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Seghers
EAN : 9782232122095
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 128
Format : 115 x 190 mm

Une saison en enfer - Poésie d'abord

Collection : Poésie d'abord
Date de parution : 07/03/2002

En France, la pratique de la poésie semble florissante. À ce jour, plus de six cents revues et des dizaines de petites maisons d'édition sont recensées. Festivals, rencontres, lectures publiques se multiplient. La diffusion des livres demeure cependant insuffisante et les lecteurs trop peu nombreux. Les jeunes lecteurs, en particulier,...

En France, la pratique de la poésie semble florissante. À ce jour, plus de six cents revues et des dizaines de petites maisons d'édition sont recensées. Festivals, rencontres, lectures publiques se multiplient. La diffusion des livres demeure cependant insuffisante et les lecteurs trop peu nombreux. Les jeunes lecteurs, en particulier, en restent généralement éloignés. Peut-être parce qu'ils n'ont pas eu la possibilité de franchir le pas au moment décisif des premières grandes lectures. «Pour lire, comprendre, apprécier la poésie, il faut avoir lu, compris et apprécié antérieurement de la poésie», soulignait Jacques Roubaud aux rencontres de Chédigny sur la poésie d'aujourd'hui. Nous sommes partis de ce constat pour proposer aux jeunes lecteurs ces livres-outils, invitation aux grandes découvertes, qui aujourd'hui leur font largement défaut.La collection «Poésie d'abord», destinée à tous les lecteurs de poésie, s'adressera peut-être en premier lieu aux futurs lecteurs, à tous ceux qu'elle voudrait, en leur fournissant les repères indispensables, inciter à ouvrir des livres de poésie. L'ouverture est d'ailleurs sa principale ambition: ouverture de la poésie, certes, à un public nouveau; ouverture de sa diffusion hors des circuits fermés qui sont habituellement les siens; ouverture aux territoires linguistiques et aux champs les plus divers de la poésie de toutes époques. Avec «Poésie d'abord», le lecteur s'aventurera dans l'espace et le temps à la rencontre d'un genre littéraire qui se joue de toutes les frontières.Plutôt que d'en confier les préfaces à des universitaires ou à des écrivains célèbres, c'est à des lycéens qu'il a été choisi de s'adresser, en leur demandant, avec leurs mots et leur sensibilité, de faire partager leurs passions et leurs émotions à leurs « contemporains ». Ces préfaces résulteront d'un travail en atelier d'écriture, réalisé en milieu scolaire, avec le concours du ministère de l'Éducation nationale. Un écrivain animera chacun de ces ateliers. Il en éclairera les coulisses dans une postface qui lui fournira également l'occasion de présenter sa propre lecture de l'auteur étudié.

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EAN : 9782232122095
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 128
Format : 115 x 190 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • MIMIROSETTE Posté le 4 Juillet 2021
    Poète dénonciateur, rebelle parfois vulgaire au sens strict dans les thèmes abordés, Rimbaud s'amuse comme le gamin qu'il était à traiter tous les sujets, des plus sacrés comme le cléricalisme ou le patriotisme au plus intime physiologiquement parlement. Le style et l'émotion emportent tout, laissant le lecteur s'aventurer au-delà des mots pour ressentir grâce à la rythmique et aux rimes tout ce que peut dégager une telle œuvre.
  • cchloe Posté le 15 Mai 2021
    Cette prose nouvelle et cette fougue de Rimbaud (sûrement accentuée par les pages éparses) m'ont fait oubliée le moment présent pour m'accentuer sur l'âme révoltée et tiraillée de Rimbaud. J'ai été très heureuse de mettre immiscée dans ses lettres passionnelles mais sombres avec Verlaine. Même si ces proses partent dans tous les sens, il y a une trame, un tiraillement inlassable et fatal. Je suis étonnée d'apprendre que Rimbaud s'aime si peu, se dévalorise à ce point et que la mort lui fait si peur. Peur accentuée par la remise en cause de sa foi par la science, qui ne prendra finalement pas le dessus. le statut du poète maudit trouve tout son sens dans Une saison en enfer. Illuminations :
  • JHaltRoen Posté le 13 Décembre 2020
    Si vous décidez de lire cette oeuvre magistrale, ne cherchez pas à comprendre le sens précis de ces mots, vous n'y parviendrez pas. Ressentez simplement le chaos qui surgit à travers ces lignes, qui vous émeut et vous imprègne grâce à la pureté du talent de Rimbaud. Laissez-vous porter par l'enfer que seul un amour passionnel sait créer… ❤ Et c'est ainsi que vous ressentirez tout l'art et tout le coeur de ce poète de génie.
