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            La Grâce des rois

            Fleuve éditions
            EAN : 9782265116757
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 848
            Format : 140 x 210 mm
            La Grâce des rois

            Elodie Coello (Traducteur)
            Collection : Outre Fleuve
            Date de parution : 04/10/2018
            L'événement de cette fin d'année en Imaginaire !
            L'une des nouvelles voix les plus retentissantes du genre
            Le Royaume de Dara est divisé en sept États, mais l’un d’entre eux, Xana, a pris l’ascendant sur les autres par la force et le jeu des alliances politiques. Son roi est devenu l’Empereur et a établi le règne du Céleste Diaphane. Tous désormais doivent chanter ses louanges et oeuvrer... Le Royaume de Dara est divisé en sept États, mais l’un d’entre eux, Xana, a pris l’ascendant sur les autres par la force et le jeu des alliances politiques. Son roi est devenu l’Empereur et a établi le règne du Céleste Diaphane. Tous désormais doivent chanter ses louanges et oeuvrer à sa gloire. Cependant, chez les nobles déchus comme chez le peuple corvéable, épuisé et écrasé d’impôts, la révolte gronde. Mais comment renverser cet empire dont les forces armées s’appuient sur une technologie élaborée et quasi magique ? C’est le défi que tenteront de relever Mata Zyndu, le dernier héritier de son clan, déchu pour avoir osé s’opposer à la Conquête et qui
            a juré de rétablir l’honneur de son nom, et Kuni Garu, un voyou charmeur et beau parleur qui s’apprête à embrasser un destin bien supérieur à ses ambitions les plus secrètes. Sauront-ils surmonter les défis qui les attendent pour accomplir leur destin sous la férule des dieux ?

             
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            EAN : 9782265116757
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 848
            Format : 140 x 210 mm
            Fleuve éditions
            24.90 €
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            Ils en parlent

            « Ken Liu a écrit le Game of Thrones du roman de chevalerie chinois. Sa vision est à couper le souffle. L'histoire est épique.»
            Wes Chi, auteur de Time Salvager

            « Au sommet de mon Top 10 de l’année ! Peu importent d’avance toutes mes lectures à venir. » Elbakin

            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • Audrele Posté le 24 Janvier 2019
              Alors, que dire? C'est bien mais c'est long! Et ce n'est que le 1er tome! Plus sérieusement, Ken Liu a créé une énorme saga, truffée de personnages, ( j'ai eu du mal à suivre au début, c'est-à-dire les 200 premières pages! ), inspirée de la Chine et du Japon, "silkpunk". Une saga politique sur le pouvoir qui se fait et se défait, sur le pouvoir qui corrompt, sur les gens ordinaires qui deviennent des héros, sur des héros qui deviennent des rois, sur le peuple qui subit puis qui se révolte. On suit particulièrement Mata Zyndu dont le clan a été décimé par l'empereur Mapidéré et qui souhaite se venger ainsi que Kuni Garu, jeune talentueux un brin voleur, buveur et poète qu'un grand destin semble attendre. C'est vraiment résumé succinctement mais c'est de la belle soie , du beau travail que Ken Liu nous livre.
