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Perrin
EAN : 9782262016357
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 696
Format : 154 x 240 mm

Napoléon III

Date de parution : 26/02/2004

Quatorze ans après l'apologie de Philippe Séguin, vint et un ans après le procès conduit par Maurice Agulhon, Pierre Milza livre enfin un Napoléon III équilibré.

Parlez de Napoléon III et aussitôt une avalanche de clichés survient : le démagogue, le populiste, Napoléon le petit, l'homme du coup d'Etat et des chemins de fer, le prince de la fête impériale et le vaincu de Sedan. Il incarne le XIXe siècle français aussi puissamment que Louis XIV...

Parlez de Napoléon III et aussitôt une avalanche de clichés survient : le démagogue, le populiste, Napoléon le petit, l'homme du coup d'Etat et des chemins de fer, le prince de la fête impériale et le vaincu de Sedan. Il incarne le XIXe siècle français aussi puissamment que Louis XIV le Grand Siècle.
Pierre Milza a nettoyé ces visions convenues pour partir à la recherche d'un Napoléon III tel qu'en lui-même. Adoptant la démarche qui lui avait valu le succès du public pour ses biographies de Mussolini et de Verdi, Milza a enquêté sur la jeunesse, la formation intellectuelle et les exils de Louis Napoléon Bonaparte ; il s'est intéressé à ses livres comme à ses amitiés italiennes ou anglaises, à ce mélange si original de césarisme, d'audace individuelle et de légende napoléonienne qui envoûte à nouveau les Français de 1848. En expert des parties politiques et des relations internationales, il démonte les mécanismes du bonapartisme et de l'idéologie impériale ; il rend à la politique étrangère de l'empereur sa place majeure en Europe et dans le monde, y compris dans le rayonnement d'un Paris, capitale des artistes et des intellectuels de la planète.
Sans jamais statufier son héros, ni l'instrumentaliser, Pierre Milza réussit à restituer toutes les facettes du personnage et à trouver la cohérence d'un grand homme.

Pierre Milza est l'auteur de nombreux ouvrages à succès, dont une Histoire des relations internationales, un Mussolini et un Verdi.

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EAN : 9782262016357
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 696
Format : 154 x 240 mm
Perrin

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • lehibook Posté le 10 Juin 2020
    Quand on s’est fait arranger le portrait par Victor Hugo ou Zola (entre autres) il faut un sacré chirurgien esthétique pour vous rendre présentable . C’est ce à quoi s’attaque Pierre Milza dans cette conséquente biographie. Pas facile de mettre en évidence les aspects positifs de l’homme et du régime coincé entre le péché originel du coup d’état et la débâcle de Sedan ( sans oublier le fort de Ham et Badinguet, l’épopée avortée du Mexique…) . Mais par un travail méticuleux , l’auteur met en évidence une politique étrangère assez cohérente et l’entrée de la France dans une certaine modernité . Un travail de qualité et utile
  • CDemassieux Posté le 27 Avril 2020
    Oublions l’ombre pesante et écrasante d’un Victor Hugo à charge contre Louis-Napoléon Bonaparte après le coup d’État du 2 décembre 1851 – date anniversaire du sacre de son oncle et de la bataille d’Austerlitz. Ombre qui continue de ternir l’image d’une figure politique majeure de notre payas, ayant fait entrer de plain-pied la France dans la modernité, sans négliger les plus faibles. Cet aventurier exilé après 1815, fils d’un frère de Napoléon Ier et de la belle reine Hortense – elle-même fille de Joséphine de Beauharnais – ; auteur de deux tentatives malheureuses de prise du pouvoir – dont l’une lui vaudra un séjour de plusieurs années au fort de Ham avant de s’en échapper de manière rocambolesque – ; idéaliste dans ses jeunes années au point de se joindre, avec son frère, aux conjurés italiens – il aura d’ailleurs, tout au long de son règne, une histoire tumultueuse avec l’Italie, l’aidant à