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            L'Autre Fille

            Nil
            EAN : 9782841115396
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 80
            Format : 95 x 180 mm
            L'Autre Fille

            Collection : Les Affranchis
            Date de parution : 03/03/2011

            La révélation de L’Autre fille va bousculer toute l’œuvre qu’Annie Ernaux a consacrée à son enfance depuis La Place.

            « Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n’as pas été sauvée, moi le démon j’étais vivante. Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée. »

            EAN : 9782841115396
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 80
            Format : 95 x 180 mm
            Nil
            7.50 €
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            Ils en parlent

            " [...] C'était sans doute une bonne idée de publier celui-ci directement dans un format presque poche : c'est comme si l'on décidait de nous faire un prix, tellement on serait ami de son écriture."
            Eric Loret, Libération

            PRESSE

            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • eprisedeparoles Posté le 31 Octobre 2018
              Cette commande éditoriale prend des airs de confession à la rancoeur corrosive mais suffisamment distancée pour souligner avec subtilité le poids d’une absence intrusive, camouflée par le théâtre familial. L’auteure s’adresse à ce dolent invisible et manifeste, à travers une plume sèche, ses sensations d’instrumentalisation et de substitut chromosomique. C’est une missive capiteuse et déstabilisante !
            • paulotlet Posté le 10 Décembre 2017
              Dans ce court récit qui prend la forme d'une lettre, Annie Ernaux évoque l'histoire de sa soeur Ginette, morte avant sa naissance et dont ses parents lui ont caché l'existence. Elle s'interroge sur sa place à elle, née pour remplacer cet enfant disparu et entrevoit soudain l'improbabilité de sa propre existence. Elle qui très tôt a adopté une posture non conformiste, qui s'est éloignée des valeurs de son milieu, qui a rejeté la culture familiale, qui a grandi dans la honte de ses parent, elle la mauvaise fille, pourquoi a-t-elle vécu? La tentation d'y voir le signe d'une mission à accomplir effleure l'écrivaine. Et pourtant, tout cela n'a que le sens qu'elle y donne. Ce texte est très touchant. On y retrouve toutes les obsessions d'Annie Ernaux, reformulées une fois de plus pour avancer vers l'élucidation incertaine où elle nous conduit depuis 40 ans.
            • cardabelle Posté le 25 Novembre 2016
              Une lettre à sa soeur décédée avant sa naissance. Le thème de ce court récit est donc le deuil mais aussi l'évocation de la difficulté d'être "l'enfant de remplacement " ,celle sur qui reposent tous les espoirs de ses parents. C'est aussi l'occasion d'évoquer la toxicité des rapports familiaux ,enlisés dans des non-dits, faussés par des jugements altérés par la souffrance : "...elle était plus gentille que celle-là. " "Celle-là ,c'est moi . " Les écrits d'Annie Ernaux ont-ils une visée thérapeutique ? sans doute. Et ,on peut parfois lui reprocher un certain nombrilisme . Mais, au travers de toutes les émotions qu'elle jette en pâture au lecteur, on perçoit rapidement la profondeur d'investigations des sujets abordés. En effet, le milieu social et surtout familial, théâtre de son oeuvre, se révèle être un excellent observatoire des rapports humains propres à une époque, les années 50 pour cet ouvrage. Au travers des fresques choisies, le lecteur peut revivre ou découvrir toute une époque, toute une éducation aussi. Un simple témoignage parfois qui, par ces regards sur le passé suscite bien des interrogations sur l'avenir. Annie Ernaux, outre le fait d'être l'une des plus belles plumes contemporaines, apparaît souvent comme étant une suffragette, une éternelle rebelle,... Une lettre à sa soeur décédée avant sa naissance. Le thème de ce court récit est donc le deuil mais aussi l'évocation de la difficulté d'être "l'enfant de remplacement " ,celle sur qui reposent tous les espoirs de ses parents. C'est aussi l'occasion d'évoquer la toxicité des rapports familiaux ,enlisés dans des