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EAN : 9782377352562
Façonnage normé : EPUB3
Nombre de pages : 877
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

La foire aux vanités

Lucienne Molitor (Traducteur), Mary james Darmesteter (Préface)
Date de parution : 02/01/2019
L'irrésistible ascension de Becky Sharp, jeune institutrice pauvre dans l'Angleterre georgienne, prête à tout pour gravir les échelons de la bonne société. Classique universel, ce grand roman de l'arrivisme est aussi un tableau fourmillant et drolatique de la société britannique, sur fond de guerres napoléoniennes.
Le grand roman de l'arrivisme  Fille d’un artiste bohème et d’une danseuse, Becky Sharp est sans ressources, mais elle a de l’esprit, du charme et de l’ambition. Cela devrait suffire, pense-t-elle, pour obtenir un titre, une rente et des terres.Entrée comme gouvernante dans l’honorable famille Crawley, l’intrigante parvient très vite... Le grand roman de l'arrivisme  Fille d’un artiste bohème et d’une danseuse, Becky Sharp est sans ressources, mais elle a de l’esprit, du charme et de l’ambition. Cela devrait suffire, pense-t-elle, pour obtenir un titre, une rente et des terres.Entrée comme gouvernante dans l’honorable famille Crawley, l’intrigante parvient très vite à prendre le père et le fils dans ses filets. C’est ce dernier qu’elle épouse, entamant aussitôt une carrière d’arriviste. Bientôt, elle tirera les ficelles des pantins de la « foire aux vanités »: le couard et fat Joseph Sedley, frère aîné de son amie Amelia ; son propre mari, incapable et endetté, qu’elle mène à la baguette ; le frère de celui-ci, un rustre avare et stupide; la tante Mathilda, courtisane fanée, avide de cancans; le capitaine Osborne, dandy corrompu et blasé; lord Steyne, vieillard odieux qui la couvre de bijoux ; et tant d’autres qui gravitent autour d’elle dans l’espoir d’obtenir ses faveurs.Tour à tour passionnée, capricieuse ou dévote, Becky va d’intrigue en intrigue, parvenant, par la ruse et le mensonge, à se tirer des situations les plus délicates. Sous divers masques, l’aventurière traversera ainsi toutes les strates de la société géorgienne, sous l’œil du génial satiriste que fut Thackeray.
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EAN : 9782377352562
Façonnage normé : EPUB3
Nombre de pages : 877
DRM : Watermark (Tatouage numérique)

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • ChristelleH Posté le 15 Août 2020
    Comme c'est bon de se plonger dans un roman classique à l'écriture soignée ( même si je ne peux profiter du texte original, la traduction est élégante)! Quoiqu'un peu long et avec quelques diversions typiques du 19è siècle, ce roman est effectivement un chef d'oeuvre. L'auteur se permet de porter des jugements sur ses propres personnages, il fait mine de les abandonner à leur triste sort pendant plusieurs chapitres, revient à eux ou jette "un voile pudique" sur certaines péripéties... Les deux héroïnes - que tout oppose ( naissance, famille, caractère, destin)- se sont rencontrés en 1815, à la veille de Waterloo, dans un pensionnat pour jeunes filles. Rebecca la perfide s'attachera à s'élever de sa condition d'orpheline sans le sou, quitte à mentir et à trahir, tandis qu'Amelia la naïve connaîtra une existence de déchéance. Les personnages masculins semblent fades à côté d'elles! Tous les personnages sont truculents et je crois que l'auteur s'est beaucoup amusé à écrire ce roman.
