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Robert Laffont
EAN : 9782221141441
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 462
Format : 1 x 182 mm

Monsieur Proust

Georges Belmont (avec la collaboration de)
Collection : Documento
Date de parution : 13/03/2014

Ce livre capital apporte l’image, sortant de la plus fidèle des mémoires, d’un Proust unique de vérité.
Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’oeuvre − elle est d’ailleurs une des...

Ce livre capital apporte l’image, sortant de la plus fidèle des mémoires, d’un Proust unique de vérité.
Céleste Albaret fut la gouvernante et la seule confidente de Marcel Proust pendant les huit dernières années de son existence, durant lesquelles il acheva l’écriture de son chef-d’oeuvre − elle est d’ailleurs une des clefs du personnage de Françoise dans La Recherche. Jour après jour elle assista dans sa vie, son travail et son long martyre, ce grand malade génial qui se tua volontairement à la tâche. Après la mort de Proust en 1922, elle a longtemps refusé de livrer ses souvenirs. Puis, à quatre-vingt deux ans, elle a décidé de rendre ce dernier devoir à celui qui lui disait : « Ce sont vos belles petites mains qui me fermeront les yeux. »

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EAN : 9782221141441
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 462
Format : 1 x 182 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Agathocle Posté le 9 Janvier 2022
    Très intéressant. Au final, cet être exceptionnel a sublimé la vie de Céleste. c’est le lot des grands hommes et ici d’un esprit supérieur. On peut également saluer la mémoire de cette femme et l’écriture de ce journaliste, très fluide. Agréable, élégante et humble par rapport à son modèle.
  • PatriceG Posté le 17 Décembre 2021
    Quel beau texte sur l'intimité révélée et quel témoignage bouleversant que porte Céleste Albaret sur le grand écrivain dont l'état de santé fragile imposait une vie recluse jusqu'à l'alitement. Je ne voudrais pas faire injure à madame Albaret, mais je vois là une écriture à quatre mains grâce au concours de Georges Belmont dans l'affaire. Si c'est pour nous produire l'enchantement heureux des Lettres de mon moulin, je n'y vois personnellement aucun inconvénient, bien au contraire même si je reste en général dubitatif sur ce genre d'exercice. C'est une merveille à lire, je le proclame avec insistance. Cette dame d'exception veilla pendant huit années sur Marcel Proust, attachée à son service en tant que gouvernante, mais pas que, elle fut aussi sa complice : elle devançait ses désirs, l'aidant bien entendu dans son travail littéraire qui fut aussi d'exception puisqu'il ne produisait là pas moins que son chef d'oeuvre ; elle sentait ses jours sans, ses jours enflammés, inspirés à travers les feuilles, les ajouts nombreux, les cahiers que lui remettait l'écrivain. Céleste avait donc la primeur de ses grands textes qui entrèrent dans la postérité ; elle était d'une loyauté infaillible. cela transpire presque à chaque page de son ouvrage.... Quel beau texte sur l'intimité révélée et quel témoignage bouleversant que porte Céleste Albaret sur le grand écrivain dont l'état de santé fragile imposait une vie recluse jusqu'à l'alitement. Je ne voudrais pas faire injure à madame Albaret, mais je vois là une écriture à quatre mains grâce au concours de Georges Belmont dans l'affaire. Si c'est pour nous produire l'enchantement heureux des Lettres de mon moulin, je n'y vois personnellement aucun inconvénient, bien au contraire même si je reste en général dubitatif sur ce genre d'exercice. C'est une merveille à lire, je le proclame avec insistance. Cette dame d'exception veilla pendant huit années sur Marcel Proust, attachée à son service en