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        Les Saisons de Giacomo

        Robert Laffont
        EAN : 9782221197240
        Façonnage normé : POCHE
        Nombre de pages : 240
        Format : 122 x 182 mm
        Les Saisons de Giacomo

        Claude AMBROISE (Traducteur), Sabina ZANON DAL BO (Traducteur)
        Collection : Pavillons Poche
        Date de parution : 06/12/2016
        Un homme se penche sur le passé du pays de son enfance. Nous sommes dans le Haut-Adige, après la Deuxième Guerre mondiale, sur cette montagne vénitienne dévastée par d'âpres combats. Au fil d'une série de flash-back, le narrateur - qui n'est autre que l'auteur - se souvient des années de... Un homme se penche sur le passé du pays de son enfance. Nous sommes dans le Haut-Adige, après la Deuxième Guerre mondiale, sur cette montagne vénitienne dévastée par d'âpres combats. Au fil d'une série de flash-back, le narrateur - qui n'est autre que l'auteur - se souvient des années de misère qui avaient déjà suivi la Grande Guerre. De son ami Giacomo, qui exhumait le cuivre des obus et des bombes de 14-18, de l'exil des pères vers la Lorraine ou l'Amérique, de la montée du fascisme... Ecologiste avant la lettre, Rigoni Stern chante ici la terre de son pays avec une économie de moyens qui force l'admiration, lyrique et moderne à la fois. La célébration des valeurs éternelles d'une terre de fraternité prend ainsi un caractère universel.

        « Les livres de Rigoni Stern sont comme des contes chuchotés à voix basse, dans lesquels, chemin faisant, il confie au lecteur tout ce qu’il a vécu de la beauté comme de l’horreur du monde. » François Maspero.
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        EAN : 9782221197240
        Façonnage normé : POCHE
        Nombre de pages : 240
        Format : 122 x 182 mm
        Robert Laffont
        8.50 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • rotko Posté le 30 Mai 2017
          L’incipit est décisif. Il pose un narrateur non identifié qui ne sera révélé qu’à la toute fin du récit. Il explique le cadre : un village dans le Haut Adige entre les deux guerres mondiales, c’est-à-dire pris en étau, comme les villageois eux-mêmes, dans des conflits qui le dépassent et qui le broient. On comprend aussi la distance entre ce qui est vécu par Giacomo et dit par le narrateur, une relation pudique, affectueuse, nostalgique ou attristée selon les moments, et qui donne à cette chronique d’un « pays perdu » une sobriété émouvante. En contrepoint du village déserté, le récit présente, par les rappels successifs d’un passé révolu, un cadre de vie familier où le lecteur est immergé : les vaches elles-mêmes sont désignées par leurs noms, et les habitants n’ont pas besoin d’être présentés tant ils font partie du quotidien. Tout au plus dit-on leur lien de parenté avec Giacomo (« l’oncle de Giacomo » etc.) ou font-ils partie du voisinage, en clair, des visages familiers. On vit au jour le jour, des restes de la grande tuerie de 14-18, récupérant sur la terre maltraitée les armes et les obus qu’on vendra pour survivre au prix du métal récupéré, non sans accident... L’incipit est décisif. Il pose un narrateur non identifié qui ne sera révélé qu’à la toute fin du récit. Il explique le cadre : un village dans le Haut Adige entre les deux guerres mondiales, c’est-à-dire pris en étau, comme les villageois eux-mêmes, dans des conflits qui le dépassent et qui le broient. On comprend aussi la distance entre ce qui est vécu par Giacomo et dit par le narrateur, une relation pudique, affectueuse, nostalgique ou attristée selon les moments, et qui donne à cette chronique d’un « pays perdu » une sobriété émouvante. En contrepoint du village déserté, le récit présente, par les rappels successifs d’un passé révolu, un cadre de vie familier où le lecteur est immergé : les vaches elles-mêmes sont désignées par leurs noms, et les habitants n’ont pas besoin d’être présentés tant ils font partie du quotidien. Tout au plus dit-on leur lien de parenté avec Giacomo (« l’oncle de Giacomo » etc.) ou font-ils partie du voisinage, en clair, des visages familiers. On vit au jour le jour, des restes de la grande tuerie de 14-18, récupérant sur la terre maltraitée les armes et les obus qu’on vendra pour survivre au prix du métal récupéré, non sans accident parfois. Les repas sont austères et monotones, juste bons pour se caler l’estomac. Autant dire que les plaisirs de l’enfance seront dans le vagabondage botanique ou la débrouille inventive pour se payer, fête exceptionnelle, un ticket de cinéma. La vie est communautaire, chaque génération dit son mot, on parle d’exil et de diaspora, de l’espoir d’un ailleurs, d’un retour d’un expatrié. La société vit avec les absents, dans une compréhension immédiate qui rappelle les communautés chères à J.J Rousseau, où pauvreté rime avec vertu et solidarité. On y trouve une entente fondamentale, et un amour du pays, comme chez Pastor, l’écrivain slovène. On vit des scènes primitives, telle la cueillette des framboises par les femmes > « Parfois, pendant cette halte de midi, aux femmes des framboises s’unissaient les récupérateurs qui creusaient dans les environs et qui les avaient entendu chanter ; alors les propos se faisaient plus vifs et plus joyeux à cause aussi des allusions claires mais pudiques des frères Pûne. ». Les émois amoureux se nourrissent du merveilleux : « le soir après dîner, il [Giacomo] avait pris l’habitude d’aller à la veillée dans l’étable des Nappa où il retrouvait Irène qui, maintenant, était une jeune fille et non plus une gamine. C’était beau quand ils sortaient de l’étable et qu’il neigeait. C’était vraiment beau de la sentir à côté de lui parmi les flocons de neige. Mais c’était beau aussi quand il ne neigeait pas et que le ciel de février était peuplé d’un nombre infini d’étoiles, jusqu’au plus profond ». L’évocation lyrique naît naturellement d’un style simple, essentiellement des indépendantes, point de subordonnées d’ « analyse ». On privilégie le moment vécu, sans doute pour le sortir de la gangue du malheur à venir. Il est pourtant présent, ce malheur, en basse continue avec le fascisme qui s’immisce à l’école, veut embrigader par le sport des jeunes avides des sensations fortes de ce pays montagneux, et imposer ses choix, y compris dans la reproduction du bétail local ! Le fascisme se heurte à la résistance locale communautaire, et il suffit de remarques sceptiques pour démonter dans cette chronique les « discours officiels ». Les opinions réelles des villageois se traduisent dans des propos privés, surpris par les enfants déroutés qui commencent ainsi leur éducation politique. « Voilà ce que disaient, ce jour-là, trois chasseurs et un récupérateur. Giacomo écoutait en silence et il ne savait qu’en conclure ». N’en disons pas plus. J’invite les lecteurs à goûter les différents niveaux de ce récit sincère, dont la dernière page est une signature et une dédicace.
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        • Moan Posté le 29 Novembre 2014
          Mario Rigoni Stern le narrateur, fait revivre le pays de son enfance dans les montagnes vénitiennes. Une région où se sont déroulés des combats terribles pendant la seconde guerre mondiale qui a laissé des traces. En racontant la vie de Giacomo son ami, c'est l'Italie pauvre de l'après-guerre qu'il décrit : la difficulté de gagner sa vie pour le père , comme tant d'autres obligés de partir travailler dans les mines en France pendant quelques années. La difficulté de vivre au quotidien, se nourrir, s'habiller , se distraire , d'où l'obligation de faire de la récupération de métaux enfouis depuis la guerre et qui rapporte quelques lires. "- Pensez un peu, disait Nin, d'abord tirer pour tuer les hommes et maintenant aller à la recherche des obus pour pouvoir manger!" Ce livre est un très bel hommage à sa région , où les cloches de l'église du village portaient chacune un prénom, et des hommes et des femmes fiers étaient capables de se battre pour défendre leur patrimoine en s'opposant aux volontés de l'Italie fasciste. Un beau livre à garder précieusement comme témoignage.
