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Écriture
EAN : 9782359053098
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 208
Format : 14 x 22,5 mm

La trompette de Satchmo

Date de parution : 09/01/2020
Esther Karnovsky, émigrée juive de Lituanie, vit malheureuse à La Nouvelle Orléans, sans ses fils et auprès d’un mari distant. La rencontre d’un jeune garçon noir, bagarreur mais doué pour la musique, va changer sa vie. Son nom : Louis Armstrong… Un premier roman qui marie jazz et judéité.
En 1900, Ester Karnofsky a quitté la Lituanie et les persécutions antisémites pour émigrer à La Nouvelle Orléans. Privée de ses deux fils, elle mène une existence terne au côté d’un époux dont elle s’éloigne peu à peu.
 
Dans le quartier de la prostitution, elle rencontre par hasard un gamin livré...
En 1900, Ester Karnofsky a quitté la Lituanie et les persécutions antisémites pour émigrer à La Nouvelle Orléans. Privée de ses deux fils, elle mène une existence terne au côté d’un époux dont elle s’éloigne peu à peu.
 
Dans le quartier de la prostitution, elle rencontre par hasard un gamin livré à lui-même, turbulent et bagarreur, surnommé « Satchelmouth » à cause de sa bouche en sacoche. Il a sept ans, il est noir et abandonné par son père. Ester le prend sous son aile. Intriguée par son don pour la musique, elle lui offre, avec son mari, sa première trompette...
 
S’inspirant de faits réels, Michèle Hayat, dont c’est le premier roman, conte avec sensibilité l’histoire d’une femme qui reprend vie dans les pas de celui qui deviendra « Satchmo », plus connu sous le nom de... Louis Armstrong. Elle offre ainsi un portrait saisissant de la cité qui vit naître le jazz au tournant du xxe siècle.
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EAN : 9782359053098
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 208
Format : 14 x 22,5 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • SamDLit Posté le 9 Août 2021
    'Musique, Maestro ! Il paraît qu'elle adoucit les moeurs, met du baume à l'âme, Moi j'y crois. Armstrong, je ne suis pas noir Je suis blanc de peau Quand on veut chanter l'espoir Quel manque de pot Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau Rien, rien, rien ne luit là-haut Les anges zéro Je suis blanc de peau Armstrong, tu te fends la poire On voit toutes tes dents Moi, je broie plutôt du noir Du noir en dedans Chante pour moi, louis, oh oui Chante, chante, chante, ça tient chaud J'ai froid, oh moi Qui suis blanc de peau Armstrong, la vie, quelle histoire? C'est pas très marrant Qu'on l'écrive blanc sur noir Ou bien noir sur blanc Au choix à écouter interprété par le Grand Nougaro ou par la Grande Maurane, un hymne au Grand Louis, oh OUI ! La trompette de Satchmo, premier roman écrit sur le tard par Michèle Hayat et éditée dans la collection Ecriture via les éditions de l'Archipel, se trouvait dans ma bibliothèque, je l'ai donc sorti de mon chapeau pour faire la manche et mettre un peu de tempo dans ce temps gris pas très rigolo. Nous sommes à l'aube du XXème siècle où la ségrégation bat son plein envers les juifs sur un continent, en Europe orientale, et envers les noirs sur... 'Musique, Maestro ! Il paraît qu'elle adoucit les moeurs, met du baume à l'âme, Moi j'y crois. Armstrong, je ne suis pas noir Je suis blanc de peau Quand on veut chanter l'espoir Quel manque de pot Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau Rien, rien, rien ne luit là-haut Les anges zéro Je suis blanc de peau Armstrong, tu te fends la poire On voit toutes tes dents Moi, je broie plutôt du noir Du noir en dedans Chante pour moi, louis, oh oui Chante, chante, chante, ça tient chaud J'ai froid, oh moi Qui suis blanc de peau Armstrong, la vie, quelle histoire? C'est pas très marrant Qu'on l'écrive blanc sur noir Ou bien noir sur blanc Au choix à écouter interprété par le Grand Nougaro ou par la Grande Maurane, un hymne au Grand Louis, oh OUI ! La trompette de Satchmo, premier roman écrit sur le tard par Michèle Hayat et éditée dans la collection Ecriture via les éditions de l'Archipel, se trouvait dans ma bibliothèque, je l'ai donc sorti de mon chapeau pour faire la manche et mettre un peu de tempo dans ce temps