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Le Calame noir

Robert Laffont
EAN : 9782221215012
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 135 x 215 mm
Le Calame noir

Date de parution : 16/08/2018

Qui était Siyah Qalam, autrement dit « le calame noir » ? Fasciné par les nomades des steppes d’Asie centrale, ce peintre énigmatique de la fin du XVe siècle a laissé des dessins très loin des canons esthétiques de son époque. Son style réaliste intrigue depuis toujours les historiens d’art...

Qui était Siyah Qalam, autrement dit « le calame noir » ? Fasciné par les nomades des steppes d’Asie centrale, ce peintre énigmatique de la fin du XVe siècle a laissé des dessins très loin des canons esthétiques de son époque. Son style réaliste intrigue depuis toujours les historiens d’art islamique. Un album de ses oeuvres conservé au musée de Topkapi renferme son secret. On y voit des hommes et des femmes au sein d’un campement d’été dans leurs tâches quotidiennes, mais aussi des descriptions de cérémonies occultes grouillant de démons et de créatures maléfiques. Pour quelle raison cet artiste de la cour de Tabriz a-t-il laissé autant de témoignages sur ces peuplades vouées à l’oubli ?
Personne n’est en mesure d’éclaircir le mystère de ces dessins presque magiques, à l’exception de Suzanne, l’héroïne de ce roman, qui, déambulant dans les salles d’une exposition, est soudain happée par une voix venue d’un autre temps, d’un autre continent. Une âme errante, celle d’Aygül, la propre fille de Siyah Qalam, qui lui raconte l’histoire si singulière de son père, cet homme de talent et peintre du réel en proie aux vicissitudes de son temps. Par-delà les siècles, un lien fort finit par s’établir entre les destins de ces deux femmes qui ont en commun l’impossible deuil du père.

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EAN : 9782221215012
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 135 x 215 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Klizou Posté le 10 Août 2019
    Très beau livre d'une grande érudition.
  • si-bemol Posté le 29 Décembre 2018
    Une salle d'exposition à la Royal Academy de Londres, un peintre mystérieux connu sous le nom de “Calame noir”, des dessins étranges qui ouvrent la porte à des mondes magiques, démoniaques et terrifiants, deux âmes qui se connectent à cinq siècles de distance, aimantées par un même vide, une même absence - celle du père -, et la voix impérieuse de la fille du peintre qui s'empare de la narratrice, Suzanne, pour lui dévoiler ce que nul ne connaît : la vie secrète de son père, Muhammad Siyah Qalam - "le calame noir". Le récit nous emporte à la fin du XVe siècle, parmi les peuples nomades des steppes de l'Asie centrale où la vie du Calame noir, descendant d'une illustre lignée de dessinateurs et de scribes, se déroule au gré des vicissitudes du pouvoir politique et des humeurs des princes. Homme singulier, ascétique et volontiers méditatif, ce peintre au talent décalé, disciple de Mâni, qui porte sur les êtres et le monde un regard profond, mystique et comme habité, est pour tous une énigme. Il l'est tout particulièrement pour sa fille, Aygül, dont l'admiration sans borne qu'elle lui porte se heurte sans cesse à son silence, et qui semble condamnée... Une salle d'exposition à la Royal Academy de Londres, un peintre mystérieux connu sous le nom de “Calame noir”, des dessins étranges qui ouvrent la porte à des mondes magiques, démoniaques et terrifiants, deux âmes qui se connectent à cinq siècles de distance, aimantées par un même vide, une même absence - celle du père -, et la voix impérieuse de la fille du peintre qui s'empare de la narratrice, Suzanne, pour lui dévoiler ce que nul ne connaît : la vie secrète de son père, Muhammad Siyah Qalam - "le calame noir". Le récit nous emporte à la fin du XVe siècle, parmi les peuples nomades des steppes de l'Asie centrale où la vie du Calame noir, descendant d'une illustre lignée de dessinateurs et de scribes, se déroule au gré des vicissitudes du pouvoir politique et des humeurs des princes. Homme singulier, ascétique et volontiers méditatif, ce peintre au talent décalé, disciple de Mâni, qui porte sur les êtres et le monde un regard profond, mystique et comme habité, est pour tous une énigme. Il l'est tout particulièrement pour sa fille, Aygül, dont l'admiration sans borne qu'elle lui porte se heurte sans cesse à