si cet univers nous était familier, la plupart des concepts nous échappant totalement. Mais on comprend peu à peu l'intrigue (et les tensions qui l'accompagne), comme si on s'acoutumait à notre nouvelle vie. La suite devient particulièrement envoûtante quand on perçoit de mieux en mieux le contexte, les habitants, le monde et les dangers qui nous entourent, et on ne lâche plus le livre jusqu'à la fin. Quelques longueurs et des passages un peu bavards, mais un très bon livre dans l'ensemble.
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  • Riduidel Posté le 14 Mars 2020
    Les romans de China Miéville ne sont pas forcément faciles à lire ou à commenter. Et celui là me paraît excessivement délicat à présenter.Donc, légationville est un comptoir commercial fondé sur la planète natale d'extraterrestres assez particuliers : ceux-ci parlent par deux bouches simultanément, et ne considèrent comme parole que ce qui est prononcé de la même façon.Et une bonne partie de l'intrigue reposera sur le fait que leur langue ne permet pas le mensonge, ni l'abstraction.Hélas, tout cela n'est expliqué qu'après 200 pages d'une présentation assez allusive de ce monde, et de l'univers de science-fiction dans lequel il baigne.Qui plus est, le coeur de l'intrigue est l'utilisation particulière d'humains aptes à communiquer avec ces extra-terrestres pour, authentiquement, les droguer de parole, ce qui va entraîner une régression sociale aussi brutale que difficilement évitable.Du coup, évidement, ça donne un monde franchement crépusculaire, et un boisseau d'intrigues politiciennes qui servent essentiellement à meubler ce roman malheureusement trop gros.Pourtant, ça n'est pas faute d'idées, au premier lieu desquelles l'exploration sémiotique qui y est faite avec des questions aussi intelligentes que "le mensonge est-il un préalable à l'abstraction ?" "si on ne dit que la vérité, peut-on parler d'autre chose que de faits... Les romans de China Miéville ne sont pas forcément faciles à lire ou à commenter. Et celui là me paraît excessivement délicat à présenter.Donc, légationville est un comptoir commercial fondé sur la planète natale d'extraterrestres assez particuliers : ceux-ci parlent par deux bouches simultanément, et ne considèrent comme parole que ce qui est prononcé de la même façon.Et une bonne partie de l'intrigue reposera sur le fait que leur langue ne permet pas le mensonge, ni l'abstraction.Hélas, tout cela n'est expliqué qu'après 200 pages d'une présentation assez allusive de ce monde, et de l'univers de science-fiction dans lequel il baigne.Qui plus est, le coeur de l'intrigue est l'utilisation particulière d'humains aptes à communiquer avec ces extra-terrestres pour, authentiquement, les droguer de parole, ce qui va entraîner une régression sociale aussi brutale que difficilement évitable.Du coup, évidement, ça donne un monde franchement crépusculaire, et un boisseau d'intrigues politiciennes qui servent essentiellement à meubler ce roman malheureusement trop gros.Pourtant, ça n'est pas faute d'idées, au premier lieu desquelles l'exploration sémiotique qui y est faite avec des questions aussi intelligentes que "le mensonge est-il un préalable à l'abstraction ?" "si on ne dit que la vérité, peut-on parler d'autre chose que de faits matériels ?" et tant d'autres.Du coup, si je devais donner un avis, je dirais que c'est un bouquin génial/chiant : génial par ses idées, mais plutôt chiant, ou plutôt téléphoné, dans ses choix d'intrigue et d'évolution dans l'intrigue.Et c'est dommage, parce que je continue à penser que China Miéville est un auteur à l'imagination aussi folle que débridée. Malheureusement, je crains que cette imagination ne soit pas suffisamment dirigée pour produire des contenus authentiquement chouettes.
