Lisez! icon: Search engine
Pocket
EAN : 9782266170123
Code sériel : 2224
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 108 x 177 mm

Les choses

Date de parution : 18/10/2006

Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique. Il nous décrit la vie quotidienne d'un jeune couple d'aujourd'hui issu des classes moyennes, l'idée que...

Dans ce récit si simple et si uni qu'il convient d'en souligner l'originalité profonde, Georges Perec tente, le premier avec cette rigueur, de mettre au service d'une entreprise romanesque les enseignements de l'analyse sociologique. Il nous décrit la vie quotidienne d'un jeune couple d'aujourd'hui issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible – car il est lié aux choses que l'on acquiert, il est asservissement aux choses. « C'est qu'il y a [dira Georges Perec] entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé... Ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre. Mais ce bonheur demeure possible ; car, dans notre société capitaliste, c'est : choses promises ne sont pas choses dues. »

Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782266170123
Code sériel : 2224
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 160
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • palamede Posté le 11 Juin 2020
    Jérôme et Sylvie sont jeunes et l'immensité de leurs désirs les paralysent. Ils succombent aux signes de la richesse ; ils aiment la richesse avant d'aimer la vie. Ils attendent de vivre, ils attendent l'argent. Mais cette passion, celle du mieux vivre les épuise, submergés qu'ils sont par l'ampleur de leurs besoins. Alors que peut-être ils se trompent ; ils sont en train de se perdre. Jérôme et Sylvie nous montrent qu'avoir vingt ans dans les années soixante, quand on est enfants de petits bourgeois, et un tant soit peu intellectuel, c'est balancer entre un bonheur lié à une certaine richesse et un bonheur lié à un travail qui laisserait du temps pour se cultiver, faire ce que l'on aime, mais priverait de l'aisance financière. Un désir de posséder des choses qui serait donc une option envisageable comme source de bonheur, à condition de s'en donner les moyens, et de renoncer à une forme de liberté. On l'aura compris cette réflexion sur le bonheur et la fascinante possession des choses, remarquable de modernité, a été inspirée à Georges Perec par sa jeunesse. Lui qui avait vingt-quatre ans en 1960 explique : « Il y a entre les choses du monde moderne et... Jérôme et Sylvie sont jeunes et l'immensité de leurs désirs les paralysent. Ils succombent aux signes de la richesse ; ils aiment la richesse avant d'aimer la vie. Ils attendent de vivre, ils attendent l'argent. Mais cette passion, celle du mieux vivre les épuise, submergés qu'ils sont par l'ampleur de leurs besoins. Alors que peut-être ils se trompent ; ils sont en train de se perdre. Jérôme et Sylvie nous montrent qu'avoir vingt ans dans les années soixante, quand on est enfants de petits bourgeois, et un tant soit peu intellectuel, c'est balancer entre un bonheur lié à une certaine richesse et un bonheur lié à un travail qui laisserait du temps pour se cultiver, faire ce que l'on aime, mais priverait de l'aisance financière. Un désir de posséder des choses qui serait donc une option envisageable comme source de bonheur, à condition de s'en donner les moyens, et de renoncer à une forme de liberté. On l'aura compris cette réflexion sur le bonheur et la fascinante possession des choses, remarquable de modernité, a été inspirée à Georges Perec par sa jeunesse. Lui qui avait vingt-quatre ans en 1960 explique : « Il y a entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé. Une certaine richesse de notre civilisation rend un type de bonheur possible ... Ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre. Mais ce bonheur demeure un possible ; car, dans notre société capitaliste, c'est : choses promises ne sont pas choses dues. »
    Lire la suite
    En lire moins
  • Vermeer Posté le 31 Mai 2020
