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Bomarzo
Catherine Ballestero (traduit par)
Date de parution : 05/01/2023
Éditeurs :
le cherche midi

Bomarzo

Catherine Ballestero (traduit par)
Date de parution : 05/01/2023
L’autobiographie imaginaire, baroque et effrenée de Pier Francesco Orsini, prince de la Renaissance. Le chef-d’œuvre de Manuel Mujica Láinez.
Bomarzo est l’autobiographie imaginaire de Pier Francesco Orsini, prince de la Renaissance italienne, qui connut l’infortune de naître bossu – qualité qu’il compensa par un désir illimité de beauté, de grandeur... Bomarzo est l’autobiographie imaginaire de Pier Francesco Orsini, prince de la Renaissance italienne, qui connut l’infortune de naître bossu – qualité qu’il compensa par un désir illimité de beauté, de grandeur et de vengeance.

Lui qui comptait parmi ses proches des papes, des chefs de guerre et des courtisans distingués possédait en...
Bomarzo est l’autobiographie imaginaire de Pier Francesco Orsini, prince de la Renaissance italienne, qui connut l’infortune de naître bossu – qualité qu’il compensa par un désir illimité de beauté, de grandeur et de vengeance.

Lui qui comptait parmi ses proches des papes, des chefs de guerre et des courtisans distingués possédait en outre une grande culture et une imagination extravagante. Ainsi le vit-on rassembler des sculptures de pierre aux formes monstrueuses près de son château, dans un lieu déréalisant qui sera, quelques siècles plus tard, fréquenté « religieusement » par les surréalistes.

Mais revenons à Bomarzo, le roman-romanesque monumental que vous tenez entre les mains : écrit dans un style baroque effréné, il réussit comme peu d’autres à mêler la réalité et l’imagination, l’histoire et la fiction, sans craindre de hisser les paradoxes de l’humanité à la hauteur des miracles. Ici, l’euphémisme est haï ; ici, le cynisme n’empêche pas la plus impressionnante des lucidités. Et pour cause : Orsini demeure le symbole de cette époque où des crimes effroyables et le goût sauvage du pouvoir ont suscité les plus grandes œuvres de l’esprit et de l’art.

Qu’on veuille bien en juger : Bomarzo est un chef-d’œuvre de la littérature sud-américaine.
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EAN : 9782749173955
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 928
Format : 140 x 200 mm
EAN : 9782749173955
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 928
Format : 140 x 200 mm

Ils en parlent

« Une lecture terriblement agréable qui permet de re-découvrir la Renaissance italienne et ses jeux de pouvoir.
Un grand plaisir à lire. »
Librairie Métropolis

