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La Découverte
EAN : 9782707192912
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Royaume d'asphalte

Jeunesse en révolte à Riyad

Collection : Sciences humaines
Date de parution : 25/08/2016
Si la gérontocratie qui gère l’Arabie saoudite fait l’objet de l’attention permanente des observateurs, on ne sait rien de sa jeunesse, celle qui, tôt ou tard, surgira sur le devant de la scène. Des rodéos automobiles aux impasses de l’urbanisation galopante, des banlieues de Riyad à la sociabilité des Bédouins, Pascal Menoret aborde la question saoudienne là où on ne l’attend pas : les marges de la ville, de la jeunesse, de la révolte ; et il réussit à décentrer notre regard sur l’Arabie.
Comment les villes se font et se défont-elles ? Quelles violences implique le règne, partout dans le monde, de la ville-voiture ? Comment la délinquance juvénile révèle-t-elle des lignes de fracture politiques et géopolitiques ? Comment un chercheur européen entre-t-il en empathie avec les sociétés arabes contemporaines ? Fruit de... Comment les villes se font et se défont-elles ? Quelles violences implique le règne, partout dans le monde, de la ville-voiture ? Comment la délinquance juvénile révèle-t-elle des lignes de fracture politiques et géopolitiques ? Comment un chercheur européen entre-t-il en empathie avec les sociétés arabes contemporaines ? Fruit de quatre années d’enquête ethnographique à Riyad, ce livre apporte des réponses à ces questions. Il montre comment, dans une ville répressive et livrée aux promoteurs, les jeunes Saoudiens créent des espaces de liberté et de révolte. Et comment, quand la politique est traitée comme un crime, seuls les délinquants font vraiment de la politique.

« Une fabuleuse plongée dans les bas-fonds de Riyad, parmi ces princes des rodéos urbains, révoltés et poètes, marginaux et séducteurs, qui dérapent au péril de leur vie, refusant l’ordre qui s’est imposé dans leur pays. » Alain GRESH

« Dans le royaume, nous roulons aux marges de la ville pour aller assister, musique à fond, aux dérapages qui ont lieu le long de routes abandonnées. C’est probablement le moment où la jeunesse saoudienne s’approche le plus de la rébellion. » Ahmed MATER

« La gérontocratie qui gère l’Arabie saoudite fait l’objet de l’attention permanente des observateurs politiques. Mais on ne sait rien de la jeunesse saoudienne, celle qui tôt ou tard surgira sur le devant de la scène. Menoret aborde la question saoudienne là où on ne l’attend pas : les marges de la ville, les marges de la jeunesse, les marges de la révolte. » Olivier ROY

