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Perrin
EAN : 9782262085704
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 400
Format : 140 x 210 mm

Révolutions françaises du Moyen âge à nos jours

COLLECTIF, ,

Date de parution : 27/02/2020
« Gouverner le peuple sans l’irriter. Là est le grand secret. Toutes les colères du peuple se retrouvent un jour donné et se soldent en révolutions. »
Victor Hugo, Choses vues.
Monarchie absolue, Consulat, Empires, République présidentielle : la France semble mariée depuis des siècles avec une certaine idée, verticale, du pouvoir et son corollaire, la garantie de l’ordre public. Or, cette quête marche de pair avec une instabilité chronique, témoignage d’une fronde récurrente du peuple contre les détenteurs du pouvoir. Elle... Monarchie absolue, Consulat, Empires, République présidentielle : la France semble mariée depuis des siècles avec une certaine idée, verticale, du pouvoir et son corollaire, la garantie de l’ordre public. Or, cette quête marche de pair avec une instabilité chronique, témoignage d’une fronde récurrente du peuple contre les détenteurs du pouvoir. Elle se conjugue avec une autre instabilité qui, au sommet, a longtemps opposé le trône à la noblesse avant que la Révolution de 1789 ne vienne perturber le jeu et rebattre plusieurs fois les cartes jusqu’en 1870. Au final, la France aura connu en moins de deux siècles deux empires, trois types de monarchie (Ancien Régime, Constitution de 1791, Chartes de 1814 puis de 1830) et cinq républiques.
Quel est le déroulement de ces troubles majeurs qui remontent au Moyen Âge et dont la longue crise des Gilets jaunes forme la dernière manifestation après la Ligue, la Fronde, la Révolution française, les Trois Glorieuses, la Commune, Mai 68… et bien d’autres ? Quel fut à chaque fois le détonateur ? Le rôle exact du peuple ? Et, d’ailleurs, de quel peuple parle-t-on ? Comment le pouvoir en place a-t-il répliqué et avec quelles forces ? Dans quelles circonstances précises ? Enfin, pourquoi et comment a-t-il été plusieurs fois renversé ?
C’est à ces questions que les seize auteurs ici réunis, historiens et journalistes du Point, répondent dans des contributions qui font revivre les heures les plus mouvementées de notre histoire, afin de mieux comprendre cette autre « exception » française.

Sommaire
1. Les va-nus-pieds (Yves-Marie-Bercé)
2. Etienne Marcel (Georges Minois)
3. La Ligue (François-Guillaume Lorrain)
4. La Fronde (Emmanuel Hecht)
5. Octobre 1789 (Michel Biard)
6. Août 1792 (Charles-Eloi Vial)
7. Printemps 1793 (chute des Girondins) (Patrice Gueniffey)
8. 1830 (Camille Pascal)
9. Février 1848 (Marie-Hélène Baylac)
10. Juin 1848 (Arnaud Teyssier)
11. 4 septembre 1870 (Eric Anceau)
12. La Commune (Hélène Lewandowski)
13. 6 février 1934 (Renaud Meltz)
14. 1947, La guerre civile froide (Robert Mencherini)
15. Mai 68 (Gérard Courtois)
16. Les Gilets Jaunes (Saïd Mahrane)
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EAN : 9782262085704
Façonnage normé : BROCHE
Nombre de pages : 400
Format : 140 x 210 mm

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • ABEDFranck Posté le 27 Avril 2020
    Nous sommes en présence d’un ouvrage collectif pour lequel seize auteurs, historiens et journalistes du Point, tentent de faire revivre les heures mouvementées de notre longue histoire nationale. Cette dernière apparaît comme majestueuse, belle et tourmentée. Effectivement, il semble que la révolte ou la Révolution soient consubstantielles à la France. Cet ouvrage permettra sans aucun doute de « mieux comprendre cette exception française ». Dans l’introduction rédigée par Gueniffey et Lorrain nous pouvons lire une idée qui donne le ton de cette captivante étude : « Au nombre des exceptions dont la France s’enorgueillit - souvent à tort -, il en est une ancienne, très ancienne même : c’est la répétition