devenir indépendante tout en lui interdisant l’accès à Rome comme capitale, alors aux mains du pape –, mérite en effet mieux que cette appellation de « Napoléon le petit » dont l’a affublé Hugo. Autoritaire, une fois les pleins pouvoirs entre ses mains ? Oui, mais nous... Oublions l’ombre pesante et écrasante d’un Victor Hugo à charge contre Louis-Napoléon Bonaparte après le coup d’État du 2 décembre 1851 – date anniversaire du sacre de son oncle et de la bataille d’Austerlitz. Ombre qui continue de ternir l’image d’une figure politique majeure de notre payas, ayant fait entrer de plain-pied la France dans la modernité, sans négliger les plus faibles. Cet aventurier exilé après 1815, fils d’un frère de Napoléon Ier et de la belle reine Hortense – elle-même fille de Joséphine de Beauharnais – ; auteur de deux tentatives malheureuses de prise du pouvoir – dont l’une lui vaudra un séjour de plusieurs années au fort de Ham avant de s’en échapper de manière rocambolesque – ; idéaliste dans ses jeunes années au point de se joindre, avec son frère, aux conjurés italiens – il aura d’ailleurs, tout au long de son règne, une histoire tumultueuse avec l’Italie, l’aidant à devenir indépendante tout en lui interdisant l’accès à Rome comme capitale, alors aux mains du pape –, mérite en effet mieux que cette appellation de « Napoléon le petit » dont l’a affublé Hugo. Autoritaire, une fois les pleins pouvoirs entre ses mains ? Oui, mais nous parlons d’un temps où même la République avait fait tirer sur le peuple en juin 1848, et sans regret celle-ci, tandis que Napoléon III sera toujours hanté par les morts de décembre 1851 occasionnés par sa prise du pouvoir musclée. La mort des autres, il la supporte tellement mal que c’est lui-même qui ordonnera la capitulation à Sedan, en 1870, afin d’éviter un bain de sang inutile, l’issue de la guerre étant jouée, la Prusse sortant victorieuse. On le lui reprochera violemment, mais il aurait fallu accepter ses projets de réforme de l’armée et l’issue eût été peut-être tout autre. N’oublions pas, au passage, qu’il modernisera la marine de manière considérable puisqu’elle deviendra la seconde après celle de l’Angleterre. Celui qui déclare la guerre – en l’occurrence la France – n’est pas toujours celui qui la provoque. Il n’empêche, sa prophétie de malheur s’est réalisée : « En dépit d’elle-même, la Prusse, dans vingt ou trente ans, se trouvera dans l’obligation de devenir agressive. » On connaît la suite… Car Napoléon III avait un sens de l’analyse de l’Europe très aiguisé. Bien sûr qu’il y eut une fête impériale – agrémentée de multiples conquêtes amoureuses provoquant l’ire de l’impératrice Eugénie –, laquelle ne concerna pas tout le monde, loin de là ; bien sûr aussi que le pouvoir se fit très autoritaire, au moins dans ses premières années, mais le sort du peuple occupa le souverain qui, entre autres, accorda le droit de grève aux ouvriers et s’en remit souvent au vote – permettant au passage à un plus grand nombre de Français de voter – pour asseoir sa légitimité. Le chef et son peuple, tel était le crédo, que ne supportent toujours pas certains libéraux, considérant le peuple bien trop stupide pour décider. Tels sont les points – et bien d’autres encore – que soulève Pierre Milza dans sa rigoureuse, dense et non moins très fluide biographie d’un personnage de notre Histoire. Personnage dont la fin, en exil du côté de l’Angleterre – là où son oncle rêva jadis de fouler le sol à la tête de son armée –, a des allures d’ingratitude pour celui qui, tout de même, fit rayonner son pays, notamment à travers Paris qu’il fit si bien transformer qu’elle devint (selon Walter Benjamin) la « capitale du XIXe siècle ». À sa fin tragique – provoquée par des calculs dans la vessie qui le firent souffrir durant plusieurs années – s’ajoute celle de son fils, jeune officier engagé dans l’armée anglaise, parti mourir dans le Zoulouland. Pierre Milza rapporte un propos du