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La Découverte
EAN : 9782348058912
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 125 x 190 mm

L'autre-mental

Figures de l'anthropologue en écrivain de science-fiction

Date de parution : 04/06/2020
Les anthropologues et les écrivains de science-fiction ne poursuivent-ils pas au fond une même quête, celle de l’altérité radicale ? Certes, tandis que les seconds recourent à la fiction pour figurer le monde vertigineux des aliens peuplant leur esprit, les premiers se recommandent de la science pour décrire des sociétés... Les anthropologues et les écrivains de science-fiction ne poursuivent-ils pas au fond une même quête, celle de l’altérité radicale ? Certes, tandis que les seconds recourent à la fiction pour figurer le monde vertigineux des aliens peuplant leur esprit, les premiers se recommandent de la science pour décrire des sociétés autres qui, aussi étranges et stupéfiantes que nous soient donné à voir leurs mœurs et leurs mentalités, n’en sont pas moins réelles. Cette frontière des genres, il arrive pourtant que certains anthropologues la franchissent : escamotant les modes de pensée des cultures qu’ils se proposent d’étudier, ils y projettent alors leur propre imaginaire métaphysique.
1900-1925 : Lucien Lévy-Bruhl invente une pensée prélogique qu’il attribue aux sociétés dites primitives. 1925-1950 :  Benjamin Lee Whorf invente une pensée de l’événement qu’il considère comme immanente à la langue des Hopi. 1950-1975 : Carlos Castaneda invente une pensée psychédélique qu’il prête à un Yaqui imaginaire. 1975-2000 :  Eduardo Viveiros de Castro invente une pensée multinaturaliste qu’il prétend dérivée des traditions amérindiennes.
En exposant le brouillage des niveaux de réalité dans lequel excelle un écrivain comme Philip K. Dick pour faire résonner son œuvre avec les fabulations théoriques de cette école de pensée informelle, Pierre Déléage entreprend une archéologie de la subjectivité spéculative et s’essaie à nouer autrement les relations, toujours conflictuelles mais toujours productives, entre science et fiction.
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EAN : 9782348058912
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 125 x 190 mm

Ils en parlent

Que les auteurs de science-fiction se servent des découvertes scientifiques comme rampe de lancement pour propulser vers les étoiles leur imagination assoiffée d’altérité radicale, cela va de soi. Mais que dire d ’un anthropologue qui hisserait ses théories sur les épaules du faux ? La tromperie prendrait des airs de scandale. Seulement voilà: « Plus personne aujourd’hui ne croit en l’idéal - devenu suspect - de la description objective », comme le relève Pierre Déléage dans son bref et passionnant essai s’intéressant à quatre anthropologues brouillant les frontières entre science et fiction.
Pierre-Edouard Peillon / Le Nouveau Magazine Littéraire

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Charybde2 Posté le 26 Juin 2021
    Le somptueux entrechoc du détour science-fictif de Philip K. Dick avec le détour fictionnel de quatre anthropologues dévoyés. Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/06/26/note-de-lecture-lautre-mental-pierre-deleage/ En 2017 déjà, l’anthropologue Pierre Déléage, spécialiste au CNRS des langages chamaniques d’Amazonie et des fonctions secrètes ou heuristiques de l’écriture, nous avait intrigués puis abasourdis en se penchant sur une figure historique déjà « trop belle pour être vraie », celle du prêtre Émile Petitot, figure improbable et pourtant décisive à plus d’un titre du grand Nord canadien (« La folie Arctique »). Avec ce « L’autre-mental », joliment sous-titré « Figures de l’anthropologue en écrivain de science-fiction », publié à La Découverte en juin 2020, il nous offre une plongée plus profonde encore dans les coeurs respectifs de deux détours parmi les plus puissants qui soient, le détour anthropologique (explicité jadis notamment par Georges Balandier dans son ouvrage au titre particulièrement clair, « Le détour », en 1985 – et rappelé régulièrement par exemple par Philippe Descola, comme dans son « Une écologie des relations » de 2019) et le détour science-fictif (dont, par des angles différents, nous entretiennent si brillamment le Fredric Jameson de « Penser avec la science-fiction » et l’Ariel Kyrou de... Le somptueux entrechoc du détour science-fictif de Philip K. Dick avec le détour fictionnel de quatre anthropologues dévoyés. Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/06/26/note-de-lecture-lautre-mental-pierre-deleage/ En 2017 déjà, l’anthropologue Pierre Déléage, spécialiste au CNRS des langages chamaniques d’Amazonie et des fonctions secrètes ou heuristiques de l’écriture, nous avait intrigués puis abasourdis en se penchant sur une figure historique déjà « trop belle pour être vraie », celle du prêtre Émile Petitot, figure improbable et pourtant décisive à plus d’un titre du grand Nord canadien (« La folie Arctique »). Avec ce « L’autre-mental », joliment sous-titré « Figures de l’anthropologue en écrivain de science-fiction », publié à La Découverte en juin 2020, il nous offre une plongée plus profonde encore dans les coeurs respectifs de deux détours parmi les plus puissants qui soient, le détour anthropologique (explicité jadis notamment par Georges Balandier dans son ouvrage au titre particulièrement clair, « Le détour », en 1985 – et rappelé régulièrement par exemple par Philippe Descola, comme dans son « Une écologie des relations » de 2019) et le détour science-fictif (dont, par des angles différents, nous entretiennent si brillamment le Fredric Jameson de « Penser avec la science-fiction » et l’Ariel Kyrou de « Dans les imaginaires du futur »), en jouant avec une grande habileté et beaucoup de finesse à les entrechoquer, utilisant en guise de silex productifs et générateurs d’étincelles les quatre figures-limites, dévoyées, de l’anthropologie que furent tour à tour Lucien Lévy-Bruhl, Benjamin Lee Whorf, Carlos Castaneda et Eduardo Viveiros de Castro, d’une part, et le séminal Philip K. Dick, avec ses réalités déviantes et ses mises en fiction enchâssées par excellence, d’autre part. Et parvenir à conduire ainsi une véritable investigation tout en jouant d’un sens du vertige philosophique et de la mise en abîme technique que n’aurait certainement pas reniés le Pierre Bayard de, mettons, « Le Plagiat par anticipation », n’est pas le moindre des mérites de cet ouvrage particulièrement stimulant.
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