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Robert Laffont
EAN : 9782221093849
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 144
Format : 135 x 215 mm

La visite de l'Archevêque

François FEJTÖ (Préface), Jean Michel KALMBACH (Traducteur)
Collection : Pavillons
Date de parution : 07/06/2001

Cruauté surréaliste et ironie burlesque caractérisent ce conte hongrois où les personnages semblent sortis d'une BD de Bilal.

Gabriel Ventuza arrive à Bogdanski Dolina avec pour mission de racheter aux fossoyeurs la dépouille mortelle de son père, Victor, passeur qui fut assassiné plusieurs années auparavant et qu'on dit avoir été enterré au cimetière arménien.Bogdanski Dolina est un bourg des montagnes ukrainiennes qui n'offre d'autres curiosités que la tombe...

Gabriel Ventuza arrive à Bogdanski Dolina avec pour mission de racheter aux fossoyeurs la dépouille mortelle de son père, Victor, passeur qui fut assassiné plusieurs années auparavant et qu'on dit avoir été enterré au cimetière arménien.Bogdanski Dolina est un bourg des montagnes ukrainiennes qui n'offre d'autres curiosités que la tombe du Voyageur inconnu, la monumentale décharge d'ordures, et Isolda, un camp de baraquements, où toutes sortes de «malades et autres personnes indésirables» sont gardés. Bogdanski Dolina est un lieu dont on pense à repartir avant même d'y être arrivé…À son arrivée, succombant à l'engourdissement provoqué par les odeurs pestilentielles du dépôt d'ordures, Gabriel Ventuza s'endort à la gare. Il n'en sortira que cinq jours plus tard grâce au narrateur du livre qui le trouve étendu nu sur une brouette. Le narrateur le conduit chez sa mère, qui lui décroche un poste d'aumônier à Isolda et lui offre de loger chez elle.Mais avec son maigre traitement, Gabriel est dans l'impossibilité d'accomplir sa mission. Une commande inespérée se présente bientôt: un riche négociant lui demande de sortir d'Isolda deux sœurs, de leur faire passer clandestinement la frontière et de les remettre entre les mains de leur cousin, Boga Schenkowitz. Mais épouvanté par l'odeur et l'aspect des sœurs qui ont séjourné au cœur de la décharge après leur évasion, Boga renonce à les reprendre.Gabriel se retrouve de nouveau sans un sou. Il ramène donc les sœurs à Isolda, où il touche la récompense promise à celui qui retrouverait les fugitives. Là, les sœurs sont enfermées dans une cage à poules et lapidées par les autres prisonniers. Prisonniers qui eux-mêmes, tous les soirs, sont bombardés de pierres par les membres du clergé.Car la ville est tenue par les religieux. Le temps s'y mesure à la succession des archevêques qui séjournent régulièrement à Bogdanski Dolina. L'existence elle-même est placé sous le signe du totalitarisme: il n'y a rien à quoi l'on puisse se référer. La nature récupère les vestiges de la culture, les chemins ne mènent nulle part, les individus disparaissent sans laisser de trace. La vie est un labyrinthe dont on ne peut s'échapper. Ainsi, Gabriel parvient à récupérer le corps de son père. Alors qu'il est prêt à partir, les notables religieux de la ville sont assassinés, un officiel débarque pour s'occuper des funérailles. Gabriel se rend alors compte qu'on ne lui a pas remis la bonne dépouille et que le nouveau venu n'est autre que son demi-frère…

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EAN : 9782221093849
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 144
Format : 135 x 215 mm