gris pas très rigolo. Nous sommes à l'aube du XXème siècle où la ségrégation bat son plein envers les juifs sur un continent, en Europe orientale, et envers les noirs sur un autre, l'Amérique. L'histoire est une continuelle répétition des mêmes notes jouées différemment selon les temps. Ce roman est l'histoire romancée d'une rencontre entre deux amoureux de musique. Ester, pianiste juive et blanche de peau, la trentaine, épouse et mère de famille a perdu tous ses repères en fuyant un pays où elle élevait tranquillement ses enfants, s'occupait de son mari et exerçait le métier de couturière auprès des belles dames de la société Lituanienne jusqu'au jour où les juifs ont commencé à être persécutés, le petit battu par ses camarades, la boutique du mari vandalisée et mise à sac et les commandes de belles robes taries. L'exil semble la seule solution. Louis, gosse maigrichon, une bouche énorme toute noire de 7/10 ans est né à la Nouvelle-Orléans où la misère est 'plus belle' bercée par l'alcool, le sexe, les masques du carnaval et bien sûr la musique, nous parlons de celui qui deviendra Satchmo, le grand Louis Armstrong. Comme quoi une particularité, ici physique, complexe d'enfance, peut devenir une force quand l'enfant grandit guidé par de bons génies (fées) et en devient un lui-même. Evidemment tout le monde ne devient pas Louis, rien n'empêche d'essayer ou de l'écouter et d'y rêver Hymne au jazz, aux lettres de noblesse que Louis lui a apportées et au chemin d'une femme, Ester qui a compris son génie, l'a fait éclore et s'en est servi aussi comme d'une consolation à sa propre vie lorsqu'elle a perdu ses deux fils (comment, je vous laisse le découvrir), s'est retrouvée prise au piège d'une vie et d'un pays qu'elle n'avait pas choisis avec un mari qu'elle n'avait pas choisi non plus, Morris, un brave gars dans le fond, elle s'en apercevra plus tard, et dont Louis a illuminé pendant un temps l'existence à Storyville avant qu'elle ne reprenne un autre bateau, délestée de ses fardeaux, illuminée par l'espoir d'une nouvelle vie, d'une nouvelle génération en Palestine, comprenant qu'une nouvelle histoire l'attendait ailleurs, qu'il était temps de tourner la page de celle-ci. En attendant, Danse Louis Danse Chante Louis Chante et surtout Joue Louis Joue. Tu seras la naissance et la noblesse du jazz, le premier à ouvrir la porte pour que blanches et noires se rencontrent sans frontières de races, de religions ou de couleurs sur tes notes au son de ton cornet (trompette). Tu illumineras de tes immenses dents blanches nos nuits noires et autour de ton cou brillera l'étoile de David. Voilà c'est ainsi que j'ai perçu cette lecture qui a été un agréable moment sans prétention, avec de l'émotion, de la tendresse et des notes intemporelles, celles du Jazz que j'affectionne et de la transmission, des mains tendues vers d'autres, le temps d'un roman, le temps d'une vie, le temps d'une histoire, le temps d'une pluie. Tournons-nous vers Ester, celle qui a cru au talent de Louis et s'est battue pour lui en en oubliant un peu les siens, la perfection aurait été lassante. Deux moments dans sa vie à elle marque son évolution car finalement une des 'stars' de cette histoire, c'est une femme, son courage, ses défaites et ses victoires. * Tilie (Ester) Karnofsky who taught Louis Armstrong how to sing * "Ester finit toutefois par sombrer dans le sommeil et fit un rêve étrange. Storyville était noyée dans une brume inhabituelle. Les restaurants, les bars, les dancings ne désemplissaient pas. Les lumières de leurs enseignes vacillaient telles des chandelles, des ombres de danseuses dénudées se trémoussaient sur une musique qu'elle n'entendait pas. Sur le char derrière lequel devait défiler Louis, des prostituées prenaient sur leurs genoux un Morris grimaçant qui palpait leurs seins énormes. Louis suivait, tête baissée, tout petit, vêtu de noir ; aucun son ne sortait de sa bouche ni de son cornet. Il se tourna vers Ester : il avait le visage de David, son fils disparu. Mayann pleurait. de ses mains, Mme Karnofsky protégeait son visage de la pluie de perles qui s'abattait sur elle : elle était lapidée par une poignée de femmes qui la pointaient du doigt." A