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La Découverte
EAN : 9782707192578
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 258
Format : 135 x 220 mm

Qui a tué les verriers de Givors ?

Une enquête de sciences sociales

Collection : SH / L'envers des faits
Date de parution : 02/11/2017
Héritière d’une tradition verrière pluriséculaire, l’usine de Givors fermait définitivement en 2003, après une âpre lutte contre des spéculateurs financiers. Quelques années plus tard, une épidémie de cancers frappa les ex-verriers de Givors, donnant lieu à une enquête civile qui permit de rassembler nombre de documents accablants. En abordant ce matériau avec les outils de la sociologie critique, Pascal Marichalar donne à voir les mécanismes et les responsabilités à l’œuvre derrière le drame.
Dans la petite ville de Givors, proche de Lyon, des hommes meurent les uns après les autres, emportés par des cancers à un âge relativement jeune. Leur point commun : ils ont travaillé pour produire des bouteilles et des pots à la verrerie qui a fermé ses portes en 2003.... Dans la petite ville de Givors, proche de Lyon, des hommes meurent les uns après les autres, emportés par des cancers à un âge relativement jeune. Leur point commun : ils ont travaillé pour produire des bouteilles et des pots à la verrerie qui a fermé ses portes en 2003. La compagne d’un verrier malade fait alors équipe avec un imprimeur à la retraite pour résoudre ce mystère. Ils comprennent vite que ce ne sera pas une enquête policière classique : c’est à eux de prouver qu’il y a eu un crime, et plus ils avancent vers la vérité, moins la justice semble disposée à juger les faits. Cependant, grâce à la force collective des verriers et de leurs soutiens, ils vont lever progressivement le voile sur un véritable scandale d’État.
Ce livre est une enquête sur cette enquête. Avec les outils des sciences sociales, l’auteur analyse les procédures, les mensonges et les injustices qui font que tous les jours autour du monde des millions de femmes et d’hommes sont mis en danger impunément.
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EAN : 9782707192578
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 258
Format : 135 x 220 mm

Ils en parlent

Pascal Marichalar, sociologue et historien, auteur d’un livre sur les médecins du travail, se penche sur cette histoire en 2013, sur les conseils d’un collègue. Il va réaliser une enquête sur cette enquête, relatant d’abord les conditions de travail dans la verrerie (grâce notamment au patient travail d’archive réalisé par le collectif des verriers), ainsi que la mise en place d’un véritable processus d’« épidémiologie populaire » puisque, jusqu’ici, aucune enquête de santé officielle n’a été menée par les pouvoirs publics. (…) Son ouvrage n’est pas le triste récit de pauvres ouvriers intoxiqués par trente ans d’usine, c’est l’histoire, parfois joyeuse, d’un combat.
Mathilde Goanec / Mediapart
L'auteur expose dans un récit méthodique et passionnant les mécanismes institutionnels destinés à faire barrage aux anciens travailleurs réclamant justice : de tableaux de maladies professionnelles en tribunal des affaires de Sécurité sociale, de conseil de prud'hommes en procédures pénales avortées... Mais la force de l'ouvrage est que, bien loin de s'improviser justicier des opprimés, l'auteur rend hommage à une bataille collective dont la force a été de conjuguer mobilisation des travailleurs, écosystème militant d'une ville communiste et soutien de scientifiques et avocats engagés.
Loan Nguyen / L'Humanité
Pascal Marichalar, sociologue et historien au CNRS livre une enquête imparable, documentée, argumentée dans Qui a tué les verriers de Givors ? Un livre choc qui reprend le long travail mené par Mercedes Cervantès, veuve désormais de l’ancien délégué CGT de l’usine, et Laurent Gonon, un imprimeur fort en luttes, militant et déterminé. Une véritable enquête qui retrace toutes les douleurs, les difficultés et la solidarité des verriers.
Franck Jakubek / Liberté Hebdo

