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EAN : 9782266322959
Code sériel : 18541
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 240
Format : 108 x 177 mm
Nouveauté
La Mer Noire dans les Grands Lacs
Date de parution : 07/04/2022
Éditeurs :
Pocket
Nouveauté

La Mer Noire dans les Grands Lacs

Date de parution : 07/04/2022
Une quête des origines bouleversante de la triste Bucarest au Congo révolté.

La Mer Noire, c’est cette Roumanie où elle est née, ce « coin pourri d’Europe » gangrené par le racisme et la honte. Les Grands Lacs, c’est ce Congo supplicié, le pays de...

La Mer Noire, c’est cette Roumanie où elle est née, ce « coin pourri d’Europe » gangrené par le racisme et la honte. Les Grands Lacs, c’est ce Congo supplicié, le pays de ce père qu’elle n’a jamais connu. Parce qu’elle ne se sent nulle part à sa place, Nili se met en quête de...

La Mer Noire, c’est cette Roumanie où elle est née, ce « coin pourri d’Europe » gangrené par le racisme et la honte. Les Grands Lacs, c’est ce Congo supplicié, le pays de ce père qu’elle n’a jamais connu. Parce qu’elle ne se sent nulle part à sa place, Nili se met en quête de ses racines. À son enfant à naître, la jeune métisse raconte son voyage – ce long voyage d’une barbarie à l’autre, d’une tyrannie à l’autre – où elle retrace le fil des origines entre guerre et paix, exil intérieur et renaissance à soi-même...

Cet ouvrage a reçu le Prix Senghor, le Prix de la littérature de l’exil et a été finaliste du Prix du livre Orange
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EAN : 9782266322959
Code sériel : 18541
Façonnage normé : POCHE
Nombre de pages : 240
Format : 108 x 177 mm

Ils en parlent

«Une écriture sonore propre à cette voix qui est surtout celle d’une poète. »
Livres Hebdo

Ce qu'en pensent nos lecteurs sur Babelio

  • HundredDreams Posté le 11 Avril 2022
    Salué par le Prix Senghor du premier roman francophone et francophile 2021 et le Prix de la littérature de l'exil, « La mer Noire dans les Grands lacs » est le premier roman d'Annie Lulu. Ce n'est pas une autobiographie mais l'auteure et son héroïne partagent de nombreux points communs, en particulier, leurs racines roumaines et congolaises, leur profession et leur amour pour la littérature et les livres. J'ai été heurtée par la force des premiers mots. « J'aurais dû te noyer quand t'es née, j'aurais dû t'écraser avec une brique. » Cette phrase, qui revient tout au long du roman comme un leitmotiv, m'a fait prendre conscience que ce roman ne serait pas facile à lire. * Nili, l'héroïne de ce roman, s'adresse à l'enfant qu'elle porte et qui est sur le point de naître. Elle lui raconte son histoire, ses espoirs, ses regrets, ses colères, elle ne lui cache rien des difficultés de sa jeune vie. « D'abord, je t'aime. Tu es un peu la barque amarrée à un bout de terre ferme qu'on s'est fabriquée par besoin ton père et moi, par convocation du désir en nous, pour vivre et conjurer des tas de défaites, dont une vraiment sanglante qu'on n'avait pas prévue et... Salué par le Prix Senghor du premier roman francophone et francophile 2021 et le Prix de la littérature de l'exil, « La mer Noire dans les Grands lacs » est le premier roman d'Annie Lulu. Ce n'est pas une autobiographie mais l'auteure et son héroïne partagent de nombreux points communs, en particulier, leurs racines roumaines et congolaises, leur profession et leur amour pour la littérature et les livres. J'ai été heurtée par la force des premiers mots. « J'aurais dû te noyer quand t'es née, j'aurais dû t'écraser avec une brique. » Cette phrase, qui revient tout au long du roman comme un leitmotiv, m'a fait prendre conscience que ce roman ne serait pas facile à lire. * Nili, l'héroïne de ce roman, s'adresse à l'enfant qu'elle porte et qui est sur le point de naître. Elle lui raconte son histoire, ses espoirs, ses regrets, ses colères, elle ne lui cache rien des difficultés de sa jeune vie. « D'abord, je t'aime. Tu es un peu la barque amarrée à un bout de terre ferme qu'on s'est fabriquée par besoin ton père et moi, par convocation du désir en nous, pour vivre et conjurer des tas de défaites, dont une vraiment sanglante qu'on n'avait pas prévue et qui m'a fait atterrir ici, à Bukavu. Je t'aime et tu viens au monde par la beauté. C'est quoi au juste, je vais te dire, la