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        Boulots de merde !

        La Découverte
        EAN : 9782707185457
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 240
        Format : 135 x 220 mm
        Boulots de merde !
        Du cireur au trader, enquête sur l'utilité et la nuisance sociales des métiers

        ,

        Collection : Cahiers libres
        Date de parution : 22/09/2016
        Les boulots de merde sont partout : fatigue, ennui, servitude, isolement, fiches de paie faméliques et fins de mois embourbées. Mais qu’est-ce qui définit un « boulot de merde » ? Du cireur de chaussures au distributeur de prospectus, du mécano externalisé au « cost-killer » d’une société d’audit ou à la star du journalisme boursier, enquête à travers le vaste territoire de ceux qui, à leur insu ou en conscience, relèvent à différents titres de cette catégorie.
        Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : « Je fais un boulot de merde. » Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de... Pas un jour sans que vous entendiez quelqu’un soupirer : « Je fais un boulot de merde. » Pas un jour peut-être sans que vous le pensiez vous-même. Ces boulots-là sont partout, dans nos emplois abrutissants ou dépourvus de sens, dans notre servitude et notre isolement, dans nos fiches de paie squelettiques et nos fins de mois embourbées. Ils se propagent à l’ensemble du monde du travail, nourris par la dégradation des métiers socialement utiles comme par la survalorisation des  professions parasitaires ou néfastes.
        Comment définir le boulot de merde à l’heure de la prolifération des contrats précaires, des tâches serviles au service des plus riches et des techniques managériales d’essorage de la main-d’oeuvre ? Pourquoi l’expression paraît-elle appropriée pour désigner la corvée de l’agent de nettoyage ou du livreur de nans au fromage, mais pas celle du conseiller fiscal ou du haut fonctionnaire attelé au démantèlement du code du travail ?
        Pour tenter de répondre à ces questions, deux journalistes eux-mêmes précaires ont mené l’enquête pendant plusieurs années. Du cireur de chaussures au gestionnaire de patrimoine, du distributeur de prospectus au « personal shopper » qui accompagne des clientes dans leurs emplettes de luxe, de l’infirmière asphyxiée par le « lean management » au journaliste boursier qui récite les cours du CAC 40, les rencontres et les situations qu’ils rapportent de leur exploration dessinent un territoire ravagé, en proie à une violence sociale féroce, qui paraît s’enfoncer chaque jour un peu plus dans sa propre absurdité. Jusqu’à quand ?
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        EAN : 9782707185457
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 240
        Format : 135 x 220 mm
        La Découverte
        18.50 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • Apoapo Posté le 25 Juillet 2018
          Qu'est-ce qu' un « boulot de merde » ? La définition est à la fois équivoque et multiple, et ne saurait en tout cas tenir compte de la perception subjective que le travailleur en souffrance a de son labeur – définition psychologisante. Disons que la définition retenue dans cette enquête se décline en trois volets complémentaires, afin d'une inclusivité maximale et malgré qu'elle soit éventuellement contestable par vice d'idéologie. 1. « Certains critères sautent aux yeux : la rémunération rachitique, la précarité, les contrats dégradés ou inexistants, la dureté de la tâche, l'isolement, l'entrave aux droits syndicaux, les discriminations (en fonction notamment du sexe, de la religion ou de la couleur de peau), le despotisme patronal ou managérial, le non-respect de la dignité humaine. Ces attributs forment en quelque sorte le noyau des boulots de merde, selon la manière dont ils s'additionnent et se combinent. » (p. 11). Notons que l'ensemble du texte révélera que la « merditude » de ces métiers s'avère être surtout un caractère dynamique, lié à la dégradation des conditions de travail, souvent assez récente ou accélérée, et non nécessairement intrinsèque à la profession. 2. La notion introduite par l'anthropologue américain David Graeber (2013) de « bullshit job », qui renferme les professions aliénantes, dépourvues de sens pour... Qu'est-ce qu' un « boulot de merde » ? La définition est à la fois équivoque et multiple, et ne saurait en tout cas tenir compte de la perception subjective que le travailleur en souffrance a de son labeur – définition psychologisante. Disons que la définition retenue dans cette enquête se décline en trois volets complémentaires, afin d'une inclusivité maximale et malgré qu'elle soit éventuellement contestable par vice d'idéologie. 1. « Certains critères sautent aux yeux : la rémunération rachitique, la précarité, les contrats dégradés ou inexistants, la dureté de la tâche, l'isolement, l'entrave aux droits syndicaux, les discriminations (en fonction notamment du sexe, de la religion ou de la couleur de peau), le despotisme patronal ou managérial, le non-respect de la dignité humaine. Ces attributs forment en quelque sorte le noyau des boulots de merde, selon la manière dont ils s'additionnent et se combinent. » (p. 11). Notons que l'ensemble du texte révélera que la « merditude » de ces métiers s'avère être surtout un caractère dynamique, lié à la dégradation des conditions de travail, souvent assez récente ou accélérée, et non nécessairement intrinsèque à la profession. 2. La notion introduite par l'anthropologue américain David Graeber (2013) de « bullshit job », qui renferme les professions aliénantes, dépourvues de sens pour celui ou celle qui les exerce, lui provoquant un surcroît d'ennui, quel que soit son niveau de rémunération et sa position dans la pyramide sociale et salariale. Lorsque la presse française a eu un éphémère engouement pour ce phénomène (avril-mai 2016), elle l'a désigné de « jobs à la con » ; contrairement aux auteurs, j'estime que, bien qu'il y ait de la « merde » dans « bullshit », cette traduction était meilleure pour désigner le concept en question, et qu'il ne s'agissait pas d'un euphémisme. Donc, on dira que les « jobs à la con », souvent des pensums de cadres dépressifs [perso, je ne peux m'empêcher de songer à fonctionnaire de la Commission européenne (en plus, chez les Anglais, il va y avoir un sacré plan social !)...], constituent un sous-ensemble des « boulots de merde » ; je souscris entièrement à cette inclusion. 