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Dolat 04/01/2024
    Soit l’histoire (très) romancée de Pier Francesco Orsini, duc de Bomarzo et instigateur des fabuleux et surréalistes jardins du même nom encore admirés de nos jours. Un duc né dans une célèbre famille italienne et affublé d’une tare physique qui le complexera et influencera toute sa vie : une bosse. Dans une Renaissance italienne où règne la loi du plus fort, où meurtres, trahisons complots politiques et religieux – y avait-il une différence entre les deux à l’époque ? – sont monnaie courante, naître avec un tel handicap va obliger Pier Francesco à tracer son chemin et prendre sa destinée en main de bien singulière manière…   Avec Bomarzo, pas de doute, on embarque dès les premières pages dans la tradition de ces « romans monstres » dont les latino-américains ont le secret. De Carlos Fuentes à Roberto Bolaño en passant par Julio Cortazar ou Gabriel Garcia Marquez, la liste des ces écrivains capables de créer des univers hors norme est longue mais Manuel Mujica Lainez se montre à la hauteur avec un roman d’une érudition assez folle au service d’un destin plus grand que nature, le tout sur plus de 900 pages. L’auteur fait d’ailleurs preuve d’une imagination réjouissante, remplissant les nombreux blancs de la biographie de son personnage d’épisodes tour à tour grotesques, émouvants ou terrifiants ; mélangeant allègrement Histoire, science, magie ; convoquant une multitude de personnages célèbres.   Oui, il y a bien des richesses dans Bomarzo. D’où vient alors que je ne sois pas totalement conquis par ce tour de force ?   Le rythme.   Manuel Mujica Lainez possède un style objectivement magnifique fait de longues phrases voluptueuses et labyrinthiques (chapeau bas au passage à la traductrice, Catherine Ballestero). Mais il en abuse et cela rend la lecture parfois laborieuse : qu’on soit au cœur des batailles, au centre des complots ou dans des moments plus intimistes, tout se déroule implacablement avec le même tempo un peu « cotonneux ». Et l’excès d’érudition, la profusion d’adjectifs, de descriptions, de personnages ne font qu’ajouter au problème. Trop de noms, de parentèles imbriquées où l’on se perd en plus bien souvent, trop de tout. Il aurait clairement fallu choisir, tailler, dégraisser tout cela pour aller un peu plus à l’essentiel.   Aussi, malgré d’authentiques coups de génie, il reste un roman qui s’écroule parfois sous son propre poids. En ayant la dent un peu dure, j’ai plus eu l’impression d’un livre pour critiques qu’un livre pour lecteurs… Un gros 4 étoiles pour l’ambition et les fulgurances, un petit 3 pour le plaisir de lecture.Soit l’histoire (très) romancée de Pier Francesco Orsini, duc de Bomarzo et instigateur des fabuleux et surréalistes jardins du même nom encore admirés de nos jours. Un duc né dans une célèbre famille italienne et affublé d’une tare physique qui le complexera et influencera toute sa vie : une bosse. Dans une Renaissance italienne où règne la loi du plus fort, où meurtres, trahisons complots politiques et religieux – y avait-il une différence entre les deux à l’époque ? – sont monnaie courante, naître avec un tel handicap va obliger Pier Francesco à tracer son chemin et prendre sa destinée en main de bien singulière manière…   Avec Bomarzo, pas de doute, on embarque dès les premières pages dans la tradition de ces « romans monstres » dont les latino-américains ont le secret. De Carlos Fuentes à Roberto Bolaño en passant par Julio Cortazar ou Gabriel Garcia Marquez, la liste des ces écrivains capables de créer des univers hors norme est longue mais Manuel Mujica Lainez se montre à la hauteur avec un roman d’une érudition assez folle au service d’un destin plus grand que nature, le tout sur plus de 900 pages. L’auteur fait d’ailleurs preuve d’une imagination réjouissante, remplissant les nombreux blancs de la...
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  • JLM56 28/07/2023
    Incroyable lecture dont on ressort presque éreinté de tant de finesse d'écriture,de narration. Un voyage au coeur du XVI siècle Italien où la fiction s'appuyant sur les faits historiques nous entraîne sur les pas de Pier Francesco Orsini Duc de Bomarzo et créateur de jardins baroques et monstrueux au sein de son château. Traversant une époque où se côtoient grandeurs et violences le Duc empreint de culture et de meurtre se raconte dans une biographie romanesque centrée sur la création de ses jardins fantasmagoriques qui par un tour du destin lui apporteront l'immortalité. Henaurme Roman Une belle intelligence d'écriture capable de nous tenir en haleine sur plus de 900 pages jusqu'à un suberbe dénouement