tant que gouvernante, mais pas que, elle fut aussi sa complice : elle devançait ses désirs, l'aidant bien entendu dans son travail littéraire qui fut aussi d'exception puisqu'il ne produisait là pas moins que son chef d'oeuvre ; elle sentait ses jours sans, ses jours enflammés, inspirés à travers les feuilles, les ajouts nombreux, les cahiers que lui remettait l'écrivain. Céleste avait donc la primeur de ses grands textes qui entrèrent dans la postérité ; elle était d'une loyauté infaillible. cela transpire presque à chaque page de son ouvrage. Peut-être que Georges Belmont a jugé bon de souligner en forçant un peu le trait ce trait de caractère de la brave dame. Soyons clairs, Céleste et Marcel étaient devenus tout bonnement inséparables .. Marcel Proust usa de cette sérénité ambiante, ils étaient habitués l'un à l'autre, mais en qualité, car ils s'apprenaient l'un, l'autre, s'appréciaient avec raffinement. Le quotidien se jouait là avec enchantement, malgré les affres de la vie. Les qualités humaines de Proust permettaient cela. Céleste campait son rôle avec une fierté assurée aux côtés du génie proustien, elle en était le dépositaire. Elle avait le sentiment que de grandes pages d(histoire s'écrivaient là à eux deux, et s'était gardée d'en faire état jusqu'à un âge avancé, bien après la mort de Proust, parce qu'elle était pleine d'humilité, à l'ombre du maître. C'est elle qui, par un jour triste, sombre, ferma les yeux pour toujours de l'homme qui incarnait à merveille génie français. La conscience de Céleste Albaret d'avoir vécu là des moments exceptionnels la poussère finalement à divulguer ce qu'elle devait mijoter depuis des lustres. C'est une lumière filtrée qu'elle nous rapporte par l'aspect clos que fut leur relation mais aussi par le temps qui passe si cher à l'écrivain.. En regard de ces huit années secrètes, confinées, enfin éventées, des temps décisifs s'étaient joués là dans la vie littéraire de Proust, pas moins, grâce aussi à la présence
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  • Vermeer Posté le 8 Mars 2021
    Céleste Albaret est restée au service de Proust de 1913 à 1922, époque à laquelle il a abandonné sa vie de dandy mondain pour rédiger son oeuvre. Elle accepte une vie de recluse, de "prisonnière volontaire". Elle s'occupe de son intendance puis l'aide à classer ses manuscrits. ses souvenirs Céleste ne raconte ses souvenirs qu'au début des années 1970 et regrette de n'avoir pas pris de notes lorsqu'elle vivait aux côtés de Proust. Admiration, tendresse, dévouement total de Céleste pour Marcel Proust malade et tyrannique, à l'hygiène de vie déplorable. Elle retrace son quotidien, son travail d'écriture, ses relations, sa famille. Emouvant car on y retrouve deux mondes disparus, engloutis, celui de Proust, les querelles dérisoires d'ego de ses relations mais aussi celui de Céleste bien plus modeste mais qui revêt un charme suranné.
  • berni_29 Posté le 20 Février 2021
    J'aime déambuler dans les détours et les contours qui mènent à l'oeuvre impressionnante de Marcel Proust. Je me suis dit qu'avant d'arpenter cette oeuvre gigantesque, démesurée, il me faudrait peut-être quelques clefs de compréhension. Cela dit, j'ai lu il y a quelques années le premier tome d'À la recherche du temps perdu, du côté de chez Swann. Je m'y étais repris à plusieurs fois, parfois en y mettant de longues pauses, comme des respirations. Plusieurs années s'étaient écoulées dans cette tentative et puis, contre attente, cela vint un beau jour, je suis entré dans le récit, un peu comme un surfeur trouve la bonne vague et finit par s'y glisser. L'écriture de Proust, pour moi, c'est un peu cela, entrer dans sa vague... Vous savez quoi ? À propos de Céleste Albaret, je me suis dit que cette