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La Découverte
EAN : 9782707185976
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 125 x 190 mm

Le piège Daech

L'État islamique ou le retour de l'Histoire

Date de parution : 19/02/2015
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, analyse l’ascension fulgurante et le fonctionnement de l’État islamique. Dans cet essai, qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, il explique pourquoi nous sommes pris dans le « piège Daech », cet « État-monstre » que l’Occident a largement contribué à faire émerger.
Le groupe État islamique, inconnu il y a encore quelques mois, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité internationale. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, « Daech » a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Sa... Le groupe État islamique, inconnu il y a encore quelques mois, a fait une entrée fracassante et sanguinaire dans l’actualité internationale. Profitant des crises en chaîne qui secouent l’Irak et la Syrie, « Daech » a pris le contrôle d’une vaste région et dispose aujourd’hui de gigantesques ressources financières. Sa volonté de construire un État le distingue nettement d’Al-Qaïda.
Rompant avec nombre de commentaires à chaud, l’historien Pierre-Jean Luizard, grand spécialiste de la région, essaie de comprendre les succès de l’État islamique, dans le contexte de déliquescence des États de la région, notamment l’Irak et la Syrie. Il met au jour des logiques moins visibles, locales autant que mondiales, sociales autant que religieuses, dont les racines remontent au début du siècle dernier, à l’époque où l’Europe dessinait les frontières actuelles du Moyen-Orient.
Dans cet essai qui fait dialoguer l’actualité immédiate et la grande Histoire, l’auteur explique pourquoi nous sommes aujourd’hui tombés dans le « piège Daech ».
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EAN : 9782707185976
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 125 x 190 mm
La Découverte

Ils en parlent

En moins de 200 pages, ce fin spécialiste des sociétés arabo-musulmanes casse certaines idées reçues sur la situation dans la région. Il a aussi le mérite de ne pas juger ni diaboliser son objet de recherches.
Gaïdz Minassian / Le Monde

