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EAN : 9782493206039
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 160
Format : 118 x 185 mm
Nouveauté
Les choses que nous avons vues
Date de parution : 03/03/2022
Éditeurs :
Le bruit du monde
Nouveauté

Les choses que nous avons vues

Date de parution : 03/03/2022
Une plongée saisissante dans le quotidien des modérateurs de contenu, les nettoyeurs du web. Hanna Bervoets y analyse l’état de confusion entre réalité et virtuel dans lequel nous vivons.
Kayleigh a appartenu à la cohorte de modérateurs de contenu chargés de veiller sur les images et les textes qui circulent sur le web. Sur un ton froid et désabusé,... Kayleigh a appartenu à la cohorte de modérateurs de contenu chargés de veiller sur les images et les textes qui circulent sur le web. Sur un ton froid et désabusé, la jeune femme répond par courrier interposé à l’avocat qui lui a proposé de participer à une action collective contre... Kayleigh a appartenu à la cohorte de modérateurs de contenu chargés de veiller sur les images et les textes qui circulent sur le web. Sur un ton froid et désabusé, la jeune femme répond par courrier interposé à l’avocat qui lui a proposé de participer à une action collective contre la plateforme Internet qui l’employait. En dépit de la somme de vidéos barbares et de commentaires haineux qui lui a été infligée le temps de ce travail précaire, elle refuse de se joindre à ses anciens collègues, mais souhaite raconter ce qui l’a personnellement traumatisée sur les lieux de ce travail. Commence alors le récit du quotidien éreintant de ces nettoyeurs du web, de l’indifférence avec laquelle ils se protègent jusqu’aux cauchemars qui les hantent. Le jour où apparaît la séduisante Sigrid, venue travailler avec eux, Kayleigh semble perdre ses moyens.
Que peut devenir une relation entre deux êtres au sein d’un univers où l’intimité est quotidiennement malmenée ? Telle est la question que pose Hanna Bervoets avec acuité, le temps d’un récit à la tension irrésistible.
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EAN : 9782493206039
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 160
Format : 118 x 185 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lecoindesmots Posté le 5 Avril 2022
    Les limites que nous nous fixons sont-elles les seules résultantes de notre éducation ou dépendent-elles également des évènements dont nous sommes les témoins dans notre quotidien ? Peut-être est-ce là la question centrale de ce roman. Question à laquelle la narratrice répond, à sa façon, presque malgré elle, alors qu’elle répond, au travers de ce récit, à l’avocat qui lui propose de se joindre à l’action collective intentée contre la plateforme qui l’employait. Parce qu’avant, Kaleigh était modératrice de contenu, en charge de visionner et lire des contenus publiés sur la toile et de veiller au bon respect des règles imposées par la plateforme. Au travers de son récit froid et distant, elle va relater son quotidien fait de vidéos haineuses et commentaires dégradants, au sein d’une entreprise qui pressurise et épie ses employés jusqu’à l’indécence. Pour garder la tête hors de l’eau et ne pas sombrer dans un monde fait de cauchemars et de chaos, il reste les collègues. Eux qui savent ce que l’autre traverse, qui connaissent l’indicible et l’horreur qui colle à la rétine. Il reste les collègues, l’alcool à flot et les pétards. Promesses d’une échappatoire salvatrice auxquelles se raccroche Kaleigh. Puis, un jour Sigrid intègre l’équipe et là,... Les limites que nous nous fixons sont-elles les seules résultantes de notre éducation ou dépendent-elles également des évènements dont nous sommes les témoins dans notre quotidien ? Peut-être est-ce là la question centrale de ce roman. Question à laquelle la narratrice répond, à sa façon, presque malgré elle, alors qu’elle répond, au travers de ce récit, à l’avocat qui lui propose de se joindre à l’action collective intentée contre la plateforme qui l’employait. Parce qu’avant, Kaleigh était modératrice de contenu, en charge de visionner et lire des contenus publiés sur la toile et de veiller au bon respect des règles imposées par la plateforme. Au travers de son récit froid et distant, elle va relater son quotidien fait de vidéos haineuses et commentaires dégradants, au sein d’une entreprise qui pressurise et épie ses employés jusqu’à l’indécence. Pour garder la tête hors de l’eau et ne pas sombrer dans un monde fait de cauchemars et de chaos, il reste les collègues. Eux qui savent ce que l’autre traverse, qui connaissent l’indicible et l’horreur qui colle à la rétine. Il reste les collègues, l’alcool à flot et les pétards. Promesses d’une échappatoire salvatrice auxquelles se raccroche Kaleigh. Puis, un jour Sigrid intègre l’équipe et là, c’est tout le monde de Kaleigh qui vacille. L’amour leur donne des ailes, les pousse à vivre dangereusement et à repousser les limites. Mais comment construire une relation saine et épanouissante lorsque les notions mêmes d’intimité et de pudeur ne cessent d’être bousculées par le malsain qui nous entoure ? A trop regarder, nous nous habituons… Au travers d’une plume épurée et élégante, Hanna Bervoets signe un roman dérangeant et perturbant qui interroge les conséquences à long terme de ce métier de l’ombre, méconnu du grand public, et pourtant si indispensable. C’est le premier roman de cette autrice traduit en français et publié par cette nouvelle maison d’édition qu’est Le bruit du monde !
