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10/18
EAN : 9782264077530
Code sériel : 5696
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 240
Format : 108 x 177 mm
Nouveauté

Paria

Charles RECOURSÉ (Traducteur)
Date de parution : 19/08/2021
« Âpre, tendre, généreux et désespéré. Je parle de cet auteur à tous ceux que je croise. »
Hervé Le Corre
Maire d'une petite ville éclaboussé par un scandale, Stewart Rome se rappelle le sordide fait divers qui a bouleversé sa vie alors qu'il n'était encore que le jeune Stewie, timide et empoté. En 1967, on retrouvait Masha, la fille dont il était fou amoureux, sauvagement agressée dans le sous-sol de... Maire d'une petite ville éclaboussé par un scandale, Stewart Rome se rappelle le sordide fait divers qui a bouleversé sa vie alors qu'il n'était encore que le jeune Stewie, timide et empoté. En 1967, on retrouvait Masha, la fille dont il était fou amoureux, sauvagement agressée dans le sous-sol de son lycée. Un adolescent noir était rapidement arrêté. Était-il coupable ? De quoi se souvient réellement Stewart, narrateur trouble et manipulateur ?

Paria parle de l'adolescence, de ses émotions incandescentes et des choix draconiens qu'elle
implique. Loin du flower power et des luttes sociales que l'on associe ordinairement aux années
1960, c'est une autre Amérique qui se dévoile : celle de la famille ouvrière, du racisme, de
l'addiction, qui punit les femmes tentées de s'émanciper. Une société minée par la peur, qui se
nourrit de ses parias pour tâcher de survivre.

PRESSE : 
« Richard Krawiec écrit avec une énergie qui embrase la page, et qui semble pourtant couler de source. » (Elmore Leonard)

À PROPOS DE SON PRÉCÉDENT ROMAN :
« L’essence du roman noir, le vrai, celui qui, loin des profilers géniaux et des pervers machiavéliques, fidèle à la leçon des Hammett, Mc Coy, Collins et Burke, empoigne la vie, la vraie, à-bras-le-corps et nous raconte le monde tel qu’il ne va pas. » (L'Humanité)

« Un très grand roman noir. » (Rolling Stone)

« Le désarroi des oubliés du rêve américain, brisés par la récession, explose dans ce roman furieux, implacable et touchant. » (L'Obs)

« L’art magistral de Krawiec, son souffle, son urgence, emportent le lecteur tout au long des quelque deux cents pages du roman. » (Le Matricule des anges)

« Richard Krawiec, c’est une plongée désespérante et vertigineuse dans une Amérique peuplée de gens qui ont cessé de s’appartenir. Désespérante, car elle est dénuée de tout pathos, vertigineuse, car on doute même qu’elle ait un fond. Indispensable. » (Siné Mensuel)

« Tusitala poursuit sa mission en nous mettant entre les mains le meilleur de la littérature américaine. (…) Un livre qui égratigne le coeur du lecteur. » (Librairie Livre aux trésors, Liège)

« Vulnérables, c’est la fragilité et la violence, l’amour et la haine, c’est un livre poignant qui interroge et interpelle sur la part d’humanité qu’il reste à l’Homme. Un grand livre. » (Librairie Page et Plume, Limoges)

« Vous sortirez vidé de cette lecture, mais plus riche encore. » (Librairie Gibert Barbès, Paris)

« Vulnérables est taillé dans cet humour féroce, cette intimité douloureuse et sans concession
caractéristique de la grande littérature américaine. Une tragédie sous haute tension, noire et
terriblement humaine. » (Librairie L'Atelier 9, Paris)

