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Perrin
EAN : 9782262066574
Code sériel : 649
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 800
Format : 108 x 177 mm

Lénine

Collection : Tempus
Date de parution : 18/08/2016
Second volume de la trilogie consacrée par Robert Service aux grandes figures de la Russie soviétique, cette biographie unanimement saluée propose un portrait complet et novateur de l’un des hommes les plus influents du XXe siècle.
Un siècle après la révolution de 1917, Lénine reste une figure d’une exceptionnelle envergure. Premier historien à avoir eu accès au « dossier Lénine » conservé aux archives soviétiques, Robert Service renouvelle ce que nous pensions savoir de la personnalité complexe de ce révolutionnaire autant glorifié que dénigré.
Quelles furent les influences des...
Un siècle après la révolution de 1917, Lénine reste une figure d’une exceptionnelle envergure. Premier historien à avoir eu accès au « dossier Lénine » conservé aux archives soviétiques, Robert Service renouvelle ce que nous pensions savoir de la personnalité complexe de ce révolutionnaire autant glorifié que dénigré.
Quelles furent les influences des premières années de sa vie politique ? Comment, devenu le maître de la Révolution russe, créa-t-il le premier État socialiste du monde, d’où devait naître l’URSS ? En s’interrogeant sur l’État et la société construite sous son égide, cette biographie exemplaire fait le bilan d’un héritage dont la mémoire est toujours vive, malgré l’effondrement du régime soviétique.
 
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EAN : 9782262066574
Code sériel : 649
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 800
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

C’est un autre visage du leader de la Révolution russe que montre l’historien britannique : celui d’un éternel enfant gâté, autoritaire et colérique.
L'Express
D’une plume précise, bien informée, […] Robert Service mène à bien la biographie de cet idéologue servi par la chance.
Le Figaro Magazine

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • Unvola Posté le 22 Août 2020
    Robert Service enseignant à l’université d’Oxford, publie en France le deuxième tome d’une trilogie. Le premier tome, « Trotski », fut édité en France en 2011 ; et celui-ci fut publié en 2000 en Grande-Bretagne et seulement cette année, en 2012 en France ; en attendant donc le troisième volume consacré à Staline. Pour cette trilogie, Robert Service a largement pu utiliser les Archives de Moscou. En effet, par une chance extraordinaire, alors qu’il réalisait un ouvrage sur la politique Léniniste, il se trouvait à Moscou en 1991 après l’échec du Putsch contre Gorbatchev, au moment de l’effondrement de l’U.R.S.S. qui a permis l’ouverture partielle et momentanée des Archives Centrales du Parti d’Union Soviétique. Hormis le célèbre Testament de Lénine (connu depuis longtemps maintenant), on découvre des lettres : de sa mère, de ses sœurs, de sa femme, de sa maîtresse, etc., ainsi que des documents d’époque : les minutes du Politburo, du Comité Central, des Conférences et des Congrès, ainsi que des télégrammes et ordres écrits de Lénine, etc.. Dans une Russie extrêmement pauvre de la fin du 19ème siècle, soumise à des siècles d’autocratie Tsariste (remontant même bien avant les 300 années d’impérialisme de la famille des Romanov), à partir... Robert Service enseignant à l’université d’Oxford, publie en France le deuxième tome d’une trilogie. Le premier tome, « Trotski », fut édité en France en 2011 ; et celui-ci fut publié en 2000 en Grande-Bretagne et seulement cette année, en 2012 en France ; en attendant donc le troisième volume consacré à Staline. Pour cette trilogie, Robert Service a largement pu utiliser les Archives de Moscou. En effet, par une chance extraordinaire, alors qu’il réalisait un ouvrage sur la politique