beauté, c'est une lignée bizarre de l'univers qui grandit dans quelque chose d'impair. Et ça a tellement maturé en moi, cette idée du chiffre impair, que je ne peux m'empêcher aujourd'hui de penser ma place d'avant, quand tu n'existais pas encore, il y a quelques mois à peine, avant que je débarque ici, au Congo. Ma place d'avant, comme celle d'un élément hydrophobe flottant à la surface d'une eau remplie d'air. Un tas de gras glissant, non préhensible, et qui pue. Voilà ce que j'étais. » Née en 1989 en Roumanie d'une mère roumaine et d'un père congolais venu faire ses études, Nili est confrontée dès sa plus tendre enfance au racisme et aux préjugés liés à sa couleur de peau. Cette jeune femme forte et intelligente porte un regard lucide sur la société dans laquelle elle a grandi. Elle raconte à son enfant son quotidien sous la dictature imposée par Ceaucescu, les nombreuses privations, le flicage constant, l'instauration d'un régime collaborationniste, la xénophobie ambiante. En quête de ses racines africaines, elle se cherche, elle aimerait savoir qui elle est, d'où elle vient. L'absence de son père est une grande souffrance. « Papa tu m'as coupé la tête. Pas le coeur, il n'y a rien dans ce muscle qu'une pompe à argile. Mais il y a tout dans ma tête : mon sexe, mes sentiments et mes enfants futurs, et toi, avec ta machette de la disparition mystérieuse, tu m'as décapitée. » Comprenant que sa place n'est pas en Roumanie, elle décide alors de combler les trous de son histoire en partant à sa recherche au Congo. « Je n'ai pas su grand-chose de lui jusqu'à ce que l'Afrique naisse en moi et que je vienne ici, au Congo. À l'est du coeur du monde. » De très beaux thèmes sont abordés : l'absence, l'amour, la maternité, la différence, le déracinement, l'engagement dans des causes justes. * Ce roman frappe par son caractère métissé et duel pour différentes raisons. Tout d'abord, la Roumanie et le Congo se mélangent en un titre poétique et infini qui évoque le métissage culturel, le questionnement de l'héroïne sur son identité et sa place dans le monde. On retrouve aussi cette dualité dans ce beau voyage qui mène la jeune femme de la Roumanie au Congo. L'auteure en profite pour dresser le portrait de ces deux sociétés soumises au totalitarisme, la Roumanie à la fin du régime dictatorial de Ceausescu et le Congo autour de questions essentielles ciblant une jeunesse engagée, éprise de liberté, de justice, de respect et d'indépendance. Mais ce voyage est également intime. On ressent à la fois de la douceur, de la chaleur, de l'amour et de la bonté dans sa façon de se confier à son enfant, mais aussi beaucoup de souffrance, de violence, de colère et de haine. Ce caractère duel s'exprime aussi dans la voix de la mère de Nili, une femme sans instinct maternel, à la fois froide, dure, maltraitante, mais également porteuse d'émancipation dans sa façon de la diriger dans ses études. « Tu vois, mon fils, Elena, malgré sa peau fine et douce, sa blondeur gaillarde, malgré le fait qu'elle avait un corps de femme merveilleux et sentait toujours bon, je crois qu'elle se sentait sale. Et moi, je pensais que j'étais sale aussi. Que c'était moi sa tache et que c'était à cause de moi qu'elle se nettoyait et se parfumait. » * Annie Lulu a une écriture magnifique, très élégante, mélodieuse, mélancolique et triste. Mais son écriture va souvent plus loin, devenant douloureuse, implacable, percutante. L'auteure martèle, assène de grands coups à la seule force de ses mots. C'est bouleversant, poignant, brutal, dur. Alors, vous l'aurez compris, ce roman est une très belle histoire. Mais j'avoue ne pas avoir été entièrement conquise. Je pense que cela provient principalement de la violence, de la haine et de la douleur qui émanent du récit. le livre d'Annie Lulu avait pourtant tout pour me séduire, mais il m'a manqué quelque chose, sûrement lié à des émotions plus contenues, plus douces. Les lecteurs ont très bien noté ce roman et je me dis que malheureusement, je suis passée un tout petit peu à côté de ce roman. Je vous engage donc le à lire pour vous faire votre propre avis. * Je remercie chaleureusement toute l'équipe de Babelio, les éditions Pocket et l'auteure pour leur confiance. Et je souhaite une belle carrière d'écrivaine à Annie Lulu qui nous livre ici un beau premier roman.