3. Le regretté philosophe André Gorz, tellement novateur à plusieurs égards, a été le premier à se pencher sur l'utilité, inutilité et surtout l'éventuelle nocivité sociale du travail. (Pour des ex. de cette dernière, cf. les marchants d'armes et les experts en « optimisation fiscale »...). En 2009, les chercheuses britanniques Eilis Lawlor, Helen Kersley et Susan Steed, de la New Economic Foundation de Londres, ont mis au point une grille de quantification sans doute très complexe et multi-paramètres afin de calculer le « retour social sur investissement » de chaque unité numéraire de la rémunération d'un métier en fonction de ses effets positifs ou négatifs sur la collectivité. Ainsi, « elles établissent par exemple que l'agente de nettoyage en milieu hospitalier produit 10 livres sterling de valeur sociale pour chaque livre absorbée par son misérable salaire […] […] l'étude conclut que les cadres du secteur publicitaire détruisent une valeur de 11,50 livres à chaque fois qu'ils engendrent une livre de valeur. » (pp. 25-26). Il va sans dire que, dans ce livre, la légitimité à qualifier cette catégorie d'emplois de « boulots de merde » découle de la comptabilité qui les estime comme socialement néfastes, d'où l'inclusion dans l'ouvrage et dans le sous-titre du métier de trader. Comme je l'ai précisé, il s'agit là non d'un essai de sociologie du travail mais d'une enquête menée par deux journalistes indépendants (et passablement précaires). Elle s'organise autour d'entretiens plus ou moins longs, avec une bonne dizaine de représentants de ce qu'ils ont pressenti comme des « boulots de merde », souvent à l'encontre du ressenti de ceux-là mêmes qui s'y dédient, suivis par des approfondissements très intéressants et fort opportuns sur certains secteurs d'activité dont l'évolution est assurément critique dans ce qu'elle a de néfaste : 1. les salons des « petits boulots de merde », 2. le service civique, 3. les cireurs de souliers, 4. la distribution de prospectus, 5. les contrôles aux frontières, 6. le commerce de luxe, 7. la toyotisation des hôpitaux, 8. les gestionnaires de patrimoine, 9. la Poste. D'autres entretiens non suivis d'approfondissements, rapportés presque verbatim, et qui s'alternent aux chapitres sus-cités, concernent : « Léa, 24 ans, plante verte dans un palace parisien », « Yasmine, 30 ans, préparatrice de sandwiches dans une multinationale alimentaire », « Michel, 42 ans, enquêteur dans un institut de sondages », « Abel, 30 ans, livreur à vélo pour une 'appli' de repas à domicile », « Alain, 54 ans, ouvrier sous-traitant dans une usine de farine », « Jessica, 38 ans, responsable santé dans une usine Seveso », « Thomas, 30 ans, contrôleur dans une société d'audit financier ». Généralement, j'adhère à l'amplitude de la définition proposée par les auteurs. J'ai apprécié la variété des secteurs analysés et des travailleurs interviewés, même si, bien entendu, dans ce genre de recherche, l'on a toujours le sentiment que d'autres professions, qui nous paraissent absolument nécessaires, ont été délaissées (pour moi, ça aurait été le cas des gardiens de prison, ainsi que des cadres d'entreprises d'État ou récemment privatisées). Le style du texte est enlevé, vivace, pétillant : la lecture en est particulièrement agréable.
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        • JulyF Posté le 5 Juin 2018
          C'est un pamphlet contre la précarisation du monde du travail qui se veut aussi une critique de l'utilité de certains métiers. Autant le premier aspect est très fouillé à travers de nombreux exemples, autant le deuxième manque largement de profondeur... Qui trop embrasse mal étreint. Question style, on a affaire à plusieurs enquêtes journalistiques, alternant donc entretiens et données piochées dans différentes ressources. Foin de neutralité cependant, les auteurs sont ouvertement contre le phénomène de précarisation qu'ils observent.
        • Lybertaire Posté le 22 Décembre 2016
          Quels sont les 3 métiers les plus utiles à la société ? Les moins utiles à la société ? Dans cette enquête savoureuse et courageuse, les auteurs ont tenté de définir les critères objectifs du boulot de merde à travers des portraits, des témoignages et des recherches chiffrées. Dans un style volontiers cynique fait de phrases qui tuent, ils montrent la dégradation constante des conditions de travail et soulignent que tous les métiers n’ont pas la même utilité sociale. [...] La lecture de cet ouvrage a été savoureuse et étonnante à plusieurs égards. J’aime beaucoup lire les témoignages et les portraits, et il faut souligner d’emblée que Julien Brygo et Olivier Cyran ont une certaine plume : ils décrivent leurs démarches et les gens qu’ils rencontrent avec une bonne dose de cynisme (envers les métiers, pas forcément envers les gens), déjouant à tour de bras les discours de langue de bois, car comme ils le disent, eux aussi connaissent bien le boulot de merde des journalistes précaires. Leur style enlevé est ponctué de phrases qui tuent, du genre « l’homme respire la joie de vivre d’un formulaire administratif », sans toutefois mettre de côté le sérieux de l’enquête. Si les auteurs ne... Quels sont les 3 métiers les plus utiles à la société ? Les moins utiles à la société ? Dans cette enquête savoureuse et courageuse, les auteurs ont tenté de définir les critères objectifs du boulot de merde à travers des portraits, des témoignages et des recherches chiffrées. Dans un style volontiers cynique fait de phrases qui tuent, ils montrent la dégradation constante des conditions de travail et soulignent que tous les métiers n’ont pas la même utilité sociale. [...] La lecture de cet ouvrage a été savoureuse et étonnante à plusieurs égards. J’aime beaucoup lire les témoignages et les portraits, et il faut souligner d’emblée que Julien Brygo et Olivier Cyran ont une certaine plume : ils décrivent leurs démarches et les gens qu’ils rencontrent avec une bonne dose de cynisme (envers les métiers, pas forcément envers les gens), déjouant à tour de bras les discours de langue de bois, car comme ils le disent, eux aussi connaissent bien le boulot de merde des journalistes précaires. Leur style enlevé est ponctué de phrases qui tuent, du genre « l’homme respire la joie de vivre d’un formulaire administratif », sans toutefois mettre de côté le sérieux de l’enquête. Si les auteurs ne se sont pas fait que des amis en publiant cette enquête, ils ont toute ma sympathie ! Voilà une lecture audacieuse que je vous recommande vivement, car le travail est au cœur de nos sociétés. C’est ce qui occupe la majeure partie de notre temps et c’est ce qui fonde nos sociétés : il est essentiel de s’interroger à son propos. [...] L'article entier sur Bibliolingus : http://www.bibliolingus.fr/boulots-de-merde-julien-brygo-et-olivier-cyran-a127887404
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        Ils en parlent