  • Brize Posté le 11 Juillet 2020
    Angleterre – vers 1815 Les jeunes Amelia Sisley (17 ans) et Rebecca Sharp (19 ans) quittent l’Institut pour jeunes filles de Chiswick Mall et rejoignent Londres, où le père d’Amelia est un négociant aisé. Amelia a passé six ans à l’Institut, recevant l’éducation donnée à une jeune fille de son rang. Rebecca, quant à elle, de condition modeste, y a été hébergée gracieusement pendant deux ans : elle a pu suivre quelques enseignements en échange de ceux qu’elle prodiguait elle-même en français, langue qu’elle maîtrise car sa mère était française. Par amitié pour Rebecca, Amelia l’a invitée à passer une semaine chez ses parents. Elle devra ensuite rejoindre Crawley-la-Reine, fief du sir Pitt Crawley, afin d’y occuper un poste de gouvernante auprès de ses deux filles. Une fois à Londres, Rebecca fait la connaissance du frère aîné d’Amelia, le certes gros mais riche et célibataire Joseph. Résolue à s’élever socialement, elle se met en tête de l’épouser et entreprend dans ce but de grandes manœuvres de séduction … Ainsi commence « La foire aux vanités », gros roman anglais réputé, autour duquel je tournais depuis une paire d’années mais sans parvenir à me lancer (je suis toujours frileuse lorsqu’il s’agit de s’aventurer dans un... Angleterre – vers 1815 Les jeunes Amelia Sisley (17 ans) et Rebecca Sharp (19 ans) quittent l’Institut pour jeunes filles de Chiswick Mall et rejoignent Londres, où le père d’Amelia est un négociant aisé. Amelia a passé six ans à l’Institut, recevant l’éducation donnée à une jeune fille de son rang. Rebecca, quant à elle, de condition modeste, y a été hébergée gracieusement pendant deux ans : elle a pu suivre quelques enseignements en échange de ceux qu’elle prodiguait elle-même en français, langue qu’elle maîtrise car sa mère était française. Par amitié pour Rebecca, Amelia l’a invitée à passer une semaine chez ses parents. Elle devra ensuite rejoindre Crawley-la-Reine, fief du sir Pitt Crawley, afin d’y occuper un poste de gouvernante auprès de ses deux filles. Une fois à Londres, Rebecca fait la connaissance du frère aîné d’Amelia, le certes gros mais riche et célibataire Joseph. Résolue à s’élever socialement, elle se met en tête de l’épouser et entreprend dans ce but de grandes manœuvres de séduction … Ainsi commence « La foire aux vanités », gros roman anglais réputé, autour duquel je tournais depuis une paire d’années mais sans parvenir à me lancer (je suis toujours frileuse lorsqu’il s’agit de s’aventurer dans un pavé 😉 ). A défaut, j’ai entrepris il y a quelques mois de regarder sa dernière adaptation télévisée, via une mini-série sortie en 2018 … abandonnée en route (je ne savais même plus si j’avais été au bout mais en lisant le roman j’ai tout « reconnu » jusqu’à la bataille de Waterloo, j’en ai conclu que je m’étais arrêtée là). Avec le roman, que je me suis décidée à lire fin mai (oui, je ne rédige ce billet que maintenant, pressée par la deadline du Mois anglais, heureusement que j’avais en cours de route couché mes impressions par écrit !), la tentation de l’abandon ne s’est manifestée à aucun moment. Il faut dire, déjà, qu’à l’écran l’âge des interprètes ne correspondait pas à celui, très jeune, des deux principales protagonistes du livre, qu’on n’est pas dans la tête (ou le cœur … quand cœur il y a !) de ces demoiselles, qu’il y a parfois des évolutions peu expliquées (je pense par exemple à celle du comportement d’Osborne par rapport à Amelia, bien mieux exposée dans le roman où on voit le travail de sape de ses sœurs, incapables de saisir le tempérament de la miss, qui s’éteint dès qu’elle est confrontée à leur compagnie) et, surtout, qu’on n’a pas droit à la prose du sieur Thackeray et ça, ce n’est pas rien ! Grâce à elle, je n’ai éprouvé nulle lassitude à la lecture, malgré mon absence d’attachement pour les personnages. Car la plume de Thackeray (j'ai lu le roman en français, non pas dans la première traduction qui en a été faite, maintenant libre de droit (on peut la trouver en version numérique gratuite, donc) mais dans la traduction contemporaine de Lucienne Molitor, davantage à mon goût (j’ai comparé les premières pages)) est un régal de vivacité et d’humour, je mets au défi le lecteur qui s’y frotte de ne pas y succomber. Tenez, prenez une des premières interventions de la véritable héroïne de notre roman, Rebecca, une jeune personne qui