Ils en parlent

«On se laisse porter par la phrase où scintille toujours un adjectif, un détail juste, une notation habile qui témoignent de l’acuité peu commune du regard de l’auteur.» «Le Figaro littéraire», Christian Combaz «On a la conviction d’avoir affaire, avec le Hongrois Adam Bodor, à un écrivain d’une originalité incontestable, capable de restituer, par l’intensité de l’écriture, un absurde surréaliste et quotidien.» «Le Monde», Nicole Zand «Ce livre-puzzle nous révèle un écrivain sûr de son art.» «La Quinzaine littéraire», Sophie Képès «Hongrois inconnu, l’auteur de ce texte magnifique touche ici au génie, à la manière de notre Julien Gracq national.» «Biba» «“La Vallée de la Sinistra” est une métaphore de l’enfermement superbement écrite.» «La Vie» «Un roman entre l’humour et le frisson par l’un des maîtres de la prose hongroise.» «Chroniques d’ailleurs» «On pourrait évoquer “Le Désert des Tartares” de Dino Buzzati tant l’absurde, le fabuleux et la monstruosité se côtoient dans ce roman.» «La République des Pyrénées» «Humour et frissons d’horreur, fantaisie et érotisme, une écriture superbe…» «La Marseillaise du Berry»

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • jlvlivres Posté le 17 Janvier 2021
    « La Visite de l’Archevèque » (15, Cambourakis, 128 p.), c’est un peu le Godot Roumain. La scène se passe à Bogdanskyi Dolina, village reculé, près d’une décharge nauséabonde. Toujours près de ce point triple entre l’Ukraine, la Roumanie et la Hongrie. Donc, dans ce village, le matin on avait capturé les sœurs Schenkowitz, deux vieilles filles évadées du quartier d’isolement des pulmonaires, délicieusement appelé Isolda. Et dire qu’on attendait l’archevèque Zilava dans ce village (pour la Saint Médard en plus). Que dire de la ville, avec sa décharge, son impasse Sans-Nom qui mène au séminaire, sa rue des Saints-Académiciens, son église Sainte Zénobie, l’avenue du 22-février, le débit de vins du père Punga, l’auberge de Hariton Manoukian, et cerise sur le gâteau la tombe du Voyageur inconnu. Tout cela sous une autorité de fer et deux archimandrites Kostine et Tizmane. A la fin du roman, on va aboutir à la lapidation des deux sœurs, et à l'explosion de l'archevêque Boutine en mille morceaux. « À Bogdanski Dolina, le crépuscule dure des heures. ». « Les ordures dégagent de la lumière; ici, il ne fait pas complètement noir la nuit. Bien après que le soleil a sombré derrière la... « La Visite de l’Archevèque » (15, Cambourakis, 128 p.), c’est un peu le Godot Roumain. La scène se passe à Bogdanskyi Dolina, village reculé, près d’une décharge nauséabonde. Toujours près de ce point triple entre l’Ukraine, la Roumanie et la Hongrie. Donc, dans ce village, le matin on avait capturé les sœurs Schenkowitz, deux vieilles filles évadées du quartier d’isolement des pulmonaires, délicieusement appelé Isolda. Et dire qu’on attendait l’archevèque Zilava dans ce village (pour la Saint Médard en plus). Que dire de la ville, avec sa décharge, son impasse Sans-Nom qui mène au séminaire, sa rue des Saints-Académiciens, son église Sainte Zénobie, l’avenue du 22-février, le débit de vins du père Punga, l’auberge de Hariton Manoukian, et cerise sur le gâteau la tombe du Voyageur inconnu. Tout cela sous une autorité de fer et deux archimandrites Kostine et Tizmane. A la fin du roman, on va aboutir à la lapidation des deux sœurs, et à l'explosion de l'archevêque Boutine en mille morceaux. « À Bogdanski Dolina, le crépuscule dure des heures. ». « Les ordures dégagent de la lumière; ici, il ne fait pas complètement noir la nuit. Bien après que le soleil a sombré derrière la forêt de Pop Sabin, la vapeur gélatineuse couvrant les montagnes d'immondices continue d'éclairer, comme si des vers luisants brillaient à l'intérieur; elle