Léniniste, il se trouvait à Moscou en 1991 après l’échec du Putsch contre Gorbatchev, au moment de l’effondrement de l’U.R.S.S. qui a permis l’ouverture partielle et momentanée des Archives Centrales du Parti d’Union Soviétique. Hormis le célèbre Testament de Lénine (connu depuis longtemps maintenant), on découvre des lettres : de sa mère, de ses sœurs, de sa femme, de sa maîtresse, etc., ainsi que des documents d’époque : les minutes du Politburo, du Comité Central, des Conférences et des Congrès, ainsi que des télégrammes et ordres écrits de Lénine, etc.. Dans une Russie extrêmement pauvre de la fin du 19ème siècle, soumise à des siècles d’autocratie Tsariste (remontant même bien avant les 300 années d’impérialisme de la famille des Romanov), à partir des années 1880, le Marxisme devint l’idéologie dominante en Russie. Ce Marxisme Révolutionnaire s’en prenait politiquement et par une foultitude d’actes Terroristes à la Monarchie Tsariste des Romanov. Lénine faisant partie de ces opposants Révolutionnaires au régime, complotait en attendant le moment opportun qui, espérait-il, lui permettrait à lui et à son Parti Bolchevique (Communiste), un jour, de renverser le Tsar et de prendre le Pouvoir en Russie. Dès cette époque, il était évident, pour lui, qu’une Révolution n’était viable, à terme, que si elle se développait à l’échelle Européenne puis mondiale, balayant ainsi définitivement le système Capitaliste de la surface de la planète ! Il n’y parvint pas totalement, mais tragiquement, presque, car il fut à l’origine de la création puis de la propagation du Totalitarisme Communiste, aux quatre coins de la planète… Mais reprenons le cours des évènements dans leur ordre chronologique… En 1861 donc, dans une Russie encore arriérée par rapport au reste de l’Europe Occidentale, le Tsar Alexandre II finit par abolir l’esclavage et lança une réforme sur l’administration des provinces avec l’institution de zemstva : des assemblées locales élues et responsables de l’instruction publique, des routes ainsi que de la construction d’hôpitaux et de dispensaires. Vladimir Ilitch Oulianov (nommé plus tard, entre autres pseudonymes, Lénine) naquit le 10 avril 1870 dans la petite ville de Simbirsk située au bord du fleuve de la Volga, dans le sud-est de la Russie. Le père de Vladimir Ilitch, Ilia Nikolaïevitch, était inspecteur des écoles publiques dans cette même province. Contrairement aux dires des nombreuses hagiographies concernant la vie de Lénine, ce dernier n’a jamais été pauvre puisqu’en réalité sa famille faisait partie de la classe moyenne Russe. D’ailleurs, les parents de Vladimir Ilitch soutenaient les réformes mises en oeuvre par la Tsar Alexandre II. De même qu’ils tentaient de dissuader leurs enfants de se laisser séduire par les idées Révolutionnaires ; et le sujet de la politique était tabou à la maison. Petit, Vladimir Ilitch était bruyant, brise-fer, mais savait également se montrer attachant. Il admirait son grand frère Alexandre. Mais en grandissant son caractère devint plutôt asocial avec ses frères et soeurs. Il était en revanche un élève brillant. À la mort de son père, le 11 janvier 1886, Vladimir Ilitch n’ayant plus de figure paternelle pour le limiter dans son comportement souvent excessif, devint exécrable. Son chagrin le fit se renfermer sur lui-même. À cette époque, les catastrophes familiales s’accumulèrent, car, malgré que son grand frère Alexandre menait de brillantes études Universitaires, jugeant impossible une évolution pacifique et progressive de la société Russe, Alexandre bascula dans le Terrorisme Révolutionnaire. Il participa alors à rien de moins, que la préparation d’un attentat contre le Tsar Alexandre III (fils d’Alexandre II), le 1er mars 1887. Mais il fut arrêté avant par la police Tsariste : l’Okhrana. Il endossa alors l’entière responsabilité de cette tentative d’attentat et fut condamné à mort