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Acerola13 Posté le 18 Février 2017
    Ma lecture de ce livre date un peu, j'en retiens cependant un texte très documenté, notamment sur l'histoire de l'Irak et sa société. À lire pour toute personne s'intéressant de près au sujet, et désirant se replonger dans l'histoire plus que dans la sensation.
  • murielB34 Posté le 7 Mars 2016
    Cet essai court et dense vise surtout à faire comprendre d’où vient DAESH , comment il a pu s’implanter et prospérer aussi rapidement en Irak et en Syrie. Il est donc avant tout un essai replaçant L »Etat islamique » dans une réalité historique (dont lui aussi donne et utilise une vision tronquée et partisane), et ce de façon à la fois dense, précise et compréhensible. L’auteur nous explique les conséquences du fameux accord Sykes Picot sur une région dont les habitants partageaient non seulement 3 religions (musulmane, chrétienne, juive), mais aussi des nuances fortes au sein de chacune des 3, et ce au sein d’organisations sociales elles aussi différentes et complexes, avec par ailleurs des niveaux d’accès à d’autres cultures qui n’avaient rien à voir. Accord qui a mené à la création d’Etats répondant aux besoins de la Grande Bretagne et de la France de l’époque mais sans tenir compte des situations locales. Etats qui ont ensuite subi plusieurs changements politiques, le plus souvent dans la violence, et des dirigeants qui se sont succédés, tous plus despotiques et brutaux les uns que les autres. Sunnites, Salafistes, Wahhabites, Chi’ites, Druze, Alaouites, Alevi, Chrétiens d’Orient, Yezidis, Kurdes, populations... Cet essai court et dense vise surtout à faire comprendre d’où vient DAESH , comment il a pu s’implanter et prospérer aussi rapidement en Irak et en Syrie. Il est donc avant tout un essai replaçant L »Etat islamique » dans une réalité historique (dont lui aussi donne et utilise une vision tronquée et partisane), et ce de façon à la fois dense, précise et compréhensible. L’auteur nous explique les conséquences du fameux accord Sykes Picot sur une région dont les habitants partageaient non seulement 3 religions (musulmane, chrétienne, juive), mais aussi des nuances fortes au sein de chacune des 3, et ce au sein d’organisations sociales elles aussi différentes et complexes, avec par ailleurs des niveaux d’accès à d’autres cultures qui n’avaient rien à voir. Accord qui a mené à la création d’Etats répondant aux besoins de la Grande Bretagne et de la France de l’époque mais sans tenir compte des situations locales. Etats qui ont ensuite subi plusieurs changements politiques, le plus souvent dans la violence, et des dirigeants qui se sont succédés, tous plus despotiques et brutaux les uns que les autres. Sunnites, Salafistes, Wahhabites, Chi’ites, Druze, Alaouites, Alevi, Chrétiens d’Orient, Yezidis, Kurdes, populations urbaines éduquées, tribus, familles élargies, l’auteur nous dresse le portrait de ce puzzle géopolitique, et des situations politiques locales parfois kafkaïennes avec des gouvernants issus de minorités qu’ils favorisent jusqu’à l’implosion. Il démontre aussi que les erreurs des grandes puissances d’hier perdurent, entre besoins en pétrole, concurrence, volonté d’imposer un modèle d’organisation « universel » sans s’intéresser réellement aux réalités locales. Il nous brosse le portrait d’une mosaïque qui semble aujourd’hui totalement ingouvernable, ce dont profite DAESH pour s’étendre et imposer sa vision du monde, tout aussi monolithique d’ailleurs dans le fond que celle des occidentaux. Une vision basée sur une lecture rétrograde, celle du sunnisme wahhabite, et que même l’Arabie Saoudite (pourtant elle-même wahhabite !) craint et tente de maitriser sans grand succès. Cet essai est nécessaire pour tenter de comprendre le pourquoi de ce qui se passe depuis 2014 ; il pose aussi question sur un futur incertain : les Etats comme l’Irak, La Syrie, voire le Liban et la Jordanie ont-ils un avenir ? Si oui lequel ? Les cartes seront-elles redessinées ? Et laisserons-nous à DAESH le pouvoir d’en choisir le tracé, comme elle a déjà commencé à le faire ?
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  • yves1901 Posté le 16 Février 2016
    "It's a trap", par l'amiral Ackbar. Cet ouvrage écrit par l’historien Pierre-Jean Luizard permet de mettre en perspective le phénomène de l’État islamique. Particulièrement opportun et salutaire à une époque où le court termisme prend la place du temps long, où toute tentative d’analyse un minimum construite est phagocytée par le culte de la hâtetée (si vous me permettez un barbarisme langagier) et du discours simpliste et schématique, quand ce n’est pas simplement par un discours va-t-en guerre des plus risibles. La majeure partie de l’ouvrage de Luizard est consacrée à un axe « purement » historique. C’est-à-dire qu’il s’intéresse à l’évolution, à la mutation des sociétés moyennes orientales depuis, grossièrement, une centaine d’années, concernées en premier lieu par l’Etat islamique (Irak, Syrie, Jordanie, Turquie…) et dont la dite évolution est, de même, à l’origine de l’émergence de ce dernier. Naturellement, l’auteur ne peut faire l’impasse sur le rôle non négligeable des puissances occidentales et leur chronique et nocive duplicité dans le capharnaüm kafkaïen qu’est cette région du monde. Néanmoins, Luizard s’arrête aussi de manière approfondie sur l’évolution interne de ces sociétés, la place mouvante qu’occupent les différentes catégories de la population (religieuses, ethniques …), le développement d’un nationalisme arabe ou national... "It's a trap", par l'amiral Ackbar. Cet ouvrage écrit par l’historien Pierre-Jean Luizard permet