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EAN : 9782841115396
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 80
Format : 95 x 180 mm
L'Autre Fille
Collection : Les Affranchis
Date de parution : 03/03/2011
Éditeurs :
Nil

L'Autre Fille

Collection : Les Affranchis
Date de parution : 03/03/2011

« Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n’as pas été sauvée, moi le démon j’étais vivante. Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée. »

EAN : 9782841115396
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 80
Format : 95 x 180 mm

Ils en parlent

" [...] C'était sans doute une bonne idée de publier celui-ci directement dans un format presque poche : c'est comme si l'on décidait de nous faire un prix, tellement on serait ami de son écriture."
Eric Loret, Libération

PRESSE

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • manguy 27/06/2022
    Lettre adressée à quelqu'un qui ne la lira jamais, une morte : sa soeur, Annie Ernaux nous confie tout de même l'espoir qu'elle puisse lui parvenir, au détour d'une conversation pareille à celle qu'elle surpris un dimanche d'été 1950, lui apprenant qu'elle avait eu une grande soeur. Morte avant sa naissance, elle nous livre les tourments que lui infligent le fantôme de la jeune Ginette, morte vers six ans, une dizaine d'année avant la naissance d'Annie. Elle ne nommera sa soeur qu'une seule fois dans la lettre, illustrant le rapport compliqué à cette jeune fillette qui portait le même sang qu'elle et qui pourtant lui paraît bien étrangère. "Est-ce que je t'écris pour te ressusciter et te tuer à nouveau ?" Au fil de la lecture, l'auteur laisse en suspens quelques questions entre crochet, qui ne recevront jamais de réponses puisqu'elles sont adressées à sa défunte soeur. Cependant, elle invite aussi le lecteur à y réfléchir, peut-être trouverons-nous chacun une réponse au fond de nous. Les adresses directes à sa soeur, l'utilisation perpétuelle de "toi" et "tu", nous plongent dans l'intimité d'Annie Ernaux, et nous donne l'étrange sensation de plonger dans des profondeurs qui devraient nous être interdites, comme si par hasard on ouvrait le... Lettre adressée à quelqu'un qui ne la lira jamais, une morte : sa soeur, Annie Ernaux nous confie tout de même l'espoir qu'elle puisse lui parvenir, au détour d'une conversation pareille à celle qu'elle surpris un dimanche d'été 1950, lui apprenant qu'elle avait eu une grande soeur. Morte avant sa naissance, elle nous livre les tourments que lui infligent le fantôme de la jeune Ginette, morte vers six ans, une dizaine d'année avant la naissance d'Annie. Elle ne nommera sa soeur qu'une seule fois dans la lettre, illustrant le rapport compliqué à cette jeune fillette qui portait le même sang qu'elle et qui pourtant lui paraît bien étrangère. "Est-ce que je t'écris pour te ressusciter et te tuer à nouveau ?" Au fil de la lecture, l'auteur laisse en suspens quelques questions entre crochet, qui ne recevront jamais de réponses puisqu'elles sont adressées à sa défunte soeur. Cependant, elle invite aussi le lecteur à y réfléchir, peut-être trouverons-nous chacun une réponse au fond de nous. Les adresses directes à sa soeur, l'utilisation perpétuelle de "toi" et "tu", nous plongent dans l'intimité d'Annie Ernaux, et nous donne l'étrange sensation de plonger dans des profondeurs qui devraient nous être interdites, comme si par hasard on ouvrait le courrier de quelqu'un d'autre. Elle n'accuse personne, ni ses parents qui ont du beaucoup souffrir de la perte d'un enfant, ni sa famille. Elle se demande juste comment vivre avec ce poids qui n'est pas le sien et qui pèse pourtant sur ses épaules à chaque étapes de sa vie. Se sentant coupable de grandir, de vivre à la place de quelqu'un, elle trouve tout de même son chemin grâce au langage, dans l'écriture. Elle revient sur plusieurs de ses autres livres tels que "La Place" et revient sur son questionnement : comment trouver sa place alors que quelqu'un d'autre devrait l'occuper ? Comment mettre les mots sur cette absence présente ou sur cette présente absente ? "Tu es hors du langage des sentiments et des émotions. Tu es l'anti-langage." Elle revient également sur ce tabou entourant le secret familial, des parents qui n'ont jamais su lui dire qu'elle avait eu une soeur, les miettes qu'elle avait eu, peut-être quelques regret de ne pas avoir chercher à en savoir plus sur cette disparue, mais aussi l'incertitude de vouloir en savoir plus. Cette quête d'identité, facilité par l'utilisation de la première personne du singulier, l'adresse à cette soeur mythifiée dans la mort et l'ignorance, rendent cette lettre bouleversante et nous invite à réfléchir notre rapport aux autres. Les auteurs ont plutôt l'habitude d'aborder la question de l'enfant perdu du point de vue des parents, l'intérêt de ce livre est d'aborder tout en douceur (car c'est une lettre qui ne porte pas d'étiquette à proprement parler, qui est libre dans l'écriture) la question de la culpabilité de vivre à la place d'une autre, d'être une éternelle remplaçante à qui la vie n'appartient pas vraiment. Ainsi, au travers d'une association libre de récit de son enfance, Annie mêle vivante et morte, cherchant désespérément un moyen d'échapper et d'accepter ce fantôme. Un moyen qu'elle trouvera peut-être dans l'écriture.
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  • Plumipille 12/05/2022