dentiste de l’impératrice qui colle exactement à Napoléon III et nombre de ses prédécesseurs et successeurs à la tête de la France : « En France, on est honoré aujourd’hui et banni demain. Je me suis dit parfois que les Français mettent leurs héros sur des piédestaux de sel, de sorte qu’à la première tempête qui les atteint, ils tombent pour rester à jamais couchés dans la boue. » De Gaulle ne renierait pas cette remarque. Enfin, en conclusion, l’auteur de cette considérable biographie – où, hélas, en conclusion, et selon un réflexe pavlovien, il se croit obligé de nous asséner un couplet sur l’extrême droite d’aujourd’hui ! – n’a pas tort de s’interroger sur le fait que les cendres de l’oncle ont été rapportées en grand pompe, en 1840, pour être déposées aux Invalides, tandis que celle de son neveu – qui a nettement moins versé le sang des Français et des autres – demeurent, avec celles de son épouse et son fils, en Angleterre. Un retour dans la Mère-Patrie serait bienvenu en effet…
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  • Jeanraphael Posté le 5 Février 2018
    Un livre a lire si on veut mieux connaître Louis Napoléon. Un vrai travail d'historien, sérieux documenté, qui raconte autant l'homme que la deuxième moitié du XIXeme. c'est bien écrit, avec rigueur et précision, dans un style qui n'a d'autre préoccupation que de raconter l'histoire d'une homme. On est pas la pour faire des galipettes, ni pour jouer à l'écrivaillon, mais pour faire apparaître l'ébauche d'une vérité historique, en rétablissant la stature d'un souverain que la mémoire nationale n'as pas vraiment digéré. Très bon livre en somme, et grand plaisir de lecture.
  • Zippo Posté le 5 Septembre 2017
    Louis-Napoléon Bonaparte, né le 20 avril 1808 et neveu de Napoléon 1er, est le fils d'Hortense (fille du premier mariage de Joséphine et donc belle-fille de Napoléon 1er) et de Louis Bonaparte, frère de l'Empereur. Surnommé "Oui Oui" et très proche de sa mère (pour laquelle il aura un véritable culte toute sa vie durant), il eut une enfance heureuse, à l'exception de ses rapports avec son père, dur de caractère. Il découvrit le goût d'apprendre grâce à son précepteur Philippe Le Bas. Il passa une partie de sa jeunesse à conspirer. Nous le retrouvons en Italie, dans les années 1830, luttant aux côtés des patriotes italiens pour l'unité italienne. Louis-Napoléon Bonaparte était un libéral favorable au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Au cours de cette période il perd son frère Napoléon-Louis Bonaparte qui meurt de maladie. Les patriotes italiens vaincus, le futur Napoléon III doit fuir d'Italie. A la mort de l'Aiglon, fils de Napoléon 1er, en 1832, il devient le chef de la famille impériale. Louis-Napoléon III a tenté de prendre deux fois le pouvoir : à Strasbourg en 1836 et à Boulogne en 1840 en tentant de soulever l'armée. Suite à cette dernière tentative, il fut emprisonné au fort de Ham. Son... Louis-Napoléon Bonaparte, né le 20 avril 1808 et neveu de Napoléon 1er, est le fils d'Hortense (fille du premier mariage de Joséphine et donc belle-fille de Napoléon 1er) et de Louis Bonaparte, frère de l'Empereur. Surnommé "Oui Oui" et très proche de sa mère (pour laquelle il aura un véritable culte toute sa vie durant), il eut une enfance heureuse, à l'exception de ses rapports avec son père, dur de caractère. Il découvrit le goût d'apprendre grâce à son précepteur Philippe Le Bas. Il passa une partie de sa jeunesse à conspirer. Nous le retrouvons en Italie, dans les années 1830, luttant aux côtés des patriotes italiens pour l'unité italienne. Louis-Napoléon Bonaparte était un libéral favorable au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Au cours de cette période il perd son frère Napoléon-Louis Bonaparte qui meurt de maladie. Les patriotes italiens vaincus, le futur Napoléon III doit fuir d'Italie. A la mort de l'Aiglon, fils de Napoléon 1er, en 1832, il devient le chef de la famille impériale. Louis-Napoléon III a tenté de prendre deux fois le pouvoir : à Strasbourg en 1836 et à Boulogne en 1840 en tentant de soulever l'armée. Suite à cette dernière tentative, il fut emprisonné au fort de Ham. Son emprisonnement lui donne le temps d'étudier et d'écrire, notamment un livre exposant ses vues politiques et sociales "L'Extinction du paupérisme". Ne supportant plus la captivité, il s'évade.. Après la Révolution de février 1848, il entre en politique et se présente aux premières élections présidentielles, il est élu "prince-président" de la Seconde République. Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, il fait un coup d'Etat. Pierre Milza analyse avec talent le passage de la République au second Empire. La personnalité de Napoléon III et des personnages composant la Cour impériale nous sont bien décrits. Il y a également une bonne analyse de ses rapports avec les autres membres de la famille impériale, dont son demi-frère le duc de Morny (fils d'Hortense et de Charles de Flahaut). Il y a de belles pages sur la politique extérieure de Napoléon III : guerres de Crimée et d'Italie. Lecture enthousiasmante sur la politique intérieure économique et sociale. La politique urbaine, les travaux d'Haussman sont également abordés avec précision. L'expédition du Mexique et la politique coloniale de Napoléon III en Algérie (très libérale, car il souhaitait voir les Arabes musulmans bénéficier des mêmes droits que les colons) sont mises en relief avec brio. A la fin du règne, après la libéralisation du régime, ont lieu des luttes politiques. Puis c'est la guerre contre la Prusse, les causes et le déroulement des hostilités sont finement analysées. Après la défaite de Sedan, Napoléon III, économe du sang des Français, préfère capituler. Nous pouvons lire d'émouvantes pages sur les dernières années de Napoléon III. Cet ouvrage majeur se termine par l'étude du rejet de ce régime après sa chute, puis de sa réhabilitation au fil des années et par l'évocation de l'idéologie bonapartiste. Est-il encore besoin complimenter Pierre Milza ? Son immense talent est déjà largement reconnu. Je me contenterai de lui adresser un grand MERCI !
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  • Illustrissime Posté le 19 Août 2017
    Aujourd'hui, le commentaire d'un ouvrage qui est devenu un véritable best-steller pour les spécialistes du XIXème siècle : la biographie de l'Empereur Napoléon III écrite par un très grand contemporanéiste : Pierre Milza. A l'origine spécialiste de l'histoire du fascisme et de l'Italie fasciste, Pierre Milza est devenu un expert dans les deux siècles de l'époque contemporaine et a rédigé une des meilleures biographies de notre dernier Empereur, Napoléon III. Son ouvrage commence par nous raconter l'enfance et la jeunesse de Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'Empereur Napoléon Ier, fils d'Hortense-la fille de Joséphine-et de Louis Bonaparte roi de Hollande de 1806 à 1810. Nous apprenons comment c'est passée la jeunesse de Louis-Napoléon surnommé « oui oui » par sa famille : son enfance dorée, les dures années d'exil, sa proximité avec sa mère mais les difficultés de ses rapports avec un père dure et absent, son éducation qui fut plus que négligé avant qu'Hortense ne se résolve à lui embaucher un excellent précepteur en la personne de Philippe Le Bas qui a éveillé en lui la soif de savoir et lui a appris comment vivre dans le monde mais aussi sa découverte de la sensualité dans les bras de belles... Aujourd'hui, le commentaire d'un ouvrage qui est devenu un véritable best-steller pour les spécialistes du XIXème siècle : la biographie de l'Empereur Napoléon III écrite par un très grand contemporanéiste : Pierre Milza. A l'origine spécialiste de l'histoire du fascisme et de l'Italie fasciste, Pierre Milza est devenu un expert dans les deux siècles de l'époque contemporaine et a rédigé une des meilleures biographies de notre dernier