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        Joseph Anton

        Plon
        EAN : 9782259214858
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 736
        Format : 140 x 225 mm
        Joseph Anton
        Une autobiographie

        Collection : Feux croisés
        Date de parution : 20/09/2012

        LE livre le plus attendu de Rushdie : celui qui raconte la fatwa, la vie d’un écrivain basculant soudain dans la peur et dans la clandestinité, dont le paradoxe est d’avoir engendré une célébrité phénoménale.

        Le 14 février 1989, le jour de la Saint Valentin, Salman Rushdie reçut un coup de téléphone d’un journaliste de la BBC : il avait été « condamné à mort » par l’Ayatollah Khomeiny. C’était la première fois qu’il entendait le mot « fatwa ». Son crime ? Avoir écrit...

        Le 14 février 1989, le jour de la Saint Valentin, Salman Rushdie reçut un coup de téléphone d’un journaliste de la BBC : il avait été « condamné à mort » par l’Ayatollah Khomeiny. C’était la première fois qu’il entendait le mot « fatwa ». Son crime ? Avoir écrit Les Versets sataniques, un roman accusé d’être « contre l’Islam, le Prophète et le Coran ».
        Ainsi commence l’extraordinaire histoire d’un écrivain obligé de devenir un clandestin, changeant sans cesse de domicile, sous la protection permanente d’une équipe de protection policière armée. Quand on lui demande de se choisir un pseudonyme à destination de la police, il songe aux écrivains qu’il aime et essaie des combinaisons de leurs noms ; puis l’idée lui vient : Conrad et Tchekov – Joseph Anton.
        Comment un écrivain et sa famille traversent-ils neuf années sous une menace de meurtre perpétuelle ? Comment continuer à écrire ? À vivre des histoires d’amour ? Quels effets le désespoir a-t-il sur sa pensée et son action, comment et pourquoi flanche-t-il et comment apprend-il à se relever et à se battre ? Telle est l’histoire que Salman Rushdie raconte pour la première fois à travers ces remarquables mémoires – l’histoire d’une des plus importantes batailles pour la liberté d’expression de notre époque. Il dit ici les réalités parfois cruelles, parfois comiques d’un quotidien sous surveillance armée, et les liens très forts qu’il tisse avec ses protecteurs ; il dit aussi sa lutte pour gagner le soutien et la compréhension des gouvernements, des chefs des services de renseignements, des éditeurs, des journalistes et de ses collègues écrivains, il dit encore son combat acharné pour retrouver sa liberté.
        C’est un livre d’une franchise et d’une honnêteté exceptionnelles, saisissant, provocant, émouvant, et d’une importance vitale. Car l'histoire de Salman Rushdie n’est que le premier acte d’un drame qui continue de se dérouler chaque jour quelque part dans le monde.

