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EAN : 9782264053220
Code sériel : 4891
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 576
Format : 108 x 177 mm

Parole perdue

Valérie GAY-AKSOY (Traducteur)
Date de parution : 20/08/2015
Ömer, célèbre romancier en panne d’écriture, se lance sur les routes anatoliennes à la recherche de sa vérité et de celle du peuple kurde. Il s’éloigne ainsi de son épouse Elif, scientifique de renom, elle aussi en plein questionnement : pourquoi leur fils a-t-il décidé de fuir ses parents pour la... Ömer, célèbre romancier en panne d’écriture, se lance sur les routes anatoliennes à la recherche de sa vérité et de celle du peuple kurde. Il s’éloigne ainsi de son épouse Elif, scientifique de renom, elle aussi en plein questionnement : pourquoi leur fils a-t-il décidé de fuir ses parents pour la tranquillité d’une île norvégienne ? En quoi leur génération militante a-t-elle failli ? Une quête habitée par le récit d'un pays déchiré, où chacun tente de renouer avec soi pour trouver la paix – ce beau rêve oublié.

« Une fresque puissante, politique et poétique, sur les contradictions de la Turquie contemporaine. » La Croix
 
Traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy

 
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EAN : 9782264053220
Code sériel : 4891
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 576
Format : 108 x 177 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • laplumevoyageuse Posté le 31 Août 2018
    Livre exigeant mais hautement intéressant pour approcher le conflit turco-curde.
  • Colchik Posté le 2 Août 2017
    Le livre d'Oya Baydar aborde des thèmes qui traversent de nombreux romans contemporains : l'usure du couple, la destinée des enfants, la capacité d'un individu à faire face à un drame personnel. Trois voix distinctes s'élèvent dans ce roman, chacune donnant sa lecture de la ruine de l'édifice familial. Ömer et Elif Eren incarnent la réussite d'un couple d'intellectuels. Lui est un écrivain de renom, dont les livres se vendent bien et que la célébrité a presque statufié. Elle est une scientifique connue internationalement et ses travaux font l'objet de communications dans les colloques de biochimie. Cependant l'un et l'autre s'éloignent car ils perdent chaque jour un peu plus de leur goût de vivre et se confrontent au vide intérieur qui grignote lentement leur existence. Quant à Deniz, le fils du couple, il vit presque reclus sur une île norvégienne, refusant le monde et sa cohorte de malheurs et de cruautés. Trois voix brisées qui s'épuisent dans le silence, la parole vraie, profonde s'est depuis longtemps perdue entre ces êtres. Ömer sent que ce qu'il écrit relève de plus en plus de la recette à succès. Où est l'écrivain engagé d'autrefois ? Où sont la conviction et la sincérité qui donnaient de la... Le livre d'Oya Baydar aborde des thèmes qui traversent de nombreux romans contemporains : l'usure du couple, la destinée des enfants, la capacité d'un individu à faire face à un drame personnel. Trois voix distinctes s'élèvent dans ce roman, chacune donnant sa lecture de la ruine de l'édifice familial. Ömer et Elif Eren incarnent la réussite d'un couple d'intellectuels. Lui est un écrivain de renom, dont les livres se vendent bien et que la célébrité a presque statufié. Elle est une scientifique connue internationalement et ses travaux font l'objet de communications dans les colloques de biochimie. Cependant l'un et l'autre s'éloignent car ils perdent chaque jour un peu plus de leur goût de vivre et se confrontent au vide intérieur qui grignote lentement leur existence. Quant à Deniz, le fils du couple, il vit presque reclus sur une île norvégienne, refusant le monde et sa cohorte de malheurs et de cruautés. Trois voix brisées qui s'épuisent dans le silence, la parole vraie, profonde