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        Le rêveur des bords du Tigre

        Les Escales
        EAN : 9782365693394
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 176
        Format : 140 x 225 mm
        Le rêveur des bords du Tigre

        Collection : Domaine français
        Date de parution : 12/10/2017
        Un vibrant hommage au peuple kurde et à la Syrie déchirée...
        La cinquantaine, Farzand quitte Paris où il vient de passer la moitié de son existence. Il veut rentrer chez lui, à Amoudé, un village perdu de Syrie à la frontière avec la Turquie, pris dans le feu et le sang du Printemps arabe. Conscient de l’impossibilité d'un tel voyage dans un... La cinquantaine, Farzand quitte Paris où il vient de passer la moitié de son existence. Il veut rentrer chez lui, à Amoudé, un village perdu de Syrie à la frontière avec la Turquie, pris dans le feu et le sang du Printemps arabe. Conscient de l’impossibilité d'un tel voyage dans un pays qui entame sa cinquième année de guerre civile, il accepte l’idée de se contenter d’une nuit, du côté turc, à regarder les lumières de sa ville natale. Après une escale à Istanbul, il passe une longue semaine à Diyarbakir, au bord du Tigre, où il fera la rencontre d’un garçon d’une douzaine d’années, vendeur de pépins de pastèque bouillis, avec lequel il va se lier d’amitié.
        Farzand pensait seulement revoir sa ville en faisant ce voyage ; il retrouvera un fils, lui qui a perdu le sien tragiquement il y a des années.
        Un livre sur l’espoir et la beauté au milieu des ruines.
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        EAN : 9782365693394
        Façonnage normé : BROCHE
        Nombre de pages : 176
        Format : 140 x 225 mm
        Les Escales
        16.90 €
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        Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

        • Beffroi Posté le 15 Avril 2018
          Farzand, la cinquantaine, est un kurde de Syrie. Il est arrivé à Paris il y a 25 ans et rêve de retourner dans son village natal Amoudé. Cependant, cette région est en pleine guerre depuis 2011 et s’y rendre est quasi impossible. Farzand décide de s’en approcher par la Turquie et se rend à Diyarbakir, capitale du Kurdistan de Turquie, au bord du Tigre. Il y fait la connaissance de Mirza, un gamin d’une dizaine d’années, vendeur pauvre de pépins de pastèque bouillis. Par ce livre, on découvre la situation du peuple kurde, un peuple de 50 millions d’habitants qui n’a jamais eu la chance d’avoir un territoire indépendant. Il est actuellement séparé et une partie du Kurdistan se situe en Turquie, en Syrie, en Iran et en Irak. La lecture de ce livre était d’autant plus émouvante que, ces dernières semaines, les Kurdes de Syrie ont été fortement réprimés par les Turcs du dictateur Erdogan. Farzand insiste beaucoup sur la culture et plus particulièrement sur la langue kurde qui disparait au profit de la langue de l’occupant turc. Ce livre m’a beaucoup touché. Le personnage de Farzand est pessimiste sur l’avenir du peuple kurde ; heureusement, la jeunesse... Farzand, la cinquantaine, est un kurde de Syrie. Il est arrivé à Paris il y a 25 ans et rêve de retourner dans son village natal Amoudé. Cependant, cette région est en pleine guerre depuis 2011 et s’y rendre est quasi impossible. Farzand décide de s’en approcher par la Turquie et se rend à Diyarbakir, capitale du Kurdistan de Turquie, au bord du Tigre. Il y fait la connaissance de Mirza, un gamin d’une dizaine d’années, vendeur pauvre de pépins de pastèque bouillis. Par ce livre, on découvre la situation du peuple kurde, un peuple de 50 millions d’habitants qui n’a jamais eu la chance d’avoir un territoire indépendant. Il est actuellement séparé et une partie du Kurdistan se situe en Turquie, en Syrie, en Iran et en Irak. La lecture de ce livre était d’autant plus émouvante que, ces dernières semaines, les Kurdes de Syrie ont été fortement réprimés par les Turcs du dictateur Erdogan. Farzand insiste beaucoup sur la culture et plus particulièrement sur la langue kurde qui disparait au profit de la langue de l’occupant turc. Ce livre m’a beaucoup touché. Le personnage de Farzand est pessimiste sur l’avenir du peuple kurde ; heureusement, la jeunesse de Mirza apparait comme un signe d’espoir. Le style est assez oriental ; c’est un conte où les oiseaux parlent… C’est une Odyssée kurde. Farzand rentre chez lui après un long exil, tel Ulysse retournant à Ithaque. Si vous aimez découvrir des peuples meurtris par l’histoire, n’hésitez pas…
