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Perrin
EAN : 9782262078805
Code sériel : TEMP
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 108 x 177 mm

Le Moyen Age et l'argent

Collection : Tempus
Date de parution : 31/01/2019

Un livre qui redresse les idées reçues sur ce sujet méconnu, par le plus grand médiéviste français.

Au Moyen Âge, l’argent répugne, l’argent fascine, et la monnaie est rare.
« Dans cet essai, je veux expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l’économie, la vie et la mentalité médiévales ; et dans cette société dominée par la religion, comment l’Église a...

Au Moyen Âge, l’argent répugne, l’argent fascine, et la monnaie est rare.
« Dans cet essai, je veux expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l’économie, la vie et la mentalité médiévales ; et dans cette société dominée par la religion, comment l’Église a considéré et enseigné l’attitude que le chrétien doit observer face à l’argent et à l’usage qu’il doit en faire. Si l’argent a joué un rôle important dans la constitution des États, si les techniques financières et bancaires ont progressé, si le commerce s’est largement développé, le Moyen Âge, faute d’un marché global, n’a pas connu ne fût-ce qu’un précapitalisme, même à la fin. C’est pourquoi son développement économique a été lent et limité, en dépit d’îlots de prospérité. Au Moyen Âge, donner de l’argent est aussi important que d’en recevoir, l’esprit de charité l’emporte sur le désir de profit, François d’Assise sur Jacques Cœur. Aussi une crise comme celle d’aujourd’hui y est-elle inconcevable. »
Jacques Le Goff


« Un ouvrage lumineux. »
L’Express

« Une synthèse éblouissante. »
Le Point

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EAN : 9782262078805
Code sériel : TEMP
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 288
Format : 108 x 177 mm
Perrin

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Sarindar Posté le 26 Août 2014
    Jacques Le Goff a-t-il fait dans l'angélisme en minorant la place occupée par l'argent dans la société médiévale et son univers de pensée, dans l'espace public comme dans l'espace privé, et même dans l'économie et le système des échanges ? Il y a bien un rapport compliqué à l'argent de la part de l'homme du Moyen Âge quand il est chrétien : même si l'on fait celui qui n'y pense pas ou qui n'y touche pas, on s'en sert, on en a besoin, on le prend même à qui en a ou à qui le "thésaurise" ou le "manie" et "manipule" (les Templiers, les banquiers lombards et les Juifs sont montrés du doigt sous Philippe IV le Bel, qui est toutefois bien content de mettre la main sur les biens de ces catégories et communautés, tout en accusant ces hommes des pires maux pour couvrir ces spoliations). Mais le même acteur , le roi, peut jouer sur la valeur réelle des monnaies dont il autorise la frappe et fait définir le cours pour s'assurer des rentrées d'argent fort intéressantes, car il modifie en même temps le poids des métaux précieux réellement présents dans les pièces mises en circulation tout... Jacques Le Goff a-t-il fait dans l'angélisme en minorant la place occupée par l'argent dans la société médiévale et son univers de pensée, dans l'espace public comme dans l'espace privé, et même dans l'économie et le système des échanges ? Il y a bien un rapport compliqué à l'argent de la part de l'homme du Moyen Âge quand il est chrétien : même si l'on fait celui qui n'y pense pas ou qui n'y touche pas, on s'en sert, on en a besoin, on le prend même à qui en a ou à qui le "thésaurise" ou le "manie" et "manipule" (les Templiers, les banquiers lombards et les Juifs sont montrés du doigt sous Philippe IV le Bel, qui est toutefois bien content de mettre la main sur les biens de ces catégories et communautés, tout en accusant ces hommes des pires maux pour couvrir ces spoliations). Mais le même acteur , le roi, peut jouer sur la valeur réelle des monnaies dont il autorise la frappe et fait définir le cours pour s'assurer des rentrées d'argent fort intéressantes, car il modifie en même temps le poids des métaux précieux réellement présents dans les pièces mises en circulation tout en maintenant des cours élevés. Ce procédé utilisé, parmi d'autres, pour remplir ses caisses, vaut bien sûr aussi au roi quelques chocs en retour, quelques déboires et quelques obligations m de dévaluation plus ou moins avouées. Tout cela dans un contexte où ces métaux précieux - or et argent surtout - se font de plus en plus rares, car on n'en trouve plus autant que par le passé. Jacques Le Goff a merveilleusement analysé le phénomène d'ensemble et on ne peut pas le taxer de naïveté dans ses postulats, ses démonstrations et ses conclusions. Il surévalue peut-être, après quelques autres, le primat de la charité sur le profit au Moyen-Âge, mais l'idée que l'homme médiéval rapportait tout à Dieu, en finale, n'est tout de même pas qu'une hypothèse d'historien. Et c'est bien vrai que l'on ne se trouvait pas encore dans une société pré-capitaliste, comme l'a toujours soutenu Fernand Braudel, citant en particulier le cas des Cités-États en Italie. L'argent donne quelques complexes aux hommes qui vivent dans l'Europe médiévale et même s'il y a un relatif mépris chez certains, au nom de principes chrétiens qui ne sont parfois qu'un affichage vertueux, il n'en reste pas moins qu'à l'exception de riches marchands ou de banquiers qui ne crachent pas dessus, la majorité des hommes ne le placent pas au-dessus de tout, et qu'on sait encore aussi bien le donner généreusement que le recevoir avec reconnaissance : il y a beaucoup de donations grâcieuses à cette époque, et l'on n'attend parfois rien d'autre qu'une récompense céleste en retour, ce qui, il est vrai, n'est pas un acte tout à fait désintéressé. Les monarques, les princes, les seigneurs sont eux, presque toujours à court d'argent, et ils ne voient dans celui-ci qu'un moyen de financer leurs guerres, assurer leur train de vie, jouer le rôle de mécènes, et ne le prennent que rarement pour une fin en soi. À part certains, on ne prise pas encore l'argent pour l'argent. Il ne sert qu'à réaliser des programmes. Ce n'est pas le Moyen Âge, même finissant, qui a fait l'argent roi. Cela dit, il faut bien se garder d'idéaliser l'homme médiéval et de louer son attitude, souvent plus artificielle que réellement morale et totalement exemplaire, face à l'argent. Car les motivations, quand on les analyse de près, ne sont pas toujours aussi belles qu'on pourrait le penser. Il y a, en effet, une autre manière de s'enrichir ou de faire ostentation de sa fortune, et c'est d'avoir des terres, des biens immobiliers et fonciers, de vastes, moyens ou petits domaines, des châteaux, un personnel de cour, des chasses avec droit réservé de courir le gibier, des possessions communautaires pour les grands groupes monastiques, des taxes prélevées sur les denrées de consommation et des rentrées d'impôts, des collections d'objets rares, etc. François Sarindar, auteur de : Lawrence d'Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)
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