« D’une subtilité incroyable, Vulnérables est bien plus qu’une satire sociale. Si Krawiec y dépeint avec beaucoup d’intelligence la volonté d’une classe de s’accrocher à ses acquis et ses possessions matérielles ou d’apparence, c’est aussi le portrait tragique des générations post sixties qui ‘vieillissent sans grandir’. » (Librairie Mollat, Bordeaux.)
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EAN : 9782264077530
Code sériel : 5696
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 240
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • CottonCandy Posté le 2 Octobre 2021
    Paria raconte l’histoire de Stewart, maire d’une petite ville des Etats-Unis qui a été le théâtre d’un violent événement en 1967 alors qu’il avait 15 ans. Masha, la fille dont il était amoureux, a été violemment agressée et un adolescent noir arrêté pour ce crime. Mais Stewie le connaissait bien... Paria ou vrai coupable ? Le narrateur est un jeune garçon timide et obéissant, entre un père raciste et jaloux et une mère confrontée à la violence et cherchant à s’émanciper. On y suit sa rencontre avec ce fameux adolescent, avec deux autres garçons sur la voie de la délinquance puis avec la jeune fille en question, jusqu’à ce terrible jour. Doit-on se fier aux paroles de Stewie qui lui-même n’a que peu de souvenirs précis du drame ? Sait-il réellement qui est le coupable ? Reparler de cette époque lui permettra-il de faire éclater des vérités ? Il s’adresse parfois directement au lecteur et nous questionne, j’ai aimé ces passages qui amènent à se poser encore plus de questions. Ce livre n’est finalement pas une enquête pour découvrir le coupable, ce n’est pas le plus important. On y retrouve de nombreux thèmes comme la haine raciale mais surtout sa « normalité » à cette époque... Paria raconte l’histoire de Stewart, maire d’une petite ville des Etats-Unis qui a été le théâtre d’un violent événement en 1967 alors qu’il avait 15 ans. Masha, la fille dont il était amoureux, a été violemment agressée et un adolescent noir arrêté pour ce crime. Mais Stewie le connaissait bien... Paria ou vrai coupable ? Le narrateur est un jeune garçon timide et obéissant, entre un père raciste et jaloux et une mère confrontée à la violence et cherchant à s’émanciper. On y suit sa rencontre avec ce fameux adolescent, avec deux autres garçons sur la voie de la délinquance puis avec la jeune fille en question, jusqu’à ce terrible jour. Doit-on se fier aux paroles de Stewie qui lui-même n’a que peu de souvenirs précis du drame ? Sait-il réellement qui est le coupable ? Reparler de cette époque lui permettra-il de faire éclater des vérités ? Il s’adresse parfois directement au lecteur et nous questionne, j’ai aimé ces passages qui amènent à se poser encore plus de questions. Ce livre n’est finalement pas une enquête pour découvrir le coupable, ce n’est pas le plus important. On y retrouve de nombreux thèmes comme la haine raciale mais surtout sa « normalité » à cette époque et parfois encore aujourd’hui malheureusement. Sans oublier la violence, la drogue, l’injustice et la trahison. Paria porte bien son nom et engendre beaucoup de réflexions. Les différentes temporalités apportent des bribes de réponse, chacune leur tour. On suit donc le personnage principal dans ses décisions, étouffé par cette violence quotidienne. Dans la partie passé, on aimerait pouvoir lui dire que ses agissements vont avoir des conséquences, sur lui, ses amis et même la ville toute entière. Il a bien un rôle à jouer et finira d’ailleurs maire de la ville. De nombreuses scènes sont difficiles mais on est tellement emporté par cette histoire et cette escalade de la violence qu’on ne peut s’en défaire avant la fin. La fin est d’ailleurs particulière mais à l’image du livre et m’a finalement satisfaite. Le coupable n’est pas uniquement celui qui porte les coups ! Une bonne lecture avec un fond historique intéressant mais sombre. #Paria #NetGalleyFrance
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  • Zazaboum Posté le 21 Septembre 2021
