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Belfond
EAN : 9782714459596
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 330
Format : 140 x 205 mm

Mrs. Bridge

Clément LECLERC (Traducteur)
Collection : Belfond Vintage
Date de parution : 14/01/2016
Mrs. Bridge et son pendant, Mr. Bridge, forment une œuvre en diptyque fondatrice de la littérature américaine d’après-guerre, adulée par des générations entières de romanciers. Portée par une écriture d’une précision redoutable, un ton à l’élégance distanciée et une construction virtuose, une redécouverte à la hauteur de celle d’un Richard Yates avec La Fenêtre panoramique ou d’un John Williams avec Stoner.
Attention, chef(s)-d’œuvre !
Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l’enfance, mais sans qu’elle ressentît la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu’ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l’un l’autre dans l’attente de l’aube, puis d’un autre jour, puis...
Attention, chef(s)-d’œuvre !
Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l’enfance, mais sans qu’elle ressentît la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu’ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l’un l’autre dans l’attente de l’aube, puis d’un autre jour, puis d’une autre nuit qui peut-être leur donnerait l’immortalité, Mrs. Bridge s’éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir.

Mrs. Bridge et son pendant, Mr. Bridge, forment une œuvre en diptyque fondatrice de la littérature américaine d’après-guerre, adulée par des générations entières de romanciers. Portée par une écriture d’une précision redoutable, un ton à l’élégance distanciée et une construction virtuose, une redécouverte à la hauteur de celle d’un Richard Yates avec La Fenêtre panoramique ou d’un John Williams avec Stoner
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EAN : 9782714459596
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 330
Format : 140 x 205 mm
Belfond

Ils en parlent

« Evan Connell a écrit Mr. et Mrs. Bridge alors même que Philip Roth, John Updike et Richard Yates n’en étaient qu’aux prémices de leurs chefs-d’œuvre. Comme ces derniers, il traite des banlieues, de la famille et de l’aliénation, mais dans les cercles littéraires, le nom de Connell est rarement évoqué aux côtés de ceux de ses confrères. Et pourtant, ni Roth ni Updike ni Yates n’ont écrit sur ce type de personnages avec autant de sensibilité et de justesse. »
 
The Guardian

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • legranddelphes Posté le 3 Mai 2020
    quel excellent roman ! exquise lecture !
  • Ingannmic Posté le 17 Mars 2020
    D'abord Mrs Bridge. Mrs Bridge dont la vie s'écoule sans vague ni remous, dans cette Amérique des années 30 puis 40 qu'elle traverse avec la certitude quiète de ceux qui ne manquent de rien, ce grâce à son avocat de mari qui passe sa vie au travail pour assurer le confort matériel des siens. Les Bridge comptent ainsi parmi la moyenne bourgeoisie de Kansas City, et comme toutes les bourgeoises de Kansas City, Mrs Bridge est mère au foyer, s'occupant de leurs deux filles, Ruth la discrète et Carolyn la dégourdie, et de leurs fils Douglas, dernier essai réussi pour avoir un garçon. Au fil de courts chapitres de nature anecdotique mais significative, Evan S. Connell dévide la routine de son existence, et met en évidence le vide qui affleure sous le vernis d’apparences toujours sauvegardées. Car enserrée dans le carcan de la bienséance, de la respectabilité, Mrs Bridge ne vit pas vraiment. Chacun de ses actes, chacune de ses paroles, sont conditionnés par la conviction de ce qu'elle et les membres de sa famille représentent, conviction fondée sur les critères d'une convenable "normalité" à laquelle elle se soumet aveuglément. Son emploi du temps, les enfants grandissant, devient de plus en plus difficile... D'abord Mrs Bridge. Mrs Bridge dont la vie s'écoule sans vague ni remous, dans cette Amérique des années 30 puis 40 qu'elle traverse avec la certitude quiète de ceux