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        • Mirontainestaleggendo Posté le 16 Février 2018
          Farzand, kurde d’origine, est porteur d’une filiation silencieuse et rassemble les chaînons de son histoire familiale. Le déraciné quitte Paris pour revoir Amoudé, une ville syrienne à la frontière turque, sous le joug de la guerre civile. C’est à Diyarbakir, capitale du Kurdistan en Turquie qu’on lui souhaite, tel un étranger, la bienvenue. C’est l’ enfant d’une histoire douloureuse, celle d’un peuple éclaté entre plusieurs pays. Le Kurdistan c’est l’histoire des morts, celle de l’opération Anfal et d’incessants massacres , c’est l’histoire d’ une géographie absente et morcelée . Le narrateur fait résonner la mémoire des lieux et donne corps et décor à des voix silencieuses, comme celles de Stèr et du mystérieux oiseau. À chaque famille, ses fantômes. La carte postale de Farzand est un chromo bien fatigué « [...] je vis le Tigre charriant ses eaux boueuses et sa résignation face à tant d’injustice. » Du déracinement au déchirement, notre identité change-t-elle quand nous passons d’un pays à l’autre, d’un monde à l’autre? La déchirure fait de Farzand un oiseau migrateur avec la littérature comme boussole. La littérature est puissante et les petites histoires humanisent cette grande Histoire du Kurdistan, entre poussière et vent. Sa rencontre avec Mirza,... Farzand, kurde d’origine, est porteur d’une filiation silencieuse et rassemble les chaînons de son histoire familiale. Le déraciné quitte Paris pour revoir Amoudé, une ville syrienne à la frontière turque, sous le joug de la guerre civile. C’est à Diyarbakir, capitale du Kurdistan en Turquie qu’on lui souhaite, tel un étranger, la bienvenue. C’est l’ enfant d’une histoire douloureuse, celle d’un peuple éclaté entre plusieurs pays. Le Kurdistan c’est l’histoire des morts, celle de l’opération Anfal et d’incessants massacres , c’est l’histoire d’ une géographie absente et morcelée . Le narrateur fait résonner la mémoire des lieux et donne corps et décor à des voix silencieuses, comme celles de Stèr et du mystérieux oiseau. À chaque famille, ses fantômes. La carte postale de Farzand est un chromo bien fatigué « [...] je vis le Tigre charriant ses eaux boueuses et sa résignation face à tant d’injustice. » Du déracinement au déchirement, notre identité change-t-elle quand nous passons d’un pays à l’autre, d’un monde à l’autre? La déchirure fait de Farzand un oiseau migrateur avec la littérature comme boussole. La littérature est puissante et les petites histoires humanisent cette grande Histoire du Kurdistan, entre poussière et vent. Sa rencontre avec Mirza, jeune vendeur de pépins de pastèque bouillis lui offre l’errance où s’agrègent les réminiscences du Petit Prince de Saint Exupery. Même s’il pressent le cataclysme pour son peuple, l’auteur crie dans ce texte sa confiance en l’imaginaire comme éternel socle commun. Lire Fawaz Hussain c’est écouter ce que les exilés ont à nous dire avec cette conscience aigüe de la contingence du monde. On ne naît pas seulement d’un père et d’une mère mais d’une histoire. Quand la religion du journaliste est celle de l’individu quelconque, celle de l’auteur fait ressurgir la sève de l’âme kurde. L’exilé attrape des langues en passant. Il dissocie la chose et le mot qui la définit. Ainsi la langue n’est pas fiable, seuls comptent la parole et le récit. Au cœur du déchirement se soulève la question capitale du rapport à langue. Elle devient langue de soumission et du camouflage comme celle du faux sage du caravansérail de Hasan. Une plume virevoltante entre réminiscences et mystérieux permet une éclatante exploration de la question kurde et celles sous-jacentes de l’exil et de la langue. Le livre se déploie autour des rencontres dans les ruelles d’un pays perdu, le long des eaux tumultueuses du Tigre. Mêlant l’individuel et le collectif, Fawaz Hussain élève la tragédie de son peuple au rang d’un conte universel. De vent et de sable sont les pas de Farzand, il est le voyageur et le chemin, plein de son présent au-dessus de la terre qui le porte, royaume de poussière et de vent. Le Rêveur des bords du tigre de Fawaz Hussain , Les Escales, Octobre 2017.