Empereur, Napoléon III. Son ouvrage commence par nous raconter l'enfance et la jeunesse de Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'Empereur Napoléon Ier, fils d'Hortense-la fille de Joséphine-et de Louis Bonaparte roi de Hollande de 1806 à 1810. Nous apprenons comment c'est passée la jeunesse de Louis-Napoléon surnommé « oui oui » par sa famille : son enfance dorée, les dures années d'exil, sa proximité avec sa mère mais les difficultés de ses rapports avec un père dure et absent, son éducation qui fut plus que négligé avant qu'Hortense ne se résolve à lui embaucher un excellent précepteur en la personne de Philippe Le Bas qui a éveillé en lui la soif de savoir et lui a appris comment vivre dans le monde mais aussi sa découverte de la sensualité dans les bras de belles dames. Après le temps de l'enfance, vient le temps des premières conspirations. Jeune adulte, Louis-Napoléon Bonaparte qui se trouve en Italie en 1830 voit des patriotes italiens se soulevés contre l'ordre établit dans la péninsule qui, à cette époque, est divisé en plusieurs Etats-le royaume de Piémont-Sardaigne ; le royaume Lombardo-Vénitiens qui a comme roi l'Empereur d'Autriche, les duchés de Modènes et de Parmes, le grand-duché de Toscane, les Etats-Pontificaux qui comprennent le centre de la péninsule et qui a le pape comme chef d'Etat et le royaume des Deux-Siciles qui comprend la Sicile et le royaume de Naples fusionnés en un seul et même royaume. Libéral, favorable au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, Louis-Napoléon et son frère, Napoléon-Louis Bonaparte s'engagent corps et âmes dans la lutte aux côtés des patriotes et essayent de les aider à prendre le pouvoir dans les Etats-Pontificaux mais échouent et Napoléon-Louis meurt de maladie aux cours des événements. La réaction triomphante répriment fortement les patriotes et obligent Louis-Napoléon à fuir l'Italie avec sa mère. C'est au cours de ce chapitre que Pierre Milza commet une petite erreur d’inattention : à un moment, il appel le duc de Modènes « Frédéric IV » alors que ce dernier s'appelait « François IV ». Et puis, dans plusieurs pages, il parle d'un « royaume de Naples » alors qu'à partir de 1816 il vaut mieux parler d'un royaume des Deux-Siciles puisque le roi Ferdinand Ier a fusionné les royaumes de Naples et de Sicile en un seul et même Etat. 1832 : Napoléon II, le fils de Napoléon Ier décède, Louis-Napoléon devient chef de la famille impériale, les trois frères de Napoléon Ier : Joseph, Jérôme et Louis n'ont pas vraiment envie de jouer ce rôle. En tant que tel, Louis-Napoléon Bonaparte tente deux fois de prendre le pouvoir en France : ce sont les coups de Strasbourg (1836) et de Boulogne (1840). A chaque fois il échoue, l'armée qu'il tente de le soulever contre le roi Louis-Philippe refuse de le suive. Gracier la première fois, il est emprisonné en 1840 et envoyé dans la prison de Ham. Plutôt bien traité par ses geôliers, il profite de sa captivité pour étudier et pour écrire des ouvrages visant à promouvoir ses idées notamment l'Extinction du paupérisme son ouvrage le plus socialisant. Mais la captivité lui pèse, il parvient à s'évader avec l'aide de complices, une évasion spectaculaire et très bien décrite par Pierre Milza. Il s'installe à Londres où il s'engage comme officier volontaire dans la police et il prépare son grand retour en France. Après la Révolution de Février 1848 bien décrite dans le livre, Louis-Napoléon se lance en politique et s'engage dans l'élection présidentielle. L'auteur retrace très bien sa campagne électorale, propose des analyses pertinentes sur celle-ci et sur les raisons de sa victoire Nous voilà au chapitre « le prince-président ». Louis-Napoléon, président de la Seconde République doit faire face à une Assemblée monarchiste avec qui les rapports sont très conflictuels. Les événements sont correctement analysés, les raisons qui amènent Louis-Napoléon a mettre fin à une République romaine