s'est depuis longtemps perdue entre ces êtres. Ömer sent que ce qu'il écrit relève de plus en plus de la recette à succès. Où est l'écrivain engagé d'autrefois ? Où sont la conviction et la sincérité qui donnaient de la force à son œuvre ? Un soir, dans une gare routière d'Ankara, une jeune femme est blessée et, sans qu'il sache pourquoi, Ömer va apporter son aide à Mahmut et Zelal, un couple de jeunes Kurdes en fuite. Zelal fuit pour échapper à un crime d'honneur et Mahmut tente d'échapper à la vengeance de la guérilla depuis qu'il a déserté. L'écrivain accepte de partir à l'est pour transmettre un message à la famille de Mahmut. Il arrive dans un bourg morne où règne une fausse paix avec la présence armée de la garnison turque. Là, Ömer rencontre Jihan, la pharmacienne, figure de la dignité ancestrale des Kurdes. À son contact, il retrouve une sorte d'acuité qui lui permet de sortir de son apathie et de s'ouvrir à un univers différent du sien. Elif a trouvé refuge dans ses activités de laboratoire. Expliquer la complexité des mécanismes biologiques est parfois plus facile que de s'interroger sur ce qui grippe les rouages familiaux. Elle s'est imposée par ses travaux scientifiques, mais ne parvient pas à donner une image convenable, lisse de la petite cellule familiale. Son fils Deniz ne suit pas le parcours prestigieux de ses parents. Timide, maladroit en société, peu doué pour les études, il ne sait que faire de sa vie jusqu'au jour où on lui met un appareil photo entre les mains. La question qui taraude Elif et qu'elle ne se pose pas ouvertement est : pourquoi a-t-elle échoué dans son rôle de mère ? Comment a-t-elle élevé un enfant qui ne montre aucun goût pour ce qui est si important pour ses parents ? Chaque fois qu'elle quitte son pays, elle voudrait renouer le dialogue avec son fils, lui rendre visite dans son île lointaine, mais les mots ne franchissent pas ses lèvres. Pourtant, il lui faudra surmonter cet obstacle si elle veut rencontrer son petit-fils. Deniz Eren est le fils déconstruit du couple. Quand le succès le rattrape enfin, il quitte tout pour aller se réfugier en Norvège, refusant une réussite professionnelle bâtie sur le malheur des autres. Photographe de guerre, il se met à haïr ce métier qui le reconnaît quand il étale la souffrance et les drames d'autrui. Il revient à Istanbul avec sa jeune femme norvégienne dont la simplicité, le naturel heurtent ses parents, membres de la bourgeoisie éclairée d'Istanbul. Voilà donc la femme que s'est choisie leur fils, une étrangère sans culture et sans éducation. Un attentat se produit au cœur d'Istanbul et la lumineuse Ulla est tuée. La parole se tarit chez Deniz puisque son pays le prive à jamais de ce qu'il avait de plus cher en dehors de son fils Björn qu'il va élever seul dans l'île, ultime rempart contre la violence et la cruauté du monde. Oya Baydar tisse l'intime et l'universel, les trajectoires personnelles et les heurts de l'histoire. En écho à la question kurde qui ensanglante la Turquie depuis près d'un siècle, il y a les vies brisées de Mahmut, Zelal et Jihan, mais aussi de Deniz. À leur manière, Ömer et Elif sont des combattants, ils ont milité pour la démocratie, l'émancipation des femmes, la modernisation de la société. Leur combat a été victorieux, mais bien d'autres combats ont été perdus et leur succès ne peut cacher la vulnérabilité et l'impuissance de beaucoup de leurs semblables. Il faudra la générosité de Jihan pour qu' Ömer comprenne qu'il a encore un rôle à jouer en tant qu'écrivain, que sa parole peut donner une nouvelle voix à son pays. Il faudra le pardon de Deniz pour qu'Elif comprenne qu'une grand-mère peut faire ce qu'une mère n'a pu assumer. Ce livre, remarquable dans ce qu'il nous conte, l'est aussi dans sa construction et dans son style. Une œuvre forte, envoûtante et pleine d'espoir.