        • isabellelemest Posté le 5 Mars 2013
          Cette troisième partie de la "Trilogie du Haut-Plateau", après "l'Histoire de Tönle" et "l'Année de la victoire" a été écrite par Rigoni Stern beaucoup plus tard, en 1995, alors qu'il avait 74 ans. Ce récit sans intrigue particulière reprend la vie sur le Haut plateau d'Asiago, depuis les années 1920 jusqu'à la seconde guerre mondiale, vue par les yeux d'un garçon, Giacomo, à peu près du même âge que l'auteur, c-a-d né juste après la Grande guerre et le retour des habitants dans leur plateau montagnard dévasté par les combats. Pas d'intrigue donc mais la peinture d'une enfance et d'une jeunesse placées sous le double signe des traces encore visibles de la guerre, et du fascisme mussolinien dont la dictature militariste et nationaliste sert de toile de fond à cette période. Peu de travail ni de ressources, ce qui amène les hommes à immigrer, qui provisoirement en France pour travailler dans les mines de Lorraine, qui durablement en Australie. Le seul travail sur place consiste à récupérer les métaux, les cartouches et la poudre de tous les restes de munitions laissés sur l'ancien front. Les "récupérateurs" arpentent et fouillent, à leurs risques et périls, les anciennes tranchées et abris, pour un... Cette troisième partie de la "Trilogie du Haut-Plateau", après "l'Histoire de Tönle" et "l'Année de la victoire" a été écrite par Rigoni Stern beaucoup plus tard, en 1995, alors qu'il avait 74 ans. Ce récit sans intrigue particulière reprend la vie sur le Haut plateau d'Asiago, depuis les années 1920 jusqu'à la seconde guerre mondiale, vue par les yeux d'un garçon, Giacomo, à peu près du même âge que l'auteur, c-a-d né juste après la Grande guerre et le retour des habitants dans leur plateau montagnard dévasté par les combats. Pas d'intrigue donc mais la peinture d'une enfance et d'une jeunesse placées sous le double signe des traces encore visibles de la guerre, et du fascisme mussolinien dont la dictature militariste et nationaliste sert de toile de fond à cette période. Peu de travail ni de ressources, ce qui amène les hommes à immigrer, qui provisoirement en France pour travailler dans les mines de Lorraine, qui durablement en Australie. Le seul travail sur place consiste à récupérer les métaux, les cartouches et la poudre de tous les restes de munitions laissés sur l'ancien front. Les "récupérateurs" arpentent et fouillent, à leurs risques et périls, les anciennes tranchées et abris, pour un bien faible gain. Giacomo termine ses études primaires et s'engage dans les jeunesses fascistes, non par conviction mais pour disputer des championnats de ski. Un grand chantier est ouvert avec l'Ossuaire monumental en souvenir des morts de la guerre, mais les mécontents sont licenciés et le travail réservé aux fascistes déclarés, plus par opportunisme que pour toute autre raison. Les montagnards sont partagés entre le scepticisme et les mirages de l'engagement bellliqueux en Abyssinie ou de l'assèchement des Marais Pontins. Les saisons passent, rudes ou ou décalées, rythmant la vie des villageois. Il s'agit d'abord d'une chronique, parfois un peu répétitive, dont les personnages n'ont pas l'épaisseur de Tönle, et qui se terminera tristement par la disparition de Giacomo sur le front russe durant la Seconde guerre mondiale. L'auteur a voulu fixer pour la postérité cette période difficile de l'entre-deux guerres, sa vie rude faite de privations et d'efforts de survie, ponctuée par les discours ronflants du bellicisme et du nationalisme fasciste, contrastant avec le quotidien éprouvant des paysans et petites gens, que sauve leur solidarité. Lu en V.O.