  • Allantvers Posté le 25 Août 2020
    Une saison en enfer pour le poète des poètes, une heure en lévitation extra-sensorielle pour la lectrice néophyte que je suis. Je n'ai rigoureusement rien compris mais ça n'a aucune importance, l'expérience n'était pas là : lu "les yeux fermés" pour mettre en sommeil ma boîte à raisonner, en essayant de maintenir ouverts quelques chakras afin de tenter la connexion aux capteurs à travers lesquels le poète perçoit le monde. Par instants, au détour d'un mot tordu, cela a fonctionné, et la décharge est fulgurante, d'une violence inouïe. On n'approche pas sans dommages des forces primales de l'univers, et c'est ahurissant de penser que ce tout jeune homme surdoué, sur-dimensionné pour la vie des hommes, dont dans ces lignes on entend le coeur battre à défaut de le comprendre, ait eu de ces forces une perception si puissante. Cela doit être quelque chose de sublime et de terriblement douloureux qu'être Rimbaud.
  • berni_29 Posté le 18 Juillet 2020
    J'aurais voulu me laisser choir dans Une saison en enfer, mais est-il possible de trouver la tranquillité dans ce texte qui bouillonne comme un fleuve ? Il est le seul recueil de poésie d'Arthur Rimbaud publié de son vivant. C'est une poésie en prose. Ce n'est pas une raison pour torturer le lecteur que je suis, en mal d'émotions... J'ai mis un temps fou à entrer dans ce texte, je ne dirai pas à chercher à le comprendre, ce serait faire offense à son auteur, j'y ai renoncé. Je me souviens d'une chambre d'hôtel en mai 2018, j'étais à Prague, j'avais emporté dans ce voyage ce recueil que j'avais lu dans l'avion. J'ai commencé à écrire une chronique, un billet d'humeur, je tournais en rond autour de ce texte, impossible de le cerner, les mots étaient comme un essaim d'abeilles. J'écrivais des mots épars sur une feuille de papier. J'avais la tête ailleurs... Ma mère, très malade, mourut deux jours plus tard, pendant notre séjour. Nous rentrâmes mon épouse et moi précipitamment en Bretagne et ce texte fut oublié... le recueil Une saison en enfer et les bribes de mots griffonnés sur un papier, tout cela fut oublié dans un... J'aurais voulu me laisser choir dans Une saison en enfer, mais est-il possible de trouver la tranquillité dans ce texte qui bouillonne comme un fleuve ? Il est le seul recueil de poésie d'Arthur Rimbaud publié de son vivant. C'est une poésie en prose. Ce n'est pas une raison pour torturer le lecteur que je suis, en mal d'émotions... J'ai mis un temps fou à entrer dans ce texte, je ne dirai pas à chercher à le comprendre, ce serait faire offense à son auteur, j'y ai renoncé. Je me souviens d'une chambre d'hôtel en mai 2018, j'étais à Prague, j'avais emporté dans ce voyage ce recueil que j'avais lu dans l'avion. J'ai commencé à écrire une chronique, un billet d'humeur, je tournais en rond autour de ce texte, impossible de le cerner, les mots étaient comme un essaim d'abeilles. J'écrivais des mots épars sur une feuille de papier. J'avais la tête ailleurs... Ma mère, très malade, mourut deux jours plus tard, pendant notre séjour. Nous rentrâmes mon épouse et moi précipitamment en Bretagne et ce texte fut oublié... le recueil Une saison en enfer et les bribes de mots griffonnés sur un papier, tout cela fut oublié dans un coin, peut-être que les pages de cet ouvrage garderaient encore ce douloureux souvenir... Ce texte resurgit dans ma mémoire à l'occasion de plusieurs événements. Tout d'abord, une chronique estivale quotidienne de trois minutes sur France Inter où Sylvain Tesson nous parle tous les matins d'Arthur Rimbaud à la manière d'un explorateur... Ensuite, une tentative échouée de revenir plus paisiblement à Prague au mois d'avril dernier, annulée et pour cause, vous devenez pourquoi... Enfin, le temps d'aujourd'hui dont on dit parfois naïvement et peut-être stupidement qu'il sépare le temps d'avant et le temps d'après, comment