n’a pas la langue dans sa poche (comme notre auteur) lorsqu’elle explique à Amelia à quel point elle est satisfaite de quitter l’Institut et sa directrice, miss Pinkerton : « Cette maison me fait horreur […] et j’espère bien ne plus jamais la revoir ! Je voudrais qu’elle fût au fond de la Tamise, et si miss Pinkerton était engloutie avec elle, je ne ferais pas un pas pour me porter à son secours, je vous prie de le croire. Oh ! Comme je voudrais la voir se débattre dans l’eau, avec son turban et tout, ses jupes flottant derrière elle, et son nez pointant en avant telle la proue d’un bateau ! » « La Foire aux vanités » fut d’abord publié en feuilleton, entre 1846 et 1847. Dès le début, Thackeray y explique son dessein au lecteur, peindre la société qui l’entoure comme la Foire aux vanités qu’elle est en réalité, une scène où chacun joue sa pantomime, mu par des désirs et des ambitions égoïstes, superficiels et vains, sans souci des autres. Par la suite, il ne manquera pas d’évoquer régulièrement cette image de la Foire aux vanités, illustrée par la teneur de son récit, quand il ne s’adressera pas à nouveau à son lecteur pour lui rappeler le fond de son propos. Ainsi dans ce chapitre 8 : « Mais mon aimable lecteur se souviendra que j’ai intitulé cette histoire La Foire aux vanités, et qu’à la Foire aux vanités, on rencontre toutes les vanités, toutes les méchancetés, toutes les folies, toutes sortes de grimaces, de mensonges et de prétention. Et chacun est tenu de dire la vérité telle qu’il la connaît, que l’on porte le bonnet à sonnettes du fou ou la toque du sage. Dans cette entreprise, il est vrai, on risque de mettre au jour bien des choses déplaisantes. » Ces « choses déplaisantes », il les dévoile en satiriste à la causticité duquel rien ni personne n’échappe, à part peut-être William Dobbin, amoureux d’Amelia invisible à ses yeux, qui semble être le seul personnage à réunir intelligence et sensibilité. Pour les autres, quand il y a sensibilité, elle risque d’être débordante, je pense à Amelia, encline aux emportements larmoyants et sentimentale au point d’en être sotte car elle en perd tout discernement. Rebecca n’est pas épargnée (mais elle n’en aurait pas demandé autant), même si on note chez l’auteur une certaine considération affectueuse pour celle qu’il appelle « notre petite aventurière » ou « notre petite intrigante » : après tout, c’est elle qui a eu le moins de chance à la naissance, donc sa volonté de rectifier les choses à son avantage ne se justifie-t-elle pas ? En tout cas, elle est dans le roman la plus intelligente (davantage que la vieille Miss Crawley, retorse mais pas toujours capable d’échapper aux visées des uns ou des autres), sans guère avoir de cœur (tout juste manifeste-t-elle une vague compassion à l’égard d’Amelia avant Waterloo), puisqu’elle n’aime ni son mari ni son fils : tout ce qui l’intéresse est son propre succès. Chez Thackeray, les femmes ne sont pas à leur avantage : l’homme n’est pas avare de lieux communs éculés concernant leur comportement, notamment les unes vis-à-vis des autres, semblable en cela à ses contemporains. Mais, en y regardant de plus près, qui est à son avantage chez lui ? Entre le fils de famille criblé de dettes mais comptant sur la mansuétude et la bourse de son père et la fille que ses années de pension n’ont pas préparée à affronter ses semblables, il y a place pour des hypocrites, des fats, des roués ou des dupes : qu’on soit malin ou stupide, on ne trouve pas vraiment grâce aux yeux de notre acerbe auteur. Car en réalité, chacun ne vise que son propre intérêt et il n’y a que l’amour, même chez un rustre comme Rawdon, qui s’accorde avec la sincérité. Et de toute manière les sentiments, lorsqu’ils interfèrent à l’occasion, ne parviennent pas à gripper les rouages d’une société où il importe avant tout de réussir, quel qu’en soit le prix … à faire payer par les autres, de préférence (on peut vivre à crédit aux dépens de plus pauvres que soi : Thackeray démontre que qui ne paie pas ses dettes s’enrichit !). Chronique de mœurs ancrée dans l’histoire de son époque (la peinture de la société anglaise, installée à Bruxelles pendant la période entourant la bataille de Waterloo, ce dont je n’avais jamais entendu parler, est passionnante), « La Foire aux vanités » est un roman enlevé et piquant, qui a bien mérité sa place parmi les classiques de la littérature anglaise.
