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Nouveauté
L'Autre Fille - Prix Nobel de Littérature 2022
Collection : Les Affranchis
Date de parution : 16/11/2022
Éditeurs :
Nil
Nouveauté

L'Autre Fille - Prix Nobel de Littérature 2022

Collection : Les Affranchis
Date de parution : 16/11/2022
La révélation de L’Autre fille va bousculer toute l’œuvre qu’Annie Ernaux a consacrée à son enfance depuis La Place.
« Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n’as pas été sauvée, moi le démon j’étais vivante.
Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée. »
EAN : 9782378911690
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 80
Format : 120 x 210 mm
EAN : 9782378911690
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 80
Format : 120 x 210 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • nath74gri 05/11/2022
    Annie Ernaux a eu le prix nobel de littérature 2022, et j'ai voulu découvrir ce que cette auteure a écrit et j'ai commencé avec l'autre fille. Agée de 71 ans, l'auteure écrit une lettre à sa soeur, qui ne la lira jamais, celle ci étant née et décédée avant sa propre naissance. Ses parents ne lui en ont jamais parlé et c'est en entendant sa mère en parler avec une voisine, alors qu'elle a 10 ans qu'elle apprend la vérité sur cette soeur. Ce livre traite des secrets de famille, des non-dits. 78 pages qui se lisent très vite !
  • oree 22/10/2022
    J'ai écouté ce livre audio lu par Annie Ernaux elle-même, et je retrouve le même intérêt que je prenais à lire ses petits ouvrages intimistes dans les années 80/90 et que j'avais délaissés depuis. Il y a une profondeur et une précision uniques dans la description fine de ce que peut ressentir une enfant à qui le choc de la révélation surprise d'un secret de famille foudroie ses 10 ans et perturbe son chemin de vie. L'auteure découvre par hasard qu'elle n'est pas fille unique, mais qu'une soeur aînée a existé avant elle et a enchanté ses parents qui ne se sont jamais remis de sa mort précoce . Elle tente alors de comprendre ce vide énorme et la place réelle qui lui reste avec le poids du secret et du silence forcé qu'on lui assigne. Elle tente alors d'écrire une lettre à cette soeur inconnue pour apprivoiser sa souffrance. La force d'Annie Ernaux réside dans sa transmission de vécus personnels à ses lecteurs qui peuvent s'identifier facilement à des expériences humaines semblables même si elle appuie beaucoup sur la classe sociale et le milieu pauvre de sa famille normande .... J'ai écouté ce livre audio lu par Annie Ernaux elle-même, et je retrouve le même intérêt que je prenais à lire ses petits ouvrages intimistes dans les années 80/90 et que j'avais délaissés depuis. Il y a une profondeur et une précision uniques dans la description fine de ce que peut ressentir une enfant à qui le choc de la révélation surprise d'un secret de famille foudroie ses 10 ans et perturbe son chemin de vie. L'auteure découvre par hasard qu'elle n'est pas fille unique, mais qu'une soeur aînée a existé avant elle et a enchanté ses parents qui ne se sont jamais remis de sa mort précoce . Elle tente alors de comprendre ce vide énorme et la place réelle qui lui reste avec le poids du secret et du silence forcé qu'on lui assigne. Elle tente alors d'écrire une lettre à cette soeur inconnue pour apprivoiser sa souffrance. La force d'Annie Ernaux réside dans sa transmission de vécus personnels à ses lecteurs qui peuvent s'identifier facilement à des expériences humaines semblables même si elle appuie beaucoup sur la classe sociale et le milieu pauvre de sa famille normande . Elle réussit un passage de l'unique à l'universel humain qui a constitué toute son oeuvre.