de mettre en perspective le phénomène de l’État islamique. Particulièrement opportun et salutaire à une époque où le court termisme prend la place du temps long, où toute tentative d’analyse un minimum construite est phagocytée par le culte de la hâtetée (si vous me permettez un barbarisme langagier) et du discours simpliste et schématique, quand ce n’est pas simplement par un discours va-t-en guerre des plus risibles. La majeure partie de l’ouvrage de Luizard est consacrée à un axe « purement » historique. C’est-à-dire qu’il s’intéresse à l’évolution, à la mutation des sociétés moyennes orientales depuis, grossièrement, une centaine d’années, concernées en premier lieu par l’Etat islamique (Irak, Syrie, Jordanie, Turquie…) et dont la dite évolution est, de même, à l’origine de l’émergence de ce dernier. Naturellement, l’auteur ne peut faire l’impasse sur le rôle non négligeable des puissances occidentales et leur chronique et nocive duplicité dans le capharnaüm kafkaïen qu’est cette région du monde. Néanmoins, Luizard s’arrête aussi de manière approfondie sur l’évolution interne de ces sociétés, la place mouvante qu’occupent les différentes catégories de la population (religieuses, ethniques …), le développement d’un nationalisme arabe ou national contrarié etc etc. C’est sans doute, dans un ouvrage accessible à tous, le seul moment où le lecteur peut être un peu égaré par la profusion de détails néanmoins nécessaire à une bonne compréhension. Au final, le « Moyen Orient » ressort constitué d’Etats à la légitimité faillible et à la solidité fragile. Outre cet aspect historique, l’auteur s’arrête sur ce qui, selon lui, fait, en addition et de manière concomitante au passé, la force de l’Etat islamique dans sa propagation, son installation et son maintien. L’analyse n’est certes pas renversante de complexité, de théorisation, d’argumentation (faute aussi aux sources insuffisantes ? Au public à qui s’adresse en premier lieu l’essai ?) mais parvient à distiller par ci par là tout de même quelques éléments à garder en mémoire. Tout d’abord, évidemment, l’Etat islamique, malgré l’image qu’il renvoi de lui, bénéficie d’un important soutien de la population locale (notamment sunnite, rapport à l’histoire tout ça tout ça) et peut être vu comme un libérateur face à des pouvoirs étatiques rejetés. L’Etat islamique prône une politique territorialisée qui s’appuie sur les viviers locaux à qui ils reversent une partie du pouvoir (moyennant quelques contreparties) ce qui laisse une marge d’autonomie aux populations autochtones. Au final, l’Etat islamique, si une analogie peut être faite, peut ressembler, se rapprocher, déjà, par certains aspects à un "Etat classique" dans le sens où il lève l’impôt, dispose d’un système judiciaire, s’intéresse à l’éducation, entretien une force armée et s’est territorialisé, contrairement à leurs frères ennemis d’Al Qaïda par exemple. Deux petits points, non essentiels dans l’ouvrage, sur lesquels j’étais complètement passé à côté ont particulièrement retenus mon attention. D’une part, concernant les populations chrétiennes présentes dans la sphère d’influence ou de domination de l’Etat islamique et d’autre part, le rôle des kurdes dans l’émergence de l’Etat islamique. Tout le monde s’en souvient, les médias français (et ailleurs sans doute) se sont, pendant un temps, particulièrement « intéressés » au cas des chrétiens victimes de l’Etat islamique (les musulmans, c’est moins important pourrait-on croire). J’ai alors appris grâce à Luizard (on l’a peut-être dit ailleurs mais j’ai dû faire preuve d’inattention) que l’Etat islamique, qui suit, nonobstant son statut de Satan moderne, certaines coutumes, laisse les chrétiens devant un choix à trois voies, soit se convertir, soit accepter de vivre sous contrainte mais en pouvant continuer à suivre sa religion ou, en quelque sorte, la mort ou la fuite. Donc, il n’y pas eu de massacre systématique et automatique des chrétiens. Pour ce qui est des kurdes, le point de départ est encore une mise en avant médiatique. Ces derniers, souvent d’ailleurs présentés comme un bloc monolithique et homogène alors qu’il s’agit finalement d’un groupe où l’hétérogénéité est de rigueur, mis sur un piédestal et personnifiés tel les spartiates affrontant aux Thermopyles les hordes barbares de l’Etat islamique grimées en suppôts de Xerxès. Certes, mais il est aussi intéressant d’apprendre que certains groupes kurdes sont aussi « responsables » du développement de l’Etat islamique en ayant, pour certains, passés des accords avec leurs ennemis d’aujourd’hui. Encore une fois, rien n’est simple dans le monde réel. Évidemment, ce qui ressort en conclusion de cette lecture est, entre autre, la (plus que) probable inefficacité de la politique actuelle de lutte contre l’État islamique, bien que cet ouvrage ne soit évidemment pas indispensable pour arriver à cette conclusion. On ne peut que déplorer, encore une fois, mais c’est le cas dans un grand nombre de domaines, qu’au lieu de s’attaquer aux racines, à l’origine du problème, on se contente d’une politique superficielle militaire (voulue d’ailleurs, par l’Etat islamique, d’où le « Piège ») dont les effets de manches ne servent qu’à cacher l’impossibilité des dirigeants à sortir par le haut de cette (presque) impasse. Comprendre, c’est déjà presque agir.
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  • Newta Posté le 5 Décembre 2015
    Une lecture indispensable dans le contexte actuel/
  • Stevo Posté le 21 Novembre 2015
    D'une concision inégalable, juste essentiel si on veut comprendre l'etat islamique et les enjeux de la région.
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