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        • myrtille81 Posté le 23 Décembre 2012
          Nous sommes en Vénétie dans les Alpes italiennes à la frontière de l'Autriche. Un homme revient dans le village de son enfance, aujourd'hui déserté. En passant devant la maison de Giacomo, son ami d'enfance, il se souvient... Giacomo est né dans les années 1920. Le village est pauvre et la survie s'y organise ; chaque lire est comptée et même les enfants essaient de ramener un peu d'argent. Comme les montagnes autour du village furent le champ de batailles sanglantes, Giacomo et ses amis vont y faire de la "récupération" de minutions afin de vendre le cuivre et le plomb. En tombant parfois sur les corps des soldats morts. Une tâche que beaucoup d'hommes sont bientôt amenés à faire, parfois en y laissant leur vie. Quand ils ne sont pas obligés d'émigrer, en France ou plus loin. Et l'entre-deux guerres en Italie, c'est aussi la montée du fascine et l'arrivée au pouvoir de Mussolini. Les enfants apprennent des chants à la gloire du Duce, s’enrôlent dans les jeunesses fascistes afin d'avoir un quelconque avenir. La propagande est partout.Et les opposants se taisent, ou parlent tout bas. Du communisme, de la guerre d'Espagne. Et puis la seconde guerre arrive... Les saisons de Giacomo, n'a pas vraiment... Nous sommes en Vénétie dans les Alpes italiennes à la frontière de l'Autriche. Un homme revient dans le village de son enfance, aujourd'hui déserté. En passant devant la maison de Giacomo, son ami d'enfance, il se souvient... Giacomo est né dans les années 1920. Le village est pauvre et la survie s'y organise ; chaque lire est comptée et même les enfants essaient de ramener un peu d'argent. Comme les montagnes autour du village furent le champ de batailles sanglantes, Giacomo et ses amis vont y faire de la "récupération" de minutions afin de vendre le cuivre et le plomb. En tombant parfois sur les corps des soldats morts. Une tâche que beaucoup d'hommes sont bientôt amenés à faire, parfois en y laissant leur vie. Quand ils ne sont pas obligés d'émigrer, en France ou plus loin. Et l'entre-deux guerres en Italie, c'est aussi la montée du fascine et l'arrivée au pouvoir de Mussolini. Les enfants apprennent des chants à la gloire du Duce, s’enrôlent dans les jeunesses fascistes afin d'avoir un quelconque avenir. La propagande est partout.Et les opposants se taisent, ou parlent tout bas. Du communisme, de la guerre d'Espagne. Et puis la seconde guerre arrive... Les saisons de Giacomo, n'a pas vraiment la forme d'un roman ; ce livre est plus une suite de chroniques qui relatent la vie du village, l'école, les loisirs, les difficultés à trouver l'argent pour se nourrir, et la guerre. Chroniques qui rendent hommage à ces pauvres gens en relatant leur débrouillardise et leur grande générosité. Ce roman est aussi un document sur la vie à cette époque, et le vocabulaire et les termes employés peuvent être parfois ardus. Mais la lecture n'en est pas moins passionnante...
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        • Nastasia-B Posté le 6 Décembre 2012
          Mario RIGONI STERN ou le triomphe de l’authenticité. Ce n’est pas un écrivain à style ; non, non, non, il s’efface derrière son histoire, ses anecdotes, il veut qu’on l’oublie. Mais il a ses raisons Mario, il sait que ses histoires sont épaisses comme les murs d’une forteresse, qu’elles se suffisent à elles-mêmes sans qu’il soit besoin d’en rajouter. Alors, discrètement, il nous les raconte, sachant très bien qu’on sera emportés par elles. Pas d’artifice, jamais ; du fond, du fond, rien que du fond. Et pourtant c’est très bien fait car bien évidemment, tout cela n’est qu’une illusion et il faut être un drôle de conteur pour arriver à raconter sans avoir l’air d’y toucher, un pan entier de l’histoire du monde rural italien en pleine période fasciste de l’entre-deux guerres. Le tour de force est là ; donner l’illusion que ça coule tout seul, que c’est évident, que c’est aisé comme la parole. Non, mes chers, rien n’est simple en ce bas monde et c’est un travail que de faire croire qu’il n’y en a pas et c’est en tout cas un bel hommage à ces habitants d’un monde qui n’existe plus qu’il nous adresse. L’auteur nous raconte