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        • sylvierochon Posté le 10 Octobre 2017
          Fawaz Hussain signe ici un roman d'une grande beauté, porté par un décor somptueux (malgré qu'il soit décrit par le narrateur comme suranné en quelques occasions), soit la partie historique de la ville de Diyarbakir dans le Kurdistan turc. Farzand, le narrateur, revient de Paris où il a passé les vingt-cinq dernières années en exil, et entend se rendre à Amoudé (Kurdistan syrien) pour retrouver sa famille, ses amis et beaucoup de ses souvenirs d'enfance. Mais la situation chaotique en Syrie représente un obstacle de taille pour franchir la frontière. Il décide donc de passer quelques jours à Diyarbakir pour bien préparer son retour. Ce sera ainsi l'occasion de comprendre que la culpabilité qu'il ressent depuis son départ doit se nuancer en fonction de la gravité des événements historiques et politiques. Mais surtout, la culpabilité se transforme en saine colère, laquelle justifie tout l'engagement endossé par Fawaz Hussain dans ce roman. Cette colère naît au contact de Kurdes qui renoncent peu à peu à parler leur langue, par peur, soumission ou intérêt. Ainsi, à Diyarbakir, les Kurdes parlent trop souvent le turc, langue de l'occupant. Partant de ce constat, le narrateur se trouve confronté à trois grands groupes de Kurdes: le... Fawaz Hussain signe ici un roman d'une grande beauté, porté par un décor somptueux (malgré qu'il soit décrit par le narrateur comme suranné en quelques occasions), soit la partie historique de la ville de Diyarbakir dans le Kurdistan turc. Farzand, le narrateur, revient de Paris où il a passé les vingt-cinq dernières années en exil, et entend se rendre à Amoudé (Kurdistan syrien) pour retrouver sa famille, ses amis et beaucoup de ses souvenirs d'enfance. Mais la situation chaotique en Syrie représente un obstacle de taille pour franchir la frontière. Il décide donc de passer quelques jours à Diyarbakir pour bien préparer son retour. Ce sera ainsi l'occasion de comprendre que la culpabilité qu'il ressent depuis son départ doit se nuancer en fonction de la gravité des événements historiques et politiques. Mais surtout, la culpabilité se transforme en saine colère, laquelle justifie tout l'engagement endossé par Fawaz Hussain dans ce roman. Cette colère naît au contact de Kurdes qui renoncent peu à peu à parler leur langue, par peur, soumission ou intérêt. Ainsi, à Diyarbakir, les Kurdes parlent trop souvent le turc, langue de l'occupant. Partant de ce constat, le narrateur se trouve confronté à trois grands groupes de Kurdes: le pouvoir lui-même, totalement soumis à la volonté d'Ankara et dont le corps physique, tentaculaire quant à son influence sur le peuple, prend aussi la forme de la lâcheté dans une obésité disgracieuse; les sociologues et historiens qui prennent les ordres au pied de la lettre et contribuent à rayer de l'histoire les données propres au Kurdistan, à son peuple et à sa langue; les résistants, incarnés principalement dans le très beau personnage de Mirza, un jeune garçon qui permettra à Farzand de croire que tout n'est pas perdu pour les Kurdes. Les figures féminines sont importantes dans ce roman et cela est tout à fait nouveau dans l'oeuvre de Fawaz Hussain. Elles sont présentées à travers leur exploitation, leurs souffrances et leur conscience aiguë des risques encourus par quiconque veut défendre le territoire ou la langue kurdes. Quant à Farzand, le rêveur, il nous entraîne dès le début dans ses déambulations au sein de Diyarbakir, nous touchons les pierres avec lui, en éprouvons la chaleur. Il est profondément moral, courageux et soucieux de justice. Fawaz Hussain réussit avec doigté à nous faire comprendre la nature de sa culpabilité, les raisons de sa vie malheureuse en France et surtout la justesse de la cause qu'il veut maintenant défendre: la survie de la langue kurde, fondement de tout système sociopolitique. L'écriture est magnifique, très symbolique et la trame narrative est d'une très grande cohérence. Nous ne dirons rien de la fin de ce livre somptueux, de ce conte mésopotamien, sinon que nous avons rarement lu les dernières pages d'un livre avec autant d'émotion et de saisissement. Pour nous, qui connaissons bien tous les livres de Fawaz Hussain, il s'agit ici de son plus grand livre. À lire et à relire. Un dernier mot sur le format du livre dans la collection Domaine français: Les escales nous offrent ici un très bel objet. - Sylvie Rochon
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