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EAN : 9782264057327
Code sériel : 4581
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

Les ombres de Kittur

Annick Le Goyat (traduit par)
Date de parution : 06/09/2012

Kittur, ville imaginaire de l’Inde du sud située sur la côte du Karnataka, dont l’auteur du Tigre blanc fait le théâtre de ce recueil. On y croise un lycéen poseur de bombe, un brahmane communiste ou encore, un livreur insatisfait de sa condition… Autant de destinés humaines qui modèlent le...

Kittur, ville imaginaire de l’Inde du sud située sur la côte du Karnataka, dont l’auteur du Tigre blanc fait le théâtre de ce recueil. On y croise un lycéen poseur de bombe, un brahmane communiste ou encore, un livreur insatisfait de sa condition… Autant de destinés humaines qui modèlent le patchwork envoûtant d’un pays aux mille visages, victime de ses carcans et terre de révolte. 

Après Le Tigre blanc, (Booker Prize 2008) Aravind Adiga nous donne à voir l'Inde multiple et pointe avec puissance l’envers du décor Bollywood. 

Traduit de l'anglais (Inde)
par Annick Le Goyat

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EAN : 9782264057327
Code sériel : 4581
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 384
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • katell Posté le 22 Février 2021
    Je suis une grande lectrice de nouvelles, j'aime découvrir des tranches de vie qu'elles soient amusantes, joyeuses ou tristes. J'aime aussi découvrir de nouveaux horizons surtout lorsque je ne connais que peu d'auteurs d'un pays. C'est une des raisons qui m'ont décidée à participer aux "Etapes indiennes" organisées par Hilde. J'ai beaucoup lu Bulbul Sharma, je me délectée de « La colère des aubergines » de « Mes sacrées tantes » ou de « Mangue amère » nouvelles aussi épicées que la cuisine d'Inde. Il était temps d'ouvrir d'autres recueils et c'est chose faite avec « Les ombres de Kittur » d'Aravind Adiga. Autant les nouvelles de Sharma s'orientent vers la condition féminine en Inde et le statut de la femme au sein de la société régie par le système de castes, autant « Les ombres de Kittur » sont des récits qui s'éclairent les uns les autres. L'auteur invite le lecteur à suivre un itinéraire touristique sur plusieurs journées, elles-mêmes divisées en matinée et après-midi. Kittur, ville portuaire imaginaire sur la mer d'Oman proche des pays du Golfe, eldorado ou enfer, offre un formidable terreau d'histoires et invoque l'Inde entière dans sa galerie de personnages aussi attachants qu'ils peuvent être horripilants. Kittur, ses enfants des... Je suis une grande lectrice de nouvelles, j'aime découvrir des tranches de vie qu'elles soient amusantes, joyeuses ou tristes. J'aime aussi découvrir de nouveaux horizons surtout lorsque je ne connais que peu d'auteurs d'un pays. C'est une des raisons qui m'ont décidée à participer aux "Etapes indiennes" organisées par Hilde. J'ai beaucoup lu Bulbul Sharma, je me délectée de « La colère des aubergines » de « Mes sacrées tantes » ou de « Mangue amère » nouvelles aussi épicées que la cuisine d'Inde. Il était temps d'ouvrir d'autres recueils et c'est chose faite avec « Les ombres de Kittur » d'Aravind Adiga. Autant les nouvelles de Sharma s'orientent vers la condition féminine en Inde et le statut de la femme au sein de la société régie par le système de castes, autant « Les ombres de Kittur » sont des récits qui s'éclairent les uns les autres. L'auteur invite le lecteur à suivre un itinéraire touristique sur plusieurs journées, elles-mêmes divisées en matinée et après-midi. Kittur, ville portuaire imaginaire sur la mer d'Oman proche des pays du Golfe, eldorado ou enfer, offre un formidable terreau d'histoires et invoque l'Inde entière dans sa galerie de personnages aussi attachants qu'ils peuvent être horripilants. Kittur, ses enfants des rues, ses mendiants, ses travailleurs sur exploités sans vergogne par plus fort qu'eux, ses castes qui parfois se mélangent, ses trafics, ses aspirations philosophiques ou politiques, ses nombreuses religions, ses immigrés tamouls sans oublier ses rikshawallahs, forçats de la route pédalant sans relâche pour gagner trois roupies dans des courses harassantes, ses hommes politiques roublards et ses fonctionnaires corrompus. On croise un vendeur de photocopies illégales des « Versets sataniques » de Salman Rusdie. Les policiers et l'avocat sont rompus à la routine de l'arrestation du bonhomme Ramakrishna Xerox qui à peine libéré reprendra son commerce misérable. On rencontre un jeune « métis » issu d'une union entre un brahmane et une femme issue d'une basse caste, Shankara. Le jeune homme fait partie d'un groupe de mauvais garçons au lycée privé tenu par les Jésuites. Il raille l'autorité, se moque des professeurs et prend du bon temps. Un jour il entend que pour fabriquer une bombe il suffirait d'acheter de l'engrais. Shankara appartient à la classe aisée sans en posséder tous les codes. Il en fera les frais à plusieurs reprises car il a tendance à tout prendre au pied de la lettre. Il posera sa bombe qui ne fera pas de grands dégâts mais le mettra devant ses incohérences et face à la réalité. On ne peut qu'être peiné de le voir errer aux