et pendu avec ses complices, le 8 mai 1887. La mort de son frère aîné contribua certainement, grandement, à ce que Vladimir Ilitch voua une haine indéfectible à l’encontre du Tsar. Mais beaucoup plus étrange est le fait qu’il en voulût également à toute la famille des Romanov (nous verrons que leur fin de vie fut effroyable !), et radicalisa toujours davantage son militantisme Révolutionnaire. La famille Oulianov fut alors reléguée au rang de paria par les autorités Tsaristes. Malgré ces drames familiaux, la famille Oulianov resta digne et Vladimir Ilitch sortit même premier de sa promotion. Il se lança à corps perdu dans les lectures Révolutionnaires, à commencer par le célèbre roman « Que Faire ? » du Révolutionnaire Nikolaï Tchernychevski. D’ailleurs, tellement inspiré par cet auteur, en 1902, Lénine intitulera son propre opuscule, également…, « Que Faire ? ». Après avoir engendré des troubles avec 38 autres étudiants, il fut exclu de l’Université de Kazan, le 6 décembre 1887. Suite à de mauvaises récoltes, lors de la grande famine de 1891, Lénine eut déjà un comportement extrêmement dur et indifférent vis-à-vis des victimes : principalement des paysans. Dès cette époque, il semblait clair, pour lui, que l’idéologie relevait d’une importance nettement supérieure…, à la vie humaine. En effet, pour Lénine, la famine jouait le : « rôle d’un facteur de progrès ». Alors qu’il vivait dans la région la plus durement touchée par la famine, la Volga, et qu’il voyait les cadavres s’amonceler dans les rues, Lénine refusa, uniquement par Idéologie, d’apporter son aide aux victimes de cette terrible famine (page 106) : « Loin de se limiter à son rôle de témoin des horreurs d’une grande famine générale, il y contribuait. La famille tirant ses revenus de leur propriété d’Alakaïevka, dans la province de Samara, il insistait pour que Krouchvitz, le régisseur, lui verse exactement la somme convenue, ce qui revenait à exiger des paysans de payer leur dû, indépendamment des circonstances. » À cette époque, Lénine vivait des héritages de sa famille et des faibles revenus de son peu d’activité en tant qu’avocat « occasionnel », trop occupé qu’il était à organiser des réunions et des complots Révolutionnaires. C’est en 1894, lors de l’une de ces réunions entre Révolutionnaires, que Lénine fit la connaissance de sa future épouse : Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa, comme lui, une militante Marxiste. Lénine était déjà marqué par les grandes théories sur la Révolution et la lutte des classes (« ouvrière » / « bourgeoise »). Seul hic ! Il n’avait jamais rencontré d’ouvrier de sa vie. Il vivait comme un rentier de la classe moyenne. Mais peu importait, l’essentiel, pour lui, consistait à appliquer la théorie Marxiste. Point. Le spectre de la Terreur de masse utilisée pour appliquer l’Idéologie Communiste était déjà très présent chez Lénine, avant cette fin de 19ème siècle (page 118) : « Le futur Lénine vouait une haine viscérale à toutes les couches de la société qui soutenaient le régime tsariste. Il détestait tous les membres de la famille Romanov, l’aristocratie, le clergé, la police et le haut commandement militaire. Il abominait la classe moyenne commerçante et une autre en pleine expansion, constituée d’industriels et de financiers. Il partageait avec Zaïtchnevski, Tkatchev et Nefediev un véritable empressement à démolir les piliers du régime par le recours à la violence. » Le 9 décembre 1895, il fut arrêté par la police de l’Okhrana, puis avec les membres du groupe de Révolutionnaires, ils furent condamnés à trois ans d’exil « administratif » dans l’est de la Sibérie, le 29 janvier 1897. Il se maria donc, en exil, avec Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa, le 10 juillet 1898. En 1900, Lénine créa son premier journal Révolutionnaire l’Iskra (l’Étincelle) ; et en 1902, il publia son célèbre opuscule : « Que