qui ne manquent de rien, ce grâce à son avocat de mari qui passe sa vie au travail pour assurer le confort matériel des siens. Les Bridge comptent ainsi parmi la moyenne bourgeoisie de Kansas City, et comme toutes les bourgeoises de Kansas City, Mrs Bridge est mère au foyer, s'occupant de leurs deux filles, Ruth la discrète et Carolyn la dégourdie, et de leurs fils Douglas, dernier essai réussi pour avoir un garçon. Au fil de courts chapitres de nature anecdotique mais significative, Evan S. Connell dévide la routine de son existence, et met en évidence le vide qui affleure sous le vernis d’apparences toujours sauvegardées. Car enserrée dans le carcan de la bienséance, de la respectabilité, Mrs Bridge ne vit pas vraiment. Chacun de ses actes, chacune de ses paroles, sont conditionnés par la conviction de ce qu'elle et les membres de sa famille représentent, conviction fondée sur les critères d'une convenable "normalité" à laquelle elle se soumet aveuglément. Son emploi du temps, les enfants grandissant, devient de plus en plus difficile à combler. Elle ne peut plus par ailleurs s'occuper aux tâches ménagères depuis que les Bridge ont embauché Harriet, une jeune noire, comme employée de maison. Il lui reste les boutiques -mais de caractère raisonnable, peu dispendieux, elle finit par trouver cela un peu vain- et les sorties avec ses amies. Ce désœuvrement est à peine exprimé. Jamais Mrs Bridge ne s'en plaint, comme elle ne se plaint d'ailleurs jamais de rien, ne profère jamais un mot plus haut que l'autre, ne contredit jamais ses interlocuteurs. Car Mrs Bridge, en apparence du moins, n'a pas d'avis, pas d'envie, pas d'états d'âme. Elle n'a surtout pas d'opinions, si ce n'est celles de son mari, qu'il convient d'avoir selon son milieu et son appartenance sociale, qui sont souvent d'ailleurs, plutôt que des opinions, des préjugés. Ses lectures se cantonnent généralement à celle du journal mondain de Kansas City. Le moindre accroc, le moindre élan de spontanéité menaçant la creuse plénitude de son quotidien la perturbent, la solution pour y faire face consistant à faire comme s'ils n'existaient pas. On a l'impression qu'elle évolue dans un univers factice, ultra sécurisé, un microcosme au sein duquel, insipide, lisse, étrangère à toute passion, elle porte avec une innocence tout de même un peu suspecte les œillères qui lui évitent toute remise en question, toute curiosité vis-à-vis de ce qui se passe ailleurs, la hissant dans les hauteurs d'un monde où la pauvreté, la violence, l'injustice, ne sont que de faibles échos bien vite étouffés. Ainsi, elle pratique la charité et l'ouverture d'esprit comme le reste : avec parcimonie et selon un protocole bien établi. Malgré un intérêt feint et de bon aloi pour les minorités, noirs, pauvres ou juifs, il est préférable, pour sauvegarder la pérennité de cette société à niveaux hermétiques, de ne pas se mélanger... On en vient à se demander si elle a des sentiments, cette Mrs Bridge : même avec ses enfants elle garde une sorte de distance -sauf peut-être avec Carolyn, qui lui ressemble-, comme si elle observait avec curiosité et une vague crainte ces êtres sur lesquels son emprise a une limite. Imaginer qu'il faudra un jour les considérer comme des grandes personnes l'ennuie... Mais oui, elle en a, des sentiments, qui se révèlent, par bribes, à l'occasion de questionnements qui éclatent, en petites bulles, à la surface de son existence plane et confortablement mortifère, de vagues impressions, de sombres pressentiments qui la saisissent à la pensée du passage du temps, comme si quelque chose qu'elle n'avait pas su saisir s'éloignait, comme si des attentes s'étaient évaporées avant même d'avoir pu être vraiment formulées... mais comme tout ce qui pourrait venir bouleverser la route bien tracée de son existence, elle enfouit ces fugaces ingérences sous le vernis de son impassible honorabilité, restant aux yeux du monde Mrs Bridge, une épouse, temporairement une mère, et c'est tout. "Il ne voyait pas l'intérêt d'instruire ses