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  • Musardise_aka_CthulieLaMignonne Posté le 1 Mars 2019
    Ah, ah, ah, Légationville ! Voilà un sacré challenge pour une critique ! Déjà que mes relations occasionnelles avec les romans de China Miéville me donnent l'impression de jouer aux montagnes russes (j'ai détesté Kraken, puis vraiment aimé The City The City), mais dans ce cas précis, je dois dire que j'ai été particulièrement déconcertée à plus d'un titre. Ce bouquin a failli avoir raison de moi, comme l'avait fait Kraken. Parce que ne rien comprendre à ce qu'on lit pendant environ 75 pages, c'est tout de même assez décourageant, et c'est en gros ce qui m'est arrivé. 75 pages durant lesquelles on nage dans le flou le plus complet, dans lequel il est question d'un vague concept nommé immer, qui a rapport avec une forme de voyage (et de mal d'immer, oui, oui, oui, même si c'est pas dit texto), et qui, finalement, n'a pas une énorme importance. 75 pages bourrées de néologismes plus incompréhensibles les uns que les autres, ou vaguement compréhensibles mais pénibles tellement ils vous submergent. Je comprends bien que Miéville, dont le sujet entretient un lien étroit avec la linguistique, et un lien encore plus étroit avec l'étude transdisciplinaire du langage (bien que ce soit plus... Ah, ah, ah, Légationville ! Voilà un sacré challenge pour une critique ! Déjà que mes relations occasionnelles avec les romans de China Miéville me donnent l'impression de jouer aux montagnes russes (j'ai détesté Kraken, puis vraiment aimé The City The City), mais dans ce cas précis, je dois dire que j'ai été particulièrement déconcertée à plus d'un titre. Ce bouquin a failli avoir raison de moi, comme l'avait fait Kraken. Parce que ne rien comprendre à ce qu'on lit pendant environ 75 pages, c'est tout de même assez décourageant, et c'est en gros ce qui m'est arrivé. 75 pages durant lesquelles on nage dans le flou le plus complet, dans lequel il est question d'un vague concept nommé immer, qui a rapport avec une forme de voyage (et de mal d'immer, oui, oui, oui, même si c'est pas dit texto), et qui, finalement, n'a pas une énorme importance. 75 pages bourrées de néologismes plus incompréhensibles les uns que les autres, ou vaguement compréhensibles mais pénibles tellement ils vous submergent. Je comprends bien que Miéville, dont le sujet entretient un lien étroit avec la linguistique, et un lien encore plus étroit avec l'étude transdisciplinaire du langage (bien que ce soit plus complexe et précis que ça, en fait), ait voulu pousser la chose jusqu'à inventer des mots spécifiques qui se rapportent à une monde spécifique, monde qui n'est pas le nôtre. Mais trop c'est trop, et tous ces néologismes gâchent la lecture au lieu de la rendre plus alléchante. Donc, je me suis demandé à plusieurs reprises si je ne devais tout bêtement laisser tomber ce bouquin jusque-là insupportable de forfanterie langagière. Mais ce sujet du langage me taraudait, et ce malgré le fait que je n'ai jamais brillé - et c'est rien de le dire - dans cette discipline qu'est la linguistique. Donc... Donc j'ai persévéré, et j'avoue que vers la pages 75 (comme vous l'aviez compris, j'imagine), j'ai commencé à trouver tout ça plus lisible, même si j’avoue que quelques détails m'ont un peu titillée, comme le fait que China Miéville confonde les phonèmes et les morphèmes (un des trucs de base qu'on apprend en linguistique, et que je ne développerai pas de peur de vous faire fuir). Sur le coup, j'ai eu très peur, je sentais un truc à la Premier contact de Denis Villeneuve, quand le militaire va voir la linguiste, lui fait écouter des sons incompréhensibles pour l’appareil auditif humain et lui demande "Qu'est-ce que vous comprenez ? Combien sont-ils ? Que disent-ils ?" Passons. On se rend vite compte, malgré les défauts du livre et, notamment, des débuts, que Miéville s'est beaucoup plus renseigné sur son sujet que Villeneuve (qui tenait pourtant un très bon pitch, misère). Et pour le coup, je vais être obligée de rentrer dans le vif du sujet, ce qui n'est pas simple (ne vous fiez pas à la caricaturale quatrième de couverture). Légationville est une ville insérée dans une ville, ou plutôt une ville collée à une autre ville, tout ça n'étant pas extrêmement clair. Je me suis d’ailleurs dit : "Ça y est - oui, j'ai un peu passé mon temps à ça au début -, il nous refait le coup de The City The City version SF. Sauf que non. Sauf que oui, un peu, puisque lorsqu'on parle ville, et