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Omnibus
EAN : 9782258061026
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 928
Format : 130 x 198 mm

Tout Simenon - tome 17

Edition du Centenaire

Date de parution : 02/01/2003

Ce volume est le 17ème de la série Tout Simenon dont chacune des couvertures est réalisée à partir des clichés photographiques de cet auteur qui fut aussi journaliste.

Au début des années 1930. Simenon est aussi journaliste. Il parcourt la France, l'Europe, l'Afrique, fait en 1935 le tour du monde, et envoie des reportages à différents journaux. Son appareil photo capte des regards, des visages, des situations, des atmosphères que l'on retrouvera dans plus d'un roman. Chaucune des couvertures de cette édition de Tout Simenon est réalisée à partir d'un de ses clichés.

Printemps, 1931

EAN : 9782258061026
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 928
Format : 130 x 198 mm
Omnibus

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • SZRAMOWO Posté le 2 Février 2018
    La nouvelle Maigret chez les Flamands mérite une mention particulière dans ce volume de la collection Tout Simenon. Elle présente des caractéristiques qui en font une enquête atypique de Maigret. Maigret se déplace à la frontière franco-belge, plus précisément au village de Givet, à la demande d'un cousin de sa femme qui habite Nancy. Malgré le télégramme de ses collègues nancéiens lui demandant de surseoir à sa visite, il se rend à Givert et y rencontre Anna Peeters, la fille d'épiciers-bistrotiers de Givert, des Flamands qui ont fait fortune et attisent les jalousies des frontaliers français. Le village est au bord de la Meuse, en crue lorsque Maigret s'y rend. Joseph, le frère d'Anna est accusé par la rumeur d'avoir assassiné Germaine Pieddboeuf, sa maîtresse, dont il a eu un enfant, alors qu’il doit épouser sa cousine Marguerite. Les Piedboeuf refusent l'arrangement proposé par les Peeters pour permettre à Joseph d'épouser sa cousine. Marguerite a été vue la dernière fois le 3 janvier, alors qu'elle entrait dans l'épicerie des Peeters. Personne ne l'en a vu ressortir. Outre l'intérêt de l’enquête elle-même, dont le déroulement et le dénouement sont assez inattendus, le récit permet à Simenon de déployer des aspects peu connus de son talent. Maigret s'y présente... La nouvelle Maigret chez les Flamands mérite une mention particulière dans ce volume de la collection Tout Simenon. Elle présente des caractéristiques qui en font une enquête atypique de Maigret. Maigret se déplace à la frontière franco-belge, plus précisément au village de Givet, à la demande d'un cousin de sa femme qui habite Nancy. Malgré le télégramme de ses collègues nancéiens lui demandant de surseoir à sa visite, il se rend à Givert et y rencontre Anna Peeters, la fille d'épiciers-bistrotiers de Givert, des Flamands qui ont fait fortune et attisent les jalousies des frontaliers français. Le village est au bord de la Meuse, en crue lorsque Maigret s'y rend. Joseph, le frère d'Anna est accusé par la rumeur d'avoir assassiné Germaine Pieddboeuf, sa maîtresse, dont il a eu un enfant, alors qu’il doit épouser sa cousine Marguerite. Les Piedboeuf refusent l'arrangement proposé par les Peeters pour permettre à Joseph d'épouser sa cousine. Marguerite a été vue la dernière fois le 3 janvier, alors qu'elle entrait dans l'épicerie des Peeters. Personne ne l'en a vu ressortir. Outre l'intérêt de l’enquête elle-même, dont le déroulement et le dénouement sont assez inattendus, le récit permet à Simenon de déployer des aspects peu connus de son talent. Maigret s'y présente sous un jour nouveau. Il déclame un poème d'Ibsen au grand étonnement d'Anna Peeters et se montre sensible au charme particulier de la jeune femme. "Elle l’impressionnait, surtout maintenant qu'il voyait sa chambre. Elle l'impressionnait à la façon d'une statue énigmatique. Il se demandait si ses chairs sans séduction avaient déjà vibré, si elle était autre chose qu'une sœur dévouée, qu'une fille modèle, qu'une maîtresse de maison (...) si enfin, sous ces apparences, il y avait une femme !" Maigret est entraîné dans un huis clos avec la famille Peeters, dont il joue et abuse. "C’était un envoûtement que le rythme de vie de cette maison. Le genièvre mettait une chaleur sourde sous le crâne de Maigret" Ce dernier joue avec son collègue Machère, l'inspecteur en charge de l'enquête, la laissant patauger alors que lui a déjà identifié les acteurs du lent processus qui a conduit à la disparition de Germaine Piedboeuf. Avec la famille de la disparue, il joue une partition différente, démontrant un flegme étonnant, relançant la conversation dans le Café de la Maire après avoir désarmé Gérard Piedboeuf qui le menaçait : "Puis s'adressant à son voisin qui n'y comprit rien, il ajouta : - Vous aviez annoncé atout carreau..." Simenon nous livre une analyse précise de la société française en 1936, qui résonne avec notre actualité : "C'est à croire que c'est un crime en France, d'être français ! Surtout si on est pauvre de surcroît..." lance Gérard Piedboeuf persuadé que Maigret est "à la disposition des riches." On apprends au détour des lignes, que Maigret porte un chapeau melon, et se laisse volontiers aller à plaisanter pour moquer l'inspecteur Machère : "Où est Gérard Piedboeuf ? - Au cinéma Scala, avec une ouvrière de l'usine. - Je parie qu'ils ont pris une loge !" Maigret observateur et psychologue, lâche aussi : en parlant de Joseph "(...) il avait cette séduction de certains poitrinaires : des trais fins, une peau transparente, des lèvres sensuelles et moqueuses tout ensemble." en voyant le jeune servante du docteur Van de Weert : "La servante qui ouvrait la porte aux clients était fraîche comme au sortir d'un bain chaud." Une enquête de Maigret à lire absolument pour ses qualités littéraires, pour l’analyse du contexte sociologique de l'époque, et aussi pour la mécanique de l'énigme et sa résolution. En rentrant à Paris, Maigret répond à sa femme lui demandant s'il a résolu l'affaire : "Donne-moi mes pantoufles, veux-tu ?"
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