    Voici un roman où on est mal à l’aise du début à la fin, sans un instant de répit ! Le narrateur Stewart Rome est l’ancien maire de la localité et nous plonge en 1967 quand il était un adolescent mal dans sa peau qui fréquente les mauvaises personnes pour ne pas être leur souffre-douleur ni être seul ! Il est prêt à tout pour ne pas être seul ! Il est amoureux de Masha une immigrée polonaise qui a aimé Emmett avant lui, un noir qui fut l’ami de Stewie dans leur enfance ! Stewie l’avait trahi pour quelques donuts qu’il avait oublié chez lui et Emmett est devenu le Paria ! Masha est massacrée dans le sous-sol de leur établissement scolaire et sans preuve conséquente, Emmett est accusé de ce crime puisqu’il est noir ! Alors que Stewie et ses deux copains de débauche peuvent aussi l’avoir fait ! Richard Krawiec m’a semblé aimer tous ses personnages et il a fait preuve de beaucoup de lucidité en les décrivant, de compréhension aussi mais sans accuser ni absoudre ! Une lecture difficile par son contenu car la plume de Krawiec est agréable et j’imagine bien lire d’autres titres de... Voici un roman où on est mal à l’aise du début à la fin, sans un instant de répit ! Le narrateur Stewart Rome est l’ancien maire de la localité et nous plonge en 1967 quand il était un adolescent mal dans sa peau qui fréquente les mauvaises personnes pour ne pas être leur souffre-douleur ni être seul ! Il est prêt à tout pour ne pas être seul ! Il est amoureux de Masha une immigrée polonaise qui a aimé Emmett avant lui, un noir qui fut l’ami de Stewie dans leur enfance ! Stewie l’avait trahi pour quelques donuts qu’il avait oublié chez lui et Emmett est devenu le Paria ! Masha est massacrée dans le sous-sol de leur établissement scolaire et sans preuve conséquente, Emmett est accusé de ce crime puisqu’il est noir ! Alors que Stewie et ses deux copains de débauche peuvent aussi l’avoir fait ! Richard Krawiec m’a semblé aimer tous ses personnages et il a fait preuve de beaucoup de lucidité en les décrivant, de compréhension aussi mais sans accuser ni absoudre ! Une lecture difficile par son contenu car la plume de Krawiec est agréable et j’imagine bien lire d’autres titres de lui. #Paria #NetGalleyFrance #rentreelitteraire2021 Challenge MULTI DEFIS 2021 Lecture THEMATIQUE septembre 2021 : Première rencontre !
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  • Flaubauski Posté le 22 Août 2021
    En un récit bref, mais intense, qui relate les évènements au fil des diverses réminiscences de son protagoniste, Stewart « Stewie » Rome tente de nous raconter son adolescence, alors qu’il cherche désespérément à exorciser un drame qui a eu lieu à cette époque. Ce drame, c’est l’agression extrêmement violente de Masha, jeune polonaise arrivée il y a peu, dans le local technique du collège dans lequel elle venait tous les samedis prendre des cours d’anglais en plus des cours de la semaine. Très vite, c’est Emmett, adolescent noir, ancien ami de Stewie, qui est arrêté, accusé, emprisonné, pour cette agression, mais les preuves contre lui ne sont pas spécialement accablantes. Stewie, amoureux de la jeune fille au moment de son agression va donc, de nombreuses années plus tard, essayer de retrouver le cours des évènements pour enfin en connaître le fin mot. Ce qui fonde le principal intérêt de Paria, ce n’est pas de savoir qui a agressé Masha – l’on n’aura en effet jamais de réponse tranchée -, mais plutôt son narrateur, fuyant, dans l’incapacité de se souvenir exactement de ce qu’il s’est passé ce jour-là, et plus encore de ces mois de 1967 qui ont mené à cette... En un récit bref, mais intense, qui relate les évènements au fil des diverses réminiscences de son protagoniste, Stewart « Stewie » Rome tente de nous raconter son adolescence, alors qu’il cherche désespérément à exorciser un drame qui a eu lieu à cette époque. Ce drame, c’est l’agression extrêmement violente de Masha, jeune polonaise arrivée il y a peu, dans le local technique du collège dans lequel elle venait tous les samedis prendre des cours d’anglais en plus des cours de la semaine. Très vite, c’est Emmett, adolescent noir, ancien ami de Stewie, qui est arrêté, accusé, emprisonné, pour cette agression, mais les preuves contre lui ne sont pas spécialement accablantes. Stewie, amoureux de la jeune fille au moment de son agression va donc, de nombreuses années plus tard, essayer de retrouver le cours des évènements pour enfin en connaître le fin mot. Ce qui fonde le principal intérêt de Paria, ce n’est pas de savoir