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  • frconstant Posté le 19 Octobre 2016
    L'auteure Oya BAYDAR est relativement peu connue. Quel dommage! Dans son roman 'Parole perdue', elle met en scène un célèbre écrivain turc qui a perdu la parole. En panne d'écriture après avoir trop servilement suivi les attentes du monde de l'édition et ses lecteurs, Ömer décide d'aller chercher la parole perdue à l'Est de l'Est, dans ces territoires Kurdes où vit un pays déchiré, une Anatolie en feu et à sang, en recherche d'elle-même, en recherche de paix, de sécurité. Ce faisant, il s'éloigne de sa femme, une scientifique ambitieuse qui, elle aussi, perd peu à peu ses repères et cherche à comprendre pourquoi leur fils a fui la Turquie pour aller se perdre sur une île norvégienne et y vivre une vie en tous points dissemblables aux rêves qu'ils avaient pour lui. De nombreux thèmes sont abordés dans ce roman: la fidélité, la projection de soi sur l'enfant, la famille, y compris ses dérapages menant aux crimes d'honneur. Mais aussi le combat de tous ceux qui veulent sortir du moule social que l'entourage familial veut imposer, les pouvoirs que se donnent les puissants pour tuer dans l'oeuf la langue, la culture, la vie même des minorités assujetties. Parole perdue est un... L'auteure Oya BAYDAR est relativement peu connue. Quel dommage! Dans son roman 'Parole perdue', elle met en scène un célèbre écrivain turc qui a perdu la parole. En panne d'écriture après avoir trop servilement suivi les attentes du monde de l'édition et ses lecteurs, Ömer décide d'aller chercher la parole perdue à l'Est de l'Est, dans ces territoires Kurdes où vit un pays déchiré, une Anatolie en feu et à sang, en recherche d'elle-même, en recherche de paix, de sécurité. Ce faisant, il s'éloigne de sa femme, une scientifique ambitieuse qui, elle aussi, perd peu à peu ses repères et cherche à comprendre pourquoi leur fils a fui la Turquie pour aller se perdre sur une île norvégienne et y vivre une vie en tous points dissemblables aux rêves qu'ils avaient pour lui. De nombreux thèmes sont abordés dans ce roman: la fidélité, la projection de soi sur l'enfant, la famille, y compris ses dérapages menant aux crimes d'honneur. Mais aussi le combat de tous ceux qui veulent sortir du moule social que l'entourage familial veut imposer, les pouvoirs que se donnent les puissants pour tuer dans l'oeuf la langue, la culture, la vie même des minorités assujetties. Parole perdue est un roman politique (même s'il est, à plusieurs moments, très poétique). C'est un livre riche qui nous invite à réfléchir à propos d'une Turquie en plein désarroi, en recherche d'identité qui se voudrait humaniste mais qui a bien de la peine à se trouver.