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  • morin 14/09/2022
    En 1950, Annie Ernaux a dix ans, elle surprend une conversation entre sa mère et une cliente : "elle raconte qu'ils ont eu une autre fille que moi et qu'elle est morte de la diphtérie à six ans, avant la guerre....elle dit "elle est morte comme une sainte"....à la fin elle dit de toi "elle était plus gentille que celle-là....celle-là c'est moi". Apprendre une nouvelle aussi brutale à dix ans c'est un cataclysme ! Ses parents n'évoqueront jamais cet enfant devant Annie. N'ont-ils pas osé ? Et si Ginette avait vécu, auraient-ils eu un deuxième enfant ? Annie Ernaux a 71 ans lorsqu'elle rédige une lettre dans laquelle elle s'adresse à sa sœur tout en écrivant dans les dernières lignes "elle ne t'est pas destinée et tu ne la liras pas". L 'autrice s'interroge, se pose des questions notamment celle concernant ses parents, ont-ils su qu'elle avait appris l'existence d'une sœur aînée ? pourquoi ne lui en ont-ils pas parlé ? réfléchit, cherche des indices, scrute les quelques petites photos retrouvées de sa sœur. Texte très personnel et très intime : "il y a la mort et il y a la vie. Toi ou moi. Pour être,... En 1950, Annie Ernaux a dix ans, elle surprend une conversation entre sa mère et une cliente : "elle raconte qu'ils ont eu une autre fille que moi et qu'elle est morte de la diphtérie à six ans, avant la guerre....elle dit "elle est morte comme une sainte"....à la fin elle dit de toi "elle était plus gentille que celle-là....celle-là c'est moi". Apprendre une nouvelle aussi brutale à dix ans c'est un cataclysme ! Ses parents n'évoqueront jamais cet enfant devant Annie. N'ont-ils pas osé ? Et si Ginette avait vécu, auraient-ils eu un deuxième enfant ? Annie Ernaux a 71 ans lorsqu'elle rédige une lettre dans laquelle elle s'adresse à sa sœur tout en écrivant dans les dernières lignes "elle ne t'est pas destinée et tu ne la liras pas". L 'autrice s'interroge, se pose des questions notamment celle concernant ses parents, ont-ils su qu'elle avait appris l'existence d'une sœur aînée ? pourquoi ne lui en ont-ils pas parlé ? réfléchit, cherche des indices, scrute les quelques petites photos retrouvées de sa sœur. Texte très personnel et très intime : "il y a la mort et il y a la vie. Toi ou moi. Pour être, il a fallu que je te nie".
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  • manguy 27/06/2022
    Lettre adressée à quelqu'un qui ne la lira jamais, une morte : sa soeur, Annie Ernaux nous confie tout de même l'espoir qu'elle puisse lui parvenir, au détour d'une conversation pareille à celle qu'elle surpris un dimanche d'été 1950, lui apprenant qu'elle avait eu une grande soeur. Morte avant sa naissance, elle nous livre les tourments que lui infligent le fantôme de la jeune Ginette, morte vers six ans, une dizaine d'année avant la naissance d'Annie. Elle ne nommera sa soeur qu'une seule fois dans la lettre, illustrant le rapport compliqué à cette jeune fillette qui portait le même sang qu'elle et qui pourtant lui paraît bien étrangère. "Est-ce que je t'écris pour te ressusciter et te tuer à nouveau ?" Au fil de la lecture, l'auteur laisse en suspens quelques questions entre crochet, qui ne recevront jamais de réponses puisqu'elles sont adressées à sa défunte soeur. Cependant, elle invite aussi le lecteur à y réfléchir, peut-être trouverons-nous chacun une réponse au fond de nous. Les adresses directes à sa soeur, l'utilisation perpétuelle de "toi" et "tu", nous plongent dans l'intimité d'Annie Ernaux, et nous donne l'étrange sensation de plonger dans des profondeurs qui devraient nous être interdites, comme si par hasard on ouvrait le... Lettre adressée à quelqu'un qui ne la lira jamais, une morte : sa soeur, Annie Ernaux nous confie tout de même l'espoir qu'elle puisse lui parvenir, au détour d'une conversation pareille à celle qu'elle surpris un dimanche d'été 1950, lui apprenant qu'elle