qui a agressé Masha – l’on n’aura en effet jamais de réponse tranchée -, mais plutôt son narrateur, fuyant, dans l’incapacité de se souvenir exactement de ce qu’il s’est passé ce jour-là, et plus encore de ces mois de 1967 qui ont mené à cette agression. En effet, Stewie, plutôt que d’être seul, s’est acoquiné avec Doyle et Murphy, têtes brûlées ayant déjà sombré dans la délinquance, la drogue, et la violence, et les suit sans se démonter dans toutes leurs errances, même les plus violentes et glauques. C’est donc un jeune homme embrumé par les diverses drogues qu’il essaie, imprégné de la violence qui l’entoure de plus en plus – familiale depuis peu, amicale désormais, culturelle également -, et emporté par diverses contrariétés, notamment amoureuses, qui deviennent existentielles, surtout en pleine adolescence, qui traverse cette période en boulet de canon autodestructeur. Pouvoir avoir confiance en ses souvenirs est donc une gageure, autant pour lui-même que pour le lecteur, qui n’est pas dupe du rôle de ce récit rétrospectif, alors que Stewie est entretemps devenu maire de la ville ouvrière du nord des Etats-Unis dans laquelle il a toujours vécue, et qu’il s’est trouvé mêlé à des affaires louches durant ses mandats. Cas de conscience en somme d’un homme qui cherche à s’en racheter une, alors qu’il approche de plus en plus de la fin de sa vie ; mais cas de conscience tardif, surtout pour Emmett, qui a davantage payé pour le fait d’être noir et s’être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, qui a ainsi pris le rôle du paria qui lui était forcément dévolu ; cas de conscience finalement d’un cynique égocentrisme, assez banal, d’homme devenu politique véreux. Cas de conscience qui, dans tous les cas, nous présente de manière assez commune, mais pas pour autant inintéressante, les laissés pour compte de la société américaine, et le déterminisme social qui en incombe. Je remercie les éditions 10/18 et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman par l’intermédiaire de sa version poche, qui vient d’être publiée.
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  • loeilnoir Posté le 19 Août 2021
    Dans les années soixante, Stewie un garçon timide et empoté vit dans une petite ville des Etats-Unis, entre un père raciste et une mère frivole. Il sympathise avec Emmett, un jeune noir de son école mais suit surtout Doyle et Murphy, deux délinquants, qui l’entrainent malgré lui sur la mauvaise voie. Lorsque Masha, une immigrée polonaise arrive au collège, Stewie en tombe amoureux, mais est rapidement jaloux surtout lorsqu’il apprend qu’elle sortait auparavant avec Emmett. Un jour Masha est retrouvée violée et lardée de coups de couteaux dans le local technique du collège. De nombreuses années plus tard, Stewie, Stewart Rome est devenu maire de cette petite ville. Il se rappelle ce sordide fait divers. Emmett a été rapidement arrêté suite au meurtre de Masha, mais était-il coupable? De quoi se souvient réellement Stewart, le narrateur, trop impliqué pour être totalement innocent ? Paria pose un regard profond sur les bas-fonds de la société américaine des années 60 : une société impitoyable où règnent la haine raciale, la violence et la misère qui n’épargne personne. Ce roman a tous les codes du roman noir mais le contexte social qui y particulièrement développé, en est le véritable sujet. La question « qui a... Dans les années soixante, Stewie un garçon timide et empoté vit dans une petite ville des Etats-Unis, entre un père raciste et une mère frivole. Il sympathise avec Emmett, un jeune noir de son école mais suit surtout Doyle et Murphy, deux délinquants, qui l’entrainent malgré lui sur la mauvaise voie. Lorsque Masha, une immigrée polonaise arrive au collège, Stewie en tombe amoureux, mais est rapidement jaloux surtout lorsqu’il apprend qu’elle sortait auparavant avec Emmett. Un jour Masha est retrouvée violée et lardée de coups de couteaux dans le local technique du collège. De nombreuses années plus tard, Stewie, Stewart Rome est devenu maire de cette petite ville. Il se rappelle ce sordide fait divers. Emmett a été rapidement arrêté suite au meurtre de Masha, mais était-il coupable? De quoi se souvient réellement Stewart, le narrateur, trop impliqué pour être totalement innocent ? Paria