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Le gâchis des généraux
Date de parution : 08/11/2001
Éditeurs :
Plon

Le gâchis des généraux

Date de parution : 08/11/2001

Quelles que soient ses erreurs et leurs conséquences parfois dramatiques, un général n’est jamais jugé. Pierre Miquel le démontre avec des exemples définitifs pris durant la guerre de 14-18 : Joffre, Foch, Pétain, Nivelle…

La France n'est jamais prête pour la guerre. En 1940, ce sont les avions qui manquaient, en 1914 il s'agissait des canons lourds. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir des...

La France n'est jamais prête pour la guerre. En 1940, ce sont les avions qui manquaient, en 1914 il s'agissait des canons lourds. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir des généraux. Dans ce nouvel ouvrage qui prolonge son travail monumental sur Les Poilus (Plon), Pierre Miquel s'attache à décrire les...

La France n'est jamais prête pour la guerre. En 1940, ce sont les avions qui manquaient, en 1914 il s'agissait des canons lourds. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir des généraux. Dans ce nouvel ouvrage qui prolonge son travail monumental sur Les Poilus (Plon), Pierre Miquel s'attache à décrire les erreurs de commandement, aux conséquences humaines souvent tragiques, commises par certains de ceux qui ont dirigé la guerre de 14. "Le défaut moyen d'un général, écrit-il, ce n'est pas qu'il pense, mais qu'il veut être le seul à le faire." En 1940, Gamelin pense ligne Maginot ; en 1914, le même Gamelin, bras droit de Joffre, pense offensive. Résultat : 250 000 morts en deux mois. Quelles que soient ses erreurs, aucun général ne sera jugé, et pas davantage les politiques qui lui ont accordé tous pouvoirs. Néanmoins, certains de ces militaires seront limogés ou placardisés. La liste est longue : Joffre, Foch, Pétain, Mangin, Nivelle... Le livre de Pierre Miquel montre de façon saisissante que, s'il était bon de fusiller des caporaux, les généraux avaient, eux, droit à des égards, même s'ils s'étaient parfois lourdement trompés. S'appuyant sur des archives inédites et des témoignages nouveaux, cet ouvrage apporte des révélations saisissantes sur l'une des pages les moins glorieuses et les plus soigneusement occultées de la guerre de 14.

Pierre Miquel est unanimement considéré en France comme le meilleur spécialiste de la Première Guerre mondiale.