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        EAN : 9782259214858
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 736
        Format : 140 x 225 mm
        Plon
        24.00 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • Malivriotheque Posté le 30 Juillet 2017
          Assez tôt dans sa vie, le jeune Salman aux deux cultures indienne et britannique sait qu'il veut devenir écrivain. Si les débuts sont difficiles, ponctués de boulots inintéressants mais alimentaires voire rémunérateurs et de productions décevantes rejetées par le milieu littéraire, Salman finit par trouver l'inspiration et met plusieurs années à écrire ce qui va constituer son premier succès : Les Enfants de minuit, en outre récompensé par l'un des prix internationaux les plus convoités et prestigieux du monde littéraire anglophone. Salman vit un rêve, est enfin reconnu par ses pairs et la communauté. Nombreux sont ceux qui font l'éloge de sa prose et surtout du sujet abordé dans le roman. Après deux autres publications, Rushdie s'attèle à l'écriture d'un quatrième roman intitulé Les Versets sataniques, dont la publication en 1989 changera à jamais le cours de son existence... Par où donc commencer ? Cette autobiographie massive à la troisième personne (avec plus de 900 pages au compteur en version poche) est littéralement passionnante. Certes, elle gagnerait à avoir quelques pages de moins - l'auteur dévoilant vraiment TOUT de sa vie et ne cachant aucune erreur, honte ou sentiment, mais également parlant beaucoup de ses amis dont on se fiche parfois... Assez tôt dans sa vie, le jeune Salman aux deux cultures indienne et britannique sait qu'il veut devenir écrivain. Si les débuts sont difficiles, ponctués de boulots inintéressants mais alimentaires voire rémunérateurs et de productions décevantes rejetées par le milieu littéraire, Salman finit par trouver l'inspiration et met plusieurs années à écrire ce qui va constituer son premier succès : Les Enfants de minuit, en outre récompensé par l'un des prix internationaux les plus convoités et prestigieux du monde littéraire anglophone. Salman vit un rêve, est enfin reconnu par ses pairs et la communauté. Nombreux sont ceux qui font l'éloge de sa prose et surtout du sujet abordé dans le roman. Après deux autres publications, Rushdie s'attèle à l'écriture d'un quatrième roman intitulé Les Versets sataniques, dont la publication en 1989 changera à jamais le cours de son existence... Par où donc commencer ? Cette autobiographie massive à la troisième personne (avec plus de 900 pages au compteur en version poche) est littéralement passionnante. Certes, elle gagnerait à avoir quelques pages de moins - l'auteur dévoilant vraiment TOUT de sa vie et ne cachant aucune erreur, honte ou sentiment, mais également parlant beaucoup de ses amis dont on se fiche parfois un peu mais sans toutefois lesquels, on le sait, il n'aurait pu supporter la situation - mais la lecture de ce pavé reste indispensable pour comprendre l'homme, son parcours, ses ambitions et ses échecs, mais surtout un pan absolument non négligeable de l'histoire, qu'elle soit littéraire ou politique. Cette biographie est une fenêtre malheureusement ouverte sur la multitude d'évènements plus récents qui ont conduit le terrorisme islamique à une quasi habitude face à la liberté d'être et d'expression, et surtout à un quotidien marqué par ce type d'attaque contre autrui. Ainsi Salman Rushdie revient sur ce qu'a été sa vie enfant et adolescent, puis de 1989 à 2002 (quel dommage qu'il s'arrête à 10 ans avant la publication de son histoire !! Mais je me plains finalement que ce soit trop court alors que juste avant je me plaignais que ce soit un peu trop long, quelle contradiction !!), sur les menaces constantes qui pesaient sur elle et sur son combat pour la liberté d'expression, la liberté tout court, mais également la reconnaissance de son travail littéraire au lieu de l'attention complètement bloquée sur son soi-disant blasphème. Comme son père, l'homme est farouchement athée mais irrémédiablement intéressé par la religion, et son propos sur l'Islam d'aujourd'hui et de nombreux hommes au pouvoir en Orient et Occident est extrêmement lucide, clairvoyant et intelligent. Si j'avais vraiment pris le temps, j'aurais noté sur un cahier quantité de citations. Il fait une analyse tellement juste de la situation, toujours valable aujourd'hui car nous avons vu que nous ne pouvons TOUJOURS PAS tout dire (voire que la