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Bouquins
EAN : 9782221070673
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 990

Journal - Tome 2 - 1892-1907

Le Mendiant ingrat - Mon Journal - Quatre ans de captivité à Cochons-sur-marne - L'Invendable

Date de parution : 04/11/1999

Les colères, les peurs et les exaltations du grand pèlerin de l'absolu. Des mots qui font sursauter. L'auteur du mot qui frappe.

Léon Bloy (1846-1917) est un bloc erratique dans la littérature fin-de-siècle. Il récuse les langues mordorées de son époque pour se lancer, avec véhémence, dans le déchiffrement du mystère qu'est l'homme. Il le fouille sans complaisance, mettant à nu ses faiblesses et ses souffrances. Pamphlétaire corruscant, il combat la société...

Léon Bloy (1846-1917) est un bloc erratique dans la littérature fin-de-siècle. Il récuse les langues mordorées de son époque pour se lancer, avec véhémence, dans le déchiffrement du mystère qu'est l'homme. Il le fouille sans complaisance, mettant à nu ses faiblesses et ses souffrances. Pamphlétaire corruscant, il combat la société bourgeoise de son temps, mais aussi ses ennemis, comme Zola et les naturalistes. La plupart de ses romans ont un caractère autobiographique et prennent leur essor dans un Journal tenu sans relâche pendant un quart de siècle (1892-1917). C'est ce document que Bloy destinait lui-même à la publication qui est donné ici, entouré pour la première fois des clefs qui permettent au lecteur moderne de déchiffrer les nombreuses allusions à la vie et à l'époque de l'auteur. Pierre Glaudes est professeur à l'université de Toulouse-Le Mirail ; il a publié de nombreux travaux sur la littérature française du XIXe et du XXe siècle (notamment sur Balzac, Barbey d'Aurevilly et Huysmans).

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EAN : 9782221070673
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 990

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • marguerite18 Posté le 10 Avril 2019
    Quel enragé, quel furieux que ce Léon Bloy ! Il exècre presque tout et tout le monde, sa propriétaire "dont l'aspect est celui d'un gros fromage mobilisé par la vermine", les écrivains de son temps - en particulier Zola, Paul Bourget, Georges Ohnet -, les protestants, dont il juge la bêtise consubstantielle à la confession (il a vécu au Danemark et épousé la fille d'un poète danois, bien entendu convertie au catholicisme), les bourgeois et la société en général. Son journal des années 1892-1895 est titré avec raison "Le mendiant ingrat", puisque, revendiquant une pauvreté ostentatoire, il n'hésite pas à solliciter subsides et dons divers au moyen de lettres comminatoires. Si le destinataire ne répond pas, il est voué à la géhenne, s'il donne suite, Léon Bloy ne l'absout pas pour autant car il n'a pas offert assez. Il ne voit partout que bassesses et trahisons et souvent son amitié ombrageuse ne dure pas. Sa haine des riches le pousse parfois à l'indécence, ainsi dans la lettre adressée à un ami après l'incendie du Bazar de la Charité en mai 1897, dans laquelle il n'hésite pas à écrire qu'ayant appris cet événement, il avait éprouvé la sensation nette... Quel enragé, quel furieux que ce Léon Bloy ! Il exècre presque tout et tout le monde, sa propriétaire "dont l'aspect est celui d'un gros fromage mobilisé par la vermine", les écrivains de son temps - en particulier Zola, Paul Bourget, Georges Ohnet -, les protestants, dont il juge la bêtise consubstantielle à la confession (il a vécu au Danemark et épousé la fille d'un poète danois, bien entendu convertie au catholicisme), les bourgeois et la société en général. Son journal des années 1892-1895 est titré avec raison "Le mendiant ingrat", puisque, revendiquant une pauvreté ostentatoire, il n'hésite pas à solliciter subsides et dons divers au moyen de lettres comminatoires. Si le destinataire ne répond pas, il est voué à la géhenne, s'il donne suite, Léon Bloy ne l'absout pas pour autant car il n'a pas offert assez. Il ne voit partout que bassesses et trahisons et souvent son amitié ombrageuse ne dure pas. Sa haine des riches le pousse parfois à l'indécence, ainsi dans la lettre adressée à un ami après l'incendie du Bazar de la Charité en mai 1897, dans laquelle il n'hésite pas à écrire qu'ayant appris cet événement, il avait éprouvé la sensation nette et délicieuse d'un poids immense dont on aurait délivré son cœur, seul le petit nombre des victimes limitant sa joie. Pourtant, le diariste a ses fidélités, mais plutôt envers les morts. Le journal s'ouvre sur l'ire de l'auteur parce qu'une croix n'a pas été apposée assez rapidement sur la tombe de son ami Barbey d'Aurevilly. Plus tard, il se rend à Médan pour demander à Zola, qu'il n'a pas manqué de conspuer, allant jusqu'à l'appeler "le Napoléon de la fange", de sauver la collection de Barbey d'Aurevilly , mais l'écrivain ne le reçoit pas. La vie de Léon Bloy est marquée par l'empreinte de la misère qui le pousse à d'incessants déménagements, de la souffrance et du découragement. Sa piété est sans doute sincère et ardente, mais les notions d'humilité et de pardon lui semblent totalement étrangères. On ne peut cependant s'empêcher d'admirer son énergie, la verve dont il sait faire preuve dans l'imprécation et ses trouvailles comiques. J'ai assez aimé l'idée cocasse que les propriétaires ont encaissé assez longtemps des loyers et que ce serait au tour des locataires de le faire. Cette édition du journal dans la collection Bouquins offre de nombreuses notes explicatives très utiles pour la compréhension du texte.
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