non-dits, faussés par des jugements altérés par la souffrance : "...elle était plus gentille que celle-là. " "Celle-là ,c'est moi . " Les écrits d'Annie Ernaux ont-ils une visée thérapeutique ? sans doute. Et ,on peut parfois lui reprocher un certain nombrilisme . Mais, au travers de toutes les émotions qu'elle jette en pâture au lecteur, on perçoit rapidement la profondeur d'investigations des sujets abordés. En effet, le milieu social et surtout familial, théâtre de son oeuvre, se révèle être un excellent observatoire des rapports humains propres à une époque, les années 50 pour cet ouvrage. Au travers des fresques choisies, le lecteur peut revivre ou découvrir toute une époque, toute une éducation aussi. Un simple témoignage parfois qui, par ces regards sur le passé suscite bien des interrogations sur l'avenir. Annie Ernaux, outre le fait d'être l'une des plus belles plumes contemporaines, apparaît souvent comme étant une suffragette, une éternelle rebelle, une de ces femmes qui n'aura jamais cessé de lutter,à sa manière, en partageant ses expériences, pour plus de justice et de liberté.
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            • Herve-Lionel Posté le 14 Août 2016
              La Feuille Volante n°1064– Août 2016 L'AUTRE FILLE – Annie ERNAUX - NIL - Les Affranchis. Si on en juge par le texte préliminaire, cette courte œuvre a été écrite à la demande de l'éditeur sur le thème« Écrivez une lettre que vous n'avez jamais écrite ». L'auteure a choisi une sorte de monologue adressée longtemps après à sa sœur Ginette, morte avant guerre de la diphtérie et qu'elle n'a pas connue. Il ne s'agit donc pas là d'un roman, ce serait une sorte d'exercice de style, un travail de commande ou quelque chose d'approchant. Pourquoi pas après tout, un écrivain écrit par définition et on peut lui demander d'exercer son art. Avec l'amour et la vie, la mort a beaucoup inspiré les auteurs, mais quand même, le décès d'un proche a une dimension différente et l'écriture, si elle ne vient pas spontanément, n'a pas forcement cette action apaisante. Cela deviendrait donc un banal témoignage, une occasion de se retourner sur le passé familial. Parler d'un mort est une chose difficile, surtout quand on ne l'a pas connu qu'on n'a pas parlé ni vécu avec lui parce que le destin ne l'a pas permis. Ginette est sa sœur, mais pour l'état-civil seulement,... La Feuille Volante n°1064– Août 2016 L'AUTRE FILLE – Annie ERNAUX - NIL - Les Affranchis. Si on en juge par le texte préliminaire, cette courte œuvre a été écrite à la demande de l'éditeur sur le thème« Écrivez une lettre que vous n'avez jamais écrite ». L'auteure a choisi une sorte de monologue adressée longtemps après à sa sœur Ginette, morte avant guerre de la diphtérie et qu'elle n'a pas connue. Il ne s'agit donc pas là d'un roman, ce serait une sorte d'exercice de style, un travail de commande ou quelque chose d'approchant. Pourquoi pas après tout, un écrivain écrit par définition et on peut lui demander d'exercer son art. Avec l'amour et la vie, la mort a beaucoup inspiré les auteurs, mais quand même, le décès d'un proche a une dimension différente et l'écriture, si elle ne vient pas spontanément, n'a pas forcement cette action apaisante. Cela deviendrait donc un banal témoignage, une occasion de se retourner sur le passé familial. Parler d'un mort est une chose difficile, surtout quand on ne l'a pas connu qu'on n'a pas parlé ni vécu avec lui parce que le destin ne l'a pas permis. Ginette est sa sœur, mais pour l'état-civil seulement, un nom sur le livret de famille mais aucun souvenir entre elles, aucune complicité, rien que des photos, traces muettes d'un petit visage sur papier glacé, fantôme de cette « autre fille », morte à six ans alors qu'Annie n'était pas encore née. La mort est un sujet tabou, et dans cette famille pleine de préjugés et de bondieuseries, c'est le silence et le déni qui prévalent puisqu'on ne fleurit jamais sa tombe. On ne parlait jamais de Ginette et ce mutisme n'a été rompu pour Annie qu'au hasard d'une conversation entre sa mère et une cliente du magasin [s'est souvent par les femmes que passe ce genre de révélation] et qui ne lui était pas destinée. Comme le trépas sanctifie tout, parce qu'on ne dit jamais de mal