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  • nineentreleslignes Posté le 4 Avril 2022
    Les choses que nous avons vues de Hanna Bervoets Le bruit du monde Traduit par Noëlle Michel Un roman dont je ne saurais trop dire pourquoi je suis restée en dehors de l'histoire. Un livre dérangeant qui soulève bien des questions. Il y est question d'internet, ce cher outil où tout est à portée d'un clic. Un clic du pire pour paraphraser Ovidie. Ils sont une poignée à travailler dans l'ombre, à traquer l'horreur, le racisme, la violence, la pornographie, la pédophilie, et même les complotistes. C'est le besoin d'argent qui a poussé Kayleigh à accepter ce travail de modérateur, l'équipe est sympathique, ils se retrouvent après le travail, ils boivent des coups et font tourner des joints, il y a cette fille Sigrid dont elle va tomber amoureuse. Ensemble, ils se rassurent sur ces choses qu'ils ont vues, qu'ils effacent mais qui entachent leurs cerveaux. Chaque jour un peu plus. Dix minutes pur soulager sa conscience chez un psy, voilà ce qui leur est proposé. C'est peu pour sortir indemne d'un tel boulot ? Bientôt, Sigrid semble perdre les pédales, Kyo tourne complotiste, Kayleigh est perdue dans une sexualité toujours plus dévorante. Rien n'est évoqué, juste suggéré, les personnages sombrent et perdent toute rationalité jusqu'à la... Les choses que nous avons vues de Hanna Bervoets Le bruit du monde Traduit par Noëlle Michel Un roman dont je ne saurais trop dire pourquoi je suis restée en dehors de l'histoire. Un livre dérangeant qui soulève bien des questions. Il y est question d'internet, ce cher outil où tout est à portée d'un clic. Un clic du pire pour paraphraser Ovidie. Ils sont une poignée à travailler dans l'ombre, à traquer l'horreur, le racisme, la violence, la pornographie, la pédophilie, et même les complotistes. C'est le besoin d'argent qui a poussé Kayleigh à accepter ce travail de modérateur, l'équipe est sympathique, ils se retrouvent après le travail, ils boivent des coups et font tourner des joints, il y a cette fille Sigrid dont elle va tomber amoureuse. Ensemble, ils se rassurent sur ces choses qu'ils ont vues, qu'ils effacent mais qui entachent leurs cerveaux. Chaque jour un peu plus. Dix minutes pur soulager sa conscience chez un psy, voilà ce qui leur est proposé. C'est peu pour sortir indemne d'un tel boulot ? Bientôt, Sigrid semble perdre les pédales, Kyo tourne complotiste, Kayleigh est perdue dans une sexualité toujours plus dévorante. Rien n'est évoqué, juste suggéré, les personnages sombrent et perdent toute rationalité jusqu'à la fin qui m'a laissée perplexe. Un roman peut être trop court, des personnages peut être trop froids. Toujours est-il que c'est un roman à l'idée originale et c'est une toute nouvelle maison d'édition prometteuse.