femme, c'était la Félicité d'Un coeur simple, l'une des dernières nouvelles écrites par ce cher Flaubert, servante dévouée auprès de ses maîtres, presque dans l'abnégation. Ici Céleste Albaret, c'est un peu la même chose vis-à-vis de Marcel Proust, elle fut la fidèle gouvernante du grand écrivain, infatigable servante de ses jours et de ses nuits, surtout de ses nuits, mais aussi sa confidente... Elle nous... J'aime déambuler dans les détours et les contours qui mènent à l'oeuvre impressionnante de Marcel Proust. Je me suis dit qu'avant d'arpenter cette oeuvre gigantesque, démesurée, il me faudrait peut-être quelques clefs de compréhension. Cela dit, j'ai lu il y a quelques années le premier tome d'À la recherche du temps perdu, du côté de chez Swann. Je m'y étais repris à plusieurs fois, parfois en y mettant de longues pauses, comme des respirations. Plusieurs années s'étaient écoulées dans cette tentative et puis, contre attente, cela vint un beau jour, je suis entré dans le récit, un peu comme un surfeur trouve la bonne vague et finit par s'y glisser. L'écriture de Proust, pour moi, c'est un peu cela, entrer dans sa vague... Vous savez quoi ? À propos de Céleste Albaret, je me suis dit que cette femme, c'était la Félicité d'Un coeur simple, l'une des dernières nouvelles écrites par ce cher Flaubert, servante dévouée auprès de ses maîtres, presque dans l'abnégation. Ici Céleste Albaret, c'est un peu la même chose vis-à-vis de Marcel Proust, elle fut la fidèle gouvernante du grand écrivain, infatigable servante de ses jours et de ses nuits, surtout de ses nuits, mais aussi sa confidente... Elle nous invite dans ce récit étrange peuplé de ses souvenirs, qui n'est pas une biographie, mais qui est sa parole, sa voix, un témoignage d'une tranche de sa vie, où elle entra au service de Monsieur Proust en 1913, quelques mois avant la Grande Guerre, et ce, durant huit ans, jusqu'à ce terrible jour du 18 novembre 1922. Oui, je n'ai pas l'habitude dans mes chroniques de divulgâcher la fin des livres que je cite, cependant ici je dois vous avouer que le récit finit mal, par l'agonie et la mort de Marcel Proust où l'on ne peut rester indifférent aux mots épris d'émotion de Céleste Albaret pour évoquer ce dernier instant. Mais qui était donc cette fameuse Céleste Albaret ? Elle est issue d'une famille modeste de paysans de la Lozère profonde et monte à Paris à la faveur d'un mariage avec Odilon Albaret, chauffeur de taxi qui a comme client régulier un certain Marcel Proust déjà célèbre. Ah, ce prénom, Odilon ! Comme il fleure bon le Paris d'avant, les rouflaquettes, les moustaches en guidon de bicyclette, les premières automobiles... Si un jour je me décide d'écrire un roman, je vous promets que le personnage principal s'appellera Odilon. C'est par son entremise que Céleste entre au service de Monsieur Proust, à l'âge de vingt-deux ans pour s'établir dans l'appartement de l'écrivain, au 102 boulevard Haussmann. Marcel Proust a beau être l'un des plus grands génies de la littérature française,- et je lui reconnais volontiers cette qualité, il n'en demeure pas moins que j'ai découvert ici un personnage fort peu sympathique, exigeant, capricieux, maniaque, jaloux, rancunier... Tout pour me plaire, mais les grands écrivains ne sont pas là pour nous séduire sur leur manière d'être... Ils ont un métier, celui d'écrire, de poser des émotions sur le papier, de nous transporter... Et puis, reconnaissons-le, à sa décharge, l'homme était d'une santé fragile, souffrant d'asthme, déjà affaibli par la maladie lorsque que Céleste entre à son service. Céleste Albaret n'a pas écrit ce livre, bien que ce soient ses mots. Non, c'est un journaliste, un certain Georges Belmont, auquel elle livre ses souvenirs lorsqu'elle fut au service