son silence, et qui semble condamnée à rester à la marge de ce père distant, avec en offrande son amour de petite fille, inemployé et inutile. Le roman nous convie au sein de la tribu nomade récemment sédentarisée des Moutons blancs chez qui l'art, la peinture et la calligraphie occupent une place centrale. Muhammad Siyah Qalam nous entraîne à sa suite au milieu des campements des nomades du désert, peuple simple et rude, autour des feux de camp, à l'écoute du vent des steppes, des battements des tambours, des rituels d'exorcisme et des prières des prêtres ; nous le suivons à la cour des princes, derrière les hauts remparts du royaume fragile de Tabriz divisé par les querelles, menacé par la guerre ; et nous pénétrons pas à pas, guidés par sa fille, dans l'intime de la vie de cet artiste singulier que les jeux du pouvoir porteront aux plus hauts sommets des honneurs et de la gloire avant que la fortune incertaine des armes et de la guerre ne le renvoie au discrédit, à la misère, à la démence et à la mort. Un roman dépaysant, plein de charme et de mystère, qui au-delà du pittoresque et de l'exotisme raconte chez ces deux femmes mystérieusement connectées l'une à l'autre la blessure inguérissable de l'absence, la douleur, et le deuil - pour elles impossible - du père. Une lecture que j'ai trouvée agréable et plaisante, même si je suis restée un peu en dehors du drame de cette double relation père/fille qui m'a parue un peu simpliste, quelque peu outrée, et ne m'a pas totalement convaincue.
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  • MAPATOU Posté le 10 Octobre 2018
    Je tiens tout d’abord à remercier Masse Critique – Babelio et les Editions Robert Laffont de m’avoir permis de découvrir ce livre. J’ ai apprécié tout particulièrement l’originalité de l’histoire ainsi que la poésie de l écriture. Dans la tradition orientale, il y a souvent ce que l’on appelle des « contes à tiroirs » : vous écoutez une histoire et à l’intérieur de celle-ci vous en découvrez une autre. Ce roman est construit de façon similaire : en suivant Suzanne dans sa déambulation à la Royal Academy de Londres, nous découvrons à travers les yeux de sa fille la vie d’un peintre du XVème siècle. Il s’agit de Siyah Qalam, surnommé » le calame noir ». Issu d’une lignée prestigieuse de scribes, dessinateurs, il fut intégré très jeune au sein de l’Atelier des Miniatures du palais de la ville de Tabriz alors prospère car c’était une étape sur la route de la soie. Apprécié de son sultan, le calame noir jouissait d’une position un peu particulière : il avait le droit de s’adonner à sa passion : peindre les nomades des steppes. Il était autorisé chaque année à passer plusieurs mois du printemps à l’été dans un camp de... Je tiens tout d’abord à remercier Masse Critique – Babelio et les Editions Robert Laffont de m’avoir permis de découvrir ce livre. J’ ai apprécié tout particulièrement l’originalité de l’histoire ainsi que la poésie de l écriture. Dans la tradition orientale, il y a souvent ce que l’on appelle des « contes à tiroirs » : vous écoutez une histoire et à l’intérieur de celle-ci vous en découvrez une autre. Ce roman est construit de façon similaire : en suivant Suzanne dans sa déambulation à la Royal Academy de Londres, nous découvrons à travers les yeux de sa fille la vie d’un peintre du XVème siècle. Il s’agit de Siyah Qalam, surnommé » le calame noir ». Issu d’une lignée prestigieuse de scribes, dessinateurs, il fut intégré très jeune au sein de l’Atelier des Miniatures du palais de la ville de Tabriz alors prospère car c’était une étape sur la route de la soie. Apprécié de son sultan, le calame noir jouissait d’une position un peu particulière : il avait le droit de s’adonner à sa passion : peindre les nomades des steppes. Il était autorisé chaque année à passer plusieurs mois du printemps à l’été dans un camp de nomades. L’année de ses treize ans, sa fille le supplia de la laisser l’accompagner : » Cette traversée fut un rite de passage entre enfance et adolescence, je laissais mon monde imaginaire et assumais la réalité. La seule présence de mon père suffisait à consolider mon existence. » C’est pendant cette période que la jeune fille va découvrir la personnalité de son père, bien loin du monde d’hypocrisie et d’intrigues du palais. » Ici, il n’y a pas grand-chose à voir, ce qui, dit-il, favorise la méditation. Mon père m’explique que le