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  • Verdure35 Posté le 11 Avril 2022
    Un texte épique au sens propre du terme . Annie Lulu est une jeune femme métisse de 35 ans, c'est son premier texte, fort, très fort, et j'espère pour elle qu'elle n'y a pas tout donné .. Le mot « roman » n'est nulle part imprimé sur le livre. C'est avec une force , une vigueur d'écriture ,qu'elle jette à la face du lecteur la malédiction de Nili son héroïne, celle d'être née d'une mère roumaine(blanche) et d'un père congolais (noir). Elle raconte tout cela à son bébé à naître, un garçon. Un milieu universitaire roumain du temps de Ceausescu pour la mère Elena qui martèle la tête de Nili que seul un cerveau bien fait et bien rempli la sauvera de la misère promise par son métissage. Elle efface toute trace du père, jeune étudiant reparti au Congo, et prive ainsi sa fille d'une part de bonheur de se sentir aimée par un père absent dont elle ne verra jamais en Roumanie les lettres qu'il lui adresse. Nili fait des études de lettres à Paris mais le besoin de mieux se connaître la dévore de plus en plus. C'est quand elle- même attend un enfant qu 'elle part au Congo pour... Un texte épique au sens propre du terme . Annie Lulu est une jeune femme métisse de 35 ans, c'est son premier texte, fort, très fort, et j'espère pour elle qu'elle n'y a pas tout donné .. Le mot « roman » n'est nulle part imprimé sur le livre. C'est avec une force , une vigueur d'écriture ,qu'elle jette à la face du lecteur la malédiction de Nili son héroïne, celle d'être née d'une mère roumaine(blanche) et d'un père congolais (noir). Elle raconte tout cela à son bébé à naître, un garçon. Un milieu universitaire roumain du temps de Ceausescu pour la mère Elena qui martèle la tête de Nili que seul un cerveau bien fait et bien rempli la sauvera de la misère promise par son métissage. Elle efface toute trace du père, jeune étudiant reparti au Congo, et prive ainsi sa fille d'une part de bonheur de se sentir aimée par un père absent dont elle ne verra jamais en Roumanie les lettres qu'il lui adresse. Nili fait des études de lettres à Paris mais le besoin de mieux se connaître la dévore de plus en plus. C'est quand elle- même attend un enfant qu 'elle part au Congo pour retrouver ses « autres »racines, ainsi que le futur père. .Et là, alors qu'elle a fui l'Europe « pourrie » elle se retrouve dans le Congo de Kabila : violences, tueries , sauvagerie... ; Quel désarroi ! Quel chagrin ! Elle retrouve sa grand-mère, etépouse la rébellion des congolais. Ou est donc sa place ? Elle finira par se sentir avant tout africaine. Peut-être une lueur d'espoir dans les dernières pages. La charge émotionnelle est très forte, l'écriture est « copieuse »l'air est souvent irrespirable, la colonisation au centre de la colère ,mais en même temps j'y ai trouvé une certaine naïveté, c'est brut, sans nuances, et je suis très heureuse pour Annie Lulu que c'est en Europe que son beau texte a été publié. Merci aux Edts Pocket et à Babelio pour la découverte de ce livre .
