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Par Lizzie, publié le 09/02/2024

Voyage auditif sur la planète Dune

Dune fait son grand retour au cinéma le 28 février, l’occasion pour nous de vous offrir une avant-première sonore d’exception. Plongez dans l’univers de Dune en livres audio, et découvrez les coulisses d’une production hors normes au fil d’interview exclusives.

Êtes-vous prêt pour un voyage auditif en milieu hostile ?

 

La planète Dune sous toutes ses facettes

Véritable monument et grand classique de la science-fiction, Dune est le roman le plus vendu au monde dans cette catégorie. Si l’œuvre littéraire s’est alors popularisée au cinéma, Dune possède également une version audio qui donne une voix à l’intégralité de ses tomes.

Dune en livre audio, c’est :

  • 240 heures d’enregistrement
  • 350 heures de montage mixage
  • 114 heures d’écoute découpées en 7 volumes
  • Un dictionnaire des prononciations réalisé pour 1889 mots

Alors, si vous deviez écouter plus d’une centaine d’heures de Dune avant la sortie du film au cinéma… Seriez-vous prêt à relever le défi Dune ?

 

Suivez la voix de Dune…

Qui se cache derrière la voix emblématique des livres audio Dune ?


Benjamin Jungers

Benjamin Jungers est le comédien qui prête sa voix à Dune, pour donner vie à la saga culte de Franck Herbert. Ancien pensionnaire pensionnaire de la Comédie-Française, c’est un habitué du répertoire classique (Marivaux, Molière, Shakespeare) qui a également joué dans des créations contemporaines. Quand il n’est pas sur les planches, Benjamin Jungers fréquente régulièrement les studios d’enregistrement où il double des personnages de films et séries télévisées et interprète de nombreux livres audio.

Nous avons eu la chance de pouvoir recueillir le témoignage du comédien, et ses retours sur son expérience lors de l’enregistrement marathon de l’ensemble de l’œuvre de Dune en livres audio.

 
Interview de Benjamin Jungers

 

Comment se prépare-t-on à l’enregistrement d’un tel monument ? Est-ce qu’il a fallu un travail de préparation pour incarner chacun des personnages ?

J’avais déjà l’expérience de l’enregistrement du livre audio, donc je savais à quoi m’attendre. Mais en effet, Dune a été un projet totalement inédit car c’est un univers complètement à part et d’une densité exceptionnelle. Pour entrer dedans, avant tout, j’ai dû les lire et m’en imprégner car ils sont complexes : il y a tout un univers, toute une langue et système politique et géographique totalement fictif. C’est une création à plusieurs niveaux.

 

Comme tout passe par la voix pour un livre audio, Il a surement fallu une analyse très fine du livre pour attribuer une voix à chacun mais pour aussi trouver la « voix » de la narration. Avez-vous préparé les effets de voix des différents personnages pour ne pas les mélanger ?

Je n’ai pas abordé Dune autrement qu’un autre livre audio, soit en le lisant intégralement avant tout. Bien sur, j’ai réfléchi aux personnages, et à quelle voix j’allais leur donner, mais je suis resté dans une sorte de découverte du livre. C’est avant tout un objet narratif, à l’oreille de celui qui l’écoute, ce n’est pas un audio drama avec plusieurs comédiens, même s’il y a beaucoup de dialogues. Or il se trouve que les dialogues de Dune sont très empreint de philosophie, de politique. Évidemment par certains biais, des petites touches, comme le tempo des voix ou l’énergie que l’on y met, on leur donne une personnalité mais je me suis imprégné de leur personnalité au fur et à mesure.

 

Pour incarner les différents passages entre sobriété de la narration et parfois la violence de certaines scènes, en l’absence d’un metteur en scène dans le livre audio, avez-vous trouvé l’expérience très solitaire ? 

On a quand même l’ingénieur du son avec nous, mais ce n’est pas un directeur artistique donc oui, on est quand même assez seul. Sur Dune, j’ai le souvenir de sensations de tunnels infinis, difficiles à tenir mentalement car c’est un univers complexe. Et dans ces tunnels, très solitaires, il faut se raccrocher au récit, aux phrases, à la virgule. Il y a des moments on est capté par le récit, mais à d’autres moments, quand on est fatigué, que l’on comprend moins le texte ou que l’on s’arrête souvent, il faut se remettre dedans. Si on perd le fil, dans l’exercice, on peux tomber à côté de la plaque. C’est à ce moment, qu’il peut y avoir un dialogue précieux avec l’ingénieur du son, qui rend l’exercice moins solitaire et qui permet tout à coups d’y voir plus clair.

 

Qu’est-ce que cet enregistrement extraordinaire vous a appris ? Que retirez-vous de cette expérience quasi « record » ?

