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            Les ennemis intimes de la démocratie

            Robert Laffont
            EAN : 9782221129524
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 270
            Format : 135 x 215 mm
            Les ennemis intimes de la démocratie

            Date de parution : 19/01/2012

            Il y a quelques années, le célèbre best-seller de Fukuyama annonçait la “ fin de l’Histoire ”.
            Plus humblement – mais sûrement plus justement – Todorov nous invite à réfléchir
            à une possible “ fin de la Démocratie ”.

            On peut regarder l’histoire politique du XXe siècle comme l’histoire du combat de la démocratie contre ses ennemis extérieurs : le fascisme et le communisme. Ce combat s’est achevé avec la chute du mur de Berlin. D’après certains, il se prolonge contre de nouveaux ennemis – islamo-fascisme, terrorisme, dictateurs sanguinaires…...

            On peut regarder l’histoire politique du XXe siècle comme l’histoire du combat de la démocratie contre ses ennemis extérieurs : le fascisme et le communisme. Ce combat s’est achevé avec la chute du mur de Berlin. D’après certains, il se prolonge contre de nouveaux ennemis – islamo-fascisme, terrorisme, dictateurs sanguinaires… Pour Todorov, ces dangers, certes réels, ne sont pas des candidats crédibles à cette succession. Le principal ennemi de la démocratie, c’est devenu elle-même, ou plutôt certains aspects plus ou moins visibles de son développement, qui en menacent jusqu’à l’existence même.
            Le premier est une forme de démesure, un avatar de la vieille hubris des Grecs : ayant vaincu ses ennemis, certains des tenants de la démocratie libérale sont pris d’ivresse. Quelques dizaines d’années après la décolonisation, les voici lancés dans une série de croisades où il s’agit d’apporter les bienfaits de la civilisation à des peuples qui en sont privés. Or cette démesure, non contente d’être plus meurtrière qu’on le dit (car les “ bombes humanitaires ” tuent autant que les autres), est aussi destructrice de nos propres valeurs : on part se battre pour une juste cause, et on se réveille avec le cauchemar d’Abu Ghraïb ou de Guantanamo.
            Le deuxième est une étrange filiation : pour Todorov, il y a en effet une continuité entre le messianisme européen du XIXe siècle, qui a notamment ouvert la voie idéologique de la colonisation, le communisme et le néolibéralisme contemporain. Ce sont des doctrines proprement révolutionnaires, dont le but est d’établir un nouvel ordre du monde, et où la fin justifie les moyens. C’est une chose de croire en l’universalité de ses propres valeurs et de souhaiter les promouvoir ; c’en est une autre de le faire avec une violence moins visible, et sans une considération attentive des peuples objets de notre sollicitude.
            Le troisième est la tyrannie des individus : une doctrine de protection des libertés s’est aujourd’hui hypertrophiée jusqu’à donner à quelques puissants le privilège de s’approprier non seulement les richesses, mais aussi le pouvoir politique et la parole publique – bref d’occuper tout l’espace et d’exercer la liberté des renards dans le poulailler…
            Liberté et barrières, tolérance et responsabilité, balance des contre-pouvoirs – seul un dosage subtil pourra permettre à la démocratie de durer en étant autre chose qu’un paravent ou un faux-semblant : un modèle où les forces contradictoires qui agitent individus et sociétés trouvent une forme d’équilibre perpétuellement instable, et où le “ vivre-ensemble ” garde un sens.

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            EAN : 9782221129524
            Façonnage normé : BROCHE
            Nombre de pages : 270
            Format : 135 x 215 mm
            Robert Laffont
            20.50 €
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            Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

