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Editions Héloïse D'Ormesson
EAN : 9782350871233
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 269
Format : 140 x 205 mm

Un loup à ma table

Jean GUILOINEAU (Traducteur)
Date de parution : 15/10/2009

Les jeux d’enfant finissent bien

« Quand j’étais petit, j’ai rêvé que mon père m’emmenait dans les bois où il y avait un cadavre. Il l’enterrait et me disait que je ne devrais jamais en parler. C’était la seule chose que nous ayons jamais faite ensemble, père et fils, et j’ai promis de ne...

« Quand j’étais petit, j’ai rêvé que mon père m’emmenait dans les bois où il y avait un cadavre. Il l’enterrait et me disait que je ne devrais jamais en parler. C’était la seule chose que nous ayons jamais faite ensemble, père et fils, et j’ai promis de ne rien dire. Mais contrairement à la plupart des rêves, le souvenir de celui-ci ne m’a jamais quitté. Et parfois, quand j’ai bu, je ne suis plus absolument sûr : Etait-ce seulement un rêve ? »

Pendant toute son enfance, Augusten Burroughs a vu son père comme un être impénétrable. Jamais vraiment absent, et pourtant effroyablement lointain. Présence silencieuse, à peine signalée par une toux éraillée dans la pièce d’à côté et des volutes de tabac. En grandissant, le fossé n’a cessé de se creuser, le père se terrant dans un monde où son fils n’existait pas. Augusten vit progressivement naître en lui un ressentiment sinistre. Alors pouvaient commencer les jeux…
Avec Un loup à ma table, Augusten Burroughs se risque à écrire l’indicible familial et évoque avec impétuosité et innocence son rapport au père, entre haine acerbe et tendresse infinie. Il dynamite les clichés de l’autobiographie.