filles ou de préparer leur avenir, si ce n'est en s'assurant qu'elles soient propres, polies, franches, modestes et convenablement éduquées. Quant au reste, leur mère y pourvoirait." Ensuite, Mr Bridge. Ce qui frappe assez vite avec ce pendant au roman ci-dessus, écrit dix ans après, c'est l'impression de découvrir deux vies parallèles qu'aucune friction ni communion ne permettent de lier, deux solitudes qui se côtoient sans jamais se rencontrer vraiment. Si Mrs Bridge pouvait passer pour l'archétype de l'épouse docile, offrant au monde une image d'épouse et de mère "modèle", Mr Bridge est quant à lui un symbole du conservatisme, produit de la classe moyenne de cette Amérique des années 30 qui, épargnée par la crise économique, évoluant dans un environnement socialement uniforme, se conforme avec intransigeance aux carcans moraux de leur caste. C'est a priori un homme sans surprise, qui accorde à la réussite financière une importance capitale, l'époux et père représentant le garant de la sécurité matérielle de sa famille. Il passe d'ailleurs bien plus de temps à son cabinet d'avocat que dans son foyer, entretenant avec son assistante une complicité intellectuelle dont il ne rêve même pas avec sa conjointe. Il est ainsi celui qui inculque à ses enfants, par l'exemple, le culte du mérite, le travail étant le pilier sur lequel tient la respectabilité de l'individu et la pérennité d'une société américaine qu'il ne voit que prospère, où tout individu, si tant est qu'il s'en donne les moyens, peut saisir sa chance, la pauvreté étant par conséquent un corollaire de la paresse... Dans le monde de Mr Bridge, la place de chacun est précisément définie : la mère au foyer, le mari au travail, les noirs hors des sphères logiquement réservées aux blancs... Tout doit être contrôlé, organisé. Lui-même ne s'autorise aucun laisser-aller, aucune spontanéité. Contrairement à sa femme, il affirme ses opinions -fondées sur des préjugés reniant la légitimité de toute différence- avec la conviction de leur justesse, ne tolère aucune remise en question, et en instruit ses enfants en père pontifiant, comme s'il le faisait au nom d'une instance moralement supérieure. Incapable d'auto dérision, psycho rigide, il se rend parfois bien compte qu'il force un peu le trait, mais il est exclus de s'abaisser à une bienveillance ou une tolérance qui seraient preuve de faiblesse. Un bien sinistre personnage, en somme, dont on pourrait se demander s'il est capable d'éprouver quelque émotion... on se prend, par moments, à penser que Mr Bridge est une belle ordure -la manière dont il commente le lynchage d'un noir en présumant qu'il avait probablement fait quelque chose de mal est notamment particulièrement glaçante- et à se demander quels auraient été son destin, son comportement, s'il avait été citoyen allemand, mais cela n'a pas de sens, car ce qu'on l'on est dépend au moins autant des circonstances, de l'environnement dans lequel on vient au monde, que d'un caractère qui déterminerait nos pensées et nos agissements. Mr Bridge est Mr Bridge parce qu'il est né en Amérique, dans un milieu qui a dans une certaine mesure conditionné une vision du monde que son refus de réelle confrontation avec des êtres différents n'a pas permis de nuancer, ou de démentir. La méthode narrative est calquée sur celle qu'utilisait déjà l'auteur dans "Mrs Bridge", une succession de courts paragraphes dévidés sur un ton anecdotique, Evan S. Connell exprimant des faits, sans jugement, même si le choix même de ces faits dénote la férocité du regard. Et comme dans Mrs Bridge, il laisse parfois affleurer les manifestations de pulsions, de questionnements, qui viennent bousculer, l’espace d'un instant, la rigoureuse structure mentale de son personnage, qui expriment alors ses frustrations ou d'inavouables désirs, les sentiments que lui inspirent sa femme -qu'à aucun moment il ne tente de comprendre- et ses enfants, enfouis sous l'auto-censure qu'il s'impose au nom, sans doute, de son équilibre psychologique et existentiel...