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  • jean_reve Posté le 3 Avril 2022
    Après avoir travaillé dans des centres d’appel et parce qu’elle a besoin d’argent, Kayleigh s’est fait embaucher pour être "modérateur de contenus" chez Hexia, le sous-traitant d’un "géant technologique puissant". Sous cette appellation, le job semble socialement normal alors qu’il s’agit de nettoyer le web de tout ce que la plateforme estime ne pas devoir être vu. Kayleigh est soumise à des conditions de travail indignes, aux directives changeantes de la plateforme, à une obligation de "traiter cinq cents tickets par jour". Comme ses collègues, elle n’a pas d’accompagnement psychologique pour l’aider à supporter et évacuer les vidéos terrifiantes qu’elle visionne. "Mais qu’a-t-elle vu ?" se demande-t-on. À cette question normale, "on attend une réponse macabre ». En voici un exemple : "J’ai vu une fille se taillader le bras en direct au moyen d’un canif bien trop émoussé, elle a dû appuyer fort avant de parvenir à saigner un peu. J’ai vu un homme donner à son berger allemand un coup de pied si brutal que la bête s’est écrasée en couinant contre le réfrigérateur. J’ai vu des enfants se mettre au défi d’avaler d’un coup une quantité aberrante de cannelle. J’ai vu des gens vanter par écrit les qualités de Hitler... Après avoir travaillé dans des centres d’appel et parce qu’elle a besoin d’argent, Kayleigh s’est fait embaucher pour être "modérateur de contenus" chez Hexia, le sous-traitant d’un "géant technologique puissant". Sous cette appellation, le job semble socialement normal alors qu’il s’agit de nettoyer le web de tout ce que la plateforme estime ne pas devoir être vu. Kayleigh est soumise à des conditions de travail indignes, aux directives changeantes de la plateforme, à une obligation de "traiter cinq cents tickets par jour". Comme ses collègues, elle n’a pas d’accompagnement psychologique pour l’aider à supporter et évacuer les vidéos terrifiantes qu’elle visionne. "Mais qu’a-t-elle vu ?" se demande-t-on. À cette question normale, "on attend une réponse macabre ». En voici un exemple : "J’ai vu une fille se taillader le bras en direct au moyen d’un canif bien trop émoussé, elle a dû appuyer fort avant de parvenir à saigner un peu. J’ai vu un homme donner à son berger allemand un coup de pied si brutal que la bête s’est écrasée en couinant contre le réfrigérateur. J’ai vu des enfants se mettre au défi d’avaler d’un coup une quantité aberrante de cannelle. J’ai vu des gens vanter par écrit les qualités de Hitler à leurs voisins, leurs collègues ou à de vagues connaissances, comme ça, au vu et au su de tous, y compris de potentiels partenaires ou employeurs : « Hitler aurait dû finir le boulot », à côté d’une photo de migrants dans une embarcation de fortune." On ne citera pas le reste… Le récit de Kayleigh est adressé à un avocat qui voudrait qu’elle se joigne à une action de groupe contre la société qui l’a employée, ce qu’elle refuse. Elle lui dit " Je me souviens de toutes les règles’" et comment elle continue de les appliquer dans la banalité de la vie quotidienne. Elle a noué une liaison amoureuse avec Sigrid, une collègue. Mais comment vivre une belle histoire d’amour quand on doit, des heures durant, visionner des vidéos horribles, absolument glauques ? Quand on voit la violence nue ? Quand on erre dans un monde où la désinformation est la règle. Ce que montre Hanna Bervoets, c’est l’impossibilité de rester « normal", de ne pas sombrer dans la "dépression, anxiété et pensées paranoïaques". Subir à haute dose la violence d’images choquantes et la pression de l’employeur ne peut laisser le modérateur indemne. La déraison et la folie de ceux qui postent ces contenus atteignent ceux qui les évacuent du web, comme « Robert [qui]dormait à présent avec son Taser, par crainte que des terroristes ne viennent le chercher la nuit", comme ceux qui "se recroquevillent dès qu’ils sentent arriver quelqu’un derrière eux au supermarché". Hanna Bervoets écrit son court roman de façon clinique, sans pathos, sans juger. Elle raconte froidement l’histoire d’amour de Kayleigh avec Sigrid, du début jusqu’à la fin marquée par l’effondrement de la rationalité de Sigrid. À la fin du livre, même la raison de Kayleigh, qui semble pourtant la plus solide de ses collègues, cède et s’égare. Et ça laisse au lecteur une sensation amère, très amère.