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  • LaBiblidOnee Posté le 5 Juin 2020
    « La foire aux vanités » a pour théâtre les vies de la bonne société anglaises du 19ème siècle. Nous y suivrons deux couples dans leur installation et, à travers eux, tout un univers d'orgueils et de vanités recouvert d'un verni superficiel de bienséance. Amélia, jeune fille de bonne famille aussi gentille et bonne poire que lisse et effacée (« dont l'excessive douceur dégénérait presque en faiblesse »), et Rebecca, orpheline sans le sou mais aussi maligne qu'hypocrite et manipulatrice (aimant la société et en ayant « besoin à tout prix, comme un fumeur d'opium ne peut se passer de sa pipe »), étaient pensionnaires ensemble. La première est promise à un bel avenir avec un fiancé de longue date, la seconde à la pauvreté et au travail de gouvernante. Mais dans la vie, rien n'est jamais acquis. La société n'est pas aussi figée qu'elle en a l'air : il suffit de savoir jouer la comédie… et de tirer les bonnes ficelles ! Thackeray lève le rideau sur cette société toute entière régie par l'étiquette plus que par l'étique, où le rang social, portés aux nues au moins autant que l'argent, fait naître le poison de la vanité. Ce dernier incite à vouloir s'élever dans la société,... « La foire aux vanités » a pour théâtre les vies de la bonne société anglaises du 19ème siècle. Nous y suivrons deux couples dans leur installation et, à travers eux, tout un univers d'orgueils et de vanités recouvert d'un verni superficiel de bienséance. Amélia, jeune fille de bonne famille aussi gentille et bonne poire que lisse et effacée (« dont l'excessive douceur dégénérait presque en faiblesse »), et Rebecca, orpheline sans le sou mais aussi maligne qu'hypocrite et manipulatrice (aimant la société et en ayant « besoin à tout prix, comme un fumeur d'opium ne peut se passer de sa pipe »), étaient pensionnaires ensemble. La première est promise à un bel avenir avec un fiancé de longue date, la seconde à la pauvreté et au travail de gouvernante. Mais dans la vie, rien n'est jamais acquis. La société n'est pas aussi figée qu'elle en a l'air : il suffit de savoir jouer la comédie… et de tirer les bonnes ficelles ! Thackeray lève le rideau sur cette société toute entière régie par l'étiquette plus que par l'étique, où le rang social, portés aux nues au moins autant que l'argent, fait naître le poison de la vanité. Ce dernier incite à vouloir s'élever dans la société, à posséder plus d'importance, plus d'argent, souvent au détriment de la qualité des relations et d'une certaine idée de la morale. Il infiltre insidieusement chaque action, chaque pensée, chaque parole dans ce but ultime, et finit par pourrir ce terreaux d'âmes errantes, ambitieuses, orgueilleuses, et désireuses de briller à leur tour. « A eux deux, ils donnaient l'exemple de la vanité des choses humaines ; ils désiraient, chacun de leur côté, ce qu'il ne leur était point donné d'avoir. » Ainsi, comme son nom l'indique, « la foire aux vanités » ne dénonce pas simplement un seul défaut (l'orgueil) en tant que tel. Il révèle et expose, dans tout ce qu'elles ont de plus secret et personnel comme de plus prétentieux et éclatant, toutes ces petites vanités diverses et camouflées du quotidien, soigneusement entretenues par chacun, comme les plus grandes et prétentieuses vanités institutionnelles créées et cautionnées par la société. A travers deux couples de jeunes adultes faisant difficilement leur entrée dans le monde, l'auteur retrace, avec un miroir grossissant, les travers, rides et imperfections d'une société fardée par le paraître et l'égoïsme de chacun. « De tous les vices qui dégradent la nature humaine, l'égoïsme est le plus odieux