liberté d'expression a carrément régressé et qu'aujourd'hui on ne peut du coup PLUS tout dire) et que le politiquement correct est venu complètement censurer la parole, l'humour, la réflexion et l'interrogation de chacun sur la religion. Car la religion est devenue un terrain tabou sur lequel on ne peut plus faire de commentaire, au risque, comme l'explique si bien Rushdie, de se voir menacé de mort (voire bien évidemment tué) ; est devenue d'une certaine manière une raison légitime d'appeler au meurtre comme si cela allait de sens, comme si cela était légal, comme si cela était normal. On assiste dans cette autobiographie à la folie de l'obscurantisme, à l'incompréhension et au suivi aveugle de commentaires de personnalités haut-placées par des millions et millions de gens qui, pour beaucoup, n'ont pas pris la peine de se renseigner face à de telles accusations, et pour beaucoup d'autres se sont vus abusés. Ce qui est fascinant, c'est de voir comment l'accusation est venue d'un chef en Iran et comment l'Iran est devenu par la suite la voix de la contestation, quel que soit l'endroit où Salman Rushdie tentait de se déplacer. Un voyage au Danemark pour recevoir un prix ? L'Iran crie au scandale. Son visa accordé en Inde après des années de boycott ? L'Iran proteste... Sans le dire, Rusdhie nous montre une mascarade pure et simple, ultra-violente et irrationnelle. La fatwa dont il fait l'objet est toujours en vigueur aujourd'hui, certains appellent toujours farouchement "tout bon Musulman à exécuter l'apostat". Cela se passe de commentaires... En plus de découvrir ce que la fatwa a fait de sa vie, l'un des attraits majeurs de cette biographie est de revivre la création de l’œuvre de Rushdie, des Enfants de minuit à Furie. Cette facette de ce livre est absolument fascinante, montrant les ambitions réelles et personnelles de l'auteur dans chaque roman (ou presque), le dessein caché, les évènements personnels qui se retrouvent insérés, les vraies significations derrière tel ou tel personnage ou tel ou tel passage, le but, la quête, le processus et le contexte d'écriture... C'est totalement passionnant et on en reprendrait bien un coup si on pouvait car il n'offre pas le même traitement à toutes ses productions. L'effet est immédiat sur le lecteur et lui donne très envie de lire certains d'entre eux, comme pour ma part Les Enfants de minuit, Haroun et la mer des histoires ou Le Dernier soupir du Maure. Mais surtout, la lecture de cette biographie ouvre les yeux sur Les Versets sataniques et sa compréhension en tant que lecteur. Je l'ai lu, il y a maintenant 4 ans. Et grâce à la lecture de Joseph Anton, je sais que je l'ai mal lu, que je n'en ai pas suffisamment apprécié la portée et qu'il faudrait clairement que je le relise, cette fois en ne sautant pas certains passages. La lecture de Joseph Anton m'a fait comprendre que j'avais lu Les Versets pour les mauvaises raisons, qu'il me manquait sans conteste la lecture d'autres de ces romans, car celui-ci s'inscrit dans une chronologie et un processus d'écriture indubitables (même si les romans n'ont rien à voir entre eux). J'ai donc commis la même erreur que beaucoup, en n'appréciant pas suffisamment Les Versets pour leur valeur littéraire, en le voyant majoritairement comme l'objet de tous les conflits. Certes, il n'est pas aisé de le dissocier de cette image, mais Salman Rushdie a clairement un don pour l'écriture, belle et fluide, aux sujets marquants et profonds, aux constructions néanmoins un peu difficiles mais toujours avec un but pré-déterminé. Cette biographie, ce n'est pas seulement la révélation d'années d'enfermement et de violence, c'est aussi la révélation d'un auteur, de son travail, de ce qu'il fait via ce qu'il est. En réalité, il faudrait en fait aborder l’œuvre de Rushdie avec Joseph Anton. A lire, sans conteste.
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        • clement_M Posté le 8 Avril 2017
          Premier livre que je lis de Salman Rushdie. J'ai adoré ce passionnant récit sur la fatwa qui s'est abattue sur lui. Jamais je ne me serais imaginé ce que pouvait être une telle vie. Ce livre n'est pas parfait (il y a quelques passages longs et peu intéressants, beaucoup trop de personnages) mais l'humour et l'écriture donnent envie de s'accrocher. Bizarrement et d'après les descriptions qu'il fait de ces livres, je n'ai pas du tout envie de lire son œuvre romanesque après la lecture de ce récit... Je conseille vivement ce témoignage.