avait eu une grande soeur. Morte avant sa naissance, elle nous livre les tourments que lui infligent le fantôme de la jeune Ginette, morte vers six ans, une dizaine d'année avant la naissance d'Annie. Elle ne nommera sa soeur qu'une seule fois dans la lettre, illustrant le rapport compliqué à cette jeune fillette qui portait le même sang qu'elle et qui pourtant lui paraît bien étrangère. "Est-ce que je t'écris pour te ressusciter et te tuer à nouveau ?" Au fil de la lecture, l'auteur laisse en suspens quelques questions entre crochet, qui ne recevront jamais de réponses puisqu'elles sont adressées à sa défunte soeur. Cependant, elle invite aussi le lecteur à y réfléchir, peut-être trouverons-nous chacun une réponse au fond de nous. Les adresses directes à sa soeur, l'utilisation perpétuelle de "toi" et "tu", nous plongent dans l'intimité d'Annie Ernaux, et nous donne l'étrange sensation de plonger dans des profondeurs qui devraient nous être interdites, comme si par hasard on ouvrait le courrier de quelqu'un d'autre. Elle n'accuse personne, ni ses parents qui ont du beaucoup souffrir de la perte d'un enfant, ni sa famille. Elle se demande juste comment vivre avec ce poids qui n'est pas le sien et qui pèse pourtant sur ses épaules à chaque étapes de sa vie. Se sentant coupable de grandir, de vivre à la place de quelqu'un, elle trouve tout de même son chemin grâce au langage, dans l'écriture. Elle revient sur plusieurs de ses autres livres tels que "La Place" et revient sur son questionnement : comment trouver sa place alors que quelqu'un d'autre devrait l'occuper ? Comment mettre les mots sur cette absence présente ou sur cette présente absente ? "Tu es hors du langage des sentiments et des émotions. Tu es l'anti-langage." Elle revient également sur ce tabou entourant le secret familial, des parents qui n'ont jamais su lui dire qu'elle avait eu une soeur, les miettes qu'elle avait eu, peut-être quelques regret de ne pas avoir chercher à en savoir plus sur cette disparue, mais aussi l'incertitude de vouloir en savoir plus. Cette quête d'identité, facilité par l'utilisation de la première personne du singulier, l'adresse à cette soeur mythifiée dans la mort et l'ignorance, rendent cette lettre bouleversante et nous invite à réfléchir notre rapport aux autres. Les auteurs ont plutôt l'habitude d'aborder la question de l'enfant perdu du point de vue des parents, l'intérêt de ce livre est d'aborder tout en douceur (car c'est une lettre qui ne porte pas d'étiquette à proprement parler, qui est libre dans l'écriture) la question de la culpabilité de vivre à la place d'une autre, d'être une éternelle remplaçante à qui la vie n'appartient pas vraiment. Ainsi, au travers d'une association libre de récit de son enfance, Annie mêle vivante et morte, cherchant désespérément un moyen d'échapper et d'accepter ce fantôme. Un moyen qu'elle trouvera peut-être dans l'écriture.
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  • Plumipille 12/05/2022
    Dans la collection "Les Affranchis", les éditions du Nil demandent à ses auteurs : "Ecrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite". C'est dans ce cadre qu'Annie Ernaux écrit à sa petite soeur, morte de la diphtérie à l'âge de 6 ans, soeur qu'elle n'a jamais connue puisqu'elle est morte avant sa naissance, et surtout soeur dont elle a connue l'existence que fortuitement, au détour d'une conversation qui ne lui était pas destinée. Cette soeur dont l'existence n'a jamais été évoquée par ses parents, tout au moins devant elle, et même à l'âge adulte, Annie Ernaux la fait revivre par cette lettre, peut-être pour mieux la faire disparaître de nouveau, comme elle l'explique. Le récit est très émouvant, laissant apparaître les failles d'Annie Ernaux, dont elle évoque les réminiscences dans ses autres livres. Cela donne envie de les lire. Ce que je vais faire dans la foulée.
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