proclamée à Rome en 1849 par des patriotes italiens avec qui il s'était battu en 1830 sont très bien présentées ainsi qu les événements et les raisons du coup d'Etat. Poussé au coup de force par ses proches, Louis-Napoléon renverse une Assemblée conservatrice la nuit du 1er au 2 décembre 1851, le voilà prince-président d'une République consulaire ou décennale puisqu'il n'a pas le titre de consul mais de président pour 10 ans. Les événements du coup d'Etat sont très bien analysés ainsi que leurs conséquences psychologiques sur le futur Empereur qui a déploré les morts et qui a cherché à amnistié ou a allégé des peines d'opposants condamnés par ses séides. Mais, être prince-président d'une République consulaire ne lui convient pas, ce qu'il veut, c'est être Empereur. Les causes et facteurs qui amènent à la Restauration de l'Empire sont finement dépeints et correctement analysés. Après nous avoir présenté la Restauration de l'Empire, Pierre Milza nous parle davantage de Napoléon III, sa personnalité, ses idées, sa façon de voir le monde et il décrit aussi les gens qui l'entourent et l'accompagnent dans son gouvernement : l'impératrice Eugénie, une fervente catholique cultivée et très intelligente, une femme de poigne certes favorable à l'autoritarisme et au pouvoir autocratique mais aussi une femme moderne engagée dans l'amélioration du statut de la femme ; le duc de Morny, son demi-frère bâtard, un opportuniste ambitieux et sans scrupule mais aussi fidèle au libéralisme politique ; son cousin Napoléon-Jérôme, un libéral anticlérical favorable à une politique sociale mais égoïste et peu scrupuleux ce qui l'empêche de mettre en place le bonapartisme de gauche qu'il rêve d'instaurer mais aussi les autres (Eugène Rouheur, Achille Fould, son grand ministre de l'Instruction Victor Duruy etc …). Vient ensuite l'analyse de la politique extérieure du Second Empire. Un peu utopiste, favorable à un Congrès paneuropéen qui pourrait maintenir la paix en Europe en réglant pacifiquement les conflits et défenseur du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Malgré tout, il s'engage dans la guerre de Crimée aux côtés du Royaume-Uni et de l'Empire ottoman contre la Russie, cette guerre est bien décrite et les événements qui s'ensuivent qui font de l'Empereur un arbitre de l'Europe sont magnifiquement analysés. C'est dans ces pages, il me semble mais je n'en suis plus sûre, que Pierre Milza, fait une nouvelle erreur : il laisse à entendre que le prince de Roumanie Alexandre-Jean Cuza est mort sur son trône alors qu'en fait il a été détrôné par ses ennemis en 1866. Tout un chapitre est ensuite consacrée à l'intervention italienne de Napoléon III avec des descriptions et des analyses pertinentes et brillantes, l'auteur démontre bien que l'Empereur souhaite mettre en place une certaine unification de la péninsule tout en sauvant le pouvoir temporel des papes. Pour cela, il propose une confédération de quatre Etats-un royaume de Haute-Italie, un royaume d'Italie centrale, un Royaume des Deux-Siciles et des Etats-Pontificaux réduits uniquement au Latium-qui aura le pape comme chef d'Etat, le but étant aussi de faire de l'Italie un pays « client » de l'Empire français. Même s'il essaye d'amener pacifiquement l'avènement de cette confédération, la guerre finie par éclater mais, après quelques premiers succès, Napoléon III décide de quitter le conflit en raison des morts qui le traumatisent mais aussi de la peur du manque de moyen et aussi par la crainte d'un effondrement des Etats-Pontificaux dont les catholiques français pourraient le rendre responsables. Viennent ensuite des chapitres traitant de l'apogée de l'Empire, de la politique économique et sociale de l'Empire qui fut intense et porteuse de fruits-Napoléon III fut l'un des premiers chef de l'Etat français à vouloir se mêler d'économie ou alors il était sincèrement préoccupé du bien-être des ouvriers, de la modernisation urbaine de Paris