l'aube de s'embarquer sur un autre bateau vers une nouvelle destination, une nouvelle tranche de vie "Tu avais raison, Louis. Grâce à toi, je n'ai pas du tout le coeur triste ! J'ai été transportée, comme tout le monde ici. Tes variations lumineuses valaient toutes les partitions du monde. Tes notes, tu les vis au moment même où tu les souffles. En sortant du restaurant, elle sut qu'elle avait mis un point final à sa « mission ». Cette nuit-là, elle dormit d'un sommeil profond et apaisé." Il s'agit d'un roman loin d'une biographie exacte qui m'a donné envie de redécouvrir Louis, sa musique. Grand plus pour ce point. Des horizons qui ouvrent d'autres horizons. Comme je trouvais qu'il ne pleuvait pas encore assez sur la Belgique, je me suis dit que j'allais chanter un peu et faux, avec Louis, pour rajouter ma maigre contribution à toute cette eau tombée du ciel et conjurer le sort. Car faut (pas) rigoler, j'aime la lumière le soleil la vie et la musique ! Ce 10/08/2021, le soleil était de retour, Magic Louis !
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  • ssstella Posté le 13 Octobre 2020
    Depuis mes 12 - 13 ans et mon premier électrophone, j'écoute assez régulièrement Louis Armstrong. J'ai le regret de ne l'avoir jamais vu sur scène, alors que j'ai pu apprécier de nombreux autres musiciens de jazz lors de "la grande parade du Jazz de Nice" dans sa meilleure époque... Fats Domino, B.B. King, Art Pepper, Dave Brubeck, Chuck Berry, Michel Pettruciani et j'en passe... Tout ceci pour vous faire comprendre mon inévitable choix sur ce livre lors du dernier masse critique. Merci Babelio et les éditions Écriture pour l'envoi de cet ouvrage. La trompette de Satchmo est une biographie romancée sur une partie de la vie d'Ester Karnofsky. En 1898, Ester est mère de deux garçons et épouse de Morris Karnofsky, artisan travaillant l'ambre, elle aime sa ville et son travail de couturière pour la bourgeoisie locale. Notre Ester se satisfaisait totalement de sa vie à Vilna en Lituanie. Je vois d'ici le gros point d'interrogation suspendu au-dessus de vos têtes... Ester Kar... machin-truc ? Quel rapport avec un Louis Armstrong, né en 1901 à la Nouvelle Orléans en Louisiane ? J'y viens... En cette année 1898, l'ambiance change pour la communauté juive de Vilna et pour notre famille Karnofsky... jusqu'à devenir intenable.... Depuis mes 12 - 13 ans et mon premier électrophone, j'écoute assez régulièrement Louis Armstrong. J'ai le regret de ne l'avoir jamais vu sur scène, alors que j'ai pu apprécier de nombreux autres musiciens de jazz lors de "la grande parade du Jazz de Nice" dans sa meilleure époque... Fats Domino, B.B. King, Art Pepper, Dave Brubeck, Chuck Berry, Michel Pettruciani et j'en passe... Tout ceci pour vous faire comprendre mon inévitable choix sur ce livre lors du dernier masse critique. Merci Babelio et les éditions Écriture pour l'envoi de cet ouvrage. La trompette de Satchmo est une biographie romancée sur une partie de la vie d'Ester Karnofsky. En 1898, Ester est mère de deux garçons et épouse de Morris Karnofsky, artisan travaillant l'ambre, elle aime sa ville et son travail de couturière pour la bourgeoisie locale. Notre Ester se satisfaisait totalement de sa vie à Vilna en Lituanie. Je vois d'ici le gros point d'interrogation suspendu au-dessus de vos têtes... Ester Kar... machin-truc ? Quel rapport avec un Louis Armstrong, né en 1901 à la Nouvelle Orléans en Louisiane ? J'y viens... En cette année 1898, l'ambiance change pour la communauté juive de Vilna et pour notre famille Karnofsky... jusqu'à devenir intenable. En 1900, ils quittent la Lituanie et sur l'incitation de Mr Samuelson, un client américain de Morris, ils atterrissent à ... la Nouvelle Orléans. Ah ! voilà !... un premier lien peut se faire avec le trompettiste (pas encore né à ce moment là). Ce nouveau départ ne se place pas sous les meilleurs auspices, leur seul contact étant décédé juste avant leur arrivée. Ester, déjà bien anxieuse avant de partir a beaucoup de mal à s'adapter à ce quartier français accolé à celui de Storyville, majoritairement noir et aux activités tournant autour de l'alcool, du jeu et de la prostitution. Morris a pu