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Luniver Posté le 24 Août 2019
    Tout commence avec une histoire d’une triste banalité : une industrie bi-centenaire qui ferme pour les raisons de décentralisation et de logique boursière. Malgré une mobilisation pour préserver les emplois d’une vie, la verrerie a tout de même fermer, mais les verriers continuent de se voir pour parler du bon vieux temps. Qu’un tel a eu un cancer avant 60 ans. Un autre aussi. Et encore un autre… De cette accumulation finit par naître l’idée que, peut-être, les conditions de travail à l’intérieur de la verrerie y sont pour quelque chose. Cet essai raconte le parcours du combattant qu’est la reconnaissance des maladies professionnelles, surtout celles qui n’ont pas encore été démontrées. On ressort de la lecture avec l’impression d’un gigantesque dialogue de sourds, où chacun se cramponne à son domaine d’expertise sans vraiment chercher comment à comprendre celui des autres. Et les obstacles sont nombreux : les verriers doivent comprendre les compositions chimiques des produits qu’ils ont pu utiliser, les médecins (et surtout les cancérologues) ont bien du mal à comprendre les conditions de travail d’un verrier, la fonction publique aime les formulaires pré-remplis et devient vite dépassée quand on leur demande de créer des cases qui n’existent pas encore, les juges ne... Tout commence avec une histoire d’une triste banalité : une industrie bi-centenaire qui ferme pour les raisons de décentralisation et de logique boursière. Malgré une mobilisation pour préserver les emplois d’une vie, la verrerie a tout de même fermer, mais les verriers continuent de se voir pour parler du bon vieux temps. Qu’un tel a eu un cancer avant 60 ans. Un autre aussi. Et encore un autre… De cette accumulation finit par naître l’idée que, peut-être, les conditions de travail à l’intérieur de la verrerie y sont pour quelque chose. Cet essai raconte le parcours du combattant qu’est la reconnaissance des maladies professionnelles, surtout celles qui n’ont pas encore été démontrées. On ressort de la lecture avec l’impression d’un gigantesque dialogue de sourds, où chacun se cramponne à son domaine d’expertise sans vraiment chercher comment à comprendre celui des autres. Et les obstacles sont nombreux : les verriers doivent comprendre les compositions chimiques des produits qu’ils ont pu utiliser, les médecins (et surtout les cancérologues) ont bien du mal à comprendre les conditions de travail d’un verrier, la fonction publique aime les formulaires pré-remplis et devient vite dépassée quand on leur demande de créer des cases qui n’existent pas encore, les juges ne sont pas forcément au courant des méthodes de travail en médecine, … Ajoutons à tout cela le caractère fondamentalement incertain des causes du cancer : les facteurs de risque sont nombreux, et prouver que sa maladie est due à certains produits chimiques utilisés dans le cadre de son travail plutôt qu’à la consommation de tabac ou de viande rouge est pratiquement impossible. Et c’est encore plus vrai s’il n’y a « pas encore assez » de morts prématurées pour dégager une vraie tendance. Il faut donc être prêt à passer des années dans les tribunaux, entre procès, appels, cassation, débourser des frais d’avocats avec l’espoir d’être dédommagé au bout de la procédure, accepter d’exhiber toutes ses souffrances devant des armada d’experts qui vont parfois vous accuser de mentir ou de fantasmer. On réalise alors sans peine que seule une communauté soudée, solidaire et déterminée peut atteindre le bout du chemin. Et même dans ce cas, désigner un coupable au milieu des fusions, acquisitions, faillites et reprises est un obstacle supplémentaire. Clairement, on sent que la justice n’est pas prête à gérer ce genre de situations. Il faut une ténacité extraordinaire pour supporter les délais et les procédures marathoniennes. Ce n’est que quand tout le monde, victimes et responsables, sont morts ou au seuil de l’être, qu’on finit par avoir le fin mot de l’histoire.
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