Cela m’a appris l’endurance, à tenir le fil, je n’ai jamais rencontré de tels chemin à faire, en terme d’organisation de travail. J’ai découvert aussi le plaisir de retrouver le récit, les fiches, les personnages, entre chaque livre car, j’avais parallèlement une pièce de théâtre par exemple.
En 6 mois d’allers et retours, de retrouver les voix et le récit aussi, c’était très important pour moi. Et dans le livre audio, ce que j’aime c’est avant tout, raconter une histoire, plus que de jouer la comédie même s’il faut incarner des personnages.
Dune, c’est un délire, un vrai défi. Le premier livre était particulièrement long à enregistrer, j’ai le souvenir d’un marathon de trois jours et demi et d’une fatigue incroyable. Après j’ai essayé de les enregistrer par demi-journées afin d’avoir une meilleure qualité du travail et de concentration.

Le plus marquant pour moi, c’est le 4e, l’empereur-dieu car c’est celui qui m’a le plus touché, en tant que lecteur.

 

Retour sur les dessous de la production de Dune en livres audio

Si Dune est né en livre audio, c’est avant tout grâce au travail de toute l’équipe Lizzie qui a réussi à mener à bien ce projet d’une ampleur inédite.

Liza Faja, la directrice de maison d’édition de livres audio Lizzie, revient sur le défi qu’a incarné l’adaptation de la saga Dune en livres audio.


Interview de Liza Faja, directrice de Lizzie

Comment avez-vous abordé l’adaptation de ce roman culte en une série de livres audio : 

Ce n’est pas simple de lire un texte brut, car il y a souvent des partis pris éditoriaux et l’audio lecture doit être fluide. Sur chaque texte, il a fallu fournir un travail intense avant de les porter à l’audio. Pour la conception de cette saga DUNE, nous avons fait appel à une éditrice spécialisée dans le domaine de la littérature de l’imaginaire, qui a réalisé un véritable travail de linguiste, laissant de côté les prononciations du film et en reprenant toute la préparation des prononciations de zéro. Ce travail de préparation du texte a été très dense, tant par la longueur de l’œuvre que par sa complexité : tout un monde est inventé, imaginé par l’auteur, la langue, mais également des objets, une religion, des pratiques, une économie, des gouvernements, des peuples, des animaux, etc. D’où le choix porté sur une spécialiste de l’imaginaire, car la version audio devait être au service de l’auteur et de l’œuvre. C’est dans l’ADN de Lizzie.


Sur quoi s’est-elle basée pour se préparer le plus justement à l’adaptation ?

D’abord sur Franck Herbert lui-même : étant linguiste, il a imaginé plusieurs idiomes dérivés de l’anglais, de l’arabe et du latin.  En plus d’avoir écrit un roman, il a aussi inventé une langue tout à fait cohérente avec des racines très compréhensibles. En se fondant sur ses déclarations, nous avons imaginé des évolutions possibles de l’anglais et de l’arabe.

Nous nous sommes aussi documentés au travers d’interviews, de postfaces ou de préfaces dans lesquelles il parlait de l’origine des langues présentes dans ses ouvrages. Il explique même comment prononcer certains termes en justifiant ses choix. Par fidélité pour ces déclarations, nous avons fait le choix de rester le plus proche possible des prononciations anglaises.

Notre éditrice s’est également basée sur la communauté de fans de Dune, très engagée et pointilleuse sur l’univers de la saga en s’appuyant sur des forums ou des sites dédiés à Dune.

 

Comment avez-vous préparé le casting ?

Nous devions avant tout, entièrement préparer les prononciations pour le comédien, dans un grand respect de la cohérence de l’histoire, qui s’étend sur des millénaires… et plus de 3 500 pages. Le comédien compte énormément mais la façon dont est préparé le texte va complètement déterminer le résultat.

Nous avons donc dès le casting donné des indications très précises en ce qui concerne le caractère de chaque personnage. Puis avons réalisé des fiches, livre par livre, afin d’indiquer les prononciations de chaque mot.

Au total, pour tous les tomes nous avons préparé 1889 mots. Nous avons même conçu un petit dictionnaire, l’éditrice (on met son nom ? Laura) a procédé à un listing de tous les mots qui pouvaient poser question. D’ailleurs certains termes font toujours débat dans la communauté comme par exemple le « béné jesserite ».

Quels critères demandait le casting ?

Il fallait un comédien masculin entre 30 et 40 ans, avec un spectre de voix assez large, pour incarner de nombreux personnages, majoritairement des hommes et ne pas les mélanger. D’autant que les personnages du début meurent pour la plupart au milieu du roman et sont remplacés par d’autres.

Nous avons indiqué qu’il y avait un mélange à peu près équitable entre narration et dialogues, et parfois, en italique dans le texte apparaissent les pensées de certains personnages.



Maintenant que la production de Dune n'a plus aucun secrets pour vous, laissez-vous guider jusqu'aux confins de l'univers, sur la planète de sable la plus célèbre de notre temps...

Lizzie

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