pose un regard profond sur les bas-fonds de la société américaine des années 60 : une société impitoyable où règnent la haine raciale, la violence et la misère qui n’épargne personne. Ce roman a tous les codes du roman noir mais le contexte social qui y particulièrement développé, en est le véritable sujet. La question « qui a tué Masha? » devient secondaire, le crime d’ailleurs est l’aboutissement d’un récit tout en tensions, où l’on s’attend au pire à chaque page. Le suspense est entretenu par des personnages brisés qui sont en permanence sur la corde, on sait qu’ils peuvent basculer à chaque seconde. Richard Krawiec réalise avec brio le portrait d’une adolescence en crise et d’une classe ouvrière minée par la peur et le racisme. La préface signée Hervé Le Corre rend hommage à l’œuvre de Richard Krawiec et m’a donné envie de la découvrir. Je remercie les Editions 10/18 ainsi que NetGalley pour la lecture de ce roman.
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  • Marchal____ Posté le 7 Février 2021
    La préface nous prévient : Richard Krawiec est un gros morceau de la littérature contemporaine américaine, avec déjà deux titres traduits et accueillis par les éditions Tusitala. Stewart Rome est notre narrateur - fait important à signaler car rapidement dans la lecture, une relation entre le lecteur et lui se noue. Partie prenante d'un drame qu'il choisit de raconter, embellira-t-il le rôle qu'il y a joué ? Qu'est-ce que qui le motive réellement à donner sa version des faits ? Fin des années 60, dans le sous-sol de son lycée, on retrouve le corps de Masha, immigrée polonaise et petite amie du narrateur, qui a été brutalement agressée. Il s'agit de remonter le temps et le fil des souvenirs de Stewart Rome pour lever le voile sur une affaire probablement trop vite résolue par l'arrestation d'un jeune homme noir. Roman sur l'ambiguité de l'adolescence, Paria est aussi (surtout ?) un roman de violences qui pose notamment la question du déterminisme, tant social que racial, dans l'Amérique du nord des années 60. L'impitoyable dynamique de groupe est dépeinte à plusieurs reprises, que ce soit à l'échelle de la bande, celle du quartier ou même celle de la ville entière. Tel un rouleau compresseur, ces... La préface nous prévient : Richard Krawiec est un gros morceau de la littérature contemporaine américaine, avec déjà deux titres traduits et accueillis par les éditions Tusitala. Stewart Rome est notre narrateur - fait important à signaler car rapidement dans la lecture, une relation entre le lecteur et lui se noue. Partie prenante d'un drame qu'il choisit de raconter, embellira-t-il le rôle qu'il y a joué ? Qu'est-ce que qui le motive réellement à donner sa version des faits ? Fin des années 60, dans le sous-sol de son lycée, on retrouve le corps de Masha, immigrée polonaise et petite amie du narrateur, qui a été brutalement agressée. Il s'agit de remonter le temps et le fil des souvenirs de Stewart Rome pour lever le voile sur une affaire probablement trop vite résolue par l'arrestation d'un jeune homme noir. Roman sur l'ambiguité de l'adolescence, Paria est aussi (surtout ?) un roman de violences qui pose notamment la question du déterminisme, tant social que racial, dans l'Amérique du nord des années 60. L'impitoyable dynamique de groupe est dépeinte à plusieurs reprises, que ce soit à l'échelle de la bande, celle du quartier ou même celle de la ville entière. Tel un rouleau compresseur, ces mouvements de fonds semblent réduire à néant toute possibilité d'émancipation morale individuelle. Tord-boyaux, la lecture de Paria constitue une expérience intense, sous-tendue par l'attente de la terrible Résolution : que s'est-il réellement passé ce 14 octobre 1967 ? Comme dans un polar, le lecteur va cristalliser son attention sur le retour à l'ordre que nous promet la confession. Espérant peut-être un peu trop fort, il se retrouve d'ailleurs à plusieurs reprises à croire le moment venu, tant la pente vers le drame annoncé s'avère glissante. Après le vertige Francis Rissin, Paria sur une autre corde fait vibrer le lecteur. La production maîtrisée et exigeante des éditions Tusitala nous laisse encore une fois le souffle court et on ne boude pas son plaisir.
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