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Robert Laffont
EAN : 9782221247921
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 198
Format : 135 x 215 mm

Ennemi de Dieu

Date de parution : 12/03/2020

Téhéran. Après 2 764 jours passés en prison, un condamné à mort en sursis retourne à l’appartement où il a vécu avec sa femme et tente de reprendre le cours de son existence.
Avide de recouvrer sa liberté, il est pourtant confronté à de multiples obstacles qui l’en empêchent : son...

Téhéran. Après 2 764 jours passés en prison, un condamné à mort en sursis retourne à l’appartement où il a vécu avec sa femme et tente de reprendre le cours de son existence.
Avide de recouvrer sa liberté, il est pourtant confronté à de multiples obstacles qui l’en empêchent : son statut d’Ennemi de Dieu, qui l’oblige à pointer chaque veille de vendredi au ministère des Renseignements, le sentiment d’être instrumentalisé par des clans antagonistes, mais aussi sa vie conjugale dévastée, ses remords dus aux délations qu’il a commises en prison afin d’assurer sa survie, enfin ses efforts désespérés pour se réhabiliter aux yeux de ses proches.
Plongée saisissante dans l’univers implacable de la dictature iranienne, ce roman nous entraîne dans les méandres d’une société corrompue où le pouvoir cherche, au nom de la religion, à contrôler les citoyens sans toujours y parvenir, où les relations humaines sont soumises aux lois strictes de la charia, où les réseaux de contrebande et les services de renseignement se croisent et se superposent de façon inextricable… Amour, adultère, désir, passion équivalent alors à autant de transgressions passibles de mort.
Pour échapper à l’horreur de cette gigantesque prison, le héros ne dispose que de son imagination. Survivre à la réalité ne devient possible qu’à travers le roman et la poésie… Seuls les mots et les métaphores sont capables de faire tomber les murailles de cet univers restitué par Sorour Kasmaï avec une puissance romanesque qui démontre aussi la force et la vitalité de la littérature face aux pires tyrannies.