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  • nilebeh Posté le 11 Avril 2022
    Iasi-Goma, de l'Est de la Roumanie aux rives du lac Kivu (RDC), avec un détour par Paris 18ème, quartier de Château-Rouge (plus connu sous le nom de Goutte d'Or), tel est le parcours de Nili Makasi, jeune femme métisse, fille d'une universitaire roumaine, Elena, et d'un combattant pour la liberté de l'ex-Zaïre (la République démocratique du Congo), Exaucé Makasi Motembé. Iasi (prononcer Iache, comme le fait l'auteur dans une vidéo sur Babelio) est une ville de la Moldavie roumaine au Nord-Est de la Roumanie. Nili y est née, vite dressée par sa mère (il n'y a pas d'autre mot ! » à être sourde aux injures des gens. Son crime ? Être mulâtresse, preuve vivante de l'égarement de sa mère et du vice de ces étudiants africains venus, du temps de Ceaucescu, faire leurs études dans l'ex- URSS et, ici, dans un de ses pays satellites. Quant à Goma...ville de son père, ville de tous les crimes de Mobutu, le « vieux félin » coiffé de son éternelle toque en peau de bête. C'est là qu'eurent lieu dans les années 90 des tentatives de renversement du dictateur. Meurtres, viols, tortures, toute la liste des horreurs, ils l'ont vécue. Et, des années plus tard, Nili aussi, et son... Iasi-Goma, de l'Est de la Roumanie aux rives du lac Kivu (RDC), avec un détour par Paris 18ème, quartier de Château-Rouge (plus connu sous le nom de Goutte d'Or), tel est le parcours de Nili Makasi, jeune femme métisse, fille d'une universitaire roumaine, Elena, et d'un combattant pour la liberté de l'ex-Zaïre (la République démocratique du Congo), Exaucé Makasi Motembé. Iasi (prononcer Iache, comme le fait l'auteur dans une vidéo sur Babelio) est une ville de la Moldavie roumaine au Nord-Est de la Roumanie. Nili y est née, vite dressée par sa mère (il n'y a pas d'autre mot ! » à être sourde aux injures des gens. Son crime ? Être mulâtresse, preuve vivante de l'égarement de sa mère et du vice de ces étudiants africains venus, du temps de Ceaucescu, faire leurs études dans l'ex- URSS et, ici, dans un de ses pays satellites. Quant à Goma...ville de son père, ville de tous les crimes de Mobutu, le « vieux félin » coiffé de son éternelle toque en peau de bête. C'est là qu'eurent lieu dans les années 90 des tentatives de renversement du dictateur. Meurtres, viols, tortures, toute la liste des horreurs, ils l'ont vécue. Et, des années plus tard, Nili aussi, et son amoureux aussi, quand, enceinte, elle part à la recherche de ses origines. D'abord Kinshasa, la capitale, (Kin, pour les natifs), où vit sa grand-mère, retrouvée par miracle et à qui elle a téléphoné depuis Paris. Et Goma, où Nili retrouve la trace de son père, Exaucé (le mal-nommé!) et se reconstitue une famille africaine, la « vraie » famille. Là où elle est acceptée, sans préjugés malgré sa couleur claire, aimée, protégée. Là où, elle aussi, descend dans la rue pour réclamer la liberté. Et découvre la violence des policiers, la permanente possibilité de voir arriver des Rwandais violents aux projets infâmes (ceux qui ont voulu anéantir les Hutus). En Roumanie, le racisme et l'agression permanents ; en RDC, l'amour et l'accueil sur fond de révoltes contre la dictature ; à Paris, une vie d'étudiante plutôt heureuse si ce n'est ce manque cruel du père disparu, mais qui lui a écrit de nombreuses lettres renvoyées par sa mère, la privant ainsi de ses racines et créant de toutes pièce une rancune infondée. Nili, la narratrice raconte en s'adressant à son bébé, pas encore né, fils de Kimia Yemba, l'amoureux tendre et engagé qui ne le connaîtra jamais. C'est un roman, bien sûr, les parents d'Annie Lulu sont toujours ensemble et on espère qu'elle n'a rien vécu de ces horreurs. Elle les restitue - car elles existent - dans une langue belle, à la poésie inattendue et nouvelle, du moins pour un lecteur franco-français. Bien sûr, on peut la trouver partiale avec sa façon de magnifier tout ce qui est africain et de qualifier de « monde pourri » celui qu'elle a laissé en Roumanie et en France. L'expérience des lecteurs leur aura sans doute appris qu'il n'est de monde tout pourri en Occident pas plus que de monde absolument pur en Afrique. Naïveté et idéalisme de la jeunesse ! Mais sa partialité et sa sincérité sont touchants et son propos à la fois intéressant et superbement exprimé. Un premier roman qui lui a valu le Prix Senghor, bien mérité. Une auteure à suivre. Merci à Babelio et « Pocket » pour cette découverte. [Pour aller plus loin : En arrière-plan de cette lecture, nombreuses informations sur les hommes de l'Histoire du Congo Kinshasa (Mobutu, Simon Kimbangu, Patrice Lumumba), de nombreuses notations sur la culture kino-congolaise et ses langues (lingala, swahili), et une play-list musicale à découvrir au fil de la lecture : Dinba Diangola (merengue), Charles Mombaya et son « gospel congolais » Asifiwe, Dr Nico et Grand Kallé.] [A signaler : un intéressant glossaire des expressions en lingala et en roumain, ainsi que des notes historiques]