        • Henri-l-oiseleur Posté le 14 Février 2016
          "Joseph Anton, une autobiographie" est un grand et magnifique livre dont la traduction du titre commençait par une erreur : le traducteur comprend de travers le sous-titre original,, "a memoir", un mémoire (des Mémoires), non une autobiographie. Les mémoires (le traducteur ignore que le mot est masculin en français) sont un genre particulier, où le mémorialiste raconte, au détriment de sa vie privée, les effets sur lui de la grande histoire, celle des hommes et des sociétés . Il peut certes y parler de sa vie personnelle, voire intime, mais l'objectif n'est pas la confession subjective, parfois pleurnicharde, ni l'appel au voyeurisme du lecteur. Ce parti-pris de dignité se voit dès le début, puisque l'auteur emploie la troisième personne, comme César, et non la première. Ce choix grammatical n'est pas seulement une affaire de dignité, il a une résonance dans l'histoire elle-même, puisque l'auteur est dépossédé de son nom, devenu insulte, pancarte brandie, objet de haine et de meurtre rituel ("Rushdie") et doit vivre une semi-vie protégée de prisonnier ou de gardé à vue sous le nom de Joseph Anton, dont il signale sans regret le "décès" dès que les menaces des musulmans se calment. Ce dédoublement aliénant est... "Joseph Anton, une autobiographie" est un grand et magnifique livre dont la traduction du titre commençait par une erreur : le traducteur comprend de travers le sous-titre original,, "a memoir", un mémoire (des Mémoires), non une autobiographie. Les mémoires (le traducteur ignore que le mot est masculin en français) sont un genre particulier, où le mémorialiste raconte, au détriment de sa vie privée, les effets sur lui de la grande histoire, celle des hommes et des sociétés . Il peut certes y parler de sa vie personnelle, voire intime, mais l'objectif n'est pas la confession subjective, parfois pleurnicharde, ni l'appel au voyeurisme du lecteur. Ce parti-pris de dignité se voit dès le début, puisque l'auteur emploie la troisième personne, comme César, et non la première. Ce choix grammatical n'est pas seulement une affaire de dignité, il a une résonance dans l'histoire elle-même, puisque l'auteur est dépossédé de son nom, devenu insulte, pancarte brandie, objet de haine et de meurtre rituel ("Rushdie") et doit vivre une semi-vie protégée de prisonnier ou de gardé à vue sous le nom de Joseph Anton, dont il signale sans regret le "décès" dès que les menaces des musulmans se calment. Ce dédoublement aliénant est le fond du livre, qui raconte comment Salman Rushdie reconquiert son droit de vivre sur terre que "Joseph Anton" lui déniait. Une autre beauté, un autre intérêt de ce beau livre, sont d'ordre sociologique et politique. Salman Rushdie est membre de cette frange de la bourgeoisie anglo-indienne, extrêmement cultivée et à l'aise partout dans le monde, qui adopte pour marqueur socio-culturel des opinions politiques d'extrême-gauche. Le livre est une galerie de grandes figures de l'intelligentsia politique, intellectuelle, artistique, des pouvoirs de la gauche, de Tony Blair ou Mandela à Harold Pinter ou Vaclav Havel, et bien d'autres grands noms politiquement corrects. Nous lisons bien un livre de mémoires : Saint-Simon nous faisait voir les Grands à Versailles, et Rushdie, de même, fréquente les grands des années 1980-2000, entre Londres, New-York et Hollywood. C'est dire qu'avant l'affaire des Versets Sataniques, l'auteur était à la pointe du combat pour "les damnés de la terre", immigrés musulmans d'Angleterre par exemple. Lui-même se définit comme un "immigré", d'ailleurs. Et c'est eux, à l'instigation de l'Iran (où une révolution au nom des damnés de la terre a eu lieu) qui vont le menacer de mort pendant de longues années. Il comprend, dit-il, la mauvaise grâce avec laquelle le gouvernement Thatcher ("de droite") le protège, mais il est assez honnête pour