des révolutions ». Ils précisent : « L’histoire de France en est saturée. Sur ce plan au moins personne ne nous dispute la palme ». En regardant la table des matières proposée, nous constatons que la révolution frappe régulièrement de plein fouet notre pays. Toutefois, il est écrit : « Les épisodes confiés à des auteurs de talent ne constituent pas une liste exhaustive ». Ils ajoutent, non sans un sourire, qu’il faudrait « plusieurs volumes si l’on voulait épuiser le répertoire des jacqueries, des révoltes et des soulèvements... Nous sommes en présence d’un ouvrage collectif pour lequel seize auteurs, historiens et journalistes du Point, tentent de faire revivre les heures mouvementées de notre longue histoire nationale. Cette dernière apparaît comme majestueuse, belle et tourmentée. Effectivement, il semble que la révolte ou la Révolution soient consubstantielles à la France. Cet ouvrage permettra sans aucun doute de « mieux comprendre cette exception française ». Dans l’introduction rédigée par Gueniffey et Lorrain nous pouvons lire une idée qui donne le ton de cette captivante étude : « Au nombre des exceptions dont la France s’enorgueillit - souvent à tort -, il en est une ancienne, très ancienne même : c’est la répétition des révolutions ». Ils précisent : « L’histoire de France en est saturée. Sur ce plan au moins personne ne nous dispute la palme ». En regardant la table des matières proposée, nous constatons que la révolution frappe régulièrement de plein fouet notre pays. Toutefois, il est écrit : « Les épisodes confiés à des auteurs de talent ne constituent pas une liste exhaustive ». Ils ajoutent, non sans un sourire, qu’il faudrait « plusieurs volumes si l’on voulait épuiser le répertoire des jacqueries, des révoltes et des soulèvements en tout genre qui ont ponctué l’histoire de la monarchie comme celle de nos républiques ». Il paraît très important de rappeler que la révolution ne date pas de 1789. Celle-ci, de par sa nature et la tournure des événements, marque une exception parmi les exceptions. Nous lisons avec intérêt : « Il faut d’ailleurs souligner qu’avant la Révolution, émeutes, soulèvements et même révolutions ont toujours tourné, pour finir, à l’avantage du pouvoir royal. L’absolutisme sortit de la France comme les assises de l’Etat étaient sorties renforcées de la révolution parisienne du milieu du XIVème, en pleine guerre de Cent Ans ». L’Histoire a toujours été un enjeu de mémoire. Bien souvent ceux qui l’étudient usent et abusent de reconstructions. Celles-ci peuvent s’expliquer par le manque de matière, l’idéologie, la méconnaissance et l’anachronisme. Ainsi, nous notons une pensée très intéressante que nous avons relevée dans l’introduction : « Etienne Marcel, qui fut le chef [de la révolution parisienne] avant d’en devenir la victime, est tombé aujourd’hui dans un oubli immérité. Si les historiens de la monarchie ne portaient pas dans leur cœur cet homme qu’ils accusaient d’avoir voulu se donner aux ennemis du roi, ceux de la république ont élevé une statue à celui qui avait été le premier représentant du génie politique de la grande cité comme disait Henri Martin dans son Histoire de France ». En définitive, regarder et étudier le passé peut s’avérer un exercice périlleux si on oublie le contexte ou qu’on se laisse emporter par les bons sentiments… Prenons le temps de revenir quelques instants sur « les émotions » ou « les humeurs » de 1789. Les auteurs expliquent avec raison que « tout change avec la Révolution française. Si les révolutions anciennes, ou les révoltes de jadis, avaient toujours pour but de corriger des abus, ou ce qui était perçu comme tel, les révolutionnaires modernes s’attaquent au pouvoir, à ses formes, à ses détenteurs, à sa légitimité ». Pour la première fois dans l’Histoire de France une révolution avait gagné par chaos contre la monarchie. Les