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EAN : 9782350871233
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 269
Format : 140 x 205 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • oiseaulire Posté le 8 Mai 2020
    Roman largement autobiographique : fils d'un professeur d'université et d'une poétesse, le jeune Augusten vit une enfance dévastée par la peur : la peur de n'être pas aimé, bien sûr ; mais aussi peur de l'agression physique par un père si inquiétant que le petit garçon vit dans une perpétuelle angoisse de mort imminente pour lui, sa mère ou ses animaux de compagnie. S'étant persuadé que son père est un meurtrier en série, Augusten, devenu adulte, redoute l'héritage de son père et plonge, comme ce dernier, dans l'alcoolisme et des comportements erratiques, jusqu'au jour où il lui est révélé que sa vie lui appartient et que la seule part d'ombre qui lui revienne en propre est celle des séquelles occasionnées par le manque d'amour paternel. C''est sur ce vortex affectif que se construira l'oeuvre de l'auteur. Excellent livre sur l'héritage familial.
  • Ingannmic Posté le 17 Mars 2020
    Dans "Un loup à ma table", Augusten Burroughs laisse de côté le cynisme et l’humour grinçant qui rendaient la lecture de "Courir avec des ciseaux" et de "Déboire" si plaisante. C'est pourtant peu dire que le fond de ces deux volumes étaient déjà tragique, mais l’auteur y adoptait un ton qui donnait l’impression qu’il se détachait d’un passé encombrant (mais qui en réalité ne cessait de le hanter). Ici, alors qu’il évoque sa relation à son père, John, il semble par moments être redevenu le petit enfant vulnérable et naïf qui cherchait en vain à attirer l’attention de ce professeur d'université souvent absent, et qui lors de ses rares moments de présence au sein du foyer familial, préférait rester en tête à tête avec un verre de vodka que de prêter une quelconque attention à sa progéniture. Entre ce père fantôme, une mère dépressive et poétesse perdue la plupart du temps dans ses pensées, et un frère aîné brutal et stupide qui quittera dès que possible l'enfer familial, l'enfance d'Augusten est synonyme d'insécurité et de carence affective. "Nous étions trois. C'était presque comme si la maison contenait trois grottes, et que chacun de nous était assis au fond de la sienne. Parfois, j'entendais ma mère... Dans "Un loup à ma table", Augusten Burroughs laisse de côté le cynisme et l’humour grinçant qui rendaient la lecture de "Courir avec des ciseaux" et de "Déboire" si plaisante. C'est pourtant peu dire que le fond de ces deux volumes étaient déjà tragique, mais l’auteur y adoptait un ton qui donnait l’impression qu’il se détachait d’un passé encombrant (mais qui en réalité ne cessait de le hanter). Ici, alors qu’il évoque sa relation à son père, John, il semble par moments être redevenu le petit enfant vulnérable et naïf qui cherchait en vain à attirer l’attention de ce professeur d'université souvent absent, et qui lors de ses rares moments de présence au sein du foyer familial, préférait rester en tête à tête avec un verre de vodka que de prêter une quelconque attention à sa progéniture. Entre ce père fantôme, une mère dépressive et poétesse perdue la plupart du temps dans ses pensées, et un frère aîné brutal et stupide qui quittera dès que possible l'enfer familial, l'enfance d'Augusten est synonyme d'insécurité et de carence affective. "Nous étions trois. C'était presque comme si la maison contenait trois grottes, et que chacun de nous était assis au fond de la sienne. Parfois, j'entendais ma mère hurler dans sa grotte. Par dessus le bruit éternel de sa machine à écrire, j'entendais sa solitude, sa plainte désespérée. Comme un animal blessé, blotti dans un coin, qui sait qu'il mourra bientôt. Quand mon père s'approchait de ma grotte, je l'entendais respirer et grincer des dents. Les gens croient en Dieu parce qu'ils ne peuvent affronter la solitude. Je n'avais pas peur d'être seul dans le monde. J'avais peur de ne pas l'être". Ses efforts pathétiques pour obtenir un regard, un petit signe d'affection, serrent le coeur du lecteur atterré par la froideur paternelle. Et dans l'imaginaire enfantin d'Augusten, son père en vient peu à peu à prendre des allures de monstre. La comparaison avec le loup m'a parue adéquate : à l'image de l'animal qui suscita à la fois terreurs et fantasmes, la figure paternelle revêt une dimension presque mythique... Dans ses cauchemars, Augusten se voit poursuivi par lui, la nuit, à travers bois. Et lorsqu'il est éveillé, la peur est toujours là, alimentée par le physique de plus en plus répugnant de John, dont le corps est rongé de psoriasis, la bouche