et le plus méprisable. Un amour exagéré de soi-même conduit aux crimes les plus monstrueux et occasionne les plus grands malheurs dans les Etats comme dans les familles ». Si l'auteur annonce un lever de rideau sur ce théâtre des vanités, c'est un théâtre de marionnettes dont les ficelles, plus ou moins grosses, sont tirées par les sujets les plus habiles. Alors, dénonciation du système de cette époque, qui pousserait aux actions les plus viles pour escalader l'échelle sociale…? Pas seulement ! Car l'histoire est transposable encore de nos jours : les réseaux de relations et de pouvoir, les jeux d'argent et les chantages, les arrivistes infatigables et les nantis vampirisés, les querelles d'héritage, les mariages volages, les amitiés intéressées, les jugements sur l'apparence, la volonté de briller, les ravages des addictions aux jeux ou à l'alcool… Ceux qui manipulent, ceux qui subissent. En réalité, là est l'histoire : « La gloire de ce monde, comme on dit, est bien passagère ». Cette citation du livre rappelle un rite d'intronisation sensé rappeler au Pape qu'il n'était qu'un homme et qu'il devait se garder de tout orgueil ou vanité. Comme l'indique son titre, ce roman est donc une réflexion sur la nature passagère et vaine de la vie humaine. La foire « aux vanités » comprend aussi bien l'orgueil du vaniteux que l'acception latine du mot « vanitas » (de « vanus », vain) c'est-à-dire ce qui est vide, creux, inutile et illusoire. Et Thackeray de conclure : « Vanitas vanitatum ! qui de nous est heureux en ce monde ? qui de nous arrive enfin au terme de ses désirs, ou, quand il y parvient, se trouve satisfait ? ». Avec ce « Vanitas vanitatum », l'auteur rappelle l'universel de ce qu'il décrit, car lié à l'être humain quel qu'il soit ; Comme s'il voulait dédouaner ses personnages et nous inciter à nous regarder d'un peu plus près nous-même. Ces mots sont en effet extraits d'un passage de la Bible, dans lequel on retrouve l'idée étayée par l'auteur : « Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil? (…) J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.(…) ». Cette dernière phrase répond d'ailleurs également à un autre passage du roman (« L'expérience a démontré depuis longtemps que les plus heureux sont toujours les plus éloignés du soleil. (…) tout ici bas n'est que fumée et vanité »), mais on n'en finirait plus d'explorer ce roman, tant il est foisonnant. Ne craignez pas pour autant une assommante morale religieuse : Toute la force de cette fresque est qu'elle demeure, sur la forme autant que sur le fond, définitivement romanesque. Il est amusant d'appliquer la trame du récit à la société d'aujourd'hui, ou même à un microcosme déterminé, un échantillon connu - de notre entourage ou de la vie publique - pour y déceler ce que la plume de Thackeray dépeignait en son temps avec justesse, humour et précision. Et n'est-ce pas tellement logique, humain et donc universel ou presque, cette propension à vouloir dominer, tirer les ficelles, posséder, briller… En un mot, à vouloir toujours plus, au détriment parfois de valeurs morales. Dans cette « foire aux vanités », l'argent est-il une fin, un moyen, ou un prétexte ? L'égoïsme est-il une cause ou une conséquence ? L'ambition, l'envie de briller sont-ils des phénomènes créés par la société, ou profondément individuels et humains ? Sommes-nous le miroir de notre société ou celle-ci est-elle le nôtre ? C'est donc bien, fidèlement à son sous-titre et nonobstant les piques ironiques de son auteur, un roman sans héros, fait de gens comme vous, moi et l'entièreté des personnes qui nous entourent. Mais quels portraits nous sont taillés et épinglés par Thackeray : Il a un vrai talent pour la peinture sur mots, on ne s'ennuie pas ! En s'adressant directement à son lecteur avec humour et provocation, le narrateur omniscient n'enlève rien de notre proximité avec ses acteurs, tant leurs coeurs et âmes sont brillamment dépeintes, données en jugement et débattues. 