résultats étaient sans appel : mort du roi, de la reine, de l’institution monarchique et installation de la République de façon durable, en dépit de parenthèses restauratrices et bonapartistes. Dans le même ordre d’idées, les oppositions religieuses laissèrent leurs empreintes dans notre histoire car elles furent également marquées du sceau de la violence : « Pendant les guerres de Religion du XVIème siècle, plusieurs épisodes ne sont pas si différents de ce qu’on vit pendant la Révolution française. L’enjeu - la conception du salut - ne se prêtait guère au compromis et poussait au contraire à une lutte à mort entre les deux partis ». Pourtant, ni les catholiques ni les protestants « ne contestaient la légitimité du Trône » contrairement aux agitateurs de la fin du XVIIIème. Il est donc intéressant d’évoquer la mystique accompagnant les premières révolutions : « Les révolutionnaires de jadis rêvaient, comme ceux d’aujourd’hui, d’un âge d’or, mais d’un âge d’or qui, loin de se situer dans l’avenir, aurait appartenu au passé. Ce n’est pas demain qui nourrissait l’espérance mais hier, un hier où les libertés étaient mieux protégées, le roi entouré de conseillers sages et intègres, un hier où des mœurs moins corrompues rapprochaient davantage de Dieu ». Tout change ou presque avec l’émergence des Encyclopédistes et autres philosophes modernistes. De ce fait, avec 1789, une ligne rouge fut ostensiblement franchie, car les révolutionnaires concentrèrent leurs attaques et leurs diatribes « contre la monarchie jugée inséparable d’un système politique et social à détruire, pour ensuite le reconstruire selon des principes fondés en raison. C’est la grande rupture. Le mot révolution change alors de sens. Au propre comme au figuré ». Les ambitions révolutionnaires sont clairement exprimées : il convient de faire table rase car « à partir de cette date, d’entreprise de restauration, la révolution se fait invention et fondation. Il ne s’agit plus de rétablir un ordre ancien jugé meilleur, plus naturel, plus légitime, mais d’en inventer un nouveau. Rationalisme et démarche scientifique sont passés par là ». Malheureusement, que ce soit en France, en Allemagne, en Russie ou en Chine, nous avons tous vu les résultats catastrophiques produits par cette volonté de rechercher ou de construire l’Homme nouveau. En effet, les révolutionnaires estiment « que le passé ne fait plus autorité, la durée ne prouve rien si, du moins, ce qui dure ne reçoit pas la confirmation, la seule qui vaille, des principes et de la raison, indépendamment de toute expérience ». Le péché de la modernité intellectuelle se voit ici dévoilé. A ce sujet, il n’est guère étonnant de lire le propos suivant qui relève tout simplement du bon sens : « On ne saurait mieux définir l’esprit de la Révolution française, cette tentative radicale, sans exemple dans l’Histoire, pour élever sur les décombres du passé un monde entièrement nouveau. Le passé apparaîtra comme l’ennemi à renverser, le malheur à éradiquer, l’obstacle à vaincre pour établir enfin le règne d’un ordre plus juste ». Nous approuvons sans réserve cette analyse pertinente, très éloignée des images d’Epinal longtemps véhiculées par l’Education Nationale ou les médias en général. Chaque chapitre étudie et raconte un thème bien précis : la Ligue, les Croquants, la Fronde, 1789, 1830, 1848, etc. C’est réellement captivant et très instructif. Les contextes sont rappelés et décryptés. Nous sommes vraiment plongés dans des époques très différentes pour notre plus grand plaisir intellectuel. Ces histoires de révoltes permettent aussi de nous rendre compte que la violence politique n’existe plus dans notre pays. Avant, un opposant politique risquait l’emprisonnement, la torture, l’exil ou la mort. Aujourd’hui, les rivalités politiques sont très apaisées quand on les compare avec celles du passé. Le phénomène