donc Giacomo, un enfant... Mario RIGONI STERN ou le triomphe de l’authenticité. Ce n’est pas un écrivain à style ; non, non, non, il s’efface derrière son histoire, ses anecdotes, il veut qu’on l’oublie. Mais il a ses raisons Mario, il sait que ses histoires sont épaisses comme les murs d’une forteresse, qu’elles se suffisent à elles-mêmes sans qu’il soit besoin d’en rajouter. Alors, discrètement, il nous les raconte, sachant très bien qu’on sera emportés par elles. Pas d’artifice, jamais ; du fond, du fond, rien que du fond. Et pourtant c’est très bien fait car bien évidemment, tout cela n’est qu’une illusion et il faut être un drôle de conteur pour arriver à raconter sans avoir l’air d’y toucher, un pan entier de l’histoire du monde rural italien en pleine période fasciste de l’entre-deux guerres. Le tour de force est là ; donner l’illusion que ça coule tout seul, que c’est évident, que c’est aisé comme la parole. Non, mes chers, rien n’est simple en ce bas monde et c’est un travail que de faire croire qu’il n’y en a pas et c’est en tout cas un bel hommage à ces habitants d’un monde qui n’existe plus qu’il nous adresse. L’auteur nous raconte donc Giacomo, un enfant né au pied des Alpes, tout au nord de la Vénétie, à deux pas des frontières autrichiennes et yougoslaves de l’époque. Le petit bonhomme a dû naître vers 1920 et Rigoni Stern débute sa narration autour de 1928 et nous la déroule jusqu’à la seconde guerre mondiale (1942). On se rend bien compte de ce qu’était la vie dans ce rude milieu rural et montagnard, où la problématique de savoir quoi manger le soir occupait pas mal les esprits. Lui, Giacomo, qui vit avec sa sœur aînée, sa mère et sa grand-mère, est un brave petit gars, pas mauvais à l’école, qui aide bien sa famille et qui n’a pas trop le temps de penser à faire des bêtises. C’est lui l’homme de la famille car son père, pauvreté et famine aidant, a été contraint d’émigrer pour un temps dans les mines de Lorraine afin de faire, bien laborieusement, parvenir, périodiquement, un petit pécule à la famille, lequel pécule se retrouve bien souvent englouti rien que pour régler les dettes et subvenir aux affaires courantes. Chaque centime a son utilité. On ne jette rien et on récupère tout, on use tout jusqu’à la corde car on ne sait pas quand on pourra s’en acheter un neuf. Le système D est souvent à l’ouvrage. Oui, elle est bien dure cette vie et les principales joies résident dans la beauté du cadre, la solidité de la famille et la cohésion des villageois du hameau qui se serrent les coudes, car tous embarqués dans la même galère. Le gros problème, c’est l’emploi, et finalement, la principale source de revenu et d’activité dans la région, pour améliorer moindrement le quotidien, c’est d’aller récupérer les métaux et la poudre des diverses munitions et obus tombés dans la région lors de la grande bataille avec les Autrichiens en 1917. Le plomb, le fer, le cuivre, le laiton, chaque villageois récupérateur est devenu un expert en reconnaissance de type de munition. La poudre est savamment extraite pour être revendue aux chasseurs. Mais vous vous doutez bien qu’une telle activité n’est pas dénuée de risque. Nombreux sont ceux qui ont perdu un bras, un œil, ou mieux encore. La guerre est finie depuis dix ans, quinze et elle continue encore à tuer. Sans compter que notre ami Benito Mussolini instaure un régime de grande tolérance et qu’il fait bon ne pas partager ses idées. La délation va bon train et il faut se méfier de chacune de ses propres paroles qui peuvent constituer un chef d’accusation. Les ruines de la première guerre mondiale, la mise en place du fascisme dans toute sa splendeur et la crise économique, trois bonnes raisons d’avoir le moral en berne dans cette Italie-là. Pas facile de se construire ni de trouver sa place pour le petit Giacomo, qui peu à peu devient un homme, saison après saison, chacune ayant ses bonheurs et ses difficultés propres. Un livre fort, sans chichi, qui nous fait affectionner ces villageois et compatir à leurs malheurs, sans jamais jouer dans le pathos, sans oublier un final coup de poing, qui ne saurait vous laisser de marbre, du moins c’est mon avis, c’est-à-dire, pas grand-chose.
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