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  • JeanPierreV Posté le 11 Avril 2022
    "....dans la ville où je suis née, je n’étais qu’une moitié de primate, ou bien un être surnaturel pour les plus niais d’entre eux, pas une personne normale en tout cas. C’est ça mon pays." Le papa de Nili Makasi était un étudiant camerounais, venu étudier en Roumanie. C'était la Roumanie dirigée et étranglée par Ceaucescu et sa femme, une Roumanie de misère et de privations. Le couple maudit captait tout à son profit, laissant crever de faim sa population. Aussi le jour de Noël 1989, la population se réjouissait du cadeau qu'on venait de lui faire, de l'exécution devant les caméras de ce couple. Les plus anciens se souviennent de ces images en noir et blanc tournant en boucle dans toutes les émissions d'actualité. De cette Roumanie, on connaissait la pauvreté, la faim, les files d'attente pour trouver de quoi manger, ses flics...mais on ignorait totalement que cette Roumanie pauvre offrait à de plus pauvres encore, d'origine africaine, des bourses d'études. Exaucé Makasi Motembe était l'un d'eux, il venait du Congo. Nili née de l'union d'Exaucé avec une jeune fille roumaine, Elena, est une jeune métis, confrontée au racisme de la population roumaine, une jeune fille qui a échappé à une... "....dans la ville où je suis née, je n’étais qu’une moitié de primate, ou bien un être surnaturel pour les plus niais d’entre eux, pas une personne normale en tout cas. C’est ça mon pays." Le papa de Nili Makasi était un étudiant camerounais, venu étudier en Roumanie. C'était la Roumanie dirigée et étranglée par Ceaucescu et sa femme, une Roumanie de misère et de privations. Le couple maudit captait tout à son profit, laissant crever de faim sa population. Aussi le jour de Noël 1989, la population se réjouissait du cadeau qu'on venait de lui faire, de l'exécution devant les caméras de ce couple. Les plus anciens se souviennent de ces images en noir et blanc tournant en boucle dans toutes les émissions d'actualité. De cette Roumanie, on connaissait la pauvreté, la faim, les files d'attente pour trouver de quoi manger, ses flics...mais on ignorait totalement que cette Roumanie pauvre offrait à de plus pauvres encore, d'origine africaine, des bourses d'études. Exaucé Makasi Motembe était l'un d'eux, il venait du Congo. Nili née de l'union d'Exaucé avec une jeune fille roumaine, Elena, est une jeune métis, confrontée au racisme de la population roumaine, une jeune fille qui a échappé à une mort programmée du fait des conditions de survie de sa mère qui lui avouera : « J'aurais dû te noyer quand tu es née, j'aurais dû t'écraser avec une brique » l 20 ans plus tard Nili fait des confidence à ce fils qu'elle attend et qui doit naître bientôt, évoque ce passé, celui de son enfance, et surtout part à la recherche de ce père qu'elle n'a pas connu, en se rendant en Afrique, sur ces hauts plateaux du Cameroun. Là elle rencontrera sa grand-mère, qui lui parlera de ce père. Nili est devenue une jeune femme autonome, cultivée est qui écrit diablement bien, pour raconter à son bébé, les privations, la pauvreté de la Roumanie, la volonté de sa mère, parfois à la limite de l'indignité, et surtout sa farouche volonté de jeune fille pour devenir une jeune femme autonome et instruite. Babelio et son opération régulière "Masse critique" doivent être chaleureusement remerciés. Sans cette proposition, je ne suis pas certain que j'aurais tendu la main vers ce titre et lu cette quatrième de couverture qui résume si bien ce titre. Je n'aurais pas connu la pièce unique salon-chambre et bibliothèque de Bucarest où la narratrice a vécu vingt-cinq ans avec sa mère, Elena, je n'aurais pas approché cette grand-mère congolaise .... Alors oui, si vous recherchez un titre sortant des sentiers battus, un titre sur cette période roumaine, sur le Cameroun, sur la différence, sur l'amour, n'hésitez pas...Annie Lulu écrit diablement bien. Emotions garanties !