Faire ? ». À cette époque déjà, Lénine ne cachait pas qu’il n’avait rien d’un démocrate. Il avait des formules radicales comme celle-ci : « Donnez-nous une organisation de révolutionnaires et nous mettrons la Russie sens dessus dessous ! ». D’ailleurs, il qualifiait les procédures démocratiques de : « hochet inutile et nuisible » (Citation extraite de Que faire ? Lénine, Oeuvres, Marxists Internet Archives, http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200z.htm (NdT)). Très tôt, Lénine tint à cette Idéologie fondamentale, pour lui, et reprise de Marx : la Dictature du Prolétariat. Dans l’automne de 1902, un matin, alors que Lénine vivait en Angleterre, un certain Léon Trotski frappa à la porte de son domicile de Holford Square. En effet, Trotski ayant entendu parler de Lénine, et venant de s’évader de son exil forcé en Sibérie, souhaitait vivement se joindre à l’équipe de rédacteurs de l’Iskra. Alors que le Congrès du Parti Ouvrier Socialiste de Russie (le P.O.S.D.R.) devait avoir lieu à Bruxelles le 17 juillet 1903, le Congrès dut déménager subrepticement, à Southgate Road au nord de Londres, le 29 juillet, dans un lieu totalement improbable pour des Marxistes exécrant la religion : Brotherhood Church, l’église congrégationaliste du pasteur F.R. Swann, un socialiste engagé. L’idée forte du Congrès tournait autour du thème de la Dictature du Prolétariat. Au cours de ce Congrès, des dissensions apparurent au grand jour et il en émergea alors deux groupes distincts. D’un côté, ceux qui étaient devenus « majoritaires » : les Bolcheviques, dirigés par Lénine ; et les autres devenus « minoritaires » : les Mencheviques, dirigés par Martov. Quasiment tous les membres de la rédaction de l’Iskra étaient de fervents aficionados des Jacobins de la Révolution Française, et donc des adeptes de la Terreur de 1792-1794. En 1905, suite aux mauvaises récoltes régulières depuis plusieurs années, les paysans étaient de plus en plus en colère et les ouvriers se plaignaient de ne pas disposer d’organisations suffisamment structurées pour face aux employeurs. Les mouvements Révolutionnaires se développaient et le Tsar Nicolas II (qui avait succédé à son père Alexandre III en 1894), n’arrivait pas à organiser économiquement et socialement le pays en ce début de 20ème siècle ; bref, la situation devenait critique en Russie. Les attentats terroristes étaient extrêmement nombreux à l’encontre du Pouvoir, dont le dernier en date qui avait causé la mort du ministre de l’Intérieur : Viatcheslav Plehve en 1904 ; assassinat commis par le Parti des Socialistes-Révolutionnaires. Vint se rajouter à cette situation catastrophique, l’entrée en guerre de la Russie contre le Japon. Jusqu’à ce jour du 9 janvier 1905 qui sera désormais nommé : le « Dimanche Rouge », car… (page 190) : » (…) ce jour-là, des hommes, des femmes et des enfants, rassemblés à Saint-Pétersbourg, entreprirent de se rendre au palais d’Hiver, la résidence des tsars, pour remettre à Nicolas II une pétition réclamant des droits civils universels, notamment un embryon de représentation politique démocratique. C’était un dimanche et les manifestants, fermes mais d’humeur joviale et revêtus de leurs plus beaux habits, s’étaient réunis derrière Gueorgui Gapon, un prêtre orthodoxe. Cette manifestation avait été organisée par l’intermédiaire de l’Assemblée des ouvriers des usines et minoteries de Saint-Pétersbourg, dans l’idée de présenter au tsar en personne un ensemble de demandes formulées de manière très respectueuse. L’organisation était une sorte de syndicat ouvrier contrôlé par le ministre de l’Intérieur et créé dans le cadre d’un plan de surveillance décidé par Sergueï Zoubatov, le chef de l’Okhrana. Gapon jouait le rôle d’intermédiaire mais, avec le temps, il prit de plus en plus le parti des ouvriers contre les autorités. A l’approche du palais d’Hiver, les manifestants reçurent