        Popularisé par l'anthropologue David Graeber, le concept de "bullshit jobs" désigne la prolifération d'emplois dénués de sens, favorisée par la bureaucratisation généralisée de l'économie. Tout en repartant de Graeber, les deux auteurs s'en démarquent en insistant sur une autre dimension qui fait la "merditude" d'une quantité croissante d'activités laborieuses à notre époque - y compris certaines parmi les plus utiles à la société -, à savoir la précarisation de leurs conditions d'exercice. Concernés au premier chef par le phénomène en tant que journalistes pigistes, ils proposent une galerie non exhaustive mais saisissante de ces "boulots de merde" à partir des récits de ceux qui les exercent, des livreurs de prospectus aux chasseurs de migrants dans les ports menant vers l'Angleterre, en passant par les cireurs de chaussures, mais aussi les jeunes pousses des grands cabinets d'audit. Tous ont en commun de voir une grande partie de leurs heures de travail volées par leurs employeurs via différentes ficelles, telles que la nécessité d'endosser le statut d'auto-entrepreneur. Sans prétendre brosser une grande analyse théorique, les auteurs esquissent certaines pistes pour comprendre le sens de ces évolutions. Ils donnent souvent de leur personne en se rendant au salon du lean management ou en allant interviewer l'inénarrable porte-voix des marchés financiers Jean-Pierre Gaillard. Un récit à la première personne - du pluriel - qui réussit le tour de force de faire rire autant que d'indigner, en espérant surtout susciter la mobilisation.
         
        Igor Martinache / Alternatives Économiques
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