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Fleuve éditions
EAN : 9782265071858
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 372
Format : 140 x 205 mm

Perdido Street Station

Nathalie MEGE (Traducteur), Jacques GOIMARD (Direction de collection), Patrice DUVIC (Direction de collection)
Date de parution : 06/11/2003

Nouvelle-Crobuzon, une métropole tentaculaire, polluée, démentielle, au coeur d'un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l'ombre des cheminées d'usine, des fabriques et des fonderies.

Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyable milice règnent sur une population de travailleurs et d'artistes,...

Nouvelle-Crobuzon, une métropole tentaculaire, polluée, démentielle, au coeur d'un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l'ombre des cheminées d'usine, des fabriques et des fonderies.

Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyable milice règnent sur une population de travailleurs et d'artistes, d'espions, de magiciens, de dealers et de prostituées.

Mais soudain un étranger, un homme-oiseau, arrive en ville avec une bourse pleine d'or et un rêve semble-t-il inaccessible : celui de retrouver ses ailes...

Alors que la pire des abominations, des êtres qui manipulent l'inconscient, est lâchée sur Nouvelle-Crobuzon.

Entre Fantasy et Science-fiction, un roman-univers qui bouscule tout sur son passage, une fresque unique déjà couronnée par le Prix Arthur C. Clarke et le British Fantasy Award.

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EAN : 9782265071858
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 372
Format : 140 x 205 mm
Fleuve éditions