l’ordre de se disperser, mais ils passèrent outre. Le tsar étant absent, la garde impériale postée devant le palais commença à paniquer. Le grand-duc Vladimir, son commandant, ordonna de tirer sur la foule, causant la mort d’un grand nombre d’innocents. Loin d’être étouffé, le mouvement s’amplifia, avec partout des grèves et des manifestations, et chaque fois la faute rejaillissait sur les Romanov. La nouvelle de cette crise révolutionnaire parvint à Genève dans les vingt-quatre heures qui suivirent le « Dimanche rouge ». Anatoli Lounatcharski et sa femme furent parmi les premiers émigrés bolcheviques à lire les journaux du 10 janvier. Ils se précipitèrent rue David-Dufour, chez Lénine, qui laissa éclaté sa joie, malgré l’annonce de la mort tragique d’innocents tués à bout portant à l’entrée du palais d’Hiver. Pour le chef des bolcheviks, le tsarisme se trouvait au bord du précipice : le trône d’Ivan le Terrible et de Pierre le Grand commençait à vaciller, et l’essentiel était là. » Ironie de l’Histoire : à chaque fois qu’il y eut une Révolution en Russie (en 1905 et 1917), Lénine était absent, vivant à l’extérieur dans un pays d’Europe… Dans la foulée, Lénine fit organiser secrètement un Congrès le 12 avril 1905 pour décider de la stratégie à adopter, afin de transformer la manifestation sanglante du « Dimanche Rouge » en une Révolution Marxiste (page 194) : « Lénine, dont la réputation parmi les bolcheviks s’était ternie depuis quelques mois, en Russie comme à l’étranger, réaffirma soudain son autorité. Il présida toutes les séances et modifia le programme à sa guise. Entreprenant enfin de préciser comment déclencher la révolution, il électrisa son auditoire avec des slogans préconisant l' »insurrection armée », un « gouvernement révolutionnaire provisoire », la « terreur de masse », et l' »expropriation de la noblesse foncière ». Chacune de ses formules était saluée par des acclamations. Il n’avait aucune inhibition et, si surprenant que cela paraisse, son auditoire l’écouta sans soulever la moindre objection. Les bolcheviks étaient sans pitié. Ils s’attendaient à faire la révolution et à devoir se battre contre une armée de contre-révolutionnaires ; aussi ne voyaient-ils pas pourquoi ils devraient éviter d’employer les méthodes violentes de Robespierre et des révolutionnaires français de 1789. Réalistes et pleins d’assurance, ils partaient du principe que, s’ils assumaient le rôle essentiel qu’on attendait d’eux dans le renversement du gouvernement tsariste, ils seraient indispensables : aucun bénéfice politique ou économique ne serait possible autrement. Leur objectif : se joindre à l’administration révolutionnaire mise en place. Lénine exprimait donc là des idées qui reflétaient leurs aspirations les plus profondes. » Dans le Parti, on lui reprocha de ne pas retourner immédiatement en Russie pour participer à la Révolution. Mais Lénine était un théoricien plutôt couard (page 198) : « Il n’avait jamais mis en jeu sa sécurité ni accompli le moindre geste révolutionnaire. Son activité d’émigré, avec ses débats intellectuels, ses publications et ses recherches en bibliothèques, continuait à le satisfaire. En le voyant rue de Carouge, nul n’imaginait que cet intellectuel impeccablement vêtu nourrissait la ferme intention de transformer la politique et la société, un objectif devenu primordial à ses yeux. Lénine était convaincu que les leaders de la révolution, censés apporter des orientations théoriques et proposer des solutions pratiques, devaient se préserver de toute atteinte à leur liberté. (…) Il changea d’avis en apprenant qu’à Saint-Pétersbourg le régime consentait enfin à entreprendre de sérieuses réformes. Le 17 octobre 1905, le tsar publia un manifeste dans lequel il s’engageait à édicter des droits civiques universels et à convoquer une Douma d’État. Immédiatement, Lénine se sentit rassuré. Il serait enfin