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  • Artiola Posté le 27 Juillet 2019
    Dans la version numérique, on trouve en préface l'analyse complète de cette oeuvre par Joshua Ferris. J'ai choisi de la lire en dernier pour ne pas découvrir l'histoire avant que j'attaque la lecture. Divisé en petits chapitres, le livre se lit vite, mais j'ai pris mon temps pour profiter un peu plus de la compagnie de Mrs Bridge. Les situations drôles et sa naïveté m'ont beaucoup amusé. Mais si on réfléchit plus, on ne peut pas s'empêcher de voir dans ce portrait de femme, une vie sans attrait, de la solitude et une souffrance qui s'accumule avec les années. Je sais que Mr.Bridge est disponible en numérique. Je vais le prendre en vacances pour faire sa connaissance. Il est très peu présent dans le premier livre.
  • sweetie Posté le 13 Mai 2019
    Sur la couverture de Mrs Bridge, il est écrit « roman vintage » et « Attention chef d'oeuvre »; de quoi se questionner un brin sur la nécessité d'apposer de telles étiquettes qui au final, s'avèrent assez réductrices. La préface de Joshua Ferris en revanche s'avère bénéfique à la lecture car j'avoue avoir été quelque peu déroutée par la construction et la prose de ce roman paru en 1959. Composé de saynètes, le récit déroule le quotidien de Mrs Bridge, femme au foyer bien nantie, autour de laquelle évoluent son mari, avocat, ses enfants Ruth, Carolyn et Douglas, Hattie, la domestique noire, et un cercle d'amis restreints. L'auteur a choisi une écriture simple et sans parti pris pour décrire la classe moyenne et aisée des années 1930 à 1950 de Kansas City. C'est le point de vue de Mrs Bridge qu'il nous est donné de voir dans ce premier volet ; j'ai déjà entrepris le second avec Mr Bridge qui m'apparaît jusqu'à maintenant plus développé. En conclusion, un bel instantané sur la condition féminine et l'évolution des moeurs à travers le XXe siècle.
  • mumuboc Posté le 7 Juin 2018
    Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentit la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube, puis d'un autre jour, puis d'une autre nuit qui peut-être leur donnerait l'immortalité, Mrs. Bridge s'éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir. Oui voilà ce qu'est la vie de Mrs Bridge, après la lecture de Mr Bridge il y a quelques mois, publié 10 ans après Mrs Bridge, il me fallait connaître la version de Madame sur la vie de sa famille, à partir des années 1930 jusqu'au départ des enfants du nid, au début de la deuxième guerre mondiale. J'avais trouvé globalement la lecture assez longue, répétitive sur le quotidien de cet avocat d'affaires, égoïste, obsédé par son travail, se reposant totalement sur sa femme, India, pour le bon fonctionnement de la maison et des enfants mais surtout parce que je me demandais pourquoi sa femme ne... Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentit la moindre nervosité. Parfois, cependant, au cœur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube, puis d'un autre jour, puis d'une autre nuit qui peut-être leur donnerait l'immortalité, Mrs. Bridge s'éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir. Oui voilà ce qu'est la vie de Mrs Bridge, après la lecture de Mr Bridge il y a quelques mois, publié 10 ans après Mrs Bridge, il me fallait connaître la version de Madame sur la vie de sa famille, à partir des années 1930 jusqu'au départ des enfants du nid, au début de la deuxième guerre mondiale. J'avais trouvé globalement la lecture assez longue, répétitive sur le quotidien de cet avocat d'affaires, égoïste, obsédé par son travail, se reposant totalement sur sa femme, India, pour le bon fonctionnement de la maison et des enfants mais surtout parce que je me demandais pourquoi sa femme ne réagissait pas, qui était-elle vraiment ? Pas à travers le regard de son époux, mais dans sa tête, à quoi pensait-elle, était-elle heureuse ? Pauvre femme de la middle-class américaine des années 30 : que de soucis à régler : les enfants en particulier Douglas avec qui elle est en conflit permanent et qui mettra un peu de piquant et d'originalité, les filles : Ruth, jolie, indépendante, artiste, Carolyn, brillante mais le miroir de sa mère. Elle doit tout surveiller, contrôler : le linge, les sorties, les relations amicales et plus, envisager l'avenir de chacun et chacune.  