racheter le magasin de Mr Samuelson et il réussit à y faire prospérer une brocante. Après des drames que je ne vous livre pas, Ester déprime jusqu'à ce qu'une nouvelle motivation... nommée Louis Armstrong... la sorte de sa torpeur. J'ai beaucoup aimé cette histoire vraie (romancée) qui a rapproché des individus issus de communautés rejetées ou maltraitées, l'une comme l'autre. Ces belles humanités qui effacent racisme ou antisémitisme et agissent seulement avec leur coeur. Louis Armstrong était généreux, pas seulement avec sa musique... et toute sa vie, il a porté sous ses chemises, une chaîne en or avec une étoile de David, en reconnaissance de ce qu'avait fait les Karnofsky pour lui et ne jamais oublier les valeurs transmises.
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  • levonslencre Posté le 7 Octobre 2020
    Nous connaissons tous Louis Armstrong, sa renommé internationale et son talent incontesté pour la trompette. En revanche peu d'entre nous savent d'où vient l'influent chanteur afro-américain si ce n'est peut-être du berceau du jazz. Et si tout ne s'était joué qu'à une rencontre ? un don deviné ? un cornet offert ? une lituanienne juive, émigrée, perdue dans une ville tumultueuse ? une mère aimante au caractère bien trempé ? C'est l'histoire que nous raconte Michèle Hayat avec douceur et sensibilité. C'est l'histoire de la naissance d'un grand homme, mêlée à de nombreux combats : l'antisémitisme latent, le racisme profondément ancré et l'émancipation des femmes. Depuis toute petite j'ai été bercée par le jazz : Chet Baker et sa voix suave pour m'endormir, Stan Getz et ses airs de samba pour les soirées d'été, Louis Armstrong et ses réconfortants chants de Noël. Alors forcément un roman racontant l'enfance de « Satchmo », qui plus est une histoire se déroulant à la Nouvelle-Orléans (j'ai été une fervente addicte de la série Treme !), ma curiosité ne pouvait qu'être piquée. Même si les chapitres tournent autour d'Ester, la mère « adoptive » du petit Louis, nous vibrons aux rythmes chauds et métissés... Nous connaissons tous Louis Armstrong, sa renommé internationale et son talent incontesté pour la trompette. En revanche peu d'entre nous savent d'où vient l'influent chanteur afro-américain si ce n'est peut-être du berceau du jazz. Et si tout ne s'était joué qu'à une rencontre ? un don deviné ? un cornet offert ? une lituanienne juive, émigrée, perdue dans une ville tumultueuse ? une mère aimante au caractère bien trempé ? C'est l'histoire que nous raconte Michèle Hayat avec douceur et sensibilité. C'est l'histoire de la naissance d'un grand homme, mêlée à de nombreux combats : l'antisémitisme latent, le racisme profondément ancré et l'émancipation des femmes. Depuis toute petite j'ai été bercée par le jazz : Chet Baker et sa voix suave pour m'endormir, Stan Getz et ses airs de samba pour les soirées d'été, Louis Armstrong et ses réconfortants chants de Noël. Alors forcément un roman racontant l'enfance de « Satchmo », qui plus est une histoire se déroulant à la Nouvelle-Orléans (j'ai été une fervente addicte de la série Treme !), ma curiosité ne pouvait qu'être piquée. Même si les chapitres tournent autour d'Ester, la mère « adoptive » du petit Louis, nous vibrons aux rythmes chauds et métissés de la cité du jazz. Et plus qu'une biographie romancée de la jeunesse d'Armstrong, l'auteure nous fait voyager à travers l'histoire : le départ des juifs d'Europe pour l'Amérique, la ségrégation, la prostitution, les femmes qui prennent leur indépendance, l'installation à Tel-Aviv, l'ascension fulgurante du jazz. L'écriture est agréable avec des airs de pièce de théâtre. Les personnages ont des personnalités fortes : Ester, femme meurtrie et sensible, Mayann, courageuse et forte tête, Léo, partagé entre deux pays, Mrs Iona, optimiste et spontanée. J'ai passé un très bon moment en compagnie de cette petite communauté qui s'est créée à Storyville. J'aurai toutefois beaucoup aimé pouvoir passer plus de temps avec eux et j'ai regretté que le livre soit un peu court. Michèle Hayat s'est inspirée de nombreux faits réels et même si je suis restée un peu sur ma faim, elle m'a menée avec plaisir dans les pas du grand musicien.