des Gilets Jaunes est abordé dans la dernière partie. Pour cette entrée, nous sommes mis devant un avis personnel dévoilant des idées politiques plutôt que face à un réel traitement historique… Toutefois, les directeurs du projet expliquent « qu’il manque à ce riche répertoire un épisode, la Révolution nationale voulue par Vichy qui voulait, à la faveur de la défaite, revenir sur le siècle et demi qui s’était écoulé depuis 1789, et effacer la Révolution et ses suites de l’histoire de la France. L’effondrement de mai 1940 était aux yeux de ses partisans un événement providentiel dont il fallait tirer les enseignements, l’occasion d’une régénération complète par la mise en cause des principes de la Révolution française et le retour aux valeurs qui avaient été celles de la société traditionnelle ». Comme ce mouvement fut initié par le haut - comprendre le gouvernement - il ne correspondait nullement à la thématique voulue par ces historiens, à savoir d’analyser des révolutions qui étaient nées en dehors et surtout contre les autorités légitimes. Cependant nous sommes très surpris, et bien plus, de lire le propos suivant au sujet du Régime dit de Vichy : « C’est bien la seule fois dans notre histoire que la Contre-Révolution fut sinon aux commandes, du moins influente dans les allées du pouvoir ». Nous ne savions pas que Pétain, Laval, Darlan avaient défendu Dieu et le Roi ni même qu’ils revendiquaient une filiation intellectuelle et doctrinale avec Maistre, Bonald, Rivarol, et Blanc de Saint-Bonnet. Charette et La Rochejaquelein doivent se retourner dans leurs tombes de se voir assimilés à des républicains, de surcroît athées ou agnostiques… En étudiant avec sérieux les différentes contributions, il apparaît que les problèmes fiscaux, d’impôts et de dettes de l’Etat renseignent sur l’origine des révoltes ou des révolutions. Bien souvent, elles prennent naissance quand une partie de la population trouve les injustices insupportables, ou que la noblesse et la bourgeoisie désirent accroître leur pouvoir. Un gouvernement se montrant faible ou hésitant donne de l’écho à la révolte. Quand il commet des erreurs ou joue trop la carte de l’attentisme, la situation peut vite dégénérer. Encore faut-il avoir un plan, une doctrine claire, une hauteur de vue, un vrai projet et une vision pour la France ! En fin de compte, tout ce qui a manqué aux Gilets Jaunes pour transformer leur quête de justice en croisade, comme je l’analysais dans l’essai que je leur ai consacré en 2019 (1) … Néanmoins, une fort belle leçon de sciences politiques est exposée. Nous la citons intégralement parce qu’elle exprime probablement l’enseignement le plus important du livre : « Depuis deux siècles, la France oscille entre la contestation des institutions au nom de la volonté du peuple et l’assujettissement de ce même peuple à un arbitraire - administratif, fiscal et juridique - qui n’a d’équivalent que dans des Etats non démocratiques. En France, l’autorité possède du pouvoir, mais elle est privée de toute légitimité. Elle ne rencontre aucune vraie limite dans le droit ou les institutions, mais d’un autre côté, elle ne peut se reposer sur aucune espèce de confiance ou d’adhésion. La défiance est la règle. C’est l’un des paradoxes français et la raison pour laquelle notre histoire politique ne cesse de tituber, de révolte en révolution, depuis maintenant plus de deux siècles ». A l’aune de cette passionnante lecture, une question nous vient inévitablement à l’esprit. Des décisions politiques détruisent notre pays depuis déjà de nombreuses décennies au point d’hypothéquer son avenir : l’heure ne serait-elle pas enfin à la révolte, pour que la France se montre véritablement fidèle à cette « exception française » ? Franck ABED (1) Gilets Jaunes, les raisons d'un échec dévoilées, par l’auteur
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