est illuminée d'une incandescence magnétique, on dirait la lueur d'une bénédiction rayonnant confusément au-dessus de la ville, alors qu'à l'entour les prés de Bogdanski sont plongés depuis longtemps dans un noir d'encre. » Donc, le seul repère que l’on ait reste la Saint Médard (en principe le 8 juin), qui est jour férié à Bogdanski Dolina. Cette ville ( ??) est proche de Ivano Frankovsk, en Ukraine (en fait Ivano Frankivsk qui a eu pour nom, au gré des changements de frontières : Stanis#322;awów (en polonais), Stanislau (en allemand) et Stanyslaviv ou Stanislav (en ukrainien). Mais elle est tout de même à 300 kilomètres de la frontière. Mais c’est le lot habituel de ces villes qui ont changé plusieurs fois de nationalité. « Le débarcadère grouillait continuellement de Hongrois, de Juifs, de Saxons et de Polonais. »). Donc, « les fugitives avaient été ramenées dans le camp par Gabriel Ventuza, l’aumônier, au bout d’une laisse de cuir ». « Pourtant, le temps pour [eux] d’arriver, il n’y avait plus rien à voir pas plus de cage à poules que de sœurs Schenkowitz ». Voilà une histoire qui commence par une cruelle déception. Heureusement, il suffit de tourner la page. « Explication : les deux fugitives avaient été lapidées par les autres malades ». Comme quoi, un bon auteur trouve toujours une fin quasi heureuse à une belle histoire (et puis il y a encore une bonne centaine des pages à tenir le lecteur en haleine – à défaut d’une laisse de cuir). Et surtout, il y a dans le ré Mida, cette terrible décharge avec ses terribles mouettes (on les entend à des kilomètres). Décharge qui peut même détourner les orages mais que les mouettes pratiquent, quoiqu’elles évitent de survoler le quartier d’isolement. Ce qui n’empêchera tout de même pas le vicaire Periprava de mourir assassiné avec un pic à glace. Comme quoi la religiosité a ses limites. Gabriel Ventuza, « venu il y a quelques années récupérer la dépouille mortelle de son père » s’était trouvé un emploi d’aumônier du camp. « Mais cela faisait cinq jours que Gabriel Ventuza dormait ». À son réveil, nu et dévalisé, il est contraint de rester au village. Long cauchemar éveillé, avec des lynx et des licornes, le tout au milieu d’ermites témoins de Jéhovah. Heureusement, il y a les alentours. « Les fins de semaine, quand il n’y avait pas de confessions, je traversais parfois les cols des Carpates pour aller retrouver mes anciennes amours. » et ce « dans la cabine du serre-freins d’un wagon ». Et pendant ce temps « les séminaristes, qui même en dormant, des oreillers noués sous les pieds, traçaient imperturbablement leurs cercles ».
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  • ChryseiaVonSourde Posté le 21 Août 2015
    De Bodor, j'avais lu La Vallée de la Sinistra. Avec La Visite de l'archevêque, on retrouve ce ton si particulier, entre humour noir et légèreté, ce décalage entre la situation décrite et la façon dont elle est décrite. On retrouve également des personnages hauts en couleur, marqués chacun par de curieuses idiosyncrasies et un individualisme certain. Du romantisme, n'en cherchez pas : même l'amour a une saveur terre à terre et aigre chez Bodor. Mais si le rêve et les idéaux semblent en exil, le merveilleux, lui, ne l'est pas... Petit roman mais sommet de l'absurde, ce livre dénonce une société soumise au carcan du totalitarisme. Dans le cadre assez sordide d'une ville dominée par une décharge nauséabonde - image du monde peint par Bodor, en écho à sa propre expérience ? - se déroulent et s'enchaînent les péripéties narrées selon un plan complexe et un jeu de miroirs permanents. Sous le vernis de simplicité, c'est ainsi un objet littéraire et philosophique remarquable qui est offert au lecteur.
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