1000 pages durant lesquelles vous serez spectateur actif, pris à parti de cette fresque qui demeure, sur la forme, savoureusement anglaise, et sur le fond, joliment (d)écrite et intéressante. A présent je n'ai plus qu'à lire son pendant : « le bûcher des vanités » de Tom Wolfe ! Après avoir dénoncé nos vanités, on les brûle ? « Adieu, adieu, mes enfants, refermons la boîte et rangeons nos marionnettes, car le spectacle est terminé » !
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  • EleanorTilney Posté le 5 Juin 2020
    Je poursuis ma découverte de la littérature anglaise avec un plaisir croissant. J'aime beaucoup relire les livres. Cette relecture fait suite à la série homonyme diffusée au début de l'année sur Arte. Je l'ai relu en anglais, alors que ma première lecture était en français. Donc, lisant plus lentement, sous un nouvel éclairage, je l'ai beaucoup plus savouré! Ce livre incroyable met en scène tout un univers de personnages, pendant plusieurs années, sans aucune longueur de texte. Pendant la première moitié du 19ème siècle, en Angleterre et en Europe. Pas un instant d'ennui : le rythme est très intelligent et confère beaucoup de suspense. J'emmenais mon livre partout avec moi ( ceci dit, en confinement, c'est tout de suite moins extraordinaire!) J'ai relu plusieurs passages maintes fois, en ai recopié beaucoup. J'encourage tout le monde à lire dans le texte. Si je peux le faire, tout le monde le peut! Comme beaucoup, j'ai commencé avec Harry Potter. Du français à l'anglais, je trouve la plume moins acérée (j'espère que ce n'est pas un manque de compréhension^^). Les tableaux de personnages sont toujours très humains et réalistes. Mais l'humour anglais est plus doux, plus élégant, plus pudique que son homologue français dans mon souvenir, et nous rend... Je poursuis ma découverte de la littérature anglaise avec un plaisir croissant. J'aime beaucoup relire les livres. Cette relecture fait suite à la série homonyme diffusée au début de l'année sur Arte. Je l'ai relu en anglais, alors que ma première lecture était en français. Donc, lisant plus lentement, sous un nouvel éclairage, je l'ai beaucoup plus savouré! Ce livre incroyable met en scène tout un univers de personnages, pendant plusieurs années, sans aucune longueur de texte. Pendant la première moitié du 19ème siècle, en Angleterre et en Europe. Pas un instant d'ennui : le rythme est très intelligent et confère beaucoup de suspense. J'emmenais mon livre partout avec moi ( ceci dit, en confinement, c'est tout de suite moins extraordinaire!) J'ai relu plusieurs passages maintes fois, en ai recopié beaucoup. J'encourage tout le monde à lire dans le texte. Si je peux le faire, tout le monde le peut! Comme beaucoup, j'ai commencé avec Harry Potter. Du français à l'anglais, je trouve la plume moins acérée (j'espère que ce n'est pas un manque de compréhension^^). Les tableaux de personnages sont toujours très humains et réalistes. Mais l'humour anglais est plus doux, plus élégant, plus pudique que son homologue français dans mon souvenir, et nous rend les personnages plus attachants, sans rien perdre de leur drôlerie. Ou peut-être que c'est la relecture qui me fait cette impression. J'ai souvent pensé aux misérables lors de ma lecture. L’œuvre française est plus noire, plus violente, plus affreuse. J'ai lu que le personnage d'Amélia agaçait beaucoup de babelionautes. Moi, je l'adore, comme tous les personnages de cette grande fresque.