            • micetmac Posté le 19 Décembre 2018
              Connaissez-vous le silkpunk ? Le silkpunk est une catégorie du steampunk, steampunk qui se situe pendant le XIXème siècle où la vapeur est reine, le charbon tsar, et les automates se déplacent chaotiquement dans un panache de vapeur. Du steampunk est né la gaslamp fantasy qui recule la temporalité jusqu'à l'Angleterre victorienne, DRACULA de Bram Stocker est une exemple de gaslamp fantasy. Et bien, pour celles et ceux qui suivent encore, le silkpunk c'est de la gaslamp fantasy dans un cadre sinisant. Le charbon et le métal sont remplacés par de la soie et du bambou, matières nobles s'il en est. La science et les divinités se mêlent. Et la Chine impériale fait figure de toile de fond. Le silkpunk est pratiquement né dans le livre de Ken Liu. Fantasy Silkpunk devrais-je préciser. Car Ken Liu remplit ras la timbale son shaker. La délicatesse de la civilisation chinoise, des aérostats de combat, des guerriers poisseux de sang (2 m 30 au garrot pour le plus fameux d'entre eux !), un ancien escroc bedonnant à l'intelligence vive alliée à une conscience sourcilleuse, peu de magie mais des dieux joueurs et querelleurs puissants, loin d'être omnipotents, etc. Et le miracle s'accomplit sous... Connaissez-vous le silkpunk ? Le silkpunk est une catégorie du steampunk, steampunk qui se situe pendant le XIXème siècle où la vapeur est reine, le charbon tsar, et les automates se déplacent chaotiquement dans un panache de vapeur. Du steampunk est né la gaslamp fantasy qui recule la temporalité jusqu'à l'Angleterre victorienne, DRACULA de Bram Stocker est une exemple de gaslamp fantasy. Et bien, pour celles et ceux qui suivent encore, le silkpunk c'est de la gaslamp fantasy dans un cadre sinisant. Le charbon et le métal sont remplacés par de la soie et du bambou, matières nobles s'il en est. La science et les divinités se mêlent. Et la Chine impériale fait figure de toile de fond. Le silkpunk est pratiquement né dans le livre de Ken Liu. Fantasy Silkpunk devrais-je préciser. Car Ken Liu remplit ras la timbale son shaker. La délicatesse de la civilisation chinoise, des aérostats de combat, des guerriers poisseux de sang (2 m 30 au garrot pour le plus fameux d'entre eux !), un ancien escroc bedonnant à l'intelligence vive alliée à une conscience sourcilleuse, peu de magie mais des dieux joueurs et querelleurs puissants, loin d'être omnipotents, etc. Et le miracle s'accomplit sous nous paupières ravies. Le kouglof indigeste, le tofu, en calzone, fourré à la frangipane qui nous semblaient promis, se révèlent un récit endiablé. La sauce a pris. Ce premier tome d'une trilogie coche les cases de l'aventure épique, ne monnayant pas ses scènes de combats, ses traîtrises et ses retournements de cote de maille. Mais il est plus que cela. Il est surtout une réflexion surprenante sur le pouvoir absolu, qui corrompt inéluctablement, y compris les plus dévoués, ceux qui ont les bonnes intentions, qui se diluent immanquablement dans les contingences de la victoire finale et de l'avidité humaine. C'est ici que LA GRACE DES ROIS convainc absolument. Dans cette lente "déperdition" des protagonistes de cette geste de conquête et de fureur, traversée de machiavélisme politique, de paroles reprise sitôt donnée. Ken Liu (décidément un cador !) donne une réelle profondeur à ces héros, avec une part belle faite aux femmes, loin d'être des plantes décoratives ou apparition éthérées apparaissant de loin en loin... Qu'elles soient victimes de négociations sordides, prises de guerres que l'on s'échange comme de vulgaires sacs de café ou de redoutables manœuvrières, elles sont fortes et libres, inoubliables. Si LA GRACE DES ROIS ne surprend guère dans son déroulé, si le dénouement répond à nos attentes, le livre, une fois reposé, laisse un goût amer, que l'on cherche à évacuer en crachant sur le champs de carnage. Un goût saumâtre qui laisse présager d'autres épopées sanglantes. Vivement !
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            • Nausicaah Posté le 2 Décembre 2018