            • vincentf Posté le 10 Juillet 2014
              Penser que la démocratie est malade semble bien banal. Todorov identifie les maux, ceux dont on se doutait un peu : messianisme, ultralibéralisme, populisme. Il montre les liens et les conséquences de ces évolutions, choisit des exemples parlants. Quand donc la démocratie se mord-elle la queue? Premièrement, quand elle cherche à s'imposer par la force. L'exemple de l'Irak saute bien sûr aux yeux et Todorov, en 2012, n'a pas encore vu le petchi actuel. La démocratie, bien entendu, ne se décrète pas. Ce qui est plus intéressant, car jusque là on enfonce des portes ouvertes, c'est le lien qu'il fait entre le messianisme communiste et celui des démocraties. En bon structuraliste, il montre que cela fonctionne de la même façon : notre système est le meilleur, donc il doit inéluctablement s'étendre au monde entier et c'est notre devoir de l'y implanter au plus vite, même si les peuplades primitives que l'on sauve de la tyrannie ne comprennent pas bien ce que l'on vient foutre chez elles. Deuxièmement, Todorov dénonce ce qu'il appelle la tyrannie des individus, l'excès de liberté qui oublie que l'être humain est un animal social, et son pendant économique, le marché débridé qui ne songe qu'au profit.... Penser que la démocratie est malade semble bien banal. Todorov identifie les maux, ceux dont on se doutait un peu : messianisme, ultralibéralisme, populisme. Il montre les liens et les conséquences de ces évolutions, choisit des exemples parlants. Quand donc la démocratie se mord-elle la queue? Premièrement, quand elle cherche à s'imposer par la force. L'exemple de l'Irak saute bien sûr aux yeux et Todorov, en 2012, n'a pas encore vu le petchi actuel. La démocratie, bien entendu, ne se décrète pas. Ce qui est plus intéressant, car jusque là on enfonce des portes ouvertes, c'est le lien qu'il fait entre le messianisme communiste et celui des démocraties. En bon structuraliste, il montre que cela fonctionne de la même façon : notre système est le meilleur, donc il doit inéluctablement s'étendre au monde entier et c'est notre devoir de l'y implanter au plus vite, même si les peuplades primitives que l'on sauve de la tyrannie ne comprennent pas bien ce que l'on vient foutre chez elles. Deuxièmement, Todorov dénonce ce qu'il appelle la tyrannie des individus, l'excès de liberté qui oublie que l'être humain est un animal social, et son pendant économique, le marché débridé qui ne songe qu'au profit. Là aussi, ça sonne comme du déjà entendu. Le pas de plus chez Todorov, c'est la "toyotisation des esprits", le fait que non seulement l'économie dicte la marche du monde mais qu'elle formate également nos têtes à travers l'invasion des techniques de management et le matraquage médiatique. Nous voilà donc prêt, si nous ne résistons pas, à tomber dans le piège des démagogues, des grands rhétoriciens de notre époque, des populistes qui, face au mur de la complexité, préfèrent foncer en désignant les premiers coupables venus, ces étrangers qui ne vivent pas comme nous et qui sont donc forcément mauvais. Le diagnostic est juste. C'est en son sein que la démocratie cache ses ennemis. Saura-t-elle s'en débarrasser sans se détruire elle-même?
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            • ster Posté le 4 Mars 2012
              Avant de lire Les ennemis intimes de la démocratie, je ne connaissais l'auteur que de renom : universitaire reconnu, historien des idées, au départ théoricien de la littérature au côté de Genette, spécialiste de Benjamin Constant et en couple avec Nancy Huston. Je savais vaguement qu'il venait d'un pays de l'Est, il a en effet vécu les vingt-quatre premières années de sa vie sous le régime totalitaire de la Bulgarie. J'avais très envie de lire un jour un de ses essais, son vécu autant que ses centres d'intérêt m'y poussait. Si je devais résumer à ma façon, j'ai pu voyager dans le temps et dans l'espace et constater que les idées de Saint Augustin et de Pélage (contemporain du premier), d'hétéronomie (soumission à la loi) ou d'autonomie de l'individu se transmettent en épousant de nouvelles formes comme des gènes d'ancêtre.. Il n'est plus question d'autorité divine mais des racines communes innervent par exemple le « messianisme politique » qu'il s'agisse de communisme ou de néolibéralisme.Les exemples de l'histoire proche ou lointaine sont annotés et précis et l'on parcourt ainsi les siècles. J'ai trouvé ce concept de « messianisme politique » particulièrement juste, s'appliquant tant à des régimes totalitaires qu'à des « démocraties », j'ai senti la force... Avant de lire Les ennemis intimes de la démocratie, je ne connaissais l'auteur que de renom : universitaire reconnu, historien des idées, au départ théoricien de la littérature au côté de Genette, spécialiste de Benjamin Constant et en couple avec Nancy Huston. Je savais vaguement qu'il venait d'un pays de l'Est, il a en effet vécu les vingt-quatre premières années de sa vie sous le régime totalitaire de la Bulgarie. J'avais très envie de lire un jour un de ses essais, son vécu autant que ses centres d'intérêt m'y poussait. Si je devais résumer à ma façon, j'ai pu voyager dans le temps et dans l'espace et constater que les idées de Saint Augustin et de Pélage (contemporain du premier), d'hétéronomie (soumission à la loi) ou d'autonomie de l'individu se transmettent en épousant de nouvelles formes comme des gènes d'ancêtre.. Il n'est plus question d'autorité divine mais des racines communes innervent par exemple le « messianisme politique » qu'il s'agisse de communisme ou de néolibéralisme.Les exemples de l'histoire proche ou lointaine sont annotés et précis et l'on parcourt ainsi les siècles. J'ai trouvé ce concept de « messianisme politique » particulièrement juste, s'appliquant tant à des régimes totalitaires qu'à des « démocraties », j'ai senti la force de la « conscience aigüe de ce paradoxe : tout ce mal était accompli au nom du bien, était justifié par un but présenté comme sublime » lorsque Todorov cite exceptionnellement son propre vécu, et pensé au Zéro et l'infini de Koestler ainsi qu'aux Justes de Camus quant à ce même paradoxe. Sans identifier dictature et démocratie, les outils nous sont donnés pour « saisir » ce qui dans nos démocraties tend, de l'intérieur, à transformer celles-ci dès lors qu'un principe se met à peser davantage entre le peuple, la liberté et le progrès (populisme, ultralibéralisme et messianisme). Ainsi, il est aisé de voir que oui, « la logique des surhommes convient bien à la logique ultralibérale » et qu'il est nécessaire voire vital pour la démocratie de faire son autocritique et de cesser de montrer du doigt un danger soit-disant étranger à elle même (Hitler, le fanatisme religieux, etc...) pour préserver, un tant soit peu, de véritables valeurs.Vaste programme. Je remercie les éditions Robert Laffont et Babelio qui dans le cadre de l'opération Masse-critique m'ont permis ce voyage dans le monde des idées pour un humanisme lucide.
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