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  • visages Posté le 10 Avril 2022
    Ce texte est le long et douloureux récit que Nili adresse à son enfant à naître. Il est encore blotti au creux de son sein alors qu'elle même n'a jamais connu la douceur de l'étreinte maternelle. Par la parole elle veut lui transmettre tout ce qui lui a fait défaut et avant tout,elle veut qu'il sache d'où il vient,qui il est , quelle sont ses racines pour pouvoir déployer ses branches vers la lumière. Nili est née en Roumanie sous la dictature de Ceausescu,d'une mère qui ne voulait pas d'elle et d'un père dont elle ne pourra rien connaître avant qu'à ses 25 ans lorsqu'elle décide de partir à sa recherche. Enfant,ses rares tentatives pour questionner sa mère ont abouti à de la violence physique. Sa couleur de peau attire la honte et les insultes sur sa mère, à l'image de ce qu'ont pu vivre les Françaises lors de la 2 ème guerre mondiale lorsqu'elles avaient eu une relation avec un Allemand. Cette mère froide et autoritaire n'aura de cesse de formater Nili pour qu'elle ne soit que cérébrale en mutilant toute prise en compte de son corps.Elle doit briller par ses compétences intellectuelles pour se hisser à égalité des... Ce texte est le long et douloureux récit que Nili adresse à son enfant à naître. Il est encore blotti au creux de son sein alors qu'elle même n'a jamais connu la douceur de l'étreinte maternelle. Par la parole elle veut lui transmettre tout ce qui lui a fait défaut et avant tout,elle veut qu'il sache d'où il vient,qui il est , quelle sont ses racines pour pouvoir déployer ses branches vers la lumière. Nili est née en Roumanie sous la dictature de Ceausescu,d'une mère qui ne voulait pas d'elle et d'un père dont elle ne pourra rien connaître avant qu'à ses 25 ans lorsqu'elle décide de partir à sa recherche. Enfant,ses rares tentatives pour questionner sa mère ont abouti à de la violence physique. Sa couleur de peau attire la honte et les insultes sur sa mère, à l'image de ce qu'ont pu vivre les Françaises lors de la 2 ème guerre mondiale lorsqu'elles avaient eu une relation avec un Allemand. Cette mère froide et autoritaire n'aura de cesse de formater Nili pour qu'elle ne soit que cérébrale en mutilant toute prise en compte de son corps.Elle doit briller par ses compétences intellectuelles pour se hisser à égalité des Roumaines. Lorsqu'elle ira à la rencontre de ce père fantasmé,attendu autant qu'haï, elle devra faire face à une Réalité politique tout aussi violente au Congo. Avec une plume poétique singulière et touchante,Annie Lulu nous offre un très beau roman sur le déracinement,la lutte à un niveau intime mais aussi politique pour accéder à une identité solide et la liberté d'exister. C'est également émouvant chant d'amour et une dénonciation de tous les abus de pouvoir qu'ils soient familiaux, politiques,sociaux. Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Pocket pour ce roman d'une grande sensibilité.
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