    Dans la collection "Les Affranchis", les éditions du Nil demandent à ses auteurs : "Ecrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite". C'est dans ce cadre qu'Annie Ernaux écrit à sa petite soeur, morte de la diphtérie à l'âge de 6 ans, soeur qu'elle n'a jamais connue puisqu'elle est morte avant sa naissance, et surtout soeur dont elle a connue l'existence que fortuitement, au détour d'une conversation qui ne lui était pas destinée. Cette soeur dont l'existence n'a jamais été évoquée par ses parents, tout au moins devant elle, et même à l'âge adulte, Annie Ernaux la fait revivre par cette lettre, peut-être pour mieux la faire disparaître de nouveau, comme elle l'explique. Le récit est très émouvant, laissant apparaître les failles d'Annie Ernaux, dont elle évoque les réminiscences dans ses autres livres. Cela donne envie de les lire. Ce que je vais faire dans la foulée.
  • Ortie27 14/01/2022
    Ce livre est un récit épistolaire, daté d'Avril 2010. Pour l'autre fille. Lettre qui ne lui est pas destinée, mais destinée à nous les lecteurs invisibles. L'autre fille, c'est la grande sœur d'Annie Ernaux, qui est morte à 6 ans, morte de la diphtérie, en 1938.  Elle n'a connu sa sœur qu'à travers un secret, et la douleur de ses parents.  Une grande sœur, dont ses parents ne lui ont jamais appris l'existence.  Un trio décomposé, et reformé avec Annie. Au grenier, dans le coffre rouillé le livret de famille. Scellée, cachée, mutique : la douleur atroce des parents.  "Je ne vivais pas dans leur douleur, je vivais dans ton absence. "  Pour Annie, sa sœur est l'absence incarnée, et tous les fantasmes possibles.  " Tu n'as d'existence qu'au travers de ton empreinte sur la mienne. T'écrire, ce n'est rien d'autre que faire le tour de ton absence. Décrire l'héritage d'absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d'écriture. " Je découvre Annie Ernaux en ce moment, j'ai encore 3 livres en ma possession, empruntés ou achetés récemment. Une confidentialité s'est imposée naturellement avec cette lettre. Le ton est donné : le goût du secret associé à  la pudeur et à l'analyse. L'écriture est fluide, la phrase posée et détaillée.  Extraits... Ce livre est un récit épistolaire, daté d'Avril 2010. Pour l'autre fille. Lettre qui ne lui est pas destinée, mais destinée à nous les lecteurs invisibles. L'autre fille, c'est la grande sœur d'Annie Ernaux, qui est morte à 6 ans, morte de la diphtérie, en 1938.  Elle n'a connu sa sœur qu'à travers un secret, et la douleur de ses parents.  Une grande sœur, dont ses parents ne lui ont jamais appris l'existence.  Un trio décomposé, et reformé avec Annie. Au grenier, dans le coffre rouillé le livret de famille. Scellée, cachée, mutique : la douleur atroce des parents.  "Je ne vivais pas dans leur douleur, je vivais dans ton absence. "  Pour Annie, sa sœur est l'absence incarnée, et tous les fantasmes possibles.  " Tu n'as d'existence qu'au travers de ton empreinte sur la mienne. T'écrire, ce n'est rien d'autre que faire le tour de ton absence. Décrire l'héritage d'absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d'écriture. " Je découvre Annie Ernaux en ce moment, j'ai encore 3 livres en ma possession, empruntés ou achetés récemment. Une confidentialité s'est imposée naturellement avec cette lettre. Le ton est donné : le goût du secret associé à  la pudeur et à l'analyse. L'écriture est fluide, la phrase posée et détaillée.  Extraits : "Est-ce que tu étais heureuse ? Je ne me suis jamais posé pour toi la question du bonheur, comme si elle était absurde, outrageante, à l'égard d'une petite fille disparue. Comme si leur souffrance à eux de ta perte, leur regret de ta gentillesse, ces preuves de leur amour constituaient la preuve de ton bonheur. En vertu de la croyance que c'est d'être aimé qui rend heureux, tu l'étais infailliblement. Les saintes sont heureuses. Peut-être que tu ne l'étais pas. " "Je ne leur reproche rien. Les parents d'un enfant mort ne savent pas ce que leur douleur fait à celui qui est vivant. " Thèmes abordés : décès, enfance, maladie, secret de famille, écriture. 
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  • ChristelleFouix 21/11/2021
    Annie Ernaux écrit pour atteindre la vérité, comme elle le dit elle-même. Cette recherche apporte toujours pour le lecteur une incursion dans l'intime, dans ces sujets secrets telle ce tabou familial, la mort de cette soeur qu'elle n'a pas connu. Comment dire ce deuil impossible, cette fraternité avortée, ces sentiments ambivalents ? Annie Ernaux réussi pourtant à les exprimer, avec justesse, poésie et humilité.
  • itculture 28/10/2021
    Yvetot, un dimanche d'août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors. Sa mère sort de l'épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d'elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d'une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d'Annie. Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est morte à l'âge de six ans de la diphtérie. Plus jamais Annie n'entendra un mot de la bouche de ses parents sur cette sœur inconnue. Elle ne leur posera jamais non plus une seule question. Elle relate avec acuité le poids des secrets, des non-dits sur l'avenir des individus, sur l'influence de la construction de son existence à elle. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère : « elle était "gentille »" une tombe, des objets, un livret de famille. Ainsi se construit pour celle à qui l'on ne dit rien la fiction de cette aînée . Ah, les conséquences du silence !
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