              Ken Liu nous livre ici, après avoir proposé un recueil de nouvelles SF, un cycle de fantasy silkpunk très intéressant à découvrir! Selon ses propres mots, Ken Liu considère le silkpunk comme un mélange de science-fiction et de fantasy. Mais si le steampunk s'inspire de l'esthétique de la technologie chrome-laiton-verre de l'époque victorienne, le silkpunk s'inspire de l'Antiquité est-asiatique classique. Son roman est rempli de technologies telles que des cerfs-volants, des dirigeables en soie et bambou, des bateaux sous-marins qui nagent comme des baleines, ainsi que des éléments fantastiques tels que des dieux qui se chamaillent et manipulent, des livres magiques qui nous racontent ce qu'il y a dans notre coeur, des bêtes d'eau géantes qui provoquent des tempêtes et guident les marins en toute sécurité, et des illusionnistes qui manipulent la fumée pour scruter l'esprit de leurs adversaires. Le vocabulaire de la technologie silkpunk est basé sur des matériaux organiques historiquement importants pour l'Asie de l'Est (bambou, papier, soie) et des cultures marines du Pacifique (noix de coco, plumes, corail). La grammaire technologique suit des principes biomécaniques tels que les inventions dans Les Trois Royaumes, de @Luo Guanzhong. L'esthétique générale est celle de la souplesse et de la souplesse, exprimant les... Ken Liu nous livre ici, après avoir proposé un recueil de nouvelles SF, un cycle de fantasy silkpunk très intéressant à découvrir! Selon ses propres mots, Ken Liu considère le silkpunk comme un mélange de science-fiction et de fantasy. Mais si le steampunk s'inspire de l'esthétique de la technologie chrome-laiton-verre de l'époque victorienne, le silkpunk s'inspire de l'Antiquité est-asiatique classique. Son roman est rempli de technologies telles que des cerfs-volants, des dirigeables en soie et bambou, des bateaux sous-marins qui nagent comme des baleines, ainsi que des éléments fantastiques tels que des dieux qui se chamaillent et manipulent, des livres magiques qui nous racontent ce qu'il y a dans notre coeur, des bêtes d'eau géantes qui provoquent des tempêtes et guident les marins en toute sécurité, et des illusionnistes qui manipulent la fumée pour scruter l'esprit de leurs adversaires. Le vocabulaire de la technologie silkpunk est basé sur des matériaux organiques historiquement importants pour l'Asie de l'Est (bambou, papier, soie) et des cultures marines du Pacifique (noix de coco, plumes, corail). La grammaire technologique suit des principes biomécaniques tels que les inventions dans Les Trois Royaumes, de @Luo Guanzhong. L'esthétique générale est celle de la souplesse et de la souplesse, exprimant les cultures qui peuplent les îles." (Source : https://io9.gizmodo.com/author-ken-liu-explains-silkpunk-to-us-1717812714) Pour ma part j'ai trouvé ce roman très intéressant, bien que certains aspects manquaient d'innovation. L'écriture est très bonne et j'ai dévoré ce pavé de plus de 800 pages sans même m'en rendre compte. L'univers exploré parait réel, l'ambiance plonge le lecteur au cœur des intrigues et autres manipulations politiques avec une facilité étonnante. Les espaces explorés sont vivant sous la plume de Ken Liu, il est d'ailleurs assez simple de se repérer sans utiliser la carte présente au début du livre. Si l'écriture est plaisante à lire, elle manque parfois de fond, notamment autour des personnages secondaires qui mériteraient une place plus importante. Autre point, Mata Zyndu, qui, au fil de l'histoire semble retourner à l'âge de pierre, c'est en tout cas l'impression que m'a laissé la lecture. Alors que le potentiel de ce personnage est très intéressant! Par contre, Kuni Garu lui présente un réel intérêt, avec ses failles, ses doutes, ses forces et faiblesses. En ce qui concerne le scénario, celui-ci est globalement bon, on se retrouve dans une période de guerre et de révolution, le fil rouge est simple et on le retrouve à travers les différents personnages et les différents chapitres. Autant le début et le milieu du livre présentent des recherches scénaristiques intéressantes, autant sur la fin, on sent de l’essoufflement de la part de l'auteur. Les manœuvres semblent moins inattendues et moins complexes au fil du temps, suivant de ce fait l'évolution vers le bas de Mata Zyndu, deuxième personnage principal. En tout cas, ce fut une lecture très plaisante (hormis le poids du livre, qui atteint le kilogramme), bien que l'on ressente un essoufflement vers la fin, qui ne termine malheureusement pas en apothéose, comme j'ai pu l'espérer. A voir pour la suite, où de nouveaux personnages prendront de l'importance et j'espère que, de manière générale, le second tome corrigera les défauts (bien que mineurs) du premier!