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Riduidel Posté le 14 Mars 2020
    Après trois semaines dans les ruelles de la Nouvelle-Crobuzon, j'en sors enfin pour vous livrer un avis franchement enthousiaste, même si j'ai quelques réserves sur des points particuliers.Donc, ce roman nous raconte les aventures d'Isaac (C'aurait pu être Newton, mais, non, pas là.), d'un homme aigle sans ailes, et de quelques uns de leurs amis.Le premier problème de ce roman, c'est de trouver une unité à la trame narrative. En effet, le début du roman concerne les recherches scientifiques d'Isaac, et celles, artistiques, de son amie la femme à tête de scarabée. Mais, au bout d'un moment, pour une raison que seul l'auteur connaît, on passe d'une chronique de la vie urbaine à une chasse au monstre qui, pour fascinante qu'elle soit, n'en a pas moins rien à voir avec la première moitié du roman, ce qui est encore plus visible de par le découpage en deux tomes.Bon, cela étant, c'est quand même un bouquin tout à fait excellent, et foisonnant d'une part de références, et d'autres part de liens pour moi avec d'autres oeuvres.Références et liensLe premier de ces liens concerne des romans traitant de la ville ... comme l'Ankh-Morpok de [a:Pratchett|1654|Terry Pratchett|https://images.gr-assets.com/authors/1235562205p2/1654.jpg], la Lankhmar de [a:Leiber|23001|Fritz Leiber|https://images.gr-assets.com/authors/1423163995p2/23001.jpg], ou... Après trois semaines dans les ruelles de la Nouvelle-Crobuzon, j'en sors enfin pour vous livrer un avis franchement enthousiaste, même si j'ai quelques réserves sur des points particuliers.Donc, ce roman nous raconte les aventures d'Isaac (C'aurait pu être Newton, mais, non, pas là.), d'un homme aigle sans ailes, et de quelques uns de leurs amis.Le premier problème de ce roman, c'est de trouver une unité à la trame narrative. En effet, le début du roman concerne les recherches scientifiques d'Isaac, et celles, artistiques, de son amie la femme à tête de scarabée. Mais, au bout d'un moment, pour une raison que seul l'auteur connaît, on passe d'une chronique de la vie urbaine à une chasse au monstre qui, pour fascinante qu'elle soit, n'en a pas moins rien à voir avec la première moitié du roman, ce qui est encore plus visible de par le découpage en deux tomes.Bon, cela étant, c'est quand même un bouquin tout à fait excellent, et foisonnant d'une part de références, et d'autres part de liens pour moi avec d'autres oeuvres.Références et liensLe premier de ces liens concerne des romans traitant de la ville ... comme l'Ankh-Morpok de [a:Pratchett|1654|Terry Pratchett|https://images.gr-assets.com/authors/1235562205p2/1654.jpg], la Lankhmar de [a:Leiber|23001|Fritz Leiber|https://images.gr-assets.com/authors/1423163995p2/23001.jpg], ou [b:la cité du gouffre|26858016|La cité du gouffre|José Moselli|https://images.gr-assets.com/books/1443882094s/26858016.jpg|46896687] de [a:Reynolds|51204|Alastair Reynolds|https://images.gr-assets.com/authors/1369753656p2/51204.jpg], mais je reviendrai sur ce lien plus loin. Bref, la ville, hein. Comme dans les différentes villes dont je viens de parler, l'architecture est loin d'être élégante, loin d'être organisée, et, surtout, loin d'avoir une chance de résister à la prochaine pluie. Ca, tout de suite, ça pose une ambiance assez glauque. et cette ambiance, l'auteur prend un soin jaloux à en peaufiner chaque détail, en ne donnant à voir au lecteur que les parties les plus laides, décrépies, polluées de cette Nouvelle-Crobuzon. Et ça n'est à mon avis pas pour rien que la période choisie est une espèce de révolution industrielle rendant hommage à la Londres du XIXème siècle (Qui a bien évidement dû aussi servir d'exemple aux autres villes mentionnées).La ville est donc une première composante de cette ambiance glauque. Mais ça n'est pas la seule composante. Il y a aussi le côté tous pourris, mis en valeur par cette milice, ce gouvernement pas vraiment démocratique, et toutes les sortes de mafias peuplant les strates intermédiaires de cette ville démente.Un roman gothique ?Pour en revenir aux références, je voudrais parler du lien tout particulier unissant ce roman et ceux de [b:La cité du gouffre|26858016|La cité du gouffre|José Moselli|https://images.gr-assets.com/books/1443882094s/26858016.jpg|46896687]. En effet, ce lien a pour moi été flagrant très rapidement, pour devenir bientôt un guide de lecture tout à fait sensé pour cette oeuvre.Le premier lien, c'est évidement l'environnement urbain, déja mentionné plus haut, qui est d'une évidence absolue. Pourtant, il faut le voir dans le détail pour bien comprendre le lien qui existe entre ces deux villes. Dans les deux cas, la construction est anarchique, souvent agressée par un environnement actif, que ce soit magiquement ou non.Ces deux villes sont par ailleurs peuplées de créatures plus étranges les unes que les autres. Pour la cité du Gouffre, je vous conseille la lecture de [b:Diamond dogs, Turquoise days|893590|Diamond Dogs, Turquoise Days|Alastair