voir et découvrir qu'une large partie de cette gauche internationale, politicienne ou intellectuelle qui est sa patrie idéologique, lui donne tort, donne raison à l'islam "des déshérités" et le voit comme un bourgeois oppresseur. Cela conduit cet auteur tiers-mondiste gauchiste à faire l'éloge de ... l'Amérique, patrie de la liberté, et à compatir avec elle aux attentats du 11 septembre, en de très belles pages finales du livre. Enfin, ces mémoires sont une réflexion sur la littérature et sur la liberté d'expression. Ceci devrait intéresser le lecteur français de 2016, qui aura milité pour la liberté d'expression de ceux qui ont la parole (Charlie et autres) et qui aura vu les derniers attentats musulmans en date. C'est dans sa réflexion sur la littérature que le gauchisme de Rushdie subit sa plus profonde transformation : il saisit la valeur humaine de la littérature, il parle d'elle en humaniste (l'humanisme est l'ennemi n°1 de toute la gauche néo-marxiste), en termes merveilleux qui font écho à ceux de son ami Milan Kundera, romancier victime du communisme dont les essais exaltent la liberté de l'imagination et le droit de blasphémer. Enfin, la lecture de ce livre est à conseiller à toute personne qui veut en savoir plus sur les mécanismes de peur de l'islam à l'oeuvre dans nos pays et dans nos esprits. Cette peur, Rushdie la déchiffre en particulier dans les comportements et dans le vocabulaire que les médias, vecteurs principaux de la peur, nous imposent : les mots "respect", "islamophobie" ou "colère", en particulier, avec d'autres éléments de langage, font l'objet de remarques éclairantes. Il y a encore une infinité de bonnes raisons de lire ce livre, dont la qualité littéraire et la profondeur d'écriture survivent bon an mal an à la traduction. J'ai insisté sur les aspects socio-politiques de ces Mémoires, au détriment d'autres facettes. Je suis habituellement opposé aux trop longues critiques, paraphrases et étalages, mais je crains d'avoir été trop long moi-même.
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        • ahasverus Posté le 24 Février 2015
          En 1989, des Américains-lambda portaient des badges "JE SUIS SALMAN RUSHDIE" ; en 2015, des Français-lambda portaient des tee-shirt "JE SUIS CHARLIE". Décidément l'histoire n'a aucune imagination. Entre 1989 et 2015 venait se caler le onze septembre. Il suffit actuellement de dire le onze septembre et l'on n'a plus à préciser ni le siècle, ni l'année parce que ce jour-là on a dit que ça ne serait jamais plus comme avant. On avait tort ! La fois d'après était comme la fois d'avant, elle-même déjà comme sa fois d'avant, elle-même déjà etc. Le tout avec quelques variantes pour la forme : un peu d'inventivité dans l'horreur, dans l'arme, dans la cible, dans la nationalité et dans le décompte des victimes, dans le nombre du ou des bourreaux... Mais dans le fond rien n'a changé : c'est toujours, toujours, toujours la même histoire ! Toujours la même chanson ! Toujours le même combat entre la liberté et l'intolérance ! Ce bras de fer, Salman Rushdie en a été l'acteur à l'occasion de la publication de ses Versets Sataniques en 1988. Il l'a raconté à son fils Zafar dans... En 1989, des Américains-lambda portaient des badges "JE SUIS SALMAN RUSHDIE" ; en 2015, des Français-lambda portaient des tee-shirt "JE SUIS CHARLIE". Décidément l'histoire n'a aucune imagination. Entre 1989 et 2015 venait se caler le onze septembre. Il suffit actuellement de dire le onze septembre et l'on n'a plus à préciser ni le siècle, ni l'année parce que ce jour-là on a dit que ça ne serait jamais plus comme avant. On avait tort ! La fois d'après était comme la fois d'avant, elle-même déjà comme sa fois d'avant, elle-même déjà etc. Le tout avec quelques variantes pour la forme : un peu d'inventivité dans l'horreur, dans l'arme, dans la cible, dans la nationalité et dans le décompte des