Lisez! icon: Search engine

Les balles du 14 juillet 1953

La Découverte
EAN : 9782707194114
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 256
Format : 135 x 220 mm
Les balles du 14 juillet 1953
Le massacre policier oublié de nationalistes algériens à Paris

Didier DAENINCKX (Préface)
Collection : Cahiers libres
Date de parution : 04/05/2017
Le 14 juillet 1953, la traditionnelle manifestation célébrant la fête nationale prend un tour tragique lorsque la police ouvre le feu sur le cortège. Les tirs ciblent essentiellement les représentants du parti nationaliste algérien et font de nombreuses victimes. Fruit de 4 ans d'enquête, le livre de Daniel Kupferstein décrypte les faits au plus près des témoignages d'époque et fait lumière sur ce non-dit de l'Histoire qui servit de déclencheur à la "guerre de libération" initiée par le FLN.
Le 14 juillet 1953, la gauche communiste et syndicale célèbre la fête nationale, comme c’est la tradition, par une manifestation à Paris. Y participent, à la fin du cortège, plusieurs milliers de militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), le parti nationaliste algérien. Quand ils arrivent place... Le 14 juillet 1953, la gauche communiste et syndicale célèbre la fête nationale, comme c’est la tradition, par une manifestation à Paris. Y participent, à la fin du cortège, plusieurs milliers de militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), le parti nationaliste algérien. Quand ils arrivent place de la Nation, des heurts se produisent et les policiers tirent froidement sur les manifestants algériens. Six d’entre eux sont tués, ainsi qu’un militant de la CGT. Et on compte des dizaines de blessés par balles.
Pendant un demi-siècle, ce drame va être effacé des mémoires et des représentations, en France comme en Algérie. Pour comprendre les raisons de cette amnésie et faire connaître les circonstances de l’événement, Daniel Kupferstein a conduit une longue enquête, pendant quatre ans. Elle lui a permis de réaliser en 2014 un film, que ce livre prolonge et complète. On y découvrira les témoignages inédits de nombre d’acteurs de l’époque, ainsi que les ressorts de l’incroyable mensonge d’État qui a permis l’occultation de ce massacre.
Et on comprendra le rôle essentiel de « déclic » joué par ce dernier dans le déclenchement par le FLN de la « guerre de libération » en novembre 1954.
« L’originalité de l’approche de Daniel Kupferstein réside dans sa méthode de cinéaste documentariste. Si ce livre s’appuie sur la consultation d’archives inédites, sur une lecture attentive de la presse de l’époque et des moindres évocations du 14 juillet 1953 au cours des années qui suivent la tragédie, sur une fréquentation des études consacrées à la guerre d’Algérie, une part essentielle est constituée par la recherche des témoignages. Ce qui en fait la richesse, c’est bien la rencontre avec les acteurs de cet épisode sanglant, avec leurs proches, aussi bien du côté des victimes que des forces de répression, et avec tous ceux dont la vie, aujourd’hui encore, est entravée par les non-dits, les mal-dits de l’Histoire. »
Didier Daeninckx
Lire la suite
En lire moins
EAN : 9782707194114
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 256
Format : 135 x 220 mm

Ils en parlent

Cette enquête fouillée, nourrie d'archives mais aussi de témoignages, en Algérie et en France, vient surtout, comme l'indique Didier Daeninckx dans sa préface, "rappeler que la répression des revendications indépendantistes n'a pas concerné que les départements d'Algérie, mais aussi la France métropolitaine".
Olivier Doubre / Politis

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • dido600 Posté le 4 Août 2019
    C’est un parmi tant d’autres crimes commis par la police française que décortique cet ouvrage très bien documenté. Réalisateur de documentaire également, l’auteur a mené une enquête pendant quatre ans pour retrouver les acteurs et les témoins de ce massacre oublié. Ce livre démente un mensonge d’Etat tenu dans le silence. Le massacre a eu lieu à la fin d'une marche organisée par la gauche française le 14 juillet 1953. Soit un an avant le déclenchement de la guerre d’indépendance. Plusieurs milliers de militants du MTLD ont pris part à cette marche avec des slogans propres à ce mouvement. Quand les manifestants du MTLD arrive à la place Nation éclatent les premiers heurts. Les policiers tirent froidement sur les marcheurs. Bilan sept morts, dans les rangs du MTLD et des dizaines de blessés. S'ensuit une série de mensonges à tous les étages des institutions de l'Etat. Tout a été fait pour camoufler la tuerie. Une véritable machine de désinformation s'est mise en place. "Dès le 14 juillet au soir, la préfecture de police de Paris publie un communiqué affirmant que 82 policiers ont été blessés dont 19 grièvement atteints, hospitalisés", écrit l'auteur qui affirme que les chiffres donnés par les archives de... C’est un parmi tant d’autres crimes commis par la police française que décortique cet ouvrage très bien documenté. Réalisateur de documentaire également, l’auteur a mené une enquête pendant quatre ans pour retrouver les acteurs et les témoins de ce massacre oublié. Ce livre démente un mensonge d’Etat tenu dans le silence. Le massacre a eu lieu à la fin d'une marche organisée par la gauche française le 14 juillet 1953. Soit un an avant le déclenchement de la guerre d’indépendance. Plusieurs milliers de militants du MTLD ont pris part à cette marche avec des slogans propres à ce mouvement. Quand les manifestants du MTLD arrive à la place Nation éclatent les premiers heurts. Les policiers tirent froidement sur les marcheurs. Bilan sept morts, dans les rangs du MTLD et des dizaines de blessés. S'ensuit une série de mensonges à tous les étages des institutions de l'Etat. Tout a été fait pour camoufler la tuerie. Une véritable machine de désinformation s'est mise en place. "Dès le 14 juillet au soir, la préfecture de police de Paris publie un communiqué affirmant que 82 policiers ont été blessés dont 19 grièvement atteints, hospitalisés", écrit l'auteur qui affirme que les chiffres donnés par les archives de la police ne sont pas les mêmes. Daniel Kupferstein va plus loin, il revient sur cet événement avec précision, décortique son déroulement presque minute par minute en s’appuyant sur les archives et les nombreux témoignages recueillis auprès d’Algériens et de policiers qui étaient en exercice. Le tout éclairé par des analyses d’historiens. Un véritable travail de bénédictin sur un massacre au cœur de Paris qui n’a pas ému grand monde. Même la presse s'est montré au mieux nuancée, au pire complice. Le Monde a osé cette explication : "Les origines de l'affaire demeurent obscures. La plus a sans doute (...) prédisposé à la nervosité sinon à la violence : le service d'ordre a pu, en toute bonne foi, prendre pour des agresseurs des gens qui cherchaient tout simplement refuge contre l'averse". C'est dire le travail de déni. "Le mérite du minutieux travail d'histoire de Daniel Kupferstein est de rappeler que la répression des revendications indépendantistes n'a pas concerné que les départements d'Algérie, mais aussi la France métropolitaine et d'éclairer une autre date symbolique coincée entre le 8 mai 1945 et la Toussaint 1954, celle du 14 juillet 1953", écrit Didier Daeninckx dans sa préface. L'auteur donne les noms des victimes du massacre et un visage, il met "au jour" un drame oublié par la France mais aussi inconnu des Algériens.
    Lire la suite
    En lire moins
ABONNEZ-VOUS À LA LETTRE D'INFORMATION DE LA DÉCOUVERTE
Nouveautés, extraits, agenda des auteurs et toutes les semaines les sorties en librairie !