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EAN : 9782221247921
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 198
Format : 135 x 215 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • bdelhausse Posté le 19 Mars 2021
    Téhéran, quelques années après la révolution, un homme sort de prison. Il doit se reconstruire. Peu à peu, Sorour Kasmaï nous fait pénétrer dans l'univers carcéral tissé par les services secrets iraniens. Qu'il soit à l'intérieur de la prison ou à l'extérieur, cet univers enferme un être bien plus sûrement que des barreaux. Puis, par petites touches, l'autrice nous livre des confidences glaçantes, car écrites sans fards, sans fioritures, sans effet de manche particulier. On est souvent très proche du simple récit, avec des mots simples, des mots de tous les jours. On appelle un chat, un chat chez Sorour Kasmaï, ou plutôt un shah... Cet homme qui se balade dehors a pourtant été condamné à mort. Et on apprend que sous la torture, il a parlé. Il a tout raconté, des vérités comme des mensonges. Pour sauver sa femme, dit-il. C'est de là qu'il tient son surnom, Gentleman. Hors de la prison, il entame un renouveau. Mais régulièrement la prison et les sévices se rappellent à lui et on revit un épisode passé. Insidieusement, le voile se déchire. Le lecteur se surprend à ne pas croire à cette nouvelle vie. Il doute. Il décèle des invraisemblances. Des failles. Des déchirures. Aube, Midi,... Téhéran, quelques années après la révolution, un homme sort de prison. Il doit se reconstruire. Peu à peu, Sorour Kasmaï nous fait pénétrer dans l'univers carcéral tissé par les services secrets iraniens. Qu'il soit à l'intérieur de la prison ou à l'extérieur, cet univers enferme un être bien plus sûrement que des barreaux. Puis, par petites touches, l'autrice nous livre des confidences glaçantes, car écrites sans fards, sans fioritures, sans effet de manche particulier. On est souvent très proche du simple récit, avec des mots simples, des mots de tous les jours. On appelle un chat, un chat chez Sorour Kasmaï, ou plutôt un shah... Cet homme qui se balade dehors a pourtant été condamné à mort. Et on apprend que sous la torture, il a parlé. Il a tout raconté, des vérités comme des mensonges. Pour sauver sa femme, dit-il. C'est de là qu'il tient son surnom, Gentleman. Hors de la prison, il entame un renouveau. Mais régulièrement la prison et les sévices se rappellent à lui et on revit un épisode passé. Insidieusement, le voile se déchire. Le lecteur se surprend à ne pas croire à cette nouvelle vie. Il doute. Il décèle des invraisemblances. Des failles. Des déchirures. Aube, Midi, Crépuscule, le roman est scindé en 3 parties. Comme le soleil qui passe entre les barreaux et éclaire vingt mètres carrés d'une cellule où les détenus s'entassent à quarante. Le crépuscule, qu'il soit du jour ou de la vie, livre ses réponse et révèle les choses telles qu'elles sont, et non pas telles qu'on les rêve. Sorour Kasmaï en 2 pages finales bouleverse l'ensemble du roman, éclairant les invraisemblances et laminant le lecteur. C'est très fort et inattendu (en ce qui me concerne), dans un roman qui m'a tenu en haleine d'un bout à l'autre.
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  • Cricri124 Posté le 23 Janvier 2021
    « Même mort, un mohareb* reste un mohareb. Sans sépulture et sans prières. Sa dépouille ne doit pas souiller la terre des fidèles, surtout là, au cimetière des martyrs. La mort a sa hiérarchie dans ce pays. Il faut en mériter les fastes. » [*ennemi de Dieu] Nous sommes à Téhéran. Aucune date n'est mentionnée mais l'action se déroule visiblement quelques années après la révolution iranienne. Après deux mille sept cent soixante-quatre jours d'emprisonnement, le narrateur surnommé Gentleman par ses geôliers car il « était celui qui pour sauver l'honneur de sa femme donnait ses camarades », est libéré. Mais que signifie la liberté dans un pays où tout le monde est sans cesse surveillé, contrôlé, où les droits de l'homme sont bafoués, où la corruption est reine, où la délation est le seul moyen de sauver sa vie ? Notre Gentleman, torturé entre son désir de liberté, son amour de la poésie (dans un pays où c'est considéré comme une condamnation à mort), son rêve d'une vie normale avec sa femme et son désir de vivre, parviendra-t-il à retrouver une place dans cette société ? Jusqu'où serait-il prêt à aller pour rester en vie ? Etrange livre. J'ai avancé dans l'histoire... « Même mort, un mohareb* reste un mohareb. Sans sépulture et sans prières. Sa dépouille ne doit pas souiller la terre des fidèles, surtout là, au cimetière des martyrs. La mort a sa hiérarchie dans ce pays. Il faut en mériter les fastes. » [*ennemi de Dieu] Nous sommes à Téhéran. Aucune date n'est mentionnée mais l'action se déroule visiblement quelques années après la révolution iranienne. Après deux mille sept cent soixante-quatre jours d'emprisonnement, le narrateur surnommé Gentleman par ses geôliers car il « était celui qui pour sauver l'honneur de sa femme donnait ses camarades », est libéré. Mais que signifie la liberté dans un pays où tout le monde est sans cesse surveillé, contrôlé, où les droits de l'homme sont bafoués, où la corruption est reine, où la délation est le seul moyen de sauver sa vie ? Notre Gentleman, torturé entre son désir de liberté, son amour de la poésie (dans un pays où c'est considéré comme une condamnation à mort), son rêve d'une vie normale avec sa femme et son désir de vivre, parviendra-t-il à retrouver une place dans cette société ? Jusqu'où serait-il prêt à aller pour rester en vie ? Etrange livre. J'ai avancé dans l'histoire de manière assez confuse. Les passages entre la vie en prison du narrateur, sa vie avant la prison et celle après la prison s'imbriquent bizarrement et on ne sait pas toujours très bien où l'on se situe, ni surtout où se situe la frontière entre la réalité et l'imaginaire, entre la vérité et le mensonge, entre l'espoir et la désillusion. C'est certes intentionnel de la part de l'auteure mais cela créé un décalage parfois surréaliste. Nous naviguons entre une réalité abrupte, violente et des éléments invraisemblables qui viennent semer le doute. C'est d'autant plus accentué que l'écriture est âpre, sans fioritures, quasi journalistique. Par certains aspects, ce livre m'a rappelé Force ennemie de John-Antoine Nau. Il se divise en trois périodes : Aube, Midi, Crépuscule. « Comme le rituel du soleil sur les murs de la cellule. » Il faut donc attendre le crépuscule pour que les ombres reprennent leur place.
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