débarrassé de l’Okhrana et pourrait se promener dans la rue sans agents à ses trousses – ou du moins pouvait-il l’espérer ! La première semaine de novembre, il prit un train à Genève et entama un périple qui lui fit traverser toute l’Allemagne. » Mais arrivé à Saint-Pétersbourg, il s’aperçut que l’Okhrana était largement déployée dans la ville. Lénine ne put donc agir que dans l’ombre et lors de réunions Révolutionnaires secrètes. Il précisa le fond de sa pensée quant au déroulement que, selon lui, devaient suivre les évènements (pages 200 et 201) : « Souvent il avait déploré qu’en 1871 la Commune de Paris n’ait pas eu recours à la répression, mais en 1905 il ne se contenta pas de confirmer qu’il userait de méthodes violentes : il les formula avec un niveau de précision bien plus sanguinaire que tout ce que l’on pouvait imaginer. Il se montra quasiment assoiffé de violence, et si personnellement il ne nourrissait aucune ambition meurtrière ou barbare et ne souhaitait même pas assister à des scènes de boucherie, il trouvait un plaisir cruel à les recommander. Peu avant son retour en Russie, cela transparaissait déjà dans les appels qu’il lançait aux membres du comité de combat rattaché au comité central : « Ce qu’il nous faut ici, c’est une véritable débauche d’énergie frénétique. Je constate avec horreur, avec une sainte horreur même, que depuis plus d’un an l’on parle de bombes sans en avoir fabriqué une seule ! » Pour lui, la solution était de fournir des armes à des détachements d’ouvriers et d’étudiants et de les laisser donner libre cours à leur activité révolutionnaire, sans chercher à savoir s’ils étaient affiliés ou non au parti. Ces groupes devaient tuer les espions, faire sauter les postes de police, braquer des banques et confisquer tout le matériel nécessaire à une insurrection armée. Lénine débordait d’imagination : pour les combats de rue, il proposait de retirer les pavés ou de préparer des récipients d’eau bouillante et de courir jusqu’en haut des bâtiments pour les lancer sur les troupes envoyées contre eux. Une autre idée était de constituer des réserves d’acide à jeter sur les forces de l’ordre. Ces tactiques étaient aussi peu pratiques qu’inquiétantes. Si les révolutionnaires y avaient eu recours, elles auraient renforcé la volonté des soldats et policiers de mater la rébellion. Le chef des bolcheviks exprimait une rage profondément ancrée. Lui-même n’avait pas à manipuler de bombe, de bouilloire ou d’acide, mais inconsciemment il éprouvait une certaine satisfaction à coucher ses idées sur le papier. » La mauvaise organisation entre les Partis mit fin à la tentative d’insurrection Révolutionnaire à la mi-décembre 1905. De plus l’effectif des rebelles était largement insuffisant face à l’importance des troupes Tsaristes. Parallèlement, les dissensions étaient nombreuses au sein même du Parti Bolchevique et plus encore entre les Partis et les responsables Bolcheviques et Mencheviques. Notamment, furent mis en cause les braquages de banques auxquels participaient des membres du Parti Bolchevique, tel que Staline, pour financer le Parti. Le 22 avril 1912 parut le premier numéro de la Pravda, le nouveau journal de propagande du Parti Bolchevique (Communiste) et qui le resta jusqu’à l’effondrement de l’U.R.S.S. et de son système Totalitaire, en 1991. P.S. : Vous pouvez consulter ce commentaire, dans son intégralité, sur mon blog : https://totalitarismes.wordpress.com/2018/10/09/mon-commentaire-du-livre-de-robert-service-lenine/
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  • Raeghar Posté le 22 Novembre 2012