de Marcel Proust, témoignage recueilli quarante ans après et mis en forme par le journaliste. Georges Belmont, à qui l'on doit par ailleurs d'avoir interviewé Marilyn Monroe en 1960. Mais voilà que je m'égare, comme quoi on peut évoquer Marilyn Monroe et Marcel Proust dans le même billet ! Hum ! Mais qui est ce fameux Georges Belmont ? Si on creuse un peu, on découvre un type peu recommandable, secrétaire général adjoint à la Jeunesse au gouvernement de Vichy, qui lui valu de recevoir la francisque. Il fut, nous dit-on, "un rouage pro-nazi au verbe haut du gouvernement de Vichy". Découvrant cela, j'ai eu un bref instant une moue de dégoût en songeant que les mots que je lisais dans ce texte, étaient son écriture. Aïe ! Mais très vite je me suis laissé emporter par le flot époustouflant de la mémoire de la vieille gouvernante. Que nous révèle ce récit ? Céleste Albaret s'avère « prisonnière », recluse dans la solitude partagée avec l'écrivain dans cet appartement, lui inspirant plusieurs de ses personnages, comme Françoise, dans À la recherche du temps perdu. Au départ du récit j'ai adoré cette seule escapade, à Cabourg, au grand-Hôtel, où Proust amène Céleste. Contemplant la mer, il lui promet de l'emmener un jour à la pointe du Finistère pour admirer la mer en furie dans le couchant du soleil. Quel homme inspiré pour inviter à un tel paysage ! Après le séjour à Cabourg, l'état de santé de Proust se dégrade et aucune sortie vers la mer ne se renouvèlera. Après cette escapade, l'écrivain s'enferme dans sa chambre, derrière ses quatre murs immenses où il va continuer son oeuvre, abandonnant très rarement son lit devenu son bureau. De temps en temps, la nuit il lui arrive de sortir dans Paris, mais fini Cabourg, finie la mer, finis les grands espaces. Soumise à ses ordres et à ses appels, de jour comme de nuit, Céleste Albaret se plie à ses moindres désirs, ici apporter une bouillote, là plus tard faire du café, apporter des croissants... Toujours être présente... Et puis, l'écouter... Céleste Albaret est une femme inculte, elle pensait que Bonaparte et Napoléon c'étaient deux personnages différents, mais elle est intelligente, fine, intuitive et généreuse, et cela en fait un personnage fort attachant. Céleste Albaret a aidé Proust dans la rédaction de son oeuvre, imaginant des ingéniosités dans le besoin de corrections, inventant quasiment le Post-It avant l'heure... J'ai vu ici combien Céleste Albaret a eu une place importante aux côtés de Marcel Proust. Elle fut sa seconde mère et, vous le savez comme moi, on ne dit pas tout à sa mère. Céleste Albaret a veillé sur Proust jusqu'à sa mort comme on veille sur un enfant un peu fragile. Marcel Proust lui évoque son enfance, sa jeunesse, ses amours, sa mère aussi... Je m'attendais à quelques révélations étonnantes, ici il n'en fut rien. Céleste Albaret se contentant régulièrement de dire et contredire tel propos d'untel sur Marcel Proust. Ici j'attendais quelques révélations, ce n'est pas visiblement l'objet de ce récit. Ainsi, Céleste Albaret a beau imposer sa vérité, elle ne révèle rien sur l'homosexualité possible de Marcel Proust, notamment sa relation avec Alfred Agostinelli, bellâtre rêveur et intelligent qui fut au départ au service de l'écrivain comme chauffeur de taxi puis comme secrétaire, il mourut tragiquement dans un accident d'avion. Marcel Proust ne s'en remit jamais. Céleste Albaret n'a pas tout dit, car peut-être tout simplement Marcel Prout ne lui a pas tout dit. On ne dit pas tout à sa mère... Et puis tout de même, dans leur Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, Jean-Paul Enthoven et Raphaël Enthoven ne confient-ils pas : "Telle est Céleste : on lui met des fleurs du mal sous les yeux, et elle ne voit que des aubépines" ?