d'un mort, on la pare de toutes sortes de qualités qu'elle n'avait peut-être pas. C'est tout juste si on ne regrette pas ouvertement le choix du destin tout en essuyant ses larmes. Voilà donc Annie devenue enfant unique, porteuse de l'espoir de ses parents, presque enfant de remplacement parce qu'une vie peut en remplacer une autre et qu'il ne faut pas rester sur sa douleur. On atténue l'injustice de la perte d'un enfant par la certitude, au moins proclamée quand on est croyant, que la petite défunte est devenue un ange, une véritable sainte, et voit maintenant la Vierge et Jésus, consolation bien moindre au regard du chagrin qui durera tant que durera la vie et dont les vivants ne se relèveront jamais. Pourtant l'auteure, dans sa tête, n'a jamais été cette enfant unique, il y avait toujours, comme à contre-champ, une présence sortie du néant et dont elle était l'héritière, un peu comme si tout l'amour qu'on donnait à l'enfant vivant n'était finalement destiné qu'à l'absente. Il y a même une une sorte de dédoublement quand la maladie rapproche Annie de la mort. Elle a seulement eu plus de chance que sa sœur entre sérum anti-tétanique et eau de Lourdes mais c'est une autre injustice que la mort de cette petite sainte et la vie de ce démon d'Annie. De cela naît une culpabilité amplifiée par le silence et la volonté de vivre de cette survivante. Parce que le livre est bien souvent un univers douloureux, ce qui n'était au départ d'une invitation intellectuelle devient une quête intime, une interrogation face à cette mémoire parcellaire, une volonté de faire revivre cette silhouette, l'écriture servant de prétexte à ce cheminement intérieur. J'en reviens au texte préliminaire. Écrire sur un sujet éminemment personnel n'est pas sans risque et on n'en ressort jamais indemne. C'est le résultat d'un long travail de maturation. Au début, j'ai eu l'impression qu'entre Annie et sa sœur il n'y avait que le silence puis, petit à petit elle prend conscience que sa vie s'est nourrie de la mort de sa sœur et du vide qu'elle a laissé, qu'elle n'a vécu que par une sorte de procuration, qu'elle a une manière de dette envers Ginette, devenue ainsi une sorte d'ange protecteur. Ce qu'elle veut c'est la ressusciter par l’écriture parce que, sans peut-être le savoir, elle porte en elle ce vide d'une vie interrompue. Elle est bien consciente cependant que ce « tu » employé lors de cette sorte d’interpellation est de circonstance, que cette intimité entre elles est artificielle, imaginaire, que cette lettre est un leurre un peu comme jadis on nous demandait d'offrir à Dieu nos souffrance pour les autres. Ici elle offre ses renoncements pour faire revivre Ginette mais, ce faisant, elle a bien conscience de courir après une ombre, de la faire en quelque sorte « remourir ». Cette quête est finalement vaine et débouche sur la négation, sur une sorte d'échec « Pour être, il fallait que je te nie », « Je n'écris pas parce que tu es morte, tu es morte pour que j'écrive, ça fait une grande différence ». Reprenant le cours de son récit et évoquant la mort de ses parents , c'est donc la vie qui prévaut et elle devient pour eux « l'autre fille », celle qui s'est enfui loin d'eux et qui ne reposera pas à leur côté pour l'éternité. Le texte préliminaire invitait des auteurs à « s'affranchir d'une vieille histoire », à y mettre un point final. Pour cela l'écriture possède ce pouvoir d'apaiser celui qui la pratique et cette manière d’interpeller quelqu'un, même fictivement dans une lettre qui ne sera jamais envoyée et jamais lue par son destinataire est un paradoxe. L’auteure a accepté ce principe, un peu comme un défi, sans peut-être en connaître le véritable motif et destine finalement ce texte fort bien écrit et émouvant au lecteur par définition inconnu. En a-t-elle conçu pour autant un apaisement ? © Hervé GAUTIER – Août 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com
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            • BoumPoteau Posté le 13 Avril 2016
              Impossible de rester insensible à ce récit de la sœur morte à l'âge de 6 ans, avant la naissance de l'auteure. Moi-même qui ai deux filles, l'idée d'en perdre une m'est insupportable.
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