frontières de l'acceptation de sa caste. On suit le dur périple d'une fillette, Soumya, à travers la ville, en quête de la dose d'héroïne pour son père. La moindre roupie épargnée est dépensée dans une dose pour que le père tienne le coup, lui qui s'esquinte à démolir ou construire les villas cossues des classes aisées. Un shoot pour oublier la misère, l'accablement et le désespoir. On s'arrête aux côtés du jardinier catholique, George D'Souza, au service de Madame Gomez. Les liens se tissent sur fond d'absence de l'époux, au point de rendre difficile à tenir la distanciation sociale entre l'employeur et l'employé. On compatit aux malheurs de Murali, brahmane converti aux valeurs communistes. Au fil des litanies des solliciteurs, il se prend d'intérêt pour une jeune fille qui à la mort de son père voit les possibilités de mariage s'évanouissent. Il fera en sorte que la veuve reçoive des aides financières et il en sera fort mal récompensé. Il prend conscience qu'il est passé à côté de sa vie. Une nouvelle triste et sombre narrant la vie d'un homme qui crut possible de changer le mode de vie hindou. On rejoint le couple sans enfant amoureux de leur cadre de vie : vivre en lisière de la dernière forêt de la région, loin de l'agitation de la ville industrieuse. Jusqu'au jour où la cupidité immobilière ne s'encombre plus de la nature. On sourit en observant Abbasi le propriétaire, musulman, d'un atelier de confection, se débattre avec la corruption des fonctionnaires. On sourit et on rit car il y a des scènes savoureuses d'ironie où on se demande qui gruge qui. Ces destinées attachantes, émouvantes, que suit le lecteur au rythme des transports en commun ou des livraisons en vélo, sont autant d'exemples d'enjeux, identiques et horribles, des castes, de pouvoir et de classe. L'Inde de la misère et de l'injustice marquée par les assassinats d'Indira Ghandi et de son fils Rajiv. Nous sommes loin des papotages entre femmes autour des plats à préparer. « Les ombres de Kittur » relate les destins d'être cabossés par la vie, d'hommes et de femmes englués dans le cercle vicieux des préjugés sociaux et celui de la misère endémique. Ce recueil de nouvelles est un texte fort, livrant sans filtre la réalité d’une Inde aux portes de la modernité : des talents à revendre englués dans une bureaucratie veule. Le miracle économique tant vanté à l’époque est aux antipodes de ce qui fut « vendu » à l’Occident.
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  • jardin1001livres Posté le 27 Novembre 2020
    e guide touristique de Kittur, ville d’Inde du Sud, située entre Goa et Calicut, est sorti tout droit de l’imagination de l’auteur. En effet, Kittur n’existe pas ! Le texte entremêle présentation historique, points d’intérêts et portraits de ses habitants. Nous sommes loin des fastes et paillettes de Bollywood : les « héros » sont confrontés à la dureté de la vie indienne (que ce soit pour des raisons financières, de castes, de mauvais choix de vie, etc.). Les descriptions sont sans concessions. A la fin des nouvelles, rien n’a changé ou alors la situation initiale s’est nettement dégradée… Ce texte fait réfléchir : en effet, notre imaginaire nous présente une certaine vision positive de l’Inde ; or, nous occultons tout un aspect de pays, notamment les inégalités. Il est vraiment intéressant en cela.
  • Colchik Posté le 27 Juillet 2020
    Le titre anglais du roman – Between the Assassinations – est plus explicite pour cerner les intentions de l’auteur : décrire le sort peu enviable des déshérités dans une ville imaginaire du Karnataka entre l’assassinat d’Indira Gandhi en 1984 et celui de son fils, Rajih, en 1991. Le livre prend la forme d’une pérégrination dans les lieux emblématiques de la ville, chaque étape servant de cadre à une nouvelle. Kittur devient en quelque sorte l’allégorie de l’Inde, dans une peinture d’une noirceur revendiquée. Aravind Adiga décrit la violence endémique qui touche les basses castes, la corruption, les tensions entre musulmans et hindous, le sort des immigrés tamouls, la mesquinerie des chrétiens, les ravages de l’alcool et de la drogue. Un portrait sans aucune concession de son pays qu’il juge incapable d’apporter une réponse aux inégalités criantes qui structurent la société indienne. La limite du livre est peut-être le sentiment de désespoir qui pèse sur tous ces destins brisés et qui finit par hanter le lecteur. On retrouvait déjà dans L’équilibre du monde de Rohinton Mistry ce pessimisme sans nuance qui semble dénier tout progrès à l’un des États les plus peuplés de la planète.
  • NoemieS Posté le 24 Octobre 2018
    Sombre et émouvant.
  • Duh Posté le 8 Mars 2016
    j'ai beaucoup aimé ce livre qui nous donne une image de l'Inde d'aujourd'hui loin des clichés touristiques. Le roman est découpé en demi-journée qui sont chacune l'occasion de présenter un personnage, sa vie, sa condition et les vicissitudes auxquelles il fait face. L'auteur nous dresse un portrait complet de ce pays aux multiples religions, langues, castes ... Ils ne nous épargne pas de la violence quotidienne pour la survie. Non en Inde il n'y a pas que les palais des anciens Maharajas ...
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