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La Découverte
EAN : 9782355221279
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 140 x 205 mm

Notre vie chez les riches

Mémoires d'un couple de sociologues

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Collection : ZONES
Date de parution : 26/08/2021
Le célèbre couple de sociologues de la bourgeoisie livre son autobiographie, des mémoires qui retracent près de six décennies d’une vie studieuse, amoureuse et engagée. L’un issu d’une famille ouvrière des Ardennes, l’autre fille d’un notable de Lozère, ils se rencontrent en 1965 à la bibliothèque de la faculté de... Le célèbre couple de sociologues de la bourgeoisie livre son autobiographie, des mémoires qui retracent près de six décennies d’une vie studieuse, amoureuse et engagée. L’un issu d’une famille ouvrière des Ardennes, l’autre fille d’un notable de Lozère, ils se rencontrent en 1965 à la bibliothèque de la faculté de Lille. Ils ne se quitteront plus. Études de sociologie, mariage précipité, séjour en coopération dans le Sahara marocain, rencontre avec Pierre Bourdieu, entrée au CNRS et puis, à la fin des années 1980, décision de prendre les nantis comme objet d’investigation, avec un premier livre écrit à quatre mains, Dans les beaux quartiers.
On les suit dans leur découverte de cet autre monde social, du Jockey Club aux chasses à courre, en passant par l’Automobile Club de France et ses réceptions au champagne. On accède ainsi aux coulisses d’une recherche qui suppose souvent de déployer des trésors d’ingéniosité pour accéder aux enceintes feutrées de l’entre-soi où se côtoient les grandes familles.
Ce récit agrémenté de nombreuses anecdotes peut se lire tout autant comme une introduction à leurs travaux que comme la traversée d’une époque par un duo singulier, témoin bicéphale des mutations de la société française et de ses élites sur un demi-siècle.
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EAN : 9782355221279
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 192
Format : 140 x 205 mm

Ils en parlent

De leur rencontre en 1956 dans la bibliothèque de sociologie de Lille à leur expérience d’enseignant·es au Maroc, en passant par leurs divers terrains et sujets d’étude – le Bottin mondain, les “ghettos du gotha”, l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy –, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon reviennent sur plusieurs décennies de travaux ayant largement contribué à éclairer les stratégies d’autoconservation de la grande bourgeoisie française. […] Ce sont sans doute les pages consacrées à leur travail en duo qui sont les plus touchantes, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot décrivant avec beaucoup de pudeur et d’affection la force qu’il et elle se sont mutuellement apportée dans leur travail, et plus globalement tout au long leur vie.
Amélie Quentel / Les Inrocks
Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont passé leur vie à observer les riches. Non pas avec la fascination malsaine que ces derniers aimeraient que le bon peuple ait à leur endroit, mais pour mieux comprendre cette classe qui ne veut pas dire son nom. Car toute l’œuvre de ces sociologues de combat montre que la lutte des classes est violemment menée par les dominants. À travers « Notre vie chez les riches », le couple raconte son voyage dans une caste dont ils ne partageaient ni les codes ni les objectifs sociaux et politiques. Un passionnant choc des cultures.
Pierre Chaillan / L'Humanité Dimanche