    Je dois avouer que Lénine n'était pas mon premier choix dans les livres proposés par la Masse Critique. Cependant, j'ai décidé de l'ajouter à ma liste par curiosité. Curiosité d'étudiant en Histoire tout d'abord. Il est vrai que le pseudonyme de Lénine est connu de beaucoup de part sa présence dans les programmes de 3ème et de 1ère (du moins, il dit quelque chose) dans l'étude de la Révolution Russe. Pourtant, ce que l'on apprend de lui est limité à quelques informations ne donnant pas une vue d'ensemble sur l'homme. Curiosité provoquée aussi par la quatrième de couverture. Ce biographie se targue d'utiliser des documents jusque là tenus secret, ce qui ferait de cet ouvrage, le plus complet sur Lénine. Lénine est resté longtemps auréolé d'une image quasi-sacrée en URSS et dans le bloc soviétique en général. Bien des aspects de sa vie et de sa pensée (comme son peu d'intérêt pour la condition de la classe paysanne dont il voulait la destruction) sont restés occultés pour magnifier l'homme à l'origine de l'URSS et du marxisme-léninisme. La chute de l'URSS en 1991 a permis aux historiens d'avoir accès à des documents de « première main ». Cette biographie de 500 pages est... Je dois avouer que Lénine n'était pas mon premier choix dans les livres proposés par la Masse Critique. Cependant, j'ai décidé de l'ajouter à ma liste par curiosité. Curiosité d'étudiant en Histoire tout d'abord. Il est vrai que le pseudonyme de Lénine est connu de beaucoup de part sa présence dans les programmes de 3ème et de 1ère (du moins, il dit quelque chose) dans l'étude de la Révolution Russe. Pourtant, ce que l'on apprend de lui est limité à quelques informations ne donnant pas une vue d'ensemble sur l'homme. Curiosité provoquée aussi par la quatrième de couverture. Ce biographie se targue d'utiliser des documents jusque là tenus secret, ce qui ferait de cet ouvrage, le plus complet sur Lénine. Lénine est resté longtemps auréolé d'une image quasi-sacrée en URSS et dans le bloc soviétique en général. Bien des aspects de sa vie et de sa pensée (comme son peu d'intérêt pour la condition de la classe paysanne dont il voulait la destruction) sont restés occultés pour magnifier l'homme à l'origine de l'URSS et du marxisme-léninisme. La chute de l'URSS en 1991 a permis aux historiens d'avoir accès à des documents de « première main ». Cette biographie de 500 pages est très riche détaillant chaque étape de la vie de Lénine mais aussi de son héritage (entretenu par Staline), détaillant sa pensée sans pour autant rentrer dans les détails. Bien plus qu'une simple biographie politique, c'est la biographie d'un homme qu'il faut connaître pour appréhender l'Histoire du Xxème siècle. Contrairement à d'autres livres sur Lénine, l'historien anglais Robert SERVICE ne s'arrête pas seulement sur l'homme en politique ou sur son rôle pendant la révolution de 1917, c'est à dire à la fin de sa vie. Au contraire, il donne de l'importance à l'enfance, la jeunesse et les débuts de la pensée de Lénine. Bien que nous approchons du centenaire de la Révolution Russe (en 2017), Lénine reste un personnage de l'Histoire « proche ». Cette proximité rend le travail de l'historien plus difficile. Souvent, les biographies sur Lénine tournent à L'œuvre partisane, oubliant des aspects peut-être moins glorieux (comme le fait que Lénine avait une maîtresse). Dans son livre, Robert SERVICE fait preuve d'objectivité, ce qui est somme toute, le but d'un historien. L'historien n'est pas là pour juger du passé. C'est réellement une qualité que j'ai pu apprécié chez l'auteur. Toutefois, les 500 pages n'ont pas été facile à avaler. Certes, l'auteur fait preuve de pédagogie en définissant des termes propres à l'époque mais il entre parfois dans des détails qui peuvent ennuyer certains et dérouter d'autres. Je pense que ce livre est une référence à l'heure actuelle sur le personnage. Cependant je le conseille surtout, pour une lecture de l'ensemble du livre, à des curieux de la période ou des passionnés de l'Histoire de l'URSS. Il est également adapté à un travail de recherche de la part d'étudiants grâce à l'organisation en chapitres chronologiques assez détaillée. A bon entendeur !