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            • Miney Posté le 27 Novembre 2018
              Comme Ken Liu est un auteur que j'adore depuis les coups de cœur de la Ménagerie de Papier et L'homme qui mit fin à l'histoire, j'imagine que j'attendais trop de ce livre, d'où ma déception. L'intrigue et l'univers sont vraiment très riches, et les annexes du roman pour s'y retrouver ne sont pas de trop. Comme je ne connais pas la période historique chinoise dont elle est inspirée, et que La grâce des rois est réputé pour être à l'origine de courant du silkpunk, je m'attendais à de l'innovation et du dépaysement, mais je suis restée sur ma faim. Le côté « punk » est discret et même s'il fait des percées au fil des inventions des personnages, c'est très secondaire. Quant à l'intrigue, cela reste des chroniques militaires assez communes en fantasy. Les événements s'enchaînaient trop rapidement sans se poser assez à mon goût pour en saisir les enjeux, les conséquences, les acteurs. Pour m'y immerger, tout simplement. Comme si le roman était en accéléré. Au bout de 400 pages, j'avais l'impression d'avoir lu autant d'événements qu'en 800 pages. Et au bout de 800 pages... J'ai survolé l'histoire sans jamais vraiment y entrer, d'attaque en attaque, de trahison en trahison sans jamais... Comme Ken Liu est un auteur que j'adore depuis les coups de cœur de la Ménagerie de Papier et L'homme qui mit fin à l'histoire, j'imagine que j'attendais trop de ce livre, d'où ma déception. L'intrigue et l'univers sont vraiment très riches, et les annexes du roman pour s'y retrouver ne sont pas de trop. Comme je ne connais pas la période historique chinoise dont elle est inspirée, et que La grâce des rois est réputé pour être à l'origine de courant du silkpunk, je m'attendais à de l'innovation et du dépaysement, mais je suis restée sur ma faim. Le côté « punk » est discret et même s'il fait des percées au fil des inventions des personnages, c'est très secondaire. Quant à l'intrigue, cela reste des chroniques militaires assez communes en fantasy. Les événements s'enchaînaient trop rapidement sans se poser assez à mon goût pour en saisir les enjeux, les conséquences, les acteurs. Pour m'y immerger, tout simplement. Comme si le roman était en accéléré. Au bout de 400 pages, j'avais l'impression d'avoir lu autant d'événements qu'en 800 pages. Et au bout de 800 pages... J'ai survolé l'histoire sans jamais vraiment y entrer, d'attaque en attaque, de trahison en trahison sans jamais que cela me touche. Il n'y qu'à partir d'environ 200 pages avant la fin que j'ai senti le rythme se poser davantage, mieux développer ce qu'il se passe. C'est seulement là que j'ai commencé à apprécier ma lecture, y trouver mes repères, ressentir des émotions pour les personnages, de la curiosité pour cette lutte des pouvoirs. Les personnages principaux, Kuni et Mata, n'ont pas été assez attachants ni présents à mon goût pour m'aider à m'ancrer dans le récit, même s'ils se révèlent finalement assez complexes au fil de ces 800 pages et quelques. J'ai quand même eu une préférence pour Kuni, l'ambitieux glandeur. J'ai eu beaucoup de mal à visualiser Mata et ses double pupilles (il faut dire que ça doit avoir de quoi perturber). Quant aux personnages secondaires, comme pour l'intrigue, je les ai souvent trouvé trop vite introduits, prenant subitement une grande importance pour disparaître parfois presque immédiatement. Certains se détachent, mais pour d'autres, j'ai passé une grande partie de ma lecture à essayer de me rappeler qui était tel personnage, dans quel camp il se situait et à quel endroit, d'autant que la plupart n'apparaissent pas dans la liste des personnages (et j'ai souvent été spoilée concernant d'autres protagonistes en essayant de les y chercher). Petite note positive pour la fin, parce que j'ai l'impression d'avoir descendu le roman tout le long de ma critique, alors que je ne l'ai pas non plus détesté : l'écriture de Ken Liu est toujours une merveille à lire. C'est un livre qui a ses qualités, mais je l'ai trouvé trop condensé pour m'y immerger et en apprécier la lecture. La suite de fait de l’œil, parce que des indices dans le récit (et dans les cartes !) laissent à penser qu'on y dépassera les frontières des îles de Dara, mais si le tome 2 suit le rythme du tome 1, je doute qu'il me plaise.