victimes, dans le nombre du ou des bourreaux... Mais dans le fond rien n'a changé : c'est toujours, toujours, toujours la même histoire ! Toujours la même chanson ! Toujours le même combat entre la liberté et l'intolérance ! Ce bras de fer, Salman Rushdie en a été l'acteur à l'occasion de la publication de ses Versets Sataniques en 1988. Il l'a raconté à son fils Zafar dans son livre pour enfants, où il imaginait une princesse aux lèvres cousues et des créatures inquiétantes qui étouffaient le génie de la création, Haroun et la Mer des Histoires. Ce combat contre le culte du silence, il nous le raconte, à nous les adultes, au travers de Joseph Anton. Il en appelle à Orange Mécanique, à Alice au Pays des Merveilles, à 1984 et à sa chambre 101, ainsi qu' aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock pour illustrer son propos et frapper notre imaginaire. Joseph Anton est la biographie d'un homme caché, mais d'un homme debout. Menacé de mort après la publication des Versets Sataniques pour cause de blasphème, Rushdie a vu le monde en général et en particulier changer autour de lui. Rédigé à la troisième personne du singulier, l'autobiographie dit par le menu les années de clandestinité d'un homme imparfait mais déterminé à vivre libre et à s'exprimer. Avec talent et lenteur, Rushdie raconte le particulier et le général. Au-delà de l'autobiographie et de quelques pointes d'humour, il pose des questions et livre ses réflexions sur l'islam, sur la terreur et ses mécanismes. Si l'ennui est inévitable au fil des 900 pages du récit, on retient surtout la pertinence des observations de l'auteur, qui sont malheureusement d'une actualité brûlante. Salman Rushdie est un écrivain qui se mérite. Il écrit des pavés, mais ces pavés sont luisants. Il fait partie des grands du monde contemporain de la littérature, peut-être des futurs classiques. En attendant c'est sur le présent et sur notre position d'équilibre que ce livre apporte un éclairage saisissant qui nous invite à choisir entre liberté et obscurantisme. En réponse aux Versets Sataniques fut créé le film pakistanais International Gorillay, mémorable nanar de 1990 dans lequel Salman Rushdie et le méchant Batu-Batu cherchent à provoquer la chute du Pakistan. Rushdie, après 2 heures 45 de film et un combat épique, y est foudroyé par des Corans volants. Ce film, manqua d'être censuré en GB. C'eut été dommage : la liberté d'expression doit répondre à la liberté d'expression et cette mise à mort cinématographico-divine, Salman Rushdie l'a bien cherchée ! Je conclurai par cette pensée réconfortante de Caroline Fourest : Qu'est-ce qu'ils sont cons ces intégristes. Ils voulaient vous faire taire. Ils ont abonné le monde à Charlie Hebdo.
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        • kikibaba Posté le 14 Décembre 2014
          Biographie de Joseph Anton, pseudonyme choisi par Salman Rushdie en l'honneur de Conrad et Tchekov alors qu'il était sous la protection de la special branch à partir du 14 février 1989, jour du lancement contre lui de la fatwa par l'Iran. C'est aussi le récit de son combat pour la liberté. Liberté d'expression mais aussi liberté personnelle, puisque la protection l'a forcé à vivre en reclus avant qu'il ne gagne pas à pas sa liberté de circuler et d'assister à des événements littéraires grâce au soutien d'écrivains du monde entier. Un livre qui fait réfléchir au combat mené par cet homme pour la liberté d'écrire et de s'exprimer. On découvre l'homme derrière l'écrivain.

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        "Joseph Anton, ça n'est pas seulement Salman Rushdie qui vous raconte sa vie!"
        Depuis plus de vingt ans, il est menacé de mort par les mollahs iraniens. Salman Rushdie publie Joseph Anton, récit de ses années clandestines, et revient pour Lire sur son oeuvre littéraire.

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