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • N_M Posté le 11 Septembre 2021
    Livre passionnant qui permet d'embrasser en quelques heures seulement des décennies de travail et de vie à deux. On y découvre les méandres d'une oeuvre colossale inscrite dans une généalogie intellectuelle claire (dignes héritiers de Pierre Bourdieu). On mesure ici à la fois la rigueur, la volonté et l'humilité qu'exige un effort intellectuel si long. Ce couple a fait grandir notre compréhension du monde dans lequel nous vivons quotidiennement. Il nous a permis d'incarner, dans des lieux, des corps et des pratiques, les concepts de "grand capital", de "bourgeoisie" encore flous à la fin des années 1960. Il donne chaire à la domination et la violence de classe subie par l'immense majorité. On est tour à tour émus, en colère, attendris en découvrant cet opuscule. Celui-ci est tendu vers nous tel un précieux relais donné aux prochaines générations de chercheurs et de citoyens qui prolongeront ce combat d'une vie entière.
  • stef6534 Posté le 6 Septembre 2021
    Voici les émouvants mémoires de Monique et Michel Pinçon-Charlot. Devenus chercheurs au CNRS en 1982 ils se spécialisent dans l'étude sociologique des "riches". Le couple a publié une vingtaine de livres à quatre mains, avec toujours la même démarche : analyser de façon empirique les us et coutumes de la grande bourgeoisie et “documenter la mobilisation inlassable de cette classe pour la défense de son pré carré”. Ces ouvrages sont recensés dans leur livre de mémoires. Le livre regorge de récits et d’analyses souvent très intéressants sur leur approche sociologique de la bourgeoisie française, et revient sur l’engagement politique des deux intellectuels. Grâce à leur rigueur et honnêteté le couple pourra pénétrer dans la classe sociale des grands bourgeois et en faire leur objet d'études. Le livre est agrémenté de quelques photos en rapport avec les études réalisées.
  • PGilly Posté le 31 Août 2021
    C'est d'abord un couple indéfectible, pétri d'une connivence joyeuse. Elle et lui piquent du nez lors de séminaires et de colloques pompeux. Ils contournent l'obstacle en lançant des promenades sociologiques à travers Paris, agrémentées de pique-nique fraternels. À deux, les sociologues unis forment un collectif de recherche. Ils signent toujours leurs travaux de leurs deux noms, ce qui irrite le CNRS payeur. le jour de leur retraite (2007), ces iconoclastes balancent leurs archives dans onze grandes poubelles vertes de la ville. Ils refusent aussi le titre de chercheur émérite. Les voilà frais et disponibles pour affûter leurs traits. Seuls maîtres à bord, ils peuvent adopter une approche plus ouvertement critique à l'égard des positions sociales dominantes, instituées et transmises au sein de la noblesse et de la grande bourgeoisie françaises. Récemment, ils ont concentré leurs recherches sur N.Sarkozy et E.Macron, présidents des riches et des ultra-riches. Auparavant, ils ont observé, rencontré, conseillé parfois, un milieu clos, au cours de cocktails, de dîners, de week-ends au château, de rallyes huppés, de remise de médailles. Leur statut de couple marié représente un passeport précieux aux yeux d'une classe sociale pour laquelle "l'institution familiale est au coeur du dispositif de reproduction de génération en génération."... C'est d'abord un couple indéfectible, pétri d'une connivence joyeuse. Elle et lui piquent du nez lors de séminaires et de colloques pompeux. Ils contournent l'obstacle en lançant des promenades sociologiques à travers Paris, agrémentées de pique-nique fraternels. À deux, les sociologues unis forment un collectif de recherche. Ils signent toujours leurs travaux de leurs deux noms, ce qui irrite le CNRS payeur. le jour de leur retraite (2007), ces iconoclastes balancent leurs archives dans onze grandes poubelles vertes de la ville. Ils refusent aussi le titre de chercheur émérite. Les voilà frais et disponibles pour affûter leurs traits. Seuls maîtres à bord, ils peuvent adopter une approche plus ouvertement critique à l'égard des positions sociales dominantes, instituées et transmises au sein de la noblesse et de la grande bourgeoisie françaises. Récemment, ils ont concentré leurs recherches sur N.Sarkozy et E.Macron, présidents des riches et des ultra-riches. Auparavant, ils ont observé, rencontré, conseillé parfois, un milieu clos, au cours de cocktails, de dîners, de week-ends au château, de rallyes huppés, de remise de médailles. Leur statut de couple marié représente un passeport précieux aux yeux d'une classe sociale pour laquelle "l'institution familiale est au coeur du dispositif de reproduction de génération en génération." Monique et Michel font flèche de tout bois. Ils flairent les champs d'investigation propices à l'analyse de la façon la plus incarnée possible des modes de fonctionnement d'une classe sociale "profondément mobilisée dans des stratégies d'enrichissement et de pouvoir afin de conserver ses privilèges sans ruissellement pour les autres." Effectivement, les auteurs sont proches des communistes, non encartés. Mais leur humilité et leur écoute ouverte séduisent des interlocuteurs aux antipodes de l'univers des Pinçon-Charlot. Michel et Monique pratiquent la sociologie de terrain, biberonnés aux textes de Bourdieu sur la reproduction sociale. Chasse à courre, beaux quartiers, dynasties familiales, essayage de tailleurs Chanel, autant de terres à défricher, à ausculter, à révéler (même en bande dessinée) au grand public. Ils constatent la transformation d'un capitalisme industriel de type paternaliste en un capitalisme néo-libéral et financiarisé encore plus favorable aux riches. Les chiffres de la répartition des fortunes mondiales sont édifiants. La pandémie a creusé les inégalités, avec une augmentation de 30% du montant des 500 fortunes professionnelles de France en 2020. La lecture des mémoires (condensées) d'un couple de sociologues est stimulante, intéressante et amusante. Les auteurs alternent le récit à la troisième personne, en je, en nous et même en "Tu". L'ouvrage confirme l'extrême violence d'une classe sociale soucieuse de préserver ses privilèges au détriment des moins nantis et des plus démunis. J'ai rarement lu de la sociologie aussi accessible. Mais surtout, j'ai été touché par la ténacité d'un couple soudé dans l'amour et le travail.
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