  • Laveze 19/07/2023
    BOMARZO de MANUEL MUJICA LÀINEZ Pier Francesco Orsini naît le 6 mars 1512, Jules 2 est pape, un pape guerrier qui vivait parmi les soldats, le Sultan Selim accède au trône, Michel Ange dévoile les plafonds de La Chapelle Sixtine et c’est la paix entre les Orsini et les Colonna!! L’horoscope de Pier Francesco est limpide, il aura une vie longue et austère, il a une particularité, il est bossu et traîne une de ses jambes, son père Gian Corrado le dédaignera dès le premier jour. En 1528, les Orsini, après le sac de Rome par les espagnols, s’installent à BOMARZO. Le garçon a une grande proximité avec sa grand-mère Diane qui lui raconte l’histoire de la famille, des condottieri qui se vendent aux plus offrants et où l’inceste est fréquent. Le blason des Orsini, c’est l’ours dont il sent l’odeur dans les couloirs du château. Diane lui offre une armure étrusque trouvée par un paysan en labourant les champs, par la suite on lui offrira régulièrement des objets de même origine bagues, casques, bijoux, statues etc…Il va rencontrer Benvenuto Cellini qui lui offrira une bague précieuse. Son père va l’expédier 3 ans à Florence chez les Médicis pour « apprendre la vie » il se liera d’amitié avec Alexandre et Hypollite qui n’auront de cesse de lui faire perdre sa virginité. C’est finalement Nuncia, l’improbable femme mûre qui veillait sur celle qu’il aimait, Adriana, qui s’en chargera après qu’il eut refusé les offres de Penthésilée, la somptueuse courtisane. Il a deux frères, Girolema qui reviendra de guerre couvert d’honneurs, prétentieux et odieux, qui mourra d’une chute de cheval pendant une promenade avec Pier Francisco qui aurait pu le sauver mais le laissera mourir sans lui porter secours et sans remords. Aussi, à la mort de son père c’est lui qui deviendra Duc de BOMARZO, son frère cadet Maerbele étant trop jeune( en fait il détruira un document de son père qui le déshéritait). Dès lors il sera le représentant officiel des Orsini auprès des papes et des rois ou de l’empereur Charles Quint. Il tombera amoureux de Giulia Farnèse à Bologne et demandera sa main à son père, elle a 15 ans, curieusement, il ne pourra pas l’honorer. Les années vont passer, Pier Franco va s’initier à la magie, blanche et noire, éliminer ses concurrents et se lancer avec passion dans la construction et l’aménagement d’un jardin plein de sculptures monumentales et effrayantes. C’est un roman terriblement baroque qui fait la biographie romancée de cet homme difforme tourmenté par une sensualité à fleur de peau qui n’hésitera pas à tuer ou à faire tuer ceux qui le gênent dans ses projets. Maltraité dans son enfance, vivant au milieu d’hommes et de femmes pour lesquels la vie a peu de valeur et conscients de leur puissance, il va se tracer un chemin étonnant et solitaire. 900 pages d’une richesse qui éblouit, qui évoque avec force tout l’art de l’époque, tableaux et sculptures, joyaux et mobilier, 900 pages d’allégories qui font penser à Cortazar ou Borgès, pour rester avec les argentins mais aussi et peut-être encore plus à Umberto Éco dans Baudolino où le Pendule de Foucault. Somptueuse reconstitution romancée de cette période où les papes se battaient et troussaient les filles comme les condottieri. Lisez ce roman vous ne pourrez l’oublier.BOMARZO de MANUEL MUJICA LÀINEZ Pier Francesco Orsini naît le 6 mars 1512, Jules 2 est pape, un pape guerrier qui vivait parmi les soldats, le Sultan Selim accède au trône, Michel Ange dévoile les plafonds de La Chapelle Sixtine et c’est la paix entre les Orsini et les Colonna!! L’horoscope de Pier Francesco est limpide, il aura une vie longue et austère, il a une particularité, il est bossu et traîne une de ses jambes, son père Gian Corrado le dédaignera dès le premier jour. En 1528, les Orsini, après le sac de Rome par les espagnols, s’installent à BOMARZO. Le garçon a une grande proximité avec sa grand-mère Diane qui lui raconte l’histoire de la famille, des condottieri qui se vendent aux plus offrants et où l’inceste est fréquent. Le blason des Orsini, c’est l’ours dont il sent l’odeur dans les couloirs du château. Diane lui offre une armure étrusque trouvée par un paysan en labourant les champs, par la suite on lui offrira régulièrement des objets de même origine bagues, casques, bijoux, statues etc…Il va rencontrer Benvenuto Cellini qui lui offrira une bague précieuse. Son père va l’expédier 3 ans à Florence chez les Médicis pour « apprendre...