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  • legoergosum Posté le 1 Octobre 2020
    Ce récit nous raconte un épisode , peu connu, de l'enfance et de la jeunesse de Satchmo, alias Louis Armstrong : celui du lien très fort qui va l'unir pour plusieurs années aux époux Karnofsky. L'auteur, Michèle Hayat, nous emmène d'abord en Lituanie, où les Karnofsky connaissent les premières persécutions subies par les Juifs, en cette fin de XIXème siècle . Le commerce de Morris lui a permis de lier connaissance avec un certain Samuelson , qui doit les accueillir en Louisiane, plus précisément à la Nouvelle-Orléans. Car les Karnofsky ont décidé de franchir le pas, et, à l'instar d'autres familles juives, de quitter l'Europe. C'est sous cet éclairage d'une famille exilée qui doit apprendre à s'intégrer à cette frange misérable de la société américaine, dans un quartier sensible où la précarité côtoie invariablement la prostitution, la violence et ... l'instinct de survie, que nous découvrons un pan de l'enfance de Louis . Gamin des rues, petit Gavroche de la Nouvelle Orléans, Louis manifeste très vite un talent exceptionnel pour la musique. En mal d'amour maternel, peu douée pour le bonheur conjugal, Ester, qui a perdu son fils David, et qui voit Axel, son aîné, choisir de vivre en Palestine,... Ce récit nous raconte un épisode , peu connu, de l'enfance et de la jeunesse de Satchmo, alias Louis Armstrong : celui du lien très fort qui va l'unir pour plusieurs années aux époux Karnofsky. L'auteur, Michèle Hayat, nous emmène d'abord en Lituanie, où les Karnofsky connaissent les premières persécutions subies par les Juifs, en cette fin de XIXème siècle . Le commerce de Morris lui a permis de lier connaissance avec un certain Samuelson , qui doit les accueillir en Louisiane, plus précisément à la Nouvelle-Orléans. Car les Karnofsky ont décidé de franchir le pas, et, à l'instar d'autres familles juives, de quitter l'Europe. C'est sous cet éclairage d'une famille exilée qui doit apprendre à s'intégrer à cette frange misérable de la société américaine, dans un quartier sensible où la précarité côtoie invariablement la prostitution, la violence et ... l'instinct de survie, que nous découvrons un pan de l'enfance de Louis . Gamin des rues, petit Gavroche de la Nouvelle Orléans, Louis manifeste très vite un talent exceptionnel pour la musique. En mal d'amour maternel, peu douée pour le bonheur conjugal, Ester, qui a perdu son fils David, et qui voit Axel, son aîné, choisir de vivre en Palestine, se prend d'affection pour Louis. Mélomane elle-même, elle encourage son goût pour la musique et lui offre sa première trompette -la trompette de Satchmo- On connaît la suite : le jeune prodige deviendra une icône du jazz, mais j'ignorais pour ma part à quel point son destin était lié à cette famille lituanienne, exilée au milieu des bayous, profondément solidaire du peuple noir. Quant à Satchmo, devenu le grand Louis Armstrong, il n'oubliera jamais ses bienfaiteurs. Merci aux Editions Ecriture et L'archipel, ainsi qu'à Babelio Masse Critique.