Reynolds|https://images.gr-assets.com/books/1348305802s/893590.jpg|878818]. Et pour [b:Perdido Street Station|68494|Perdido Street Station (Bas-Lag, #1)|China Miéville|https://images.gr-assets.com/books/1393537963s/68494.jpg|3221410], un rapide inventaire suffira : un homme-aigle, des femmes scarabées (Faut-il voir un clin d'oeil à l'Egypte antique ?), des hommes-grenouille sans costume, et en guise de feu d'artifice final, Madras, le recréé artistique, qu'on pourrait par exemple rapprocher du capitaine de [b:L'Espace de la révélation].Et puis, ces villes, sous leurs atours flamboyants, sous leur facade de centre culturel, ne sont que le dessus de poubelles sordides dans lesquels tout est possible.A ce sujet, la visite au bordel du collègue d'Isaac est une espèce de fantasme, du même niveau de pervesité que [b:Diamond dogs, Turquoise days|893590|Diamond Dogs, Turquoise Days|Alastair Reynolds|https://images.gr-assets.com/books/1348305802s/893590.jpg|878818], encore une fois, mais choisissant une orientation nettement différente ...Bref, il y a d'innombrables points communs entre ces deux romans et, comme je le disais de l'oeuvre de [a:Reynolds|51204|Alastair Reynolds|https://images.gr-assets.com/authors/1369753656p2/51204.jpg], [b:Perdido Street Station|68494|Perdido Street Station (Bas-Lag, #1)|China Miéville|https://images.gr-assets.com/books/1393537963s/68494.jpg|3221410] est une oeuvre gothique, flamboyante, mais aussi sale comme une cathédrale délabrée, et c'est peut-être cette saleté qui en fait tout le sel.Pas d'échappatoireEnfin, je dis sale, mais ça n'est pas le mot juste. Pour moi, ce qui décrirait mieux la philosophie sous-tendant l'écriture de cette chose littéraire, c'est l'absence complète de pitié. Du début à la fin, j'ai en effet l'impression que l'auteur s'est imposé comme contrainte littéraire l'absence de pitié et d'espoir. A bien des reprises, il peut sauver des personnages, améliorer des situations. Mais le fait-il une seule fois ? Non, je ne crois pas. Et ça, pour dur que ce soit pour le lecteur, c'est bien.Naturellement, la conséquence logique, c'est qu'il n'y a pas de happy end. Et ça, c'est encore mieux.ConclusionVous vous en doutez déja, mais j'ai adoré. Pas pour l'histoire, qui est plutôt déséquilibrée, nous incitant sans cesse à nous demander où l'auteur veut donc nous conduire, mais pour la Nouvelle-Crobuzon, pour les recréés, pour Madras, et, même, pour les Gorgones. Tiens, tant que j'y pense, j'oubliais un dernier clin d'oeil : la Fileuse, qui m'a fait furieusement penser à Shelob et aux autres araignées Tolkieniennes. Bref, j'ai adoré, et j'adorerais, je crois, voir un Peter Jackson fou tenter une adaptation impossible. Bon, j'adorerais peut-être plus encore lire d'autres romans reprenant ce monde fou, invraissemblable, aux confluents de la fantasy, du steampunk, et de presque tous les autres courants de la SF sauf le space-op.Mais, soyons réalistes, ça n'est pas à mon sens un roman pour tous les publics. Donc ne vous lancez dedans que si vous avez le coeur bien accroché, l'esprit très ouvert et un goût certain pour l'étrange et, comme je l'ai déja dit, le gothique. 9782070455171"
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  • fauneeeeee Posté le 11 Novembre 2019
    Un bon roman que j'ai pris y a 10 ans avec ma grand-mère. J'aime l'univers urbain et la folie qui se dégage. Un bon univers.
  • Yoda_Bor Posté le 29 Janvier 2019
    Dans la foulée de The City The City, j’ai voulu continuer ma découverte de China Miéville avec cette plongée dans un univers complètement différent. Pas de doute possible, cette fois on est ailleurs, dans un monde imaginaire, et on découvre Nouvelle-Crobuzon, une ville qui tient le rôle central de ce premier tome. En effet, pendant de très nombreuses pages, on va parcourir en détails les nombreux quartiers de la ville. Si on sent que ce n’est pas fait au hasard et que tout finira par se recouper, j’ai parfois été rebutée par ces très longues digressions, lisant en diagonale des passages entiers. C’est un peu dommage parce qu’il y a, à côté de ça, énormément d’inventivité pour nous faire découvrir une population hétéroclite, mêlant humains, créatures hybrides et même des artefacts. Du coup, l’intrigue en elle-même passe toujours à l’arrière plan alors que c’est elle qui m’intéressait.Les recherches d’Isaac, l’art de Lin, artiste khépri, la volonté d’un géruda de retrouver ses ailes qu’il a lui-même coupées, on sent bien bien que l’exploration dans les moindres détails de la cité est un élément qui va finir par avoir de l’importance dans tout ça, mais c’est vraiment tardif. Le final m’a d’ailleurs donné raison, d’un seul coup... Dans la foulée de The City The City, j’ai voulu continuer ma découverte de China Miéville avec cette plongée dans un univers complètement différent. Pas de doute possible, cette fois on est ailleurs, dans un monde imaginaire, et on découvre Nouvelle-Crobuzon, une ville qui tient le rôle central de ce premier tome. En effet, pendant de très nombreuses