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  • Bougnadour 03/04/2023
    Il est étonnant qu’un tel roman ait une aussi faible notoriété. A la fois biographie, fresque historique et encyclopédie de l’art de la Renaissance, Bormazo accumule les qualités sur près de mille pages somptueuses et flamboyantes. Pour le lecteur les efforts sont à la hauteur du plaisir, la langue de Manuel Mujica Lainez est souvent labyrinthique, riche d’un vocabulaire d’esthète d’une précision implacable. Les premiers pas sont ardus mais la magie finit par aboutir à un total envoutement. La biographie imaginaire est celle de Pier Francesco (Vicino) Orsini qui a réellement existé. Ce rejeton d’une des plus prestigieuses familles italiennes, entre dans la vie en 1523 bossu et trainant la jambe mais avec une promesse d’éternité. Pour un Orsini une difformité est un handicap insupportable, impossible d’être un chef de guerre ou un magnifique prélat comme tous ses ancêtres. Vicino, orphelin de mère, rejeté par son père, moqué par ses frères, ne trouve du réconfort qu’auprès de sa grand-mère qui lui enseigne l’histoire de sa famille et toutes les ramifications d’une généalogie séculaire. Le jeune homme bafoué va développer une personnalité sombre et orgueilleuse avec pour ambition d’obtenir le titre de duc de Bormazo que ne lui donne pas son ordre de naissance, tout sera bon pour assouvir son besoin de pouvoir y compris magie et occultisme. Les crimes ne l’effraient pas et sa dureté, forgée par une enfance douloureuse le protège de toute empathie. De même l’absence d’amour familial le pousse à une luxure débordante mais vide de sens. Le portrait de Vicino peint par Lorenzo Lotto est édifiant : on y voit un homme encore jeune au visage fin et altier penché sur un livre mais avec un regard absent qui laisse deviner une personnalité insondable et pour tout dire inquiétante. La fresque historique est celle de la Renaissance italienne où s’affrontent les grandes familles mais aussi les rois Charles Quint, François 1er, Grand Turc et autres électeurs allemands sans oublier les papes issus de complots et autres arrangements politiques. Si Vicino n’est pas au premier plan rien de ce qui se passe dans les coulisses ne lui est inconnu et il décrit cette époque où poisons et poignards frappent au moment opportun et où tous ces bons catholiques ne suivent guère les commandements de l’Eglise. Enfin Orsini aime l’art et les artistes, avec eux son infirmité n’est plus un handicap, son titre, son argent, mais surtout son sens artistique lui feront croiser tout ce que la Renaissance compte de grands artistes depuis Michel Ange jusqu’à Benvenuto Cellini. Ce qui vaut au lecteur des descriptions éblouissantes de leurs œuvres et de leur art. Arrivé au sommet de son parcours, ayant atteint son ambition le duc de Bomarzo, constatant sa solitude, le vide autour de lui, se lancera dans une grande œuvre qui lui assure encore aujourd’hui l’immortalité promise par les astrologues. Si Pier Francesco Orsini a laissé les extraordinaires jardins de Bomarzo, peuplés de monstres et de figures allégoriques représentant sa vie tourmentée, Manuel Mujica Lainez nous a légué une œuvre monumentale et pour tout dire extravagante mais qui lui vaudra, je l’espère, une reconnaissance éternelle. Car rien ne manque dans ce roman : de la construction d’un individu bâti sur la rancœur et la frustration mais appartenant à une lignée dont il ne peut renier les valeurs. Une analyse fine des rapports amoureux où l’image de l’être aimé est supérieure à sa réalité et cause de bien des déceptions. L’orgueil et la soif du pourvoir qui font tomber une à une les barrières de la morale. Et enfin l’art qui absout à condition d’être une création et pas seulement une possession de plus. Il est étonnant qu’un tel roman ait une aussi faible notoriété. A la fois biographie, fresque historique et encyclopédie de l’art de la Renaissance, Bormazo accumule les qualités sur près de mille pages somptueuses et flamboyantes. Pour le lecteur les efforts sont à la hauteur du plaisir, la langue de Manuel Mujica Lainez est souvent labyrinthique, riche d’un vocabulaire d’esthète d’une précision implacable. Les premiers pas sont ardus mais la magie finit par aboutir à un total envoutement. La biographie imaginaire est celle de Pier Francesco (Vicino) Orsini qui a réellement existé. Ce rejeton d’une des plus prestigieuses familles italiennes, entre dans la vie en 1523 bossu et trainant la jambe mais avec une promesse d’éternité. Pour un Orsini une difformité est un handicap insupportable, impossible d’être un chef de guerre ou un magnifique prélat comme tous ses ancêtres. Vicino, orphelin de mère, rejeté par son père, moqué par ses frères, ne trouve du réconfort qu’auprès de sa grand-mère qui lui enseigne l’histoire de sa famille et toutes les ramifications d’une généalogie séculaire. Le jeune homme bafoué va développer une personnalité sombre et orgueilleuse avec pour ambition d’obtenir le titre de duc de Bormazo que ne lui donne pas son ordre...