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EAN : 9782259194099
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 252
Format : 140 x 225 mm
EAN : 9782259194099
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 252
Format : 140 x 225 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • CDemassieux 14/05/2021
    Pierre Miquel, spécialiste incontestable de la Première Guerre mondiale, nous raconte ici la guerre des généraux, ceux qui commandèrent souvent des offensives meurtrières et bien peu efficaces au regard des résultats. Il montre aussi l’injustice criante frappant les simples soldats, fusillés parfois pour un rien, quand dans le même temps les généraux n’étaient pas ou peu inquiétés malgré leurs sanglantes erreurs. Pour les évincer de leur commandement, Miquel parle de « mutation symbolique ». Jamais ils ne seront traduits en justice : « Les tribunaux militaires n’étaient pas faits pour eux ». Et comme « en France, les généraux n’étaient pas seulement dominés par les politiques, ils tendaient par la force des choses à entrer dans leur jeu, ils en devenaient bien contre leur gré les complices », lorsqu’en Allemagne on avait affaire à une « dictature militaire de guerre », les politique les couvraient en se couvrant eux-mêmes. On n’est plus à l’époque de la Révolution où les officiers qui avaient failli risquaient la guillotine. Ce qui, au commencement des hostilités ne plaît pas au gouvernement, qui entendait « la faire révolutionnairement, comme en 1793 » cette guerre. Cependant : « Jusqu’au 6 septembre 1914, près de trois cents soldats... Pierre Miquel, spécialiste incontestable de la Première Guerre mondiale, nous raconte ici la guerre des généraux, ceux qui commandèrent souvent des offensives meurtrières et bien peu efficaces au regard des résultats. Il montre aussi l’injustice criante frappant les simples soldats, fusillés parfois pour un rien, quand dans le même temps les généraux n’étaient pas ou peu inquiétés malgré leurs sanglantes erreurs. Pour les évincer de leur commandement, Miquel parle de « mutation symbolique ». Jamais ils ne seront traduits en justice : « Les tribunaux militaires n’étaient pas faits pour eux ». Et comme « en France, les généraux n’étaient pas seulement dominés par les politiques, ils tendaient par la force des choses à entrer dans leur jeu, ils en devenaient bien contre leur gré les complices », lorsqu’en Allemagne on avait affaire à une « dictature militaire de guerre », les politique les couvraient en se couvrant eux-mêmes. On n’est plus à l’époque de la Révolution où les officiers qui avaient failli risquaient la guillotine. Ce qui, au commencement des hostilités ne plaît pas au gouvernement, qui entendait « la faire révolutionnairement, comme en 1793 » cette guerre. Cependant : « Jusqu’au 6 septembre 1914, près de trois cents soldats sont fusillés pour cause de déroute, après avoir comparu sommairement devant des cours martiales improvisées. Le commandement a la main lourde pour la troupe, mais il ne fusille pas ses généraux. » Deux poids, deux mesures… Notons aussi l’impéritie de certains fonctionnaires qui jugèrent bon d’ignorer, avant-guerre, l’artillerie lourde – comme le recours à l’industrie privée dans la production d’armes – contrairement aux Allemands ; ce qui sera « la principale faiblesse de l’armée » française. La ville de Maubeuge, entre autres, sous le tir incessant de l’artillerie lourde allemande, en fera les frais entre fin août et début septembre 1914. Cette ville pourtant fortifiée sera obligée de se rendre pour éviter un bain de sang inutile. Autre exemple, criant celui-là : le 21 février 1916, premier jour de la bataille de Verdun, face aux 7 000 canons allemands les Français n’opposent que…89 canons de 75 et 14 pièces lourdes ! Au-delà des manquements des généraux, ce livre montre leur insensibilité au sort des soldats, qui trinquent. Pour la seule année 1915, « Joffre avait accumulé cent jours d’offensives meurtrières. L’absence de résultats contre les lignes bétonnées allemandes, hérissées de barbelés, avait conduit le commandement français à changer fréquemment les chefs d’unité, sans jamais les condamner ». Le même Joffre qui avait fait désarmer le fort de Douaumont avant la bataille de Verdun, exigeant, une fois tombé aux mains de l’ennemi pendant la bataille, qu’il soit repris aux Allemands, au prix de pertes humaines considérables. Que dire du Chemin des Dames, initiative mal préparée et effroyablement meutrière, sous le commandement du général Nivelle, qui avait reçu carte blanche du pouvoir politique ? Malgré cela, un général « ne peut être sanctionné que par le renvoi : au pire le retour à la vie civile, au mieux le poste de l’arrière ». Les poilus fusillés pour l’exemple s’en souviennent outre-tombe. Aussi, quelle hypocrisie que ces monuments exaltant les « morts glorieux » après coup, après les avoir traités comme de la chair à canons, sauf quelques officiers supérieurs plus vertueux, dont le général Pétain… Une fois encore, le regretté Pierre Miquel montre toute sa rigueur historique et son humanité dans cet ouvrage impeccable.
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  • Acidus 19/09/2017
    « Le gâchis des généraux... ET DES POLITIQUES ». Voilà comment aurait dû s'intituler ce documentaire de Pierre Miquel. A travers celui-ci, l'historien français dénonce les fautes, l'incompétence et la manque de préparation des généraux mais aussi des hommes politiques durant la Première Guerre mondiale ; cette guerre qui a coûté tant de vies humaines. Dans cet ouvrage aux propos limpides, l'auteur critique cette vision partagée des hauts gradés et des politiques (notamment du gouvernement) du manque d'importance du facteur humain. Qu'importe les pertes en soldats tant que la victoire se présente ! Et pourtant, les erreurs qui menèrent à des reculs, à des mutineries, à des carnages furent nombreux. Les poilus en furent les premières victimes alors qu'un général pouvait craindre, au pire, le limogeage. Rien de bien nouveau dans ce livre. Les arguments développés par Miquel sont pour la plupart connus mais il en fait une bonne synthèse avec des exemples, de la perte du fort de Douaumont à l'incompétence du général Duchêne en passant par le massacre du Chemin des Dames. Ce documentaire n'est sûrement pas assez détaillé pour le lecteur averti mais sera très utile au profane désireux de se pencher sur ce sujet.
  • Birhacheim 10/09/2009
    L’Armée Française avait préparé la Première Guerre Mondiale. Après la terrible défaite de 1871, elle se préparait à la revanche et une doctrine basée sur l’offensive s’est construite peu à peu nonobstant l’apparition d’armes nouvelles et les expériences, pourtant déterminantes, de la guerre des boers et de la guerre russo-nippone. Le résultat allait être invariablement des erreurs stratégiques, opérationnelles et tactiques qui allaient bien lourdement se payer dès l’été 1914. Pierre Miquel nous apporte dans le « Le gâchis des généraux » un regard sur les erreurs de commandement du début de la guerre jusqu’à l’offensive finale de 1918. Cet ouvrage assez général mérite d’être complété par des ouvrages de fond comme le « Pétain » de Guy Pedroncini ainsi que le très récent et excellent « La chair et l’acier » de Michel Goya qui vont plus au fond de ce sujet passionnant.
  • foret22 04/02/2008
    Très facile d'abord Terrifiant dans sa thèse Malheureusement , thèse surement plus que vraie : en 14-18, nos ancêtres ont été envoyés à la boucherie par une bande d'incapables, qui aurainet -presque tous - être à la retraite ... Le pire, c'est que 20 ans après nous avons fait la même erreur .... A lire, donc
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