    Roman sociologique de la Première moitié des années 1960. Sylvie et Jérôme, psychosociologues dans la publicité (milieu égratigné avec beaucoup d'humour) enquêtent sur les habitudes de consommation des Français. Eux-mêmes rêvent de consommer, de gagner beaucoup d'argent pour vivre dans le luxe. Ils sont frustrés par la disproportion entre leurs désirs et leurs revenus. Ils appartiennent à une génération creuse, dépourvue d'idéal (amusant pour un ouvrage écrit en 1965 et pour une génération perçue aujourd'hui comme militante, preuve qu'une époque n'est pas monolithe). Pas vraiment d'intrigue, peu d'épaisseur psychologique des personnages mais plutôt un constat de l'aliénation de la société de consommation. Le couple a cependant conscience du vide de leur vie, de leur manque d'idéal et il leur arrive même d'envier la génération précédente, celle qui avait 20 ans sous l'Occupation. Eux vivent pour avoir plus d'argent, de confort mais leur vie est terne. "Ils aimaient la richesse avant d'aimer la vie"
  • sandpic Posté le 21 Avril 2020
    Relire ses classiques à l'aune d'une période si spéciale, un confinement. D'où l'on constate que les aspirations de la jeunesse des années 60 n'est au fond pas si éloignée de celles de notre époque. Gagner suffisamment d'argent pour s'acheter ce que les publicitaires nous font miroiter à longueur de journée. Le besoin de posséder des biens matériel pour trouver le bonheur. Le temps du changement est-il venu ? A méditer
  • Kichigai Posté le 28 Février 2020
    Je viens de le relire dans la collection Christian Bourgois pour la postface de Jacques Leenhardt.
  • OufJeRespire Posté le 2 Décembre 2019
    Quel étrange sentiment je ressens après la lecture des "Choses" de Georges Perec. Ce livre est magistralement écrit. le mot juste au bon moment, complexe juste ce qu'il faut pour se sentir intelligent, voire révélé à sa propre condition. Perec nous fait nous sentir sociologues. Il est terriblement actuel. Hormis le chapitre dédié à [masquer] l'Algérie [/masquer], on pourrait dupliquer le constat que Perec fait de notre société et du conditionnement du bonheur par la société du marché et du besoin. On pourrait dire de ce livre qu'il est lucide et frappé par le sceau sociologique, et ce serait parfait, et Perec serait le prophète de nos temps modernes. Sauf que. Il y a un problème. Pas deux. "Un". Il arrive, au fil des pages et même assez tôt dans l'ouvrage, que Perec utilise le mot "minable" quant aux choix que les protagonistes croient faire pour sortir de leur condition et se croire plus heureux "après". Et là, mon intérêt s'est décroché des lignes que je lisais. Perec ne constate plus et n'établit plus de liens de causalité entre les faits qu'il amasse: il juge. Il n'est plus sociologue, mais endosse le regard un peu condescendant de l'entomologiste qui a plus conscience que les... Quel étrange sentiment je ressens après la lecture des "Choses" de Georges Perec. Ce livre est magistralement écrit. le mot juste au bon moment, complexe juste ce qu'il faut pour se sentir intelligent, voire révélé à sa propre condition. Perec nous fait nous sentir sociologues. Il est terriblement actuel. Hormis le chapitre dédié à [masquer] l'Algérie [/masquer], on pourrait dupliquer le constat que Perec fait de notre société et du conditionnement du bonheur par la société du marché et du besoin. On pourrait dire de ce livre qu'il est lucide et frappé par le sceau sociologique, et ce serait parfait, et Perec serait le prophète de nos temps modernes. Sauf que. Il y a un problème. Pas deux. "Un". Il arrive, au fil des pages et même assez tôt dans l'ouvrage, que Perec utilise le mot "minable" quant aux choix que les protagonistes croient faire pour sortir de leur condition et se croire plus heureux "après". Et là, mon intérêt s'est décroché des lignes que je lisais. Perec ne constate plus et n'établit plus de liens de causalité entre les faits qu'il amasse: il juge. Il n'est plus sociologue, mais endosse le regard un peu condescendant de l'entomologiste qui a plus conscience que les insectes qu'il observe de leur condition. Pour la première fois, je suis confronté à un livre qui me fait me sentir "minable", sans rédemption possible. Perec a raison sur tout. Il a eu beau jeu de dire que son livre n'est pas une critique des modes de vie français à l'orée de la société de consommation. le terme "minable", je l'ai ressenti comme une étiquette qu'il me colle en plein visage, et qui aurait pu me sentir honteux si je l'avais lu il y a 15 ans (désormais, je suis assez vieux pour assumer d'être con). Bref: brillant par le style et l'analyse, cafardeux sur le sens et la posture.
    Lire la suite
    En lire moins
Avec la newsletter Pocket, trouvez le livre dont vous rêviez !
Chaque semaine, riez, pleurez et évadez-vous au rythme de vos envies et des pages que nous vous conseillons.