partiellement édentée, et par ses crises de folie parfois soudaines, provoquées par sa consommation d'alcool. Le besoin d'être reconnu par ce père alterne avec l'envie de le tuer, et aussi, peu à peu, la grande angoisse : celle de lui ressembler. « Mon enfance avait pris fin. Une part de moi était morte. Mais une autre part venait de naître. Et j’ai su que quelle que soit la méchanceté que mon père avait en lui, elle était aussi en moi. Avant, j’avais peur de devenir comme lui en grandissant. Maintenant, je savais qui je l’étais déjà. (…) Mon père ne méritait pas de respirer ». L'auteur décrit avec justesse les sentiments ambivalents et destructeurs qu'ont suscité en lui l'indifférence paternelle, posant implicitement la question de savoir ce qu'il en résulte, une fois atteint l'âge adulte. En écrivant "Un loup à ma table", que l'on pourrait décrire comme le récit d'un manque, ou d'un vide -mais d'un vide lourd, encombrant, qui prend toute la place-, sans doute a-t-il voulu exorciser une bonne fois pour toutes les démons d'une enfance qui ne cessent de le poursuivre. Il nous livre un roman touchant de sincérité, et aussi assez angoissant, où son habituel sens du sarcasme fait place à un humour presque fortuit, nourri de sa crédulité d'enfant forcé de composer avec un monde qui ne lui convient pas.
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  • jprathle Posté le 17 Juillet 2019
    D'un point de vue psychanalytique, Un loup à ma table est très intéressant. Les personnages ont tous une névrose plus ou moins grave : la mère est dépressive et se réfugie dès qu'elle le peut dans la solitude, le frère est absent de façon chronique et fuit le cocon familial. Et le père, personnage incontournable du roman, est un homme violent, qui n'hésite pas à humilier son fils ou à maltraiter sa femme. C'est un homme dangereux qu'Augusteen craint autant qu'il l'aime, et aura toujours un besoin irrépressible de se faire aimer de lui. À un tel point qu'il va jalouser les garçons qui grandissent sans figure paternelle et n'ont pas cette hantise de ressembler un tant soit peu à cet être qu'il méprise au fond de lui. Avec beaucoup d'humour Augusteen Burroughs nous narre ces épisodes parfois anecdotiques parfois douloureux qui ont égrené son enfance et qui on fait de lui l'homme qu'il est. C'est donc avec beaucoup d’auto-dérision qu'Un loup à ma table se fait l'écho de cette jeunesse tourmentée. On sent la dureté de ce qui nous est raconté mais l'on ressent également combien Augusteen Burroughs a accompli un travail sur lui-même pour surmonter tout ça. Certaines parties... D'un point de vue psychanalytique, Un loup à ma table est très intéressant. Les personnages ont tous une névrose plus ou moins grave : la mère est dépressive et se réfugie dès qu'elle le peut dans la solitude, le frère est absent de façon chronique et fuit le cocon familial. Et le père, personnage incontournable du roman, est un homme violent, qui n'hésite pas à humilier son fils ou à maltraiter sa femme. C'est un homme dangereux qu'Augusteen craint autant qu'il l'aime, et aura toujours un besoin irrépressible de se faire aimer de lui. À un tel point qu'il va jalouser les garçons qui grandissent sans figure paternelle et n'ont pas cette hantise de ressembler un tant soit peu à cet être qu'il méprise au fond de lui. Avec beaucoup d'humour Augusteen Burroughs nous narre ces épisodes parfois anecdotiques parfois douloureux qui ont égrené son enfance et qui on fait de lui l'homme qu'il est. C'est donc avec beaucoup d’auto-dérision qu'Un loup à ma table se fait l'écho de cette jeunesse tourmentée. On sent la dureté de ce qui nous est raconté mais l'on ressent également combien Augusteen Burroughs a accompli un travail sur lui-même pour surmonter tout ça. Certaines parties de sa vie ne sont pas évoquées dans Un loup à ma table, car elles le sont dans d'autres romans de l'auteur comme Courir avec des ciseaux ou bien Déboire mais le peu qu'il nous en raconte nous donne envie de plonger dans ces histoires. Cela pourrait paraître impudique que d'entrer de cette façon dans l'intimité de ce personnage mais l'élégance de l'écriture et le recul avec lequel sont évoqué les aventures du héros donnent une cohérence fictionnelle à l'histoire. Une histoire peu banale, tour à tour effrayante et touchante, souvent passionnante.
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  • AquinER Posté le 20 Mars 2012