Élu livre de l’année 2014 par The Economist.
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EAN : 9782707192912
Façonnage normé : EPUB2
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • YvesParis Posté le 17 Octobre 2016
    « Comment peut-on être saoudien ? ». Chacun ou presque a aujourd’hui son opinion sur la politique qu’il conviendrait de mener avec l’Arabie saoudite. Les plus réalistes estiment qu’il s’agit d’un pôle de stabilité dans un environnement régional troublé ; les moins cyniques s’alarment au contraire du soutien aveugle apporté par l’Occident à un des régimes les plus rétrogrades au monde. Mais qui connaît l’Arabie saoudite ? Si, depuis l’arrivée au pouvoir du roi Salmane en janvier 2015 et la sombre guerre de succession qui se joue déjà autour du monarque octogénaire, la gérontocratie qui la gouverne éveille désormais la curiosité, la société saoudienne demeure opaque à l’observateur étranger. Publiée en 2011 aux éditions Dalloz, la thèse de Amélie Le Renard « femmes et espaces publics en Arabie saoudite » levait le voile sur le sort fait aux femmes. C’est aux hommes que Pascal Menoret s’intéresse. Il le fait par un biais surprenant et a priori déroutant : l’étude des rodéos urbains auxquels se livrent les jeunes marginaux de Riyad pour échapper au sentiment d’ennui (tufush) qui les submerge et pour manifester leur colère contre l’étouffante répression. Il ne faudrait pas réduire le « Saudi drifting » à une déclinaison moyen-orientale... « Comment peut-on être saoudien ? ». Chacun ou presque a aujourd’hui son opinion sur la politique qu’il conviendrait de mener avec l’Arabie saoudite. Les plus réalistes estiment qu’il s’agit d’un pôle de stabilité dans un environnement régional troublé ; les moins cyniques s’alarment au contraire du soutien aveugle apporté par l’Occident à un des régimes les plus rétrogrades au monde. Mais qui connaît l’Arabie saoudite ? Si, depuis l’arrivée au pouvoir du roi Salmane en janvier 2015 et la sombre guerre de succession qui se joue déjà autour du monarque octogénaire, la gérontocratie qui la gouverne éveille désormais la curiosité, la société saoudienne demeure opaque à l’observateur étranger. Publiée en 2011 aux éditions Dalloz, la thèse de Amélie Le Renard « femmes et espaces publics en Arabie saoudite » levait le voile sur le sort fait aux femmes. C’est aux hommes que Pascal Menoret s’intéresse. Il le fait par un biais surprenant et a priori déroutant : l’étude des rodéos urbains auxquels se livrent les jeunes marginaux de Riyad pour échapper au sentiment d’ennui (tufush) qui les submerge et pour manifester leur colère contre l’étouffante répression. Il ne faudrait pas réduire le « Saudi drifting » à une déclinaison moyen-orientale de « Fast and Furious ». Les conducteurs qui s’y adonnent sont plus souvent des bédouins lumpenprolétarisés que des enfants de sheikhs ; les voitures qu’ils utilisent sont des berlines japonaises, pas des voitures de sport customisées. Dans une « ville sur autoroute », déshumanisée, sans centre géographique, convertie au tout-automobile, les jeunes essaient de se réapproprier un espace dont ils se sentent exclus. Dans un pays d’où toute forme d’expression politique est bannie, où le clientélisme règne en maître, où la surveillance policière est omniprésente, où la séparation sourcilleuse des genres exacerbe les frustrations, les jeunes qui veulent mal se conduire conduisent mal. Les pilotes ne se contentent pas de faire crisser des pneus. L’alcool et les drogues s’échangent (le captagon est la plus répandue). Les tabous sexuels sont violés. Le monde des rodéos renvoie « l’image macabre et inversée de la société saoudienne » (p. 191) Pascal Menoret a d’abord publié son livre en anglais chez Cambridge University Press en 2014. Profitant d’une résidence d’écrivain, il l’a traduit dans notre langue et publié en France. S’il reprend une partie de la thèse d’histoire qu’il a soutenue en 2008 à Paris-I sous la direction de Nadine Picaudou, sa démarche est volontiers interdisciplinaire. Elle emprunte moins à l’histoire qu’à l’urbanisme. Pascal Menoret a exploité les archives personnelles de l’architecte Constantinos Doxiadis qui, au début des années 70, a entrepris la rénovation urbaine de Riyad, essayant, comme Le Corbusier à Chandigarh ou Niemeyer à Brasilia, de forger la « ville du futur », mais se heurtant aux intérêts patrimoniaux des sheikhs. Mais c’est surtout à l’anthropologie – qu’il enseigne désormais aux Etats-Unis – que la démarche de Pascal Menoret est redevable. Il relate ses deux années de terrain à Riyad à la première personne du singulier, sans hésiter à évoquer les difficultés qu’il a rencontrées. C’est que la société saoudienne ne se laisse pas pénétrer facilement. Pascal Menoret raconte avec beaucoup d’humilité la méfiance qu’il a suscitée à raison de ses origines – il n’est pas musulman et était suspecté d’être un espion – et les résistances qui lui ont été opposées – il a dû renoncer à enquêter dans les tribus bédouines du Haut Najd pour se concentrer sur les réseaux informels de la capitale. Au-delà de ce qu’il nous apprend sur la société saoudienne, son livre est un modèle de recherche en anthropologie politique.
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