surtout villes accolées, on parle forcément politique. Sauf que le sujet principal est d'abord ailleurs : c'est celui du langage. C'est là que Miéville s'est montré très ambitieux, s'inspirant (comme mentionné à la fin du roman), des travaux d'Ivor Armstrong Richards, de Paul Ricoeur et de Tran Duc Thao, qui ont notamment travaillé sur la question de la métaphore et du langage du réel. Je ne m'aventure pas plus loin dans ce domaine, que je ne maîtrise pas du tout, et j'avoue bien volontiers que je n'ai pas lu les travaux de ces chercheurs. Ce que vous avez besoin de savoir, c'est qu'à Légationville, des humains qui parlent anglo-ubique, c'est-à-dire le même type de langage que nous, côtoient plus ou moins la population indigène, non humaine, qui les ont accueillis sur leur territoire : les Ariékans (appelés par les Légationvillois les "Hôtes"). Or les deux populations sont incapables de communiquer, et pas seulement parce que les Ariékans possèdent deux bouches et prononcent deux expressions à la fois. Le langage ariékan, appelé la Langue, ne supporte pas le symbolisme. Pas de métaphores possibles en Langue, et donc impossibilité de comprendre le langage humain qui, lui, repose sur la symbolique. Et si les humains sont capables de décrypter plus ou moins la Langue, si certains d'entre eux sont capables d'énoncer des phrases en Langue, l'inverse n'est pas vrai et, surtout, l’incompréhension mutuelle est de toute façon totale. Toute l'histoire, centrée sur un personnage d'immerseuse humaine (quelqu’un qui voyage dans l'immer sans vomir), racontée avec des allers-retours permanents entre l’avant et l'après (un événement particulier faisant office de coupure), est donc l’histoire de l’évolution de la Langue et des rapports entre les humains vivant à Légationville et leur "Hôtes". Vous comprendrez donc, peut-être, pourquoi je n'ai pas lâché l'affaire, après tout. J'ai commencé par "Oh non, c'est chiant, c'est illisible, c'est prétentieux", en passant par "Ah, mais ça commence à se lire mieux, là", jusqu'à "Oh, mais comment va finir tout ça ???" Je ne regrette pas cette lecture, même si j'ai traîné pas mal dessus au début, parce que j'ai apprécié l'ambition du roman, le mal que s'est donné Miéville pour construire un roman qui se tient sur un sujet épineux, parce qu'il est finalement autant question de politique que de langage, parce que j'ai été finalement happée dans le combat d'Avice, l'héroïne, et parce que c'est pas souvent qu'on nous parle de linguistique et de langage dans la fiction (Épépé étant un modèle du genre). Oui, mais... Mais c'est long. Vraiment long. Un sujet pareil demande certes d'être développé, mais tout de même... On aurait pu se passer de tas de détails, voire de passages entiers. Je crois que Miéville s'est un peu trop complu à s'étaler sur plus de cinq cents pages. Et je ne suis pas complètement convaincue qu'il maîtrise complètement son sujet (contrairement à Karinthy avec Épépé, justement) ; soit c'est moi qui suis passée à côté de certaines explications sur le langage, le réel et les métaphores, soit elles étaient un peu légères et la solution d'Avice sur la fin un peu facile. Toujours est-il que je suis contente, non seulement d’être arrivée à bout d'un roman avec lequel ma relation avait tourné dès le départ à la confrontation hostile, mais aussi d'avoir découvert une œuvre qui, si elle n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions, m'a valu de bons moments, et que je n'oublierai pas. Voilà qui donnerait presque envie de lire tous ces travaux de chercheurs sur le langage, mais... il y a peu de chances que j'aille jusque-là !
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  • Nausicaah Posté le 27 Novembre 2018
    Légationville est un livre complexe, difficile à lire, brumeux ayant pour trame le langage. Ce livre est du pur Miéville, un livre de SF peu accessible et à ne pas lire pour se détendre! L'écriture de China Miéville est extrêmement particulière en temps normal, mais semble s'être encore complexifiée dans ce roman-ci. Le scénario est quand lui brumeux, parfois un peu trop, mais on aime ou on aime pas. On retrouve un univers pauvre, dur, cruel et très politisé. Cependant, le livre tourne particulièrement autour des notions de langage et développe des théories intéressantes! Malheureusement, j'ai lu ce livre il y a un certain temps et je ne peux fournir une grande critique du fait de l'oubli de certains éléments.
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