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  • Marcelline Posté le 16 Novembre 2012
    Avant tout, un grand merci à Babélio et aux éditions Perrin de m'avoir confié la lecture de cette biographie de Lénine, dans le cadre de l'opération Masse Critique de septembre 2012. Si je me doutais bien, en cochant cet ouvrage dans la liste, qu'il ne faudrait pas en attendre un moment de distraction pure, je ne m'attendais cependant pas à recevoir ce pavé de 576 pages, grand format par la taille des feuillets, mais pas par celle de la typographie!... Enfin bref, me voilà à la dernière étape de ma mission: vous rendre compte de mon humble avis de lectrice lambda. Tout d'abord, ici moins que jamais, je ne me risquerai à faire le moindre résumé: Lénine est né (1870), il a vécu et puis...il est mort (1924). Je vous rappelle qu'il s'agit d'une biographie! Néanmoins, si cela on le savait déjà, Robert Service a profité de l'accès aux archives centrales du parti, rendu possible par Boris Eltsine en 1991 au moment de l'effondrement de l'Union soviétique, pour nous livrer une vision plus nuancée que les biographies officielles, seules autorisées précédemment. N'étant pas historienne, je ne peux pas juger ou prendre parti pour ou contre telle position ou point de vue de l'auteur, historien... Avant tout, un grand merci à Babélio et aux éditions Perrin de m'avoir confié la lecture de cette biographie de Lénine, dans le cadre de l'opération Masse Critique de septembre 2012. Si je me doutais bien, en cochant cet ouvrage dans la liste, qu'il ne faudrait pas en attendre un moment de distraction pure, je ne m'attendais cependant pas à recevoir ce pavé de 576 pages, grand format par la taille des feuillets, mais pas par celle de la typographie!... Enfin bref, me voilà à la dernière étape de ma mission: vous rendre compte de mon humble avis de lectrice lambda. Tout d'abord, ici moins que jamais, je ne me risquerai à faire le moindre résumé: Lénine est né (1870), il a vécu et puis...il est mort (1924). Je vous rappelle qu'il s'agit d'une biographie! Néanmoins, si cela on le savait déjà, Robert Service a profité de l'accès aux archives centrales du parti, rendu possible par Boris Eltsine en 1991 au moment de l'effondrement de l'Union soviétique, pour nous livrer une vision plus nuancée que les biographies officielles, seules autorisées précédemment. N'étant pas historienne, je ne peux pas juger ou prendre parti pour ou contre telle position ou point de vue de l'auteur, historien anglais du bloc de l'Ouest. Ce que je peux dire revanche, c'est que son ouvrage, s'il m'a demandé beaucoup de concentration, ne serait-ce que pour m'y retrouver dans tous les noms de personnages russes, qui me sont inconnus pour la plupart, me semble très complet pour appréhender l'homme que fut Lénine. Articulé en quatre grandes parties (L'émergence d'un rebelle, Lénine et le parti, La prise de pouvoir et La défense de la révolution), avec quelques photos de famille bienvenues au centre de l'ouvrage, celui-ci se termine par une bibliographie complète, quoique non exhaustive d'après l'auteur, et par quelques cartes illustrant les déplacements (notamment les périodes d'exil) de Lénine au cours de sa vie. Un regret: je n'ai pas vu tout de suite ces illustrations, qui m'auraient pourtant bien aidée à visualiser les voyages dont on parlait. Année après année, puis, quand on approche de 1917 et de la Révolution tant souhaitée par Vladimir Ilitch Oulianov, soit Vladimir Ilitch, soit encore V.I. ou plus simplement Lénine (plusieurs dénominations pour une même personne en Russie, ce n'est pas vraiment fait pour aider à suivre le fil!...), les chapitres se suivent, détaillant à la fois la facette publique et historique de l'homme, mais aussi une vision plus intime de celui-ci: ses rapports avec sa mère et sa famille, son épouse, ses soucis de santé, son caractère, sa gestuelle, ses nuits d'insomnie, ses sautes d'humeur, sa probable liaison avec Inessa Armand... Lénine n'était ni rigolo, ni frivole; il est donc logique que le récit de sa vie ne soit ni drôle, ni léger. Si vous êtes à la recherche d'un moment de récréation pure, croyez-moi: passez votre chemin! En revanche, si vous voulez mieux appréhender l'homme, que ce soit le personnage politique et historique ou la personne privée, vous pouvez vous plonger dans cet ouvrage très complet et très accessible à n'importe qui accepte de faire un petit effort de concentration!...
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