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EAN : 9782264068217
Code sériel : 5253
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 408
Format : 108 x 177 mm

Moi contre les Etats-Unis d'Amérique

Nathalie Bru (Traducteur)
Date de parution : 07/09/2017
Après American Prophet, Moi contre les Etats-Unis d’Amérique est sans doute le livre où Paul Beatty pousse le plus loin la féroce ironie qui caractérise ses romans : pour servir ce qu’il croit être le bien de sa propre communauté, un afro-américain va aller jusqu’à rétablir l’esclavage et la ségrégation... Après American Prophet, Moi contre les Etats-Unis d’Amérique est sans doute le livre où Paul Beatty pousse le plus loin la féroce ironie qui caractérise ses romans : pour servir ce qu’il croit être le bien de sa propre communauté, un afro-américain va aller jusqu’à rétablir l’esclavage et la ségrégation à l’échelle d’un quartier, s’engageant dans une forme d’expérience extrême et paradoxale qui lui vaudra d’être trainé devant la Cour suprême. Un sommet d’humour grinçant
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EAN : 9782264068217
Code sériel : 5253
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 408
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • horline Posté le 4 Septembre 2021
    Paul Beatty pratique l'humour à la mitraillette en plastique : Moi contre les États-Unis d'Amérique c'est une salve de vannes dignes d'un spectacle de stand-up, avec la culture, les stéréotypes, la condition des noirs américains comme moteur. L'effet est instantané, on a l'impression de recevoir un coup de fouet dans la rétine lorsque l'auteur décoquille de manière irrévérencieuse les archétypes de l'identité raciale, déboulonne les droits civiques au point de permettre à son héros, fils d'un chercheur en sciences sociales qui s'est consacré à des études sur la conscience raciale, de rétablir l'esclavage et la ségrégation à l'école. Ce n'est pas un récit halluciné pour autant. Derrière cet humour poussé jusqu'à l'absurde, l'auteur pointe l'incapacité d'échapper aux effets persistants de l'histoire. Ou comment en rétablissant l'esclavage et la ségrégation, le narrateur entend exploiter la continuité des inégalités raciales avec des modes de discrimination visibles. Au profit de la communauté, du quartier, véritable ghetto qui a été abandonné par les pouvoirs publics et les promoteurs au point de se voir littéralement effacé de la carte de Los Angeles. Car derrière la lucidité amusée, il y a surtout la mélancolie pour un quartier qui s'est tellement réduit qu'il est voué à disparaître et ses habitants... Paul Beatty pratique l'humour à la mitraillette en plastique : Moi contre les États-Unis d'Amérique c'est une salve de vannes dignes d'un spectacle de stand-up, avec la culture, les stéréotypes, la condition des noirs américains comme moteur. L'effet est instantané, on a l'impression de recevoir un coup de fouet dans la rétine lorsque l'auteur décoquille de manière irrévérencieuse les archétypes de l'identité raciale, déboulonne les droits civiques au point de permettre à son héros, fils d'un chercheur en sciences sociales qui s'est consacré à des études sur la conscience raciale, de rétablir l'esclavage et la ségrégation à l'école. Ce n'est pas un récit halluciné pour autant. Derrière cet humour poussé jusqu'à l'absurde, l'auteur pointe l'incapacité d'échapper aux effets persistants de l'histoire. Ou comment en rétablissant l'esclavage et la ségrégation, le narrateur entend exploiter la continuité des inégalités raciales avec des modes de discrimination visibles. Au profit de la communauté, du quartier, véritable ghetto qui a été abandonné par les pouvoirs publics et les promoteurs au point de se voir littéralement effacé de la carte de Los Angeles. Car derrière la lucidité amusée, il y a surtout la mélancolie pour un quartier qui s'est tellement réduit qu'il est voué à disparaître et ses habitants avec. On pourrait penser que la nostalgie est le romanesque même, elle adoucit le caractère ostensiblement provocateur de la logique appliquée de manière imperturbable. Et elle