pages, on va parcourir en détails les nombreux quartiers de la ville. Si on sent que ce n’est pas fait au hasard et que tout finira par se recouper, j’ai parfois été rebutée par ces très longues digressions, lisant en diagonale des passages entiers. C’est un peu dommage parce qu’il y a, à côté de ça, énormément d’inventivité pour nous faire découvrir une population hétéroclite, mêlant humains, créatures hybrides et même des artefacts. Du coup, l’intrigue en elle-même passe toujours à l’arrière plan alors que c’est elle qui m’intéressait.Les recherches d’Isaac, l’art de Lin, artiste khépri, la volonté d’un géruda de retrouver ses ailes qu’il a lui-même coupées, on sent bien bien que l’exploration dans les moindres détails de la cité est un élément qui va finir par avoir de l’importance dans tout ça, mais c’est vraiment tardif. Le final m’a d’ailleurs donné raison, d’un seul coup les évènements s’accélèrent et le récit en devient passionnant, tout réussissant à s’imbriquer correctement avec des personnages pour lesquels on a un peu envie de s’impliquer. Si vous arrivez à survivre aux très longues pages descriptives, la tension qui se met peu à peu en place, le volet politique et dictatorial qui se qui se dessine enfin et l’énorme menace qui se profile à l’horizon, tout cela promet une suite qui s’annonce explosive.
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  • Nausicaah Posté le 23 Novembre 2018
    China Miéville est au auteur très particulier et il faut vraiment le lire pour comprendre pourquoi! Atypique, il propose des concepts étonnants de créativité bien que parfois obscurs. Perdido Street Station est une série de deux tomes, qui plonge directement dans l'univers de Bas-Lang, un univers sombre, sale mais surtout très spécial! L'écriture de l'auteur est assez incroyable et l'on comprend facilement le nombre de récompenses que l'auteur reçoit après avoir goûté à sa manière d'écrire qui est juste inimitable! L'histoire se déroule à Nouvelle-Crobuzon, ville qui reviendra souvent chez cet auteur et qui pourrait s'apparenter à Londres selon certaines théories. De fil en aiguille on se retrouve plongé dans une intrigue politique complexe et désordonnée, mais très intéressante! Pour les amateurs de new weird (c'est le genre quasiment auto proclamé de l'auteur), c'est L'AUTEUR à découvrir, mais il faut aimer ce genre qui n'est pas abordable par tous les lecteurs.
  • boudicca Posté le 24 Novembre 2017
    Comme la plupart des ouvrages écris par China Mieville, « Perido Street Station » a été récompensé par toute une flopée de prix littéraires qui, s'ils sont souvent gages de qualité, peuvent aussi finir par devenir intimidants. Rassurée il y a peu par ma première incursion dans l'univers de l'auteur, c'est sans guère d'appréhension que je me suis pourtant plongée dans ce roman culte introduisant la ville de Nouvelle-Crobuzon. Et c'est malheureusement très mitigée que je ressors de ce premier tome qui, s'il ne manque effectivement pas de qualités, se révèle malgré tout bien moins maîtrisé que « Les Scarifiés ». Dès les premières pages, on identifie sans mal la patte ô combien reconnaissable de l'auteur auquel on serait bien en peine de reprocher un quelconque manque d'originalité. Car tout est atypique chez China Mieville : son décor, ses personnages, et même son (ou plutôt ses) intrigue(s). Il en résulte un ouvrage foisonnant, captivant parfois, déroutant souvent, et dans lequel règne une certaine confusion qui finit par lui porter préjudice. L'intrigue, d'abord, est beaucoup trop éclatée et ses différentes lignes n'ont (pour le moment) que peu de connexions les unes avec les autres. L'essentiel du récit se focalise sur un certain Isaac, un scientifique controversé... Comme la plupart des ouvrages écris par China Mieville, « Perido Street Station » a été récompensé par toute une flopée de prix littéraires qui, s'ils sont souvent gages de qualité, peuvent aussi finir par devenir intimidants. Rassurée il y a peu par ma première incursion dans l'univers de l'auteur, c'est sans guère d'appréhension que je me suis pourtant plongée dans ce roman culte introduisant la ville de Nouvelle-Crobuzon. Et c'est malheureusement très mitigée que je ressors de ce premier tome qui, s'il ne manque effectivement pas de qualités, se révèle malgré tout bien moins maîtrisé que « Les Scarifiés ». Dès les premières pages, on identifie sans mal la patte ô combien reconnaissable de l'auteur auquel on serait bien en peine de reprocher un quelconque manque d'originalité. Car tout est atypique chez China Mieville : son décor, ses personnages, et même son (ou plutôt ses) intrigue(s). Il en résulte un ouvrage foisonnant, captivant parfois, déroutant souvent, et dans lequel règne une certaine confusion qui finit par lui porter préjudice. L'intrigue, d'abord, est beaucoup trop éclatée et ses différentes lignes n'ont (pour le moment) que peu de connexions les unes avec les autres. L'essentiel du récit se focalise sur un certain Isaac, un scientifique controversé qui