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  • Levant Posté le 20 Août 2020
    Céleste Albaret avait été engagée en 1913 par Marcel Proust en qualité de « courrière », destinée donc sous cette appellation à porter à leurs destinataires sa correspondance. Elle est rapidement devenue sa confidente et lui voua une admiration telle qu'elle se laissa imposer par lui un mode de vie pour le moins assujettissant et décalé. Ce n'est que cinquante ans après la mort de Proust qu'elle confie à Georges Belmont ses souvenirs de la décennie passée dans l'intimité de celui-ci et consignés dans cet ouvrage. Pourquoi rompre le silence si jalousement entretenu et pourquoi si tard ? Laissons-la nous le dire elle-même : « Mais aujourd'hui, avant de quitter à mon tour ce monde, l'idée qu'il puisse subsister un doute ou un mensonge sur tout ce que j'ai vu, m'est devenue si intolérable que je voudrais qu'il soit dit une fois pour toute que les pages qui vont suivre, notamment, sont l'exacte véracité de ma mémoire, et que j'ai suffisamment réexaminé, contrôlé et revérifié les faits dans mon souvenir pour avoir la certitude de ma fidélité absolue à la réalité de ce qui fut. C'est un testament que j'écris ici, non pas un témoignage. » Les souvenirs de sa vie chez... Céleste Albaret avait été engagée en 1913 par Marcel Proust en qualité de « courrière », destinée donc sous cette appellation à porter à leurs destinataires sa correspondance. Elle est rapidement devenue sa confidente et lui voua une admiration telle qu'elle se laissa imposer par lui un mode de vie pour le moins assujettissant et décalé. Ce n'est que cinquante ans après la mort de Proust qu'elle confie à Georges Belmont ses souvenirs de la décennie passée dans l'intimité de celui-ci et consignés dans cet ouvrage. Pourquoi rompre le silence si jalousement entretenu et pourquoi si tard ? Laissons-la nous le dire elle-même : « Mais aujourd'hui, avant de quitter à mon tour ce monde, l'idée qu'il puisse subsister un doute ou un mensonge sur tout ce que j'ai vu, m'est devenue si intolérable que je voudrais qu'il soit dit une fois pour toute que les pages qui vont suivre, notamment, sont l'exacte véracité de ma mémoire, et que j'ai suffisamment réexaminé, contrôlé et revérifié les faits dans mon souvenir pour avoir la certitude de ma fidélité absolue à la réalité de ce qui fut. C'est un testament que j'écris ici, non pas un témoignage. » Les souvenirs de sa vie chez Proust, 102 boulevard Haussmann puis 44 rue Hamelin où il mourut en 1922, restent étonnamment précis si l'on en juge par leur retranscription dans cet ouvrage. Bien qu'elle regrette de n'avoir tenu aucun journal de cette décennie à assister un personnage handicapé par la maladie, jusqu'à satisfaire servilement ses moindres caprices, répondant de jour comme de nuit à la sonnette qui lui commandait de venir à son chevet. Il passait la plus grande partie de son temps au lit, à travailler comme un forcené à cette tâche qu'il s'était imposée, mettre le point final à l'imposant ouvrage bien connu des inconditionnels et auquel il ne survivra que quelques mois : A la recherche du temps perdu. C'est un témoignage capital pour connaître le personnage. Celui qu'André Gide avait qualifié de dandy mondain est sans doute présenté sous son jour le plus proche de la réalité. Celui d'un enfant gâté dont Céleste Albaret a fait de ses défauts des qualités tant elle a fait preuve à son endroit d'une abnégation aveugle difficilement compréhensible. Un ouvrage qui fait entendre une voix plus que lire un texte. Céleste Albaret se défend pourtant d'en faire un témoignage au profit d'une forme de correction de ce que la chronique a pu déformer, inventer pour compenser la part obscure du personnage cloîtré en sa chambre. On comprend à l'écouter à quel point la tâche que s'est imposée Proust est l'oeuvre d'une vie. Une vie qui ne débordera pas le temps de l'oeuvre, comme une mission confiée à cet être souffreteux : devenir pour la postérité l'illustrissime auteur de la Recherche, et accessoirement promoteur de la madeleine, ce petit gâteau en forme de coquillage quand on veut le faire évocateur de souvenirs. Reste qu'aujourd'hui on a du mal à concevoir qu'une personne puisse s'enticher d'un personnage qui présentait des côtés bien détestables au point de lui sacrifier sa vie. Faut-il qu'elle ait perçue chez lui ce fonds d'humanité qui lui a permis de dépeindre les personnages de son oeuvre, leurs caractères et comportements, toutes couches sociales confondues, avec la lucidité que lui attribuent ses fervents lecteurs ; dont je ne suis pas, mea culpa.
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