foisonnement n’est pas dans l’excès mais dans la simplicité. Son jardin à lui, c’est cette terre si pauvre. Elle est son lieu d’intimité, d’ascension et d’envol, elle abolit toutes limites, celles du temps et de l’espace. Ici se trouve le centre du monde. » A leur retour au palais, tout aura changé : le sultan est mort, son fils âgé de 9 ans va lui succéder. Les querelles, les intrigues pour le pouvoir, les meurtres vont se succéder, le chaos va s’installer et le calame noir ne jouira plus ni de respect ni de notoriété. Sa fille, Aygül, aura bien du mal à survivre à son chagrin après le décès de son père. Ce qui la lie à Suzanne qui, sa vie durant, a souffert d’un cruel manque de repères paternels. « Seul un père donne une valeur. Toutes ses tentatives sont demeurées infructueuses, tous ses efforts vains : on n’est pas une femme sans la reconnaissance d’un père. Il faut sans cesse réparer les manques, raccommoder cette lourde lacune de la vie. Aimer éperdument donne l’illusion d’une guérison, mais les filles sans père aiment mal car elles aiment trop et imposent parfois à l’être aimé une exigence sans cesse renouvelée d’amour parfait, d’amour idéal, d’amour inconditionnel. » Les oeuvres de Siyah Qalam ont été sauvées par le sultan ottoman Selim le Terrible qui les a ramenées à Constantinople où elles ont été installées dans le somptueux palais de Topkapi.
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  • AudreyT Posté le 9 Octobre 2018
    *** Avant d'évoquer le roman de Yasmine Ghata, je tiens à remercier Babelio et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance. C'est au détour d'une exposition à la Royal Academy de Londres que Suzanne fait la rencontre de Siyah Qalam, peintre du XVème siècle, et de sa fille Aygül. Suzanne sent l'énergie et le souffle de cette jeune femme en admiration devant son père et en quête perpétuel de son amour. Suzanne est alors portée par leur histoire... De Yasmine Ghata j'avais lu et sincèrement apprécié "J'ai longtemps eu peur de la nuit" écrit en 2016. C'est donc avec enthousiasme que j'ai répondu à la dernière Masse Critique de Babelio, espérant fortement recevoir le dernier livre de l'auteur. C'est dans un registre totalement différent que je l'ai retrouvé. On est ici dans un conte, une histoire à lire et écouter au coin d'un feu. On découvre un peintre et sa fille, leur vie dans la dynastie des Moutons Blancs, dans une cour orientale où l'art a sa part de lumière. Siyah Qalam est un homme mystérieux, aux yeux de tous y compris ceux de sa fille. Qu'il soit dans l'atelier de Tabriz ou dans les steppes au milieu des nomades, c'est un homme qui parle... *** Avant d'évoquer le roman de Yasmine Ghata, je tiens à remercier Babelio et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance. C'est au détour d'une exposition à la Royal Academy de Londres que Suzanne fait la rencontre de Siyah Qalam, peintre du XVème siècle, et de sa fille Aygül. Suzanne sent l'énergie et le souffle de cette jeune femme en admiration devant son père et en quête perpétuel de son amour. Suzanne est alors portée par leur histoire... De Yasmine Ghata j'avais lu et sincèrement apprécié "J'ai longtemps eu peur de la nuit" écrit en 2016. C'est donc avec enthousiasme que j'ai répondu à la dernière Masse Critique de Babelio, espérant fortement recevoir le dernier livre de l'auteur. C'est dans un registre totalement différent que je l'ai retrouvé. On est ici dans un conte, une histoire à lire et écouter au coin d'un feu. On découvre un peintre et sa fille, leur vie dans la dynastie des Moutons Blancs, dans une cour orientale où l'art a sa part de lumière. Siyah Qalam est un homme mystérieux, aux yeux de tous y compris ceux de sa fille. Qu'il soit dans l'atelier de Tabriz ou dans les steppes au milieu des nomades, c'est un homme qui parle peu. Seul son calame noir dit pour lui ce qu'il ressent, ce qu'il voit, ce qu'il aime... La quête et le deuil du père a également sa place dans cette histoire presque magique. Aygül et Suzanne idéalisent cette figure paternelle inaccessible. Elles l'attendent et recherchent en permanence sa présence. Elles sont incapables de faire le deuil d'une relation qu'elles voudraient fusionnelles et elles se sentent abandonnées. Cette blessure les façonne et les rapproche... C'est donc avec plaisir que j'ai lu ce roman particulier, comme une petite bulle dans cette rentrée littéraire...