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  • horline 24/03/2023
    Bomarzo est une véritable parenthèse à la monotonie du quotidien, il vous transporte dans d'autres époques d'autres moeurs, loin des autofictions molles et vaporeuses. La Renaissance du XVIe y resplendit d'hérésies baroques et de cruauté raffinée, Manuel Mujica Lainez nous promène entre la splendeur florentine, la volupté vénitienne et la solennité des ors romains avec une écriture classique d'une incroyable densité immersive. La galerie de personnages rencontrés ne manque pas d'offrir des tableaux de moeurs qui font mouche, on peut se sentir étourdi par la vanité, la férocité et l'opulence de ce monde. Mais ces pages tiennent lieu avant tout d'autobiographie fictive. Par un habile dispositif narratif, l'aristocrate Pier Francesco Orsini parcourt le labyrinthe de sa vie éclairé de sensibilité exacerbée collée à sa difformité physique et d'orgueil dynastique, d'ombres fantasques surgies de sa lignée prestigieuse et des fondations étrusques sur lesquelles repose le château de Bomarzo. Traversé par l'électricité d'une vie intérieure constamment attisée, il incarne à la perfection cet être meurtri et humilié pendant l'enfance qui n'a jamais su trouvé d'autres défenses que la prétention et une méfiance dévorante. Toujours à flanc d'émotion, c'est un roman où l'égocentrisme et la frustration ne cessent de se heurter mais en goûtant à l'amer fruit de l'introspection rigoureuse, le narrateur lui donne une lucidité implacable. Reste que cela ne dit rien de la fascination que suscite la construction imaginée par l'auteur. Dans cette fiction ample, précieuse, érudite, notre Orsini mal-aimé tient fermement les fils de la narration entre ses mains tout en s'amusant avec une temporalité singulière. En se prêtant à l'exercice autobiographique, la question métaphysique de la mort s'impose, comme à tout être humain, mais l'écrivain argentin a inventé une ruse pour domestiquer le sentiment du temps qui nous traverse, auréolant le texte d'une touche de mystère... J'ai dévoré ce roman avec frénésie, la même qui accompagne les personnages de cette chimère, une fantaisie drapée dans un réalisme saisissant. En alchimiste averti, Manuel Mujica Lainez mêle toutes les matières réactives qui ont animé les riches familles séculaires comme les milieux d'affaire de l'époque, permettant à cette biographie de se déployer en-dehors d'elle-même et de projeter le narcissisme du rejeton Orsini dans un roman d'aventures palpitant. Bomarzo est une véritable parenthèse à la monotonie du quotidien, il vous transporte dans d'autres époques d'autres moeurs, loin des autofictions molles et vaporeuses. La Renaissance du XVIe y resplendit d'hérésies baroques et de cruauté raffinée, Manuel Mujica Lainez nous promène entre la splendeur florentine, la volupté vénitienne et la solennité des ors romains avec une écriture classique d'une incroyable densité immersive. La galerie de personnages rencontrés ne manque pas d'offrir des tableaux de moeurs qui font mouche, on peut se sentir étourdi par la vanité, la férocité et l'opulence de ce monde. Mais ces pages tiennent lieu avant tout d'autobiographie fictive. Par un habile dispositif narratif, l'aristocrate Pier Francesco Orsini parcourt le labyrinthe de sa vie éclairé de sensibilité exacerbée collée à sa difformité physique et d'orgueil dynastique, d'ombres fantasques surgies de sa lignée prestigieuse et des fondations étrusques sur lesquelles repose le château de Bomarzo. Traversé par l'électricité d'une vie intérieure constamment attisée, il incarne à la perfection cet être meurtri et humilié pendant l'enfance qui n'a jamais su trouvé d'autres défenses que la prétention et une méfiance dévorante. Toujours à flanc d'émotion, c'est un roman où l'égocentrisme et la frustration ne cessent de se heurter mais en...
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