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  • Little_stranger Posté le 3 Avril 2022
    Le roman est court, incisif. Le milieu : un vaste cloaque : internet et ses modérateurs de contenus ou comment continuer à vivre quand tu vois en permanence des choses si horribles qu'elles ne devraient pas se trouver sur le net. C'est l'histoire de Kayleigh, contée à un avocat monsieur Stitic, de façon non officielle. Kayleigh qui a intégré comme d'autres Hexia, une entreprise totalitaire, au régime de travail quasi carcéral. Avec d'autres (Robert, Kyo, Sigrid, Souhaim et Louis), elle filtre les contenus sur internet (les "tickets") avec des performances numériques à atteindre, mais jusqu'à quel point, le contenu peut-il être filtré ? A partir de quand, le contenu finit-il par vous remplir, vous dévorer, quand perd-on contact avec la vraie vie ? Un livre impressionnant qui vous met la tête à l'envers. Internet : espace de liberté, portes de l'enfer plutôt.
  • carolitne Posté le 30 Mars 2022
    Elle a tout vu, Kayleigh. Elle a tout vu, plusieurs fois. Jusqu’au bout. Sans fermer les yeux. Jamais. Elle a vu la violence, la haine, l’horreur, l’épouvante, la monstruosité. La barbarie. Spectatrice de l’innommable, témoin de l’indicible. Elle a tout vu pour que nous n’en voyions rien. Le regard constamment dirigé vers l’écran de son ordinateur, elle a observé, contemplé, examiné les images, vidéos et textes qui circulent sur internet. Elle en a autorisé certaines, supprimé plusieurs. Selon des règles de modération très strictes, dont l’arbitraire impose une loi de la déshumanisation à ces victimes. A Kayleigh, à tous ses collègues modérateurs dont on exigeait l’obéissance à des directives qui brisent les consciences, broient les émotions, dévorent l’esprit. Le regard détourné de leurs âmes, confrontés à la censure de l’expression, condamnés à la passivité. A voir des choses qui se passent de mots. Les mots, ce qu’il reste à l’humain, ce qui reste de l’intime. Des mots froids, durs, cliniques, en écho à la déshumanisation dont Kayleigh est victime. A laquelle contribue le lecteur, pris à témoin d’un récit glaçant par la mise en abime d’un voyeurisme malsain, installé dans l’inconfortable position d’un indiscret observateur à la curiosité aiguisée. Auquel s’adresse Kayleigh par une lettre, dans une tentative de retrouver... Elle a tout vu, Kayleigh. Elle a tout vu, plusieurs fois. Jusqu’au bout. Sans fermer les yeux. Jamais. Elle a vu la violence, la haine, l’horreur, l’épouvante, la monstruosité. La barbarie. Spectatrice de l’innommable, témoin de l’indicible. Elle a tout vu pour que nous n’en voyions rien. Le regard constamment dirigé vers l’écran de son ordinateur, elle a observé, contemplé, examiné les images, vidéos et textes qui circulent sur internet. Elle en a autorisé certaines, supprimé plusieurs. Selon des règles de modération très strictes, dont l’arbitraire impose une loi de la déshumanisation à ces victimes. A Kayleigh, à tous ses collègues modérateurs dont on exigeait l’obéissance à des directives qui brisent les consciences, broient les émotions, dévorent l’esprit. Le regard détourné de leurs âmes, confrontés à la censure de l’expression, condamnés à la passivité. A voir des choses qui se passent de mots. Les mots, ce qu’il reste à l’humain, ce qui reste de l’intime. Des mots froids, durs, cliniques, en écho à la déshumanisation dont Kayleigh est victime. A laquelle contribue le lecteur, pris à témoin d’un récit glaçant par la mise en abime d’un voyeurisme malsain, installé dans l’inconfortable position d’un indiscret observateur à la curiosité aiguisée. Auquel s’adresse Kayleigh par une lettre, dans une tentative de retrouver son humanité ; ce témoignage personnel de son expérience la plaçant au centre des regards, ses confidences cherchant la compréhension d’un lecteur emporté malgré lui dans la spirale du voyeurisme. Jusqu’à une fin abrupte, déroutante, déstabilisante. Révélant par la frustration qu’elle suscite la nature pernicieuse de notre curiosité.
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