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  • hcdahlem Posté le 8 Avril 2020
    Sur un air de jazz New Orleans Pour son premier roman Michèle Hayat a retrouvé un épisode déterminant de la vie de Louis Armstrong et nous entraîne à la Nouvelle Orléans au début du XXe siècle dans les pas d’une famille lituanienne condamnée à l’exil. Morris et Ester Karnofsky mènent une vie plutôt agréable à Vilna. Habile artisan, Morris réalise des bijoux en ambre qu’il vend jusqu’aux États-Unis tandis qu’Ester fait de la couture. Son savoir-faire lui ayant même permis de «fidéliser une clientèle non juive avec laquelle s’étaient noués des liens d’amitié». Mais à l’orée du XXe siècle une menace nauséabonde plane sur la Lituanie, l’antisémitisme. D’intimidations en exactions, le danger gagne de jour en jour en gravité, si bien que la décision la plus raisonnable est de partir. Morris contacte alors monsieur Samuelson, un client régulier avec lequel il avait fini par nouer des liens d’amitié. Ce dernier lui propose alors de venir s’installer à la Nouvelle-Orléans où il est persuadé qu’il pourra trouver un avenir meilleur. C’est le cœur gros que la famille embarque pour le Nouveau Monde avec les quelques économies que leur a rapporté la vente de leurs biens. L’exil est toujours une souffrance et les Karnofsky vont en... Sur un air de jazz New Orleans Pour son premier roman Michèle Hayat a retrouvé un épisode déterminant de la vie de Louis Armstrong et nous entraîne à la Nouvelle Orléans au début du XXe siècle dans les pas d’une famille lituanienne condamnée à l’exil. Morris et Ester Karnofsky mènent une vie plutôt agréable à Vilna. Habile artisan, Morris réalise des bijoux en ambre qu’il vend jusqu’aux États-Unis tandis qu’Ester fait de la couture. Son savoir-faire lui ayant même permis de «fidéliser une clientèle non juive avec laquelle s’étaient noués des liens d’amitié». Mais à l’orée du XXe siècle une menace nauséabonde plane sur la Lituanie, l’antisémitisme. D’intimidations en exactions, le danger gagne de jour en jour en gravité, si bien que la décision la plus raisonnable est de partir. Morris contacte alors monsieur Samuelson, un client régulier avec lequel il avait fini par nouer des liens d’amitié. Ce dernier lui propose alors de venir s’installer à la Nouvelle-Orléans où il est persuadé qu’il pourra trouver un avenir meilleur. C’est le cœur gros que la famille embarque pour le Nouveau Monde avec les quelques économies que leur a rapporté la vente de leurs biens. L’exil est toujours une souffrance et les Karnofsky vont en faire l’amère expérience. Installés dans une ville qu’ils ne connaissent pas, dans un quartier pauvre où règne la violence et où le gagne-pain de nombreuses femmes est la prostitution, ce n’est pas la volonté farouche de réussir et le discours positif de Morris qui va changer l’opinion de ses fils en particulier. Ester aussi doute d’avoir fait le bon choix. Mais au fil des jours et des rencontres, les choses vont peu à peu s’améliorer. Et même si l’aîné de la famille décide de partir s’installer en Palestine, ils commencent à trouver leur place dans cette société cosmopolite. Quand Ester croise un petit noir au regard vif et décide de l’aider, elle ne sait pas encore – et lui encore moins –qu’elle va contribuer à faire de ce gamin le grand Louis Armstrong. Michèle Hayat, en choisissant de ne pas nous proposer une biographie du jazzman a trouvé un angle très original pour son premier roman. C’est à travers le regard des Karnofsky que l’on va suivre l’ascension du jeune homme auquel Ester a offert sa première trompette. Du coup, ce roman devient aussi celui de la solidarité entre les minorités, une nouvelle incarnation du rêve américain et un portrait du sud des États-Unis au début du XXe siècle. Les émotions des uns venant se mêler à celles des autres, couronnées par le parcours de «satchmo» qui, comme nous l’apprend Wikipédia est la contraction de satchel-mouth, littéralement bouche-sacoche, qui n’oubliera jamais celle qui s’est battue pour lui mettre le pied à l’étrier. N’oublions pas de souligner, en guise de conclusion, que la romancière s’est parfaitement documentée et que l’histoire qu’elle nous livre est en grande partie vraie, sans que jamais le souffle romanesque n’en pâtisse. C’est, vous l’aurez compris, très réussi.
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