marquer cette coupure définitive sinon par l'art qui fut oublié dans les règles sanitaires. Rimbaud lui n'eut aucun état d'âme, à l'âge de dix-sept-ans, il trancha dans le vif de l'art, séparant cruellement le temps ineffable de la poésie, il y eut définitivement le temps d'avant lui, classique, rejetant dans la poussière et la craie les poètes du XIXème siècle qu'il côtoyait dans un Paris parnassien conquis, séduit à son insolence et celui qu'il ouvrait à grandes brèches vers un monde encore inconnu dans lequel il n'eut d'ailleurs pas le temps ni peut-être la volonté de marquer ses pas de manière durable. D'autres plus tard s'y engouffrèrent, les surréalistes, mais pas seulement, toute la poésie qui nous est contemporaine aujourd'hui vient de cette brèche ouverte par Rimbaud. J'ai relu à cette occasion Une saison en enfer. Que ce texte est furieusement beau et difficile à la fois ! Il me résiste encore, je me dis que c'est bon signe, j'y reviens et j'y comprends presque autre chose à chaque fois que je le relie, lorsque que je cherche à l'interpréter. Par contre, il entre en moi chaque fois que je me lâche, que je me laisser aller, que je n'attends plus rien de ce texte, aucun message, aucune délivrance, aucune interprétation, seulement le texte tel qu'il est, de manière brute, brutale, « brut de décoffrage » comme disait mon père, ouvrier du bâtiment. Je crois que l'expression subsiste encore... le lire à haute voix est encore mieux, j'ai fait l'expérience cet après-midi dans mon jardin, juste une page pour voir... Comme le texte paraît brusquement différent lorsqu'on a la chance de pouvoir le dire à haute voix. La poésie de Rimbaud doit être criée, du moins celle d'Une saison en enfer... Si l'enfance est une saison, l'enfance précoce peut être un enfer pour celui qui la vit. Être un génie à quinze ans ou dix-sept ans, ce n'est pas descendre un fleuve impassible. Que faire de ce soleil qui dévore Rimbaud ? Quel était son regard lorsqu'il contemplait ce gouffre béant en lui-même d'où surgissaient, tels de la lave d'un volcan en éruption, ces pulsions de verbes et de couleurs ? Que faire de cette force, de cette révolte, de cette douleur hallucinée ? Que faire de cette lucidité sur le monde ? On envie parfois les enfants surdoués. C'est une erreur car c'est un inconfort total pour eux et pour les parents. Rimbaud était un enfant très doué à l'école. Il raflait tous les prix dès l'âge de onze ans. Mais parce qu'il travaillait assidument dans des disciplines structurées, telles que le grec et le latin, cela l'a aidé à sauter sur l'autre versant, y porter son génie, jeter sur des pages ce qui brûlait en lui... Écoutez tout de même ce premier vers d'Une saison en enfer écrit par un adolescent de dix-sept ans peut-être, censé à son âge entrer dans l'existence : « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient. » Dans ce vers, je trouve que l'enfant précoce devient presque un homme mûr voire âgé qui se penche sur son passé, non pas usé certes, un homme sage, presque philosophe, capable de faire à la fois un pas de côté tout en ne reniant pas les feux follets qui lui dévorent l'âme. Beau et triste à la fois ! Quel gâchis pour cette enfance avortée ! Mais quel bonheur pour nos coeurs ! Et tout le texte est ainsi, comme s'il dépliait mille vies de lui auparavant, d'une violence infinie, magnifique, magistrale... Narcissique certes, mais peut-on ou doit-on lui reprocher cela ? À la lecture de ce texte, je me suis posé des tas de questions. Y avait-il une lumière intérieure, une source divine dans les entrailles de Rimbaud ? Était-il possédé par une force qui lui était étrangère ? Est-ce que des substances licites ou illicites l'ont aidé à s'enflammer un peu plus vite dans les vers qu'il écrivait ? Possédé certainement, par quelque chose de violent je le pense aussi, mais pas étranger à lui, je le pense intimement, tout simplement