se voit rehaussée par la formidable critique sociale de Los Angeles, le narrateur dressant un panorama de la ville dans laquelle seul le surf semble offrir au jeune homme une alternative aux frontières qui quadrillent le territoire. Mais à force de déconstruire, le roman semble aller nulle part. Si la prose tonique et truffée de références a la vertu de donner une dimension nouvelle, peut-être plus à même de faire réfléchir le lecteur ou la lectrice sur l'héritage de l'esclavage aux États-Unis, elle a paradoxalement un effet anesthésiant. Paul Beatty applique tous les codes du stand-up avec un roman qui ne repose pas sur une intrigue mais sur des thèmes et des personnages. Les formules assassines exercent un pouvoir indéniable mais à mesure que le récit progresse, l'humour devient un obstacle à l'évolution du récit, la mécanique s'épuise. Et le tempérament nonchalant voire apathique du héros qui semble assumer sa vie comme une perpétuelle inconsistance à laquelle sa nouvelle mission ne donne guère de sens, ne fournit pas l'élan nécessaire aux idées déployées dans ce roman. Même si j'ai été séduite par l'esthétique du bouquin et par la découverte de l'un des auteurs qui portent au plus haut une écriture affirmant ses références afro-américaines, j'ai progressivement été gagnée au fil des pages par la sensation d'un auteur dans l'incapacité de donner une orientation narrative à son roman. A moins que la volonté de Paul Beatty ait été d'envisager une aventure purement distrayante, un vrai moment de liberté sans entraves... Malgré ses défauts, ce roman est riche d'enseignements et savoureux à lire.
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  • LadyOsoleil Posté le 8 Mai 2021
    Encore une belle prose de l'auteur, un des mes préférés à côté d'American Prophet. Comme il le dit lui-même, cette histoire, bien que parsemée de situations cocasses et magiques, se fait passer pour de la fiction là où on devrait y voir un essai. Mais un essai sur plusieurs thèmes. Ce que je retiens de Moi contre les Etats-Unis d'Amérique c'est ce questionnement du personnage principal : qui suis-je au juste? C'est, je crois, la question fondamentale que soulève ce livre et qui fait prendre conscience que malgré toutes les cases dans lesquelles on entend mettre les Noirs aujourd'hui - le gangster, le truand, le fainéant, le vendu, ils ne cessent de se poser cette question: qui suis-je réellement.
  • Gangoueus Posté le 11 Avril 2019
    En abordant ce roman, je me suis tout de suite plaint sur les réseaux sociaux à propos de la forme. Le prologue est un peu long et quelque peu indigeste. De plus, l’écriture est volontairement peu soutenue. Donc, cette entrée en matière a été difficile. Pourtant… Le sujet est assez étonnant. Un africain américain au CV judiciaire vierge répond devant la cour suprême des Etats Unis d’Amérique au fait d’avoir réintroduit l’esclavage et la ségrégation raciale dans une bourgade. Ce qui donne lieu à des scènes de sidération à Washington où il est convoqué. Comment en est-on arrivé à une telle extrémité ? Quel est le détail sur le terrain des actions perpétrées par « the sellout » ? Car, je viens de me rendre compte après 400 pages que je n’ai pas retenu le prénom du personnage narrateur...
  • lebelelbe87 Posté le 23 Décembre 2018
    De prime abord on se dit : "ok encore un bouquin sur le racisme au états unis avec ses victimes qui n'en sont plus!!" mais Paul Beatty aura su faire d'un sujet lourdement ressassé un récit agréable à suivre, de phrases en phrases, de chapitres en chapitres pour au final laisser le lecteur se dire, "bordel, il est bon!", c'est mon avis personnel, à lire...
  • Templemore Posté le 7 Décembre 2018
    Il faut être américain ou un grand connaisseur de la culture américaine, voir la sous-culture "L.A." pour apprécier ce livre farci de références qui, j'en suis sûr, donne à ce livre le piquant que sa quatrième de couverture annonce. Dans le cas contraire, on patauge et il nous manque le liant qui épaissit la narration pourtant originale et déjantée.
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