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La Découverte
EAN : 9782348045882
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 144
Format : 135 x 220 mm

Rendre le monde indisponible

Olivier MANNONI (Traducteur)
Collection : Sciences humaines
Date de parution : 16/01/2020
Dominer le monde, exploiter ses ressources, en planifier le cours… Le projet culturel de notre modernité semble parvenu à son point d’aboutissement : la science, la technique, l’économie, l’organisation sociale et politique ont rendu les êtres et les choses disponibles de manière permanente et illimitée.
Mais alors que toutes les expériences...
Dominer le monde, exploiter ses ressources, en planifier le cours… Le projet culturel de notre modernité semble parvenu à son point d’aboutissement : la science, la technique, l’économie, l’organisation sociale et politique ont rendu les êtres et les choses disponibles de manière permanente et illimitée.
Mais alors que toutes les expériences et les richesses potentielles de l’existence gisent à notre portée, elles se dérobent soudain à nous. Le monde se referme mystérieusement ; il devient illisible et muet. Le désastre écologique montre que la conquête de notre environnement façonne un milieu hostile. Le surgissement de crises erratiques révèle l’inanité d’une volonté de contrôle débouchant sur un chaos généralisé. Et, à mesure que les promesses d’épanouissement se muent en injonctions de réussite et nos désirs en cycles infinis de frustrations, la maîtrise de nos propres vies nous échappe.
S’il en est ainsi, suggère Hartmut Rosa, c’est que le fait de disposer à notre guise de la nature, des personnes et de la beauté qui nous entourent nous prive de toute résonance avec elles. Telle est la contradiction fondamentale dans laquelle nous nous débattons. Pour la résoudre, cet essai ne nous engage pas à nous réfugier dans une posture contemplative, mais à réinventer notre relation au monde.
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EAN : 9782348045882
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 144
Format : 135 x 220 mm

Ils en parlent

Le sociologue allemand Harmut Rosa analyse avec sagacité la contradiction au cœur du projet de la modernité : vouloir dominer le monde et, du même coup, le rendre muet. [...] Le sociologue, sans céder à aucune nostalgie prémoderne, met des mots sur un sentiment intime et collectif d’aliénation. Si sa description du moment présent est sombre, son souci est bien de permettre à la modernité de prendre un autre chemin. 
Élodie Maurot / La Croix

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • PGilly Posté le 20 Mars 2020
    Hartmut Rosa alterne le développement de concepts autour d'une idée maîtresse - accélération, résonance - dans des études volumineuses et ardues, et leur substance clarifiée dans des ouvrages courts, enrichis d'illustrations concrètes puisées dans la vie quotidienne. Ici, il nous parle de l'impasse à vouloir rendre le monde prévisible et maîtrisable. Autrement dit à le rendre disponible le plus largement possible. Or la vitalité, le contact et l'expérience réelle naissent de la rencontre avec l'indisponible. Les amateurs de football ou de tennis, par exemple, assistent à un match parce que le résultat est incertain, même en cas de forces disproportionnées en présence. Si tout est prédictible, comme on essaie de nous le vendre, alors la vie n'a plus de sel. À force de vouloir paramétrer le moindre de nos gestes, de nos actes, de nos contacts, nous transposons un désir de relation fondamental chez l'être humain en un désir d'objet. Et nous ne sommes pas plus avancés quand des paramètres physiques (pulsations, glycémie, nombre de pas) entrent en contradiction avec des paramètres nutritifs. En fait connaître, dominer, conquérir, rendre utilisable un max de disponible, nous coupe de notre corps, de nos sensations. Nous oublions de nous laisser aller à la... Hartmut Rosa alterne le développement de concepts autour d'une idée maîtresse - accélération, résonance - dans des études volumineuses et ardues, et leur substance clarifiée dans des ouvrages courts, enrichis d'illustrations concrètes puisées dans la vie quotidienne. Ici, il nous parle de l'impasse à vouloir rendre le monde prévisible et maîtrisable. Autrement dit à le rendre disponible le plus largement possible. Or la vitalité, le contact et l'expérience réelle naissent de la rencontre avec l'indisponible. Les amateurs de football ou de tennis, par exemple, assistent à un match parce que le résultat est incertain, même en cas de forces disproportionnées en présence. Si tout est prédictible, comme on essaie de nous le vendre, alors la vie n'a plus de sel. À force de vouloir paramétrer le moindre de nos gestes, de nos actes, de nos contacts, nous transposons un désir de relation fondamental chez l'être humain en un désir d'objet. Et nous ne sommes pas plus avancés quand des paramètres physiques (pulsations, glycémie, nombre de pas) entrent en contradiction avec des paramètres nutritifs. En fait connaître, dominer, conquérir, rendre utilisable un max de disponible, nous coupe de notre corps, de nos sensations. Nous oublions de nous laisser aller à la résonance, phénomène qui ne peut être obtenu, ni empêché de manière certaine. La résonance, c'est être touché, être atteint intérieurement par il ou elle. Un émotion, un frisson, un regard, une voix vous animent par surprise. Rendre le monde indisponible, c'est amener du vivant, au lieu d'agresser la nature en la malmenant au nom de la croissance indispensable à l'élargissement de la disponibilité du monde. Nous ne pouvons pas attraper un flocon de neige, il fond dans la main. Les averses de flocons sont imprévisibles, c'est pour cela que nous avons envie de voir la neige tomber, surtout à Noël. Le sociologue allemand est un des grands penseurs critiques de la modernité. Sa conclusion pessimiste incite à mettre les bouchées doubles afin de laisser une place incontrôlée à l'incertitude de la rencontre.
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  • etiba Posté le 15 Mars 2020
    L’auteur élabore sur son précédent ouvrage, Résonance, beaucoup plus riche et élaboré. Il pointe la contradiction entre une société tendue vers la maîtrise la plus complète possible du monde, et les conditions d’une « vie bonne », qui passe par l’ouverture à ce qu’on ne maîtrise pas. Il invite logiquement à repenser notre relation au monde... sans aller guère plus loin qu’énoncer cette intention. Court, ce livre qui stimule la réflexion peut fournir un moyen d’aborder la pensée de l’auteur. Mais au risque d’un survol qui en rend bien moins le fond et la portée que les précédents. Et, au vu de la promesse de quatrième de couverture, d’un petit goût d’inachevé.
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