le mari : totalement indifférent à sa vie, à ses pensées, à ses aspirations et qui ramène tout à lui, son travail, ses préoccupations. C'est lui qui donne le tempo : même pendant un cyclone, il dîne, ne bouge pas et India attendra qu'il se lève pour se mettre à l'abri ..... Alors qu'elle voudrait tant retrouver les émois du début de leur union.....  les domestiques, noirs dont Harriet (beaucoup plus présente dans Mr Bridge) : le racisme imprègne fortement le récit car même si elle ne pense pas faire de la ségrégation, elle n'accepterait pas de vivre dans une maison voisine d'une famille noire...  que faire de ses journées : l'ennui, la solitude profonde, l'isolement malgré les relations du Country Club : quand le fait d'aller laver la voiture peut embellir une journée qui s'annonçait sombre ! Comme pour Mr Bridge, il ne se passe pas grand'chose, simplement une chronique sur une dizaine d'années de la vie d'une femme, de son existence qui se résume à peu de choses : elle en est consciente, se trouve ignorante, recherche toujours la perfection dans tout ce qu'elle fait mais surtout très attachée au regard des autres, sur ce que l'on peut penser d'elle, du rang à tenir, de la façon dont elle s'occupe de son foyer..... Le vide sidéral d'une vie, de la conscience qu'elle en a mais de son refus à le changer.  Quand elle se trouve une passion elle l'abandonne très vite, ne se laissant aucune chance de prendre du plaisir. Sa vie file, passe et elle le ressent ainsi : elle se raccroche à des souvenirs, à quelques amies mais qui vivent souvent le même désarroi qu'elle. Ses réactions sont surprenantes parfois, les répliques sont sans appel, mais elle n'en a pas toujours conscience : elle est le fruit d'une éducation, du milieu où elle vit. Lecture qui me laisse un goût amer sur la condition féminine à cette époque bien sûr mais qui reflète également  Kansas City dans le Missouri dans les années 1930 : instructif sur les relations humaines mais surtout sur cette femme qui ne s'avoue pas malheureuse mais qui ne peut dire qu'elle est heureuse : elle est l'image du bonheur, on la gâte (voiture etc...) mais sous le bonheur de surface, elle révèle ses souffrances et son ennui : Elle célébrait ses propres anniversaires sans joie, avec résignation et un peu de doute : ils arrivaient et s'en retournaient comme ils le devaient (...) 30,35, 40, ils étaient tous venus lui rendre visite comme des parents à remontrances, et ils avaient tous disparu sans laisser de traces. Et maintenant, une fois de plus, elle attendait.....(p116) Lecture agréable, comme pour Mr Bridge, récit constitué de petites chroniques, des chroniques de la vie de tous les jours de cette femme que l'on ne peut totalement aimer mais que l'on se prend à plaindre. J'ai eu envie à plusieurs occasions de la secouer, de la pousser dehors, de lui dire : vas-y bouge, ne te laisse pas faire, agis mais nous sommes en 1930 et la société américaine l'aurait jugée, écartée, mise au ban, et pour India il est impensable de ne pas être ce que les autres attendent d'elle ! A d'autres moments elle m'a exaspérée, agacée, par ses petites phrases assassines, sur ces prises de position, sur ses jugements. Un travail de chroniqueur de la part de l'auteur sur une tranche de vie, en apparence heureuse mais qui se révèle bien triste. Une vision de la société américaine réaliste je pense, sans complaisance ni développement, simplement des événements familiaux. Je pense qu'il faut commencer par la lecture de Mrs Bridge en premier, puis Mr Bridge, cela me semble plus cohérent.
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