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  • MuseaUranie Posté le 20 Septembre 2018
    Parmi la foule de titres sortis et remarqué pour cette RL, il y a eu celui-ci. L’auteure promet la découverte d’un artiste oublié par l’Histoire et la propre histoire de son pays, à travers un point de vue originale : Suzanne, que vient hanter le fantôme de la fille du peintre lors de la visite d’une exposition au nom de son père. Voyage au XVe siècle, traversés de grandes steppes et pigments sont donc au menu du jour. Siyah Qalam était tout pour sa fille. Un symbole, presque un dieu vivant. Mais aux yeux des contemporains, qui était-il ? Un artiste, amoureux de la steppe aux services de plusieurs seigneurs, parfois incompris. Encensé, respecté, il connut aussi la chute, la honte et la pauvreté avant de mourir dans l’indifférence générale. Mais ceci n’est que la surface du livre puisque le sujet est tout autre. Le père. L’auteure parle de paternité et de relation père / fille avec une rare justesse. Aygül idolâtre son père, sa dernière famille. Impossible pour elle d’être libre et de vivre tant la présence paternelle, influe sur ce qu’elle est. Même ses choix de vie sont imprégnés. En parallèle il y a le deuil, et on le ressent... Parmi la foule de titres sortis et remarqué pour cette RL, il y a eu celui-ci. L’auteure promet la découverte d’un artiste oublié par l’Histoire et la propre histoire de son pays, à travers un point de vue originale : Suzanne, que vient hanter le fantôme de la fille du peintre lors de la visite d’une exposition au nom de son père. Voyage au XVe siècle, traversés de grandes steppes et pigments sont donc au menu du jour. Siyah Qalam était tout pour sa fille. Un symbole, presque un dieu vivant. Mais aux yeux des contemporains, qui était-il ? Un artiste, amoureux de la steppe aux services de plusieurs seigneurs, parfois incompris. Encensé, respecté, il connut aussi la chute, la honte et la pauvreté avant de mourir dans l’indifférence générale. Mais ceci n’est que la surface du livre puisque le sujet est tout autre. Le père. L’auteure parle de paternité et de relation père / fille avec une rare justesse. Aygül idolâtre son père, sa dernière famille. Impossible pour elle d’être libre et de vivre tant la présence paternelle, influe sur ce qu’elle est. Même ses choix de vie sont imprégnés. En parallèle il y a le deuil, et on le ressent également avec Suzanne, personnage effacé pour laisser toute la voix à Aygül. Ces rares moments de paroles montrent une femme vide et seule, comme la fille du peintre. Les deux femmes sont totalement perdues, refuse leur deuil et refuse un peu de vivre. Ecrit comme un conte oriental, Le calame noir est beau et prend son lecteur par la main pour lui montrer une culture différente de la sienne, tantôt cruel, tantôt douce sans jamais poser un jugement. J’ai passé un joli moment et j’ai souvent fait le parallèle avec ma propre relation paternelle. Une fille symbolise souvent son père en le déshumanisant et le livre fait très bien prendre conscience. Un beau conte oriental sur un peintre en marge de son époque qui vivait à travers les yeux de sa fille. Yasmine Ghata, écrit avec justesse et beaucoup de poésie sur les relations père / fille. Un livre à lire en prenant le temps afin d’apprécier toute la richesse de l’écriture de l’auteure.
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