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            • boudicca Posté le 7 Novembre 2018
              Ken Liu est un auteur américain qui a acquis une belle renommée en France depuis la parution il y a trois ans de son recueil de nouvelles « La ménagerie de papier », ainsi que celle d'un très bon court roman, édité dans la collection Une Heure Lumière du Belial (« L'homme qui mit fin à l'histoire »). C'est chez Fleuve que nous revient cette fois l'auteur, avec « La grâce des rois », premier tome d'une série qui en comporte pour le moment deux en version originale, et qui a d'ores et déjà été récompensé par le Prix Locus. Considéré comme l’œuvre fondatrice du courant « silkpunk », le roman de Ken Liu a pour ambition de relater l'émergence, dans un contexte politique particulièrement troublé, d'une nouvelle dynastie fortement inspirée de la civilisation asiatique. Le récit prend place à Dara, une grande île entourée de plusieurs autres de taille plus réduites, unifiées depuis peu sous la férule d'un seul et même empereur. Plusieurs décennies après les faits, la conquête de l'ensemble des royaumes par celui de Xana (pourtant autrefois le moins considéré de tous) reste toujours mal perçue par une partie de la population, qu'il s'agisse du peuple (qui souffre de la folie des grandeurs de l'empereur),... Ken Liu est un auteur américain qui a acquis une belle renommée en France depuis la parution il y a trois ans de son recueil de nouvelles « La ménagerie de papier », ainsi que celle d'un très bon court roman, édité dans la collection Une Heure Lumière du Belial (« L'homme qui mit fin à l'histoire »). C'est chez Fleuve que nous revient cette fois l'auteur, avec « La grâce des rois », premier tome d'une série qui en comporte pour le moment deux en version originale, et qui a d'ores et déjà été récompensé par le Prix Locus. Considéré comme l’œuvre fondatrice du courant « silkpunk », le roman de Ken Liu a pour ambition de relater l'émergence, dans un contexte politique particulièrement troublé, d'une nouvelle dynastie fortement inspirée de la civilisation asiatique. Le récit prend place à Dara, une grande île entourée de plusieurs autres de taille plus réduites, unifiées depuis peu sous la férule d'un seul et même empereur. Plusieurs décennies après les faits, la conquête de l'ensemble des royaumes par celui de Xana (pourtant autrefois le moins considéré de tous) reste toujours mal perçue par une partie de la population, qu'il s'agisse du peuple (qui souffre de la folie des grandeurs de l'empereur), ou des nobles (privés de leur titre et de leurs terres après la fin de la guerre). Profitant d'un moment de faiblesse au niveau des hautes instances du pouvoir, la révolte éclate enfin, et ne tarde pas à embraser l'ensemble des anciens royaumes. Parmi la multitude de leaders qui émergent à cette occasion, deux chefs charismatiques ne tardent pas à prendre le dessus sur les autres. Le premier est un ancien bandit, bon vivant et grand charmeur, suffisamment rusé pour parvenir à s'attacher la loyauté de tous ceux qui le côtoient. Le second est issu d'une famille noble victime de la répression post-conquête, et a été entraîné pour devenir un formidable guerrier, très attaché aux notions d'honneur et de hiérarchie. L'intrigue a l'air relativement simple exposée ainsi, mais dites-vous bien que ce n'est qu'une infime portion de ce que le roman de Ken Liu a à offrir. La forme de ce premier tome peut en effet paraître assez surprenante puisqu'on a souvent l'impression d'avoir affaire non pas à un roman mais à des chroniques recensant l'histoire de tous les bouleversements politiques et militaires qu'aurait connu l'île de Dara. Batailles, retournements d'alliances, mise en place de stratagèmes militaires, trahisons... : il se passe une foule de choses en l'espace de très peu de pages, et on peine au départ à comprendre où veut nous emmener l'auteur. Le phénomène est donc assez déroutant, mais on s'y habitue bien vite tant on ne tarde pas à être pris à notre tour dans la folie des événements. Le récit est mené tambour battant du début à la fin, sans aucun temps mort, ce qui permet de venir à bout de ces plus de huit cents pages en un temps record. Il faut dire aussi que les intrigues politiques relatées dans ce premier tome sont assez passionnantes, même si certaines sont moins subtiles que d'autres et qu'on peut regretter la répétition de certains schémas narratifs (dès qu'un personnage accède au pouvoir, il se transforme aussitôt en monstre despotique). L'ensemble reste cela dit remarquablement construit et permet de traiter de manière approfondie des thématiques sociétales et politiques essentielles. Faut-il considérer le peuple comme un vaste troupeau devant être guidé par un petit groupe de personnes éduquées pour cette tâche, ou des individus capables de prendre une part active aux décisions politiques qui les concernent ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Peut-on créer une société idéale à partir d'actes moralement discutables, bien que perpétrés pour le bien du plus grand nombre ? Autant de questions qui hantent le roman de Ken Liu