se voit confier une mission exceptionnelle et pour le moins ambitieuse : permettre à un homme-oiseau dont les ailes ont été arrachées de revoler. Le challenge est de taille et les recherches audacieuses du marginal menacent très vite de révolutionner tout un pan de la science de Nouvelle-Crobuzon. Parallèlement à cette quête, on assiste à l'évolution d'une curieuse créature dont Isaac a fait l'acquisition dans le but d'observer les techniques de vol du règne animal. On suit également l'amante du scientifique, l'artiste Lin, qui se voit confier une étrange commande de la part d'un commanditaire encore plus étrange. Ces trois intrigues se croisent et s'entrecroisent sans que l'on parvienne pour le moment à voir où veut en venir l'auteur. C'est d'autant plus gênant qu'à toutes ces histoires se greffent également plusieurs chapitres révélant différents pans de l'évolution politique de la ville. Cela peut prendre la forme d'une incursion dans l'imprimerie clandestine d'un journal contestataire, ou en plein milieu d'un mouvement de grève lancé par les dockers et violemment réprimé par le régime, ou encore dans une entrevue peu banale entre les membres du gouvernement et l'ambassadeur... des Enfers. Tous ces passages sont la plupart du temps passionnants et, s'ils témoignent de l'imagination débridée de l'auteur aussi bien que de la densité et de la cohérence de son univers, le lecteur finit toutefois par s'y perdre. Il faut dire aussi que le style de China Mieville n'est pas non plus le plus abordable qui soit. L'auteur use en effet d'un vocabulaire relativement soutenu et surtout extrêmement pointu en ce qui concerne certains sujets, notamment dans le domaine de la science. L'un de ses personnages en vient en effet à développer toute une théorie méta/scientifique que j'ai personnellement trouvée très complexe à saisir et qui, malheureusement, se retrouve ici exposée dans les grandes lignes. Cela donne lieu à quelques passages franchement indigestes, voire carrément incompréhensibles, ce qui est d'autant plus frustrant qu'ils ne présentent que peu d'intérêt pour le récit. Au nombre des déceptions, il faut également mentionner les personnages qui, déjà dans l'excellent « Les Scarifiés », n'était pas franchement le point fort de l'auteur. Sans aller jusqu'à être fades ou antipathiques, les habitants de Nouvelle-Crobuzon n'en demeurent pas moins très distants et cette froideur n'encourage pas le lecteur à s'y attacher. Il faut dire aussi que, très vite, il apparaît clairement que le personnage central du roman n'est ni le scientifique rejeté par sa communauté, ni l'artiste avant-gardiste, mais bel et bien la ville elle-même. Et quelle ville ! En dépit de tous les reproches que l'on peut faire à ce premier tome, on peut difficilement contester le fait que l'auteur a apporté un soin presque maniaque à son décor. Le lecteur arpente ainsi aux côtés des différents personnages la multitude de quartiers qui quadrillent la métropole tentaculaire de Nouvelle-Crobuzon et dans lesquels règne une ambiance qui varie complètement de l'un à l'autre. Les docks, la banlieue de Chiure et autres faubourgs plus ou moins bien fréquentés, les arènes de Cadnebar, la foire et son freakshow... : voilà un petit aperçu des destinations qui vous attendent dans ce premier tome. Le tout est impressionnant, mais cela fait tout de même beaucoup à digérer, d'autant plus que l'auteur nous abreuve de quantité d'anecdotes pour chacun de ces lieux. China Mieville dresse ainsi le portrait d'une véritable fourmilière dans laquelle règne une éternelle confusion et où se mélangent allègrement toutes les races et toutes les religions qui cohabitent dans une plus ou moins bonne entente. Il convoque aussi un bestiaire remarquablement étoffé et parfois vraiment tarabiscoté. Lin, l'artiste qui occupe l'un des premier rôle du roman, est ainsi ce qu'on appelle une Khépri : mi-femme, mi-scarabée (avouez que, pour en faire son héroïne, il fallait oser !) On trouve également mention de Cactacés, de Garudas (le fameux homme-oiseau), ou encore de mafadets (lion-serpent), sans oublier bien sûr des Recréés, ces « criminels » condamnés à subir une opération altérant leur physique de manière plus ou moins conséquente en y greffant des objets ou des membres appartenant à d'autres créatures (ce qui donne parfois de sacrés mélanges !) Le seul problème c'est que, là encore, l'auteur nous laisse nous dépatouiller tout seul et ne nous donne que très peu (voire pas du tout) de repères pour que l'on puisse bien saisir à quel genre de créature on a affaire (et pourtant, j'étais déjà au fait de la plupart des particularités de cet univers...). Un premier tome en demi-teinte, donc, qui inaugure un univers et une cité au formidable potentiel mais qui se disperse beaucoup trop et finit par donner à l'ensemble un petit côté brouillon. Reste à voir si le second volume sera mieux structuré et si les nombreux fils de l'intrigue se réuniront de manière satisfaisante.
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