il ne savait sans doute pas dompter cette fulgurance d'étoiles filantes, ce geyser, ce séisme qui ouvrait des brèches et faisait s'écrouler les monuments des poètes avant lui et jaillir d'autres édifices insensés. Je pense que la poésie de Rimbaud ne délivre aucun message, il en va de même d'Une saison en enfer, simplement elle délivre une lumière fulgurante venue des silences et des vertiges intérieurs qu'a ressenti le poète. Ici, c'est une peinture, le poète qu'est Rimbaud est un peintre. Sa palette est faite de mots et de lumières. Peut-être ne faut-il y voir ou entrevoir que cela ? Une saison en enfer est une formidable peinture. D'où vient cette voix alors, cette colère ? Dans Une saison en enfer, mais pas seulement dans ce recueil, Rimbaud éclaire ce qu'il touche. Ici la boue n'est jamais loin du soleil. L'inverse aussi. J'aime quand la boue n'est jamais loin du soleil, quand celui-ci s'y reflète dans une flaque. Belle alchimie ! « Dans les villes la boue m'apparaissait soudainement rouge et noire, comme une glace quand la glace circule dans la chambre voisine, comme un trésor dans la forêt ! Bonne chance, criais-je, et je voyais une mer de flammes et de fumée au ciel ; et, à gauche , à droite, toutes les richesses flambant comme un milliard de tonnerres. » Une saison en enfer est une sorte de journal intime qui revisite la vie antérieure d'un adolescent de dix-neuf ans qui aurait eu plusieurs existences avant lui. On pourrait en rire. Mais Rimbaud nous impose le respect. Nous l'admirons parce que nous aurions peut-être tous voulu disposer de toutes ces vies avant nous, et lui, d'un coup d'écriture, d'un briquet qu'il allume juste au bord de son coeur, il nous offre des déferlements de vies antérieures qui n'en finissent plus. L'enfer n'est que la vie sur terre, voici le drame de l'existence. Comment vivre en enfer alors, sinon grâce à la poésie ? Vivre en enfer, le temps d'une saison... Quel risque après tout ? Comment faire venir la beauté sur ses genoux ? Comment s'enfuir, se révolter contre Dieu, le ciel, ce qu'il est et ce qu'il n'est pas ? Et si tout ce texte fou n'était qu'un rêve ? Je le relie encore un peu, je le parcours sans cesse pour regarder si j'existe encore, si ce texte existe encore, si je ne l'ai pas imaginé, dire, oui ce texte est bien réel, il est sous mes yeux, sous mes doigts, sous mes battements d'ailes. Rimbaud nous dit peut-être aussi que venir au monde, c'est connaître d'emblée l'enfer. Cruelle destinée ! Naître, puis se relever, marcher vers la lumière. Ce texte est un éveil au corps et au ciel. Est-ce comme si les deux étaient totalement liés ? Oui, je pense que les deux sont totalement liés. Extirper le corps du sol d'ici-bas, pour le tirer au plus haut, voilà le geste peut-être inconscient de Rimbaud, un adolescent insoumis, simplement voyant, qui casse enfin les codes, comme il cassait la vaisselle de Madame Verlaine. Comment déplier alors ce texte à l'infini ? Partir, mais peut-on partir ? Peut-on réellement partir ? Nos ailes sont brûlées. Nos semelles sont souvent de plomb. S'évader, mais par quelle porte, quelle fenêtre, quel chemin ? Arthur Rimbaud est pressé. Il a rendez-vous avec la solitude. Moi, j'ai rendez-vous avec Rimbaud chaque fois que je descends vers ces vers. Vers ces vers... Une saison en enfer semble me dire : Ne jamais s'arrêter en chemin. Ne pas perdre son temps. Ne pas se laisser distraire. Aller jusqu'au bout du chemin. Apprendre à vivre sa vie et non tenter de la sauver. Plus tard, c'est-à-dire ce soir, je vous lis ces vers : « Quand irons-nous, par-delà les grèves et les monts, saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle, la fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition, adorer – les premiers ! – Noël sur la terre ! » Rimbaud tâtonne, sans doute nous aussi. La vie est tellement immense.
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