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  • livredailleurs Posté le 29 Février 2016
    Bien que chez nous elle ne jouisse pas de la même notoriété qu'Orhan Pamuk ou Elif Shafak, Oya Baydar est une figure importante de la littérature turque. Née à Istanbul en 1940, elle publie son premier roman à l'âge de 17 ans avant de passer dans les rangs du marxisme et de s'engager dans une carrière politique. Arrêtée en 1971 à la suite du coup d'Etat, elle est emprisonnée pendant deux ans avant de s'exiler en Allemagne jusqu'en 1991. C'est à cette époque qu'elle rejoint la Turquie et renoue avec la littérature. Sociologue de formation, femme engagée, Oya Baydar livre avec Parole perdue un roman puissant qui mêle habilement destins personnels et histoire collective. Les personnages de Baydar sont des êtres en souffrance. Omer Eren est un écrivain en panne d'inspiration, et sa femme Elif, une scientifique de renom dévorée par l'ambition. Leur blessure s'appelle Deniz. C'est leur fils unique, un être sensible que les aspirations démesurées de ses parents à son égard ont fragilisé un peu plus encore. Ne se sentant pas à la hauteur des attentes parentales, Deniz a préféré les fuir et s'installer sur une île norvégienne où il élève seul son fils après que sa femme... Bien que chez nous elle ne jouisse pas de la même notoriété qu'Orhan Pamuk ou Elif Shafak, Oya Baydar est une figure importante de la littérature turque. Née à Istanbul en 1940, elle publie son premier roman à l'âge de 17 ans avant de passer dans les rangs du marxisme et de s'engager dans une carrière politique. Arrêtée en 1971 à la suite du coup d'Etat, elle est emprisonnée pendant deux ans avant de s'exiler en Allemagne jusqu'en 1991. C'est à cette époque qu'elle rejoint la Turquie et renoue avec la littérature. Sociologue de formation, femme engagée, Oya Baydar livre avec Parole perdue un roman puissant qui mêle habilement destins personnels et histoire collective. Les personnages de Baydar sont des êtres en souffrance. Omer Eren est un écrivain en panne d'inspiration, et sa femme Elif, une scientifique de renom dévorée par l'ambition. Leur blessure s'appelle Deniz. C'est leur fils unique, un être sensible que les aspirations démesurées de ses parents à son égard ont fragilisé un peu plus encore. Ne se sentant pas à la hauteur des attentes parentales, Deniz a préféré les fuir et s'installer sur une île norvégienne où il élève seul son fils après que sa femme ait été victime d'un attentat à Istanbul. L'autre couple de ce roman est constitué de Zelal et Mahmut, deux jeunes Kurdes qui ont fui les montagnes et se sont trouvés, eux aussi, dans la trajectoire d'une balle perdue. Elle a été grièvement blessée et a perdu l'enfant qu'elle attendait. Omer rencontre Mahmut et décide d'aider ces jeunes gens : expiation de l'amour qu'il n'a pas su donner à son fils mais aussi désir de porter leur voix et, à travers eux, celle d'un peuple opprimé qu'il a défendu dans sa jeunesse à travers des écrits virulents. Pour mieux les comprendre, il part aux confins de l'Anatolie découvrir un monde en souffrance et en révolte, soucieux de préserver son identité. Dans une longue incantation, Oya Baydar bascule constamment du désir de parole des uns au désir de parole des autres. Dénonçant la violence et les conditionnements familiaux, politiques ou géographiques, elle pose la question fondamentale du choix, de la liberté de suivre sa propre trajectoire. Dans ce roman où chacun fuit quelque chose ou quelqu'un, on lit aussi l'espoir d'une réconciliation mais le chemin est long et semé d'embûches, et la violence présente à chaque pas. Un roman sombre mais nécessaire qui ne vous lâche pas une fois la dernière page tournée et permet de comprendre un peu mieux l'actualité que les médias nous déversent quotidiennement.
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  • sandpic Posté le 12 Janvier 2016
    Un livre exceptionnel. D'une intensité remarquable. Tout est dans ce livre : l'Etat d'un pays et de ses multiples contradictions, sa culture, son histoire, sa politique et notamment envers les Kurdes, la violence, les attentats, les révoltes, les engagements politiques avec les déceptions qui en découlent. La beauté de ses paysages, mais l’âpreté d'y vivre parfois tant par la géographie, le climat que le poids des traditions et des différentes communautés. La relation homme femme dans un couple qui se connait si bien, se perd, se retrouve et s'aime au delà de toutes querelles, trahisons et douleurs. La relation filiale des ambitions projetées, des pudeurs déplacées, des non-dits, de l'amour trop en retenue et intellectualisé. La quête de soi que l'on soit adulte ou enfant et adolescent. L'envie d'assouvir ses passions au risque de perdre les siens et sa personnalité profonde. Tout est là et tout est si fabuleusement dit. Un qualité d'écrit si délicat et forte.
Lisez inspiré avec 10/18 !
Voyagez hors des sentiers battus, loin d'une littérature conventionnelle et attendue…