impulsée par l'Empereur et son génial préfet de la Seine, Haussman. Ces chapitres sont brillants et pertinents. Mais l'opposition finie par se renforcer : sa politique italienne lui attire l'hostilité des catholiques qui ont peur que l'intervention ne finisse par nuire aux Etats-Pontificaux, sa politique libre-échangiste lui attire l'hostilité des patrons protectionnistes etc … Alors, Napoléon III décide de libéraliser l'Empire en redonnant de plus en plus de pouvoir au Parlement afin de s'attirer le soutien des libéraux orléanistes et des républicains modérés, une stratégie qui portera certains fruits mais qui connaîtra aussi certains échecs. Ces événements et les actions de l'Empereur sont très biens décrits et analysés, j'ai notamment apprécié le passage décrivant la politique de son grand ministre de l'Instruction Victor Duruy que je vous recommande vivement. Pierre Milza nous parle aussi de la politique étrangère de l'Empereur après 1861. L'auteur nous parle de la question romaine-la protection du pouvoir temporel du pape. L'Empereur tente par tous les moyens de sauver ce pouvoir temporel, ses tentatives sont très bien analysés par Pierre Milza. Ensuite, il nous décrit l'expédition du Mexique ordonnée par l'Empereur pour forcer le gouvernement Juarez à lui payer les dettes dues par le Mexique à la France mais aussi pour faire du Mexique un Empire latin et catholique ami de la France mais surtout capable d'enrayer la montée en puissance des Etats-Unis. Une expédition pertinemment bien analysée malgré une erreur : page 637, Pierre Milza écrit « libéraux et conservateurs-les premiers représentants d'une oligarchie de grands propriétaires terriens peu désireux de renoncer à leurs privilèges et de partager leurs vastes domaines, les seconds fondamentalement anticléricaux et hostiles à la prépondérance politique est sociale de l'Eglise ». A mon avis, il s'est trompé et voulait dire l'inverse puisque les conservateurs d'un pays catholique de cette époque sont justement des cléricaux. L'auteur nous parle aussi de la politique algérienne de l'Empereur qui rêvait de faire de l'Algérie un royaume arabe dont il sera le roi et où les arabes musulmans seront les égaux des colons catholiques et des juifs. Petit reproche : autant la politique algérienne est très bien décrite, autant le reste de sa politique coloniale en Afrique (colonisation du Sénégal) et de l'Asie (colonisation de la Cochinchine et protectorat sur le Cambodge) est très vite balayée et peu analysée, dommage. Mais les difficultés internes continuent : l'Empereur doit continuer à libéraliser le système politique et à donner de plus en plus de pouvoir aux parlementaires mais il refuse de faire du gouvernement un organe responsable devant le Parlement. Sa bonne volonté lui attire le soutien de nombreux politiques modérés comme le républicain Emile Ollivier qui finit par rallier l'Empire mais elle ne lui attire pas le soutien d'autres hommes politiques de premier plan comme Gambetta. Puis, vient la guerre contre la Prusse, les événements qui ont mené à la guerre ainsi que le déroulement de la guerre sont analysés avec un talent inouïe et une grande pertinence. La défaite de Sedan, la capitulation de l'Empereur-qui se rend non par couardise mais pour éviter une tuerie inutile-font perdre à Napoléon III sa popularité et engendrent la chute de l'Empire. S'ensuit une description des trois dernières années de la vie de l'Empereur. Le dernier chapitre nous parle de l'image de Napoléon III et de son Empire dans l'historiographie française et nous explique qu'après une période de rejet et de calomnie sur l'Empire et sur l'Empereur, l'image et de l'Empire et de l'Empereur s'est considérablement améliorée et les études sont désormais moins passionnées et plus objectives. Pierre Milza termine son ouvrage en nous parlant de l'évolution du bonapartisme dans le temps et dans le monde politique.
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