    J'ai longtemps cru que les romans d'Augusten Burroughs étaient d'excellents exemples d'autofiction. Erreur. Chez cet auteur étasunien, l'écriture est un exercice de mémoire. Pour ce quatrième volet des "mémoires" de Burroughs publiées en français, le ton change. On ne rie plus comme dans "Courir avec des ciseaux", au contraire, chaque nouveau chapitre est plus angoissant que le précédent. Il est essentiellement question de sa relation avec son père, du manque affectif et de son obsession d'exister dans l'oeil du père. On regrette bien sûr la quasi absence de trame narrative. Le lecteur devra se contenter d'épisodes couvrant les années de la naissance de Burroughs à la mort du père. Ce livre à la fois bouleversant et écoeurant n'est pas à mettre entre toutes les mains. La vérité subjective de l'auteur donne froid dans le dos. Je préférais penser qu'il écrivait de l'autofiction...
  • zazy Posté le 25 Juillet 2011
    Augusten petit enfant, du plus loin qu’il se souvienne a l’impression que quelque chose ne tourne pas rond dans sa famille. Son père, couvert de psoriasis, est alcoolique, violent, cruel avec tous. Sa mère, femme battue et violée, fait des séjours en H.P. Sinon, chez elle, elle passe son temps à fumer et à taper sur sa machine à écrire dans la chambre à côté de la sienne. Elle ne tient tête que quand leur vie est en danger et là, la mère et le fils fuitent les pulsions meurtrières du père. Dans la première partie du roman, Augusten essaie par tous les moyens de retenir l’attention de son père, de lutter contre sa glaciale indifférence, d’ouvrir la gangue entourant son cœur. Et pourtant le père dit assez souvent « je t’aime aussi », sans plus. Puis, au retour d’une de leurs fuite, il découvre Bernie, son compagnon à 4 pattes, mort dans sa cage de ne pas avoir été nourri par son père. « Et cela a commencé. La haine a éclos dans ma poitrine. La haine s’est épanouie en moi et elle s’est déployée comme les pétales d’une fleur mortelle….. Mon père ne méritait pas... Augusten petit enfant, du plus loin qu’il se souvienne a l’impression que quelque chose ne tourne pas rond dans sa famille. Son père, couvert de psoriasis, est alcoolique, violent, cruel avec tous. Sa mère, femme battue et violée, fait des séjours en H.P. Sinon, chez elle, elle passe son temps à fumer et à taper sur sa machine à écrire dans la chambre à côté de la sienne. Elle ne tient tête que quand leur vie est en danger et là, la mère et le fils fuitent les pulsions meurtrières du père. Dans la première partie du roman, Augusten essaie par tous les moyens de retenir l’attention de son père, de lutter contre sa glaciale indifférence, d’ouvrir la gangue entourant son cœur. Et pourtant le père dit assez souvent « je t’aime aussi », sans plus. Puis, au retour d’une de leurs fuite, il découvre Bernie, son compagnon à 4 pattes, mort dans sa cage de ne pas avoir été nourri par son père. « Et cela a commencé. La haine a éclos dans ma poitrine. La haine s’est épanouie en moi et elle s’est déployée comme les pétales d’une fleur mortelle….. Mon père ne méritait pas de respirer. » écrit-il. A partir de cet instant, pour lui, seul la mort de ce père pourrait le libérer. Sur plusieurs pages il nous narre de façon très réaliste, des scénarios dans lesquels il tue son père et qui ne sont, en vérité, que des rêves, mais qui font froid dans le dos tant ils sont détaillés de manière « paisible et naturelle». Puis, il y a le frère ainé, dont il dit « il est comme moi mais il n’est pas moi ». Son frère qui fait partie « de la famille d’avant », une famille normale et souriante, et lui apprendra à tirer afin de se protéger contre le Père avant de quitter définitivement « la caverne familiale ». Adulte, il mène une vie étrange. Publicitaire doué et reconnu dans la journée ; ivrogne et vivant dans un appartement transformé en taudis le soir. Sa demande de reconnaissance paternelle est toujours aussi vive et il ne peut s’empêcher d’appeler son père pour lui parler de sa réussite professionnelle et d’étaler ses voyages, budgets….. Allant jusqu’à lui parler de sa mère pour entretenir la conversation. Un beau jour, ses yeux s’ouvrent et il se rend compte qu’il n’est pas son père et alors la reconstruction commence. 10 ans plus tard, sur son lit de mort, le père ne pourra s’empêcher de faire une dernière vacherie à Augusten. Mais, mort, le fils est libéré de lui. Augusten Burroughs nous décrit son enfance dénuée d’amour paternel, son besoin de reconnaissance. Il n’y a pas de coups, mais une violence psychique inouïe dont on ne sort pas indemne …. Cette quête de l’amour paternel le poursuivra toute sa vie. Ce livre poignant nous pose la question : peut-on se construire sans l’amour et le regard de nos parents et je pense que la réponse est non puisqu’il agit toujours en réaction à cette relation. Ce livre est un coup de cœur qui ressemble à un coup de poignard
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