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  • stef0481 Posté le 27 Mai 2020
    Dans la catégorie classique de la littérature victorienne, le roman de William Makepeace Thackeray a de quoi impressionner (1067 pages dans l'édition Folio). Mais ne soyez pas timides, parce que malgré sa densité et le foisonnement des personnages qu'on y rencontre, c'est un roman de mœurs divertissant et ironique, et Thackeray est un formidable conteur! On ne peut éviter quelques longueurs dans une œuvre aussi riche mais le spectacle en vaut la peine! Le narrateur nous invite dès le prologue à entrer dans le théâtre social de la société anglaise du début du XIXe siècle afin de regarder s'agiter ses marionnettes : Becky Sharp, vile manipulatrice prête à tout pour parvenir à se faire sa place dans les hautes sphères, Amelia Sedley, ingénue et douce, victime du sort et du charme inconséquent de George Osborne, et le chevaleresque William Dobbin parmi tant d'autres. Ces personnages se débattent dans la Foire aux Vanités, entre manigances, faux-semblants, fortune et déchéance. Mais la plus forte, c'est Rebecca Sharpe, intelligente et indépendante, sans scrupule et détestable, elle trace son chemin dans le monde qui ne lui reconnaît pas de légitimité naturelle (elle est mal née et sans le sou) grâce à... Dans la catégorie classique de la littérature victorienne, le roman de William Makepeace Thackeray a de quoi impressionner (1067 pages dans l'édition Folio). Mais ne soyez pas timides, parce que malgré sa densité et le foisonnement des personnages qu'on y rencontre, c'est un roman de mœurs divertissant et ironique, et Thackeray est un formidable conteur! On ne peut éviter quelques longueurs dans une œuvre aussi riche mais le spectacle en vaut la peine! Le narrateur nous invite dès le prologue à entrer dans le théâtre social de la société anglaise du début du XIXe siècle afin de regarder s'agiter ses marionnettes : Becky Sharp, vile manipulatrice prête à tout pour parvenir à se faire sa place dans les hautes sphères, Amelia Sedley, ingénue et douce, victime du sort et du charme inconséquent de George Osborne, et le chevaleresque William Dobbin parmi tant d'autres. Ces personnages se débattent dans la Foire aux Vanités, entre manigances, faux-semblants, fortune et déchéance. Mais la plus forte, c'est Rebecca Sharpe, intelligente et indépendante, sans scrupule et détestable, elle trace son chemin dans le monde qui ne lui reconnaît pas de légitimité naturelle (elle est mal née et sans le sou) grâce à une compréhension fine des rouages de la société. Je l'ai adoré ! Par ailleurs, ce qui est exquis chez Thackeray à mon sens, c'est l'ironie mordante, qui se manifeste constamment dans les interventions du narrateur, ses réflexions morales et ses condamnations équivoques de l'immoralité des ambitieux qui peuplent son théâtre. J'ai beaucoup aimé également l'entrée fracassante de l'Histoire à Waterloo, quand c'est l'Europe toute entière qui participe à la Foire. 🇬🇧 Moralité, chez Thackeray les hommes (et les femmes) sont des sots, préoccupés constamment par la gloire, l'argent et les apparences, vanitas vanitatum. Oui, ce discours n'a pas pris une ride.L'honnetete n'est pas toujours récompensée et la noblesse de sang jamais un atout!
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