qui ne propose aucune réponse formelle mais ne cesse au contraire de jouer avec les croyances et les certitudes de ses personnages, et, de fait, celles du lecteur. Autre atout, et non des moindres : son univers et son inspiration asiatique, trop rarement exploitée en fantasy. On prend plaisir à découvrir les subtilités de cette nouvelle culture qui puise l'essentiel de son inspiration dans les dynasties chinoises. Difficile de ne pas faire le parallèle avec le dernier diptyque de Guy Gavriel Kay dont les tomes ont respectivement été consacrés aux Tang (« Les chevaux célestes ») et aux Song (« Le fleuve céleste »). Quand bien même le texte de Ken Liu n'a pas la même force de ceux de son homologue canadien, on retrouve dans ce premier tome un soin équivalent apporté aux détails. L'auteur prend ainsi le temps de s'attarder non seulement sur les subterfuges politiques utilisés par les personnages pour contrôler leur territoire (centralisation du pouvoir, uniformisation de la langue et de l'écriture, sape de l'influence des nobles, entretien des forces navales et aériennes...), mais aussi sur des détails du quotidien ou de l'histoire de l'île (fonctionnement de l'administration, noms, œuvres et thèses défendues par les grands intellectuels du pays, spécialités culinaires, variation des postures et leur signification...). Tous ces éléments contribuent à familiariser peu à peu le lecteur avec la culture évoquée et à mettre en lumière sa complexité. Le roman est également considéré comme fondateur de ce qu'on appelle la « silkpunk fantasy » (pour plus d'informations sur le sujet, je vous conseille de consulter le dieu Apophis et ses articles consacrés à la classification des genres et sous-genres de SFFF). Concrètement, cela se traduit par l'introduction de petites touches de technologies plus ou moins avancées et concoctées avec les moyens du bord (on est très loin du steampunk et de son esthétique). L'auteur mentionne ainsi à plusieurs reprises la présence d'aérostats ou de portiques magnétiques, et relate les innovations réalisées dans le domaine de l’ingénierie ainsi que l'utilisation de nouvelles inventions (parachute, ULM...). Le tout reste toutefois très léger et n'occupe pas de rôle véritablement important dans l'univers de l'auteur. Autre élément notable de cet univers : l'intervention des divinités du panthéon de Dara. Ken Liu nous dépeint une famille de divinités qui prennent apparemment beaucoup de plaisir à voir les mortels se déchirer. A tel point d'ailleurs que certains se désignent dans l'un ou l'autre des camps des favoris, à qui ils tentent parfois de donner des petits coups de pouce dans la mesure de leurs pouvoirs (quoique jamais directement). On pense aussitôt au panthéon grec (et notamment à la célèbre guerre de Troie) ainsi qu'aux romans de Javier Negrete, à commencer par ses « Chroniques de Tramorée » dans lesquelles on retrouve le même principe, mais avec une inspiration plus occidentale. Si les dieux occupent un rôle non négligeable dans l'intrigue, ce sont les hommes qui sont bel et bien au centre de ce premier tome. Un premier tome qui comporte d'ailleurs un nombre hallucinant de personnages, au point qu'il est dans un premier temps difficile de ne pas s’emmêler les pinceaux, et ce malgré la présence d'un dramatis personae plus que conséquent Heureusement, Ken Liu a trouvé la bonne technique pour parvenir à bien caractériser chacun d'entre eux au moyen de petites anecdotes marquantes qui nous permettent de bien saisir l'essence du personnage, et ainsi de nous le rappeler plus facilement par la suite. Cela permet aussi de rendre plus humains, et donc plus sympathiques, l'ensemble des personnages, qu'ils soient de passage ou occupent le devant de la scène. Mata et Kuni bénéficient d'un traitement encore plus soigné de la part de l'auteur qui cultive au fil du récit les différences entre les deux hommes, ce qui lui permet d'aborder des thématiques sociétales intéressantes et de confronter deux visions du monde et de la politique. On peut toutefois regretter un manque d'équilibre dans le traitement des deux camps, les personnages gravitant autour de Mata étant nettement moins attachants que ceux entourant Kuni. Enfin, on peut saluer la présence de plusieurs personnages féminins particulièrement bien campés, tour à tour habile politicienne, princesse dévouée à son peuple, sœur honorant la mémoire de son frère ou grande stratège commandant à des légions d'hommes. Les femmes sont certes bien moins nombreux que leurs homologues masculins, mais toutes ont le mérite de marquer durablement les esprits. Premier tome de « La dynastie des Dents-de-Lions », « La grâce des rois » est un roman surprenant par bien des aspects, à commencer par son mode de narration et son univers inspiré de la culture chinoise et mâtiné d'un soupçon de technologie. L'ensemble se lit avec une facilité déconcertante (en dépit d'un nombre de pages conséquent) et, quand bien même ce premier tome pourrait tout à fait se suffire à lui-même, on a hâte de connaître ce que l'auteur réserve aux personnages pour la suite.
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