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            Grandeur de la folie

            Robert Laffont
            EAN : 9782221109441
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 252
            Format : 135 x 215 mm
            Grandeur de la folie
            Itinéraire d'un psychiatre iconoclaste

            Date de parution : 19/04/2012

            « Je suis tout le monde, je suis vous, vous et vous. Essayez de comprendre ça. »
            Étienne, 20 ans.

            Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie – la psychose, en termes médicaux – reste un mystère planté au cœur de l’être humain. Nous n’avons guère avancé depuis les Grecs. La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture...

            Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie – la psychose, en termes médicaux – reste un mystère planté au cœur de l’être humain. Nous n’avons guère avancé depuis les Grecs. La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture ou le sexe, le premier épisode psychotique se déclare entre 15 ans et 25 ans et touche autour de 1% de la population aux quatre coins de la planète. C’est là un point fondamental. L’île, le pays lointain, le régime politique ou alimentaire qui ne connaît pas de psychotique n’a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais.
            « Je suis l’espèce humaine, je suis Dieu », dit le psychotique. À ces mots, la médecine a répondu par la saignée au XIXe siècle, et par les médicaments au XXe. Chaque fois, le psychotique a été laissé à son délire, dans une profonde solitude. On ne parle pas aux fous.
            L’intuition géniale du docteur Grivois a été de faire parler les patients aux toutes premières heures de la psychose pour les faire accoucher du savoir qu’ils ont de leur folie. En créant les premières urgences psychiatriques à l’Hôtel-Dieu à Paris, il a pu parler aux psychotiques avant que leur délire interprétatif, commence, avant qu’ils n’essaient de trouver une explication forcément délirante à ce qui leur arrive. Par la parole, il est parvenu à enrayer la machine, à faire reculer le délire, à garder le fou dans notre monde.
            En revenant sur son itinéraire médical et intellectuel, Henri Grivois dresse une passionnante histoire de la folie à l’âge moderne qui fourmille de récits de patients, cas cliniques joyeux ou tragiques, poétiques ou philosophiques. La folie en dit long sur notre humanité. Et c’est là sa grandeur.

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            EAN : 9782221109441
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 252
            Format : 135 x 215 mm

            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • colimasson Posté le 6 Mai 2019
              Tout le monde connaît le concernement et certains peuvent même aimer le petit frisson d’adrénaline que provoque chaque rencontre avec autrui. Il faut alors réagir pour éviter l’affrontement : yes, je t’ai bien vu, bonjour et comment ça va, ou évitement plus ou moins réussi mais l’expérience finit par aider. Un exemple : « Je travaille seul dans une bibliothèque, quelqu’un entre. Sans me retourner, je suis « concerné » par sa présence, je sais qu’il est là. Quand je parle avec quelqu’un, en-deçà des mots échangés, un lien tacite nous unit. Un impondérable concernement n’émerge-t-il pas de deux personnes dont les regards se croisent ? Ces données élémentaires témoignent de l’ajustement et de l’adéquation de chaque être humain à ses semblables ». Dans le cas de la psychose naissante, le concernement se généralise et s’étend à toutes les situations d’une manière qu’il n’est plus possible de contrôler ni d’endiguer. Pour Henri, c’est « l’emballement d’une fonction interindividuelle normalement muette », ou au moins discrète. La notion de concernement a fait l’objet d’un essai plus détaillé dans « Naître à la folie ». Dans « Grandeur de la folie », Henri établit à présent une généalogie de la notion associée aux... Tout le monde connaît le concernement et certains peuvent même aimer le petit frisson d’adrénaline que provoque chaque rencontre avec autrui. Il faut alors réagir pour éviter l’affrontement : yes, je t’ai bien vu, bonjour et comment ça va, ou évitement plus ou moins réussi mais l’expérience finit par aider. Un exemple : « Je travaille seul dans une bibliothèque, quelqu’un entre. Sans me retourner, je suis « concerné » par sa présence, je sais qu’il est là. Quand je parle avec quelqu’un, en-deçà des mots échangés, un lien tacite nous unit. Un impondérable concernement n’émerge-t-il pas de deux personnes dont les regards se croisent ? Ces données élémentaires témoignent de l’ajustement et de l’adéquation de chaque être humain à ses semblables ». Dans le cas de la psychose naissante, le concernement se généralise et s’étend à toutes les situations d’une manière qu’il n’est plus possible de contrôler ni d’endiguer. Pour Henri, c’est « l’emballement d’une fonction interindividuelle normalement muette », ou au moins discrète. La notion de concernement a fait l’objet d’un essai plus détaillé dans « Naître à la folie ». Dans « Grandeur de la folie », Henri établit à présent une généalogie de la notion associée aux événements de sa propre vie. Cette mise en scène un peu dramatique ne me semble pas forcément nécessaire mais certains y trouveront peut-être leur compte. On comprend la manière dont cette notion s’est progressivement développée à travers ses expériences professionnelles, ses rencontres et les influences des institutions dans lesquelles il a patiemment œuvré. En arrière-plan se dessine ainsi le panorama psychiatrique d’une certaine époque. Si l’intuition d’un concernement inhérent à la psychose naissante ne fait pas de doute pour Henri, il se demande quand même qu’en faire. Faut-il sortir le grand mot sur un plateau en argent pour réconcilier le psychotique avec le défilé des signifiants ou n’importe quoi d’autre de filant entre les doigts ? Sans encourager ni amener son patient à aimer ce sentiment de concernement, le nommer et le reconnaître peut déjà être d’un grand bénéfice. Psychiatre de formation, Grivois tolère mieux les médicaments que la parole psychanalytique qui déchaînerait le concernement. Lorsque les signifiants glissent, il vaut mieux éviter toute chiquenaude verbale qui les feraient choir encore plus vite. Ne pas déranger la folie dans ce qu’elle a de rare. « Grandeur de la folie », le titre n’est pas pour rien. La folie ne nous semble dérangeante (bizarre, admirable, condamnable, effrayante) que parce que nous ne pouvons négocier avec elle. Comme tout bon psy- qui est venu au psy- par amour de la folie, à une époque où cet amour était encore possible, contre la normalisation déprimante de notre époque, HG suggère l’impensable de notre temps : « Les chamans à leur façon respectent le silence des patients. Ils quittent le